Fire and the thud.
Bleach appartient à Kubo-sama,
Kasai Olivia est mon OC ;) Bonne lecture!
« Vous y allez aussi, hein, Troisième Siège Kasai ? »
Olivia releva paresseusement les yeux vers son interlocuteur. Les remplissages matinaux de paperasse lui engourdissaient toujours beaucoup le cerveau, et la jeune femme eut besoin de quelques secondes pour se souvenir du nom de l'homme se tenant devant son bureau.
« C'est un peu tôt pour venir me harceler, Kiritaru. »
L'officier leva les yeux en l'air, croisant les bras. Olivia se souvenue qu'il avait été l'un des plus réticents à la venue de la rouquine non pas seulement en tant que nouveau Troisième Siège, mais surtout en tant que leader provisoire de la Cinquième Division. Résultat, elle lui avait cassé la gueule. Histoire de faire comprendre qu'ils étaient tous dans le même bateau, et qu'elle était loin de pouvoir supporter des subordonnés désapprobateurs. Depuis, le Sixième Siège Kiritaru l'avait quelque peu pris en affection.
« Ne vous complimentez pas autant Troisième Siège, je vous ferrez dire que j'ai une nouvelle copine. » fit-il, une expression triomphante sur le visage.
« Dont vous ne vous souviendrez plus du nom dans quelques jours, je parie. » Le comme toujours resta en suspens. Le Sixième était connu pour être un briseur de cœurs en série, ses conquêtes provenant de toutes les Divisions. Et Kasai apparaissait plus ou moins dans sa ligne de mire. Toutefois la rouquine le suspectait d'avoir quelque peu peur d'elle. Tant mieux, il a de bons instincts.
« Je vois vraiment pas de quoi vous voulez parler. » fit-il, sans trop de conviction.
« Au moins vous avez la décence de le nier. »
« Soyez pas de si mauvais poil dès le matin Troisième Siège, attendez au moins midi. » rétorqua Kiritaru, le sourire au lèvres. « Bon, je vous parlais du festival moi, et me dites pas que vous en avez pas entendu parler, ça fait des semaines que ça se prépare et c'est ce soir, tout le monde va être là, ça va être super, vraiment, eh dites, ça serait cool si vous veniez avec moi, hein ? »
Olivia prit un air exagérément désolé.
« Quel dommage que vous ayez déjà une copine. »
La jeune femme poussa sa paperasse de côté et se releva, dépassa Kiritaru et son air exaspéré, et se dirigea vers la porte.
« Bon, je prends ma pause moi. »
« Mais il est même pas encore m… »
« La ferme ! »
Ne sachant pas vraiment où aller, Olivia laissa ses pas la balader au sein de la caserne de la Cinquième Division. Evidemment, elle savait qu'une sorte de festival serait éminemment organisée en l'honneur de la victoire de Soul Society contre les Espada et Aizen, ou quelque chose du genre, mais il lui était totalement sorti de sa mémoire qu'il s'agissait d'aujourd'hui. Peu étonnant à vrai dire, étant donné que la situation « Hitsugaya » avait très largement pris la place dans ses pensées. Elle comprenait toutefois que les gens s'enthousiasmait tant à l'idée de ce festival : bien que ce soit les officiers supérieurs qui aient réellement combattu l'armée d'Aizen, le reste des Shinigami s'était pleinement préparé à combattre jusqu'au dernier. Cela avait irrémédiablement laissé une trace sur beaucoup. Olivia, encore affiliée à la Seconde Division, se souvenue avoir été anormalement inquiète ce jour-là. La véritable puissance d'Aizen ainsi que de ses Espada n'était véritablement connue que des officiers supérieurs. Un simple soldat comme elle n'en avait pas eu officielle confirmation, mais Olivia avait des oreilles, et elle savait écouter.
Il s'était plus tard avéré que le champ de bataille fut un carnage, et que ce n'était que par chance, et notamment en raison de l'égo démesuré d'Aizen, que tous les officiers en sont sortis indemnes. Même Soifon, qui avait perdu un bras, a fini par le retrouver grâce aux miracles, douteux sur les bords, de la Douzième Division.
Olivia s'accouda à une barrière, passant d'un geste volatile ses doigts contre ses lèvres. Le souvenir fut tellement vivide qu'elle en ressentit encore les frissons le long de son dos. Elle se demanda si Hitsugaya allait venir au festival. Ce n'est vraiment pas le genre. Quoi qu'il en fût, Olivia savait qu'elle voulait le revoir. Aujourd'hui. S'il fallait vraiment baisser sa garde, autant la baisser complètement. Plus de doute, plus de questionnements incessants. La rouquine suspectait que si elle se posait une seule question de plus, son crâne exploserait. Je vais prendre mes responsabilités maintenant… Je vais essayer.
La jeune femme entreprit de rebrousser lentement chemin, laissant ses pensées voguer librement. Et à chaque fois, elles venaient s'échouer contre l'image d'un regard couleur émeraude.
Plus les heures passaient, et plus l'agitation des Shinigami autour d'Olivia s'intensifiait. Lors de la dernière heure de travail de la journée, plus personne n'était vraiment concentré. Olivia y comprit. Cependant, son appréhension l'emportait sur l'excitation générale (qui avait tout de même réussi à la contaminer). La rouquine se retrouva être l'une des dernières à quitter la caserne, la plupart des Shinigami déjà parés de leurs kimonos de soirée. Olivia crut même apercevoir au loin Kiritaru, le bras passé autour d'une certaine blonde. Levant les yeux en l'air, Olivia prit le chemin menant à son appartement. Ce genre de fêtes trop calmes n'était pas spécialement à son goût, et à l'heure actuelle, ce n'était certainement pas là-bas qu'elle souhaitait se retrouver.
Marchant droit devant elle, Olivia sentit son cœur faire un raté. Appuyé contre le mur de son appartement, Hitsugaya la regardait d'un air qui ne laissait rien percevoir. La jeune femme se força à continuer à avancer, et prit une inspiration :
« Et c'est moi qui cache mon reiatsu en permanence ? »
Le Capitaine brisa alors son masque habituel par un simple et léger sourire en coin. Qu'il était bon de lui soutirer ces quelques moments. Olivia afficha un sourire espiègle en retour.
« Je te l'ai déjà dit, je ne cache rien. »
Olivia arriva à son niveau, une main posée sur sa porte d'entrée. L'envie de s'appuyer contre lui et de l'embrasser encore une fois fut telle, que la jeune femme due se détourner : avec de tant monde dans les alentours, ce n'était certainement pas la chose la plus intelligente à faire. Hitsugaya la dévisagea un court instant.
« Eh alors, t'es pas habillée pour l'occasion. »
Olivia fut tellement prise au dépourvu que stupidement, elle se regarda de bas en haut. Elle leva un sourcil, sincèrement incrédule.
« C'est l'hôpital qui se fout de la charité ? Et puis tu crois vraiment que j'aurais envie d'aller à ce truc ? »
« Moi j'aurais voulu y aller. » dit-il calmement. Olivia crut d'abord qu'il plaisantait, avant d'observer un peu plus son visage : elle fut surprise de constater qu'il semblait le penser réellement. Elle aurait juré que le jeune homme aux cheveux argentés n'avait que faire de ce genre de festivité. Manifestement, elle s'était gourée.
« Ah… ok, on n'aura qu'à se… »
« Tu viens avec moi bien sûr. »
« Quoi ?! Mais tu déco… » s'emporta la rouquine, mais avant même qu'elle eut terminé, Hitsugaya ouvra la porte, et la fit entrer avec lui.
« Tu peux crier tant que tu veux ici. » fit-il d'un air distrait en balayant l'intérieur du regard.
« Ouais, encore heureux… Tu veux sérieusement que tout le monde se mette à commérer dans ton dos ? » s'exaspéra-t-elle, tentant de garder son calme alors qu'elle réalisa qu'Hitsugaya se trouvait chez elle. Celui-ci se retourna vers la rouquine. S'approchant, il déposa ses mains autour de la taille de la jeune femme, la fixant du regard. Olivia aurait pu en oublier ce qu'elle venait de dire à l'instant.
« Et toi ça ne te dérangerait pas, ce que les gens pourrait dire ? » fit-il doucement.
« Je me fous de ce quiconque peut dire de moi. » lâcha-t-elle plus faiblement qu'elle ne l'aurait souhaité, déjà intoxiquée par la proximité du jeune Capitaine.
« Et pourquoi est-ce que ça serait différent pour moi ? » dit-il, relevant un sourcil. « D'ailleurs, tu serais certainement la dernière chose dont j'aurais honte. » rajouta Hitsugaya, après que la rouquine n'ait rien trouvé à répondre.
Olivia appuya alors lentement sa tête contre le torse du jeune Capitaine, et glissa ses bras autour de lui, comme pour se convaincre qu'il était bien réel. Qu'il n'était pas une entité qu'elle aurait imaginé de toute pièce, et qui lui aurait permit de s'accrocher à quelque chose. Encore une fois.
« On irait juste observer de loin, je ne tiens pas non à devoir saluer tous mes subordonnées. » murmura Hitsugaya, noyant son visage dans les cheveux auburn de la jeune femme. Si elle l'eut entendu, Olivia n'en donna d'abord aucun signe.
« D'accord. » soupira finalement la jeune femme, relevant les yeux vers le Capitaine. « Mais je vois vraiment pas pourquoi faire. » rajouta-t-elle en secouant la tête.
Elle se dirigea alors vers la sortie, avant qu'Hitsugaya ne la rattrape :
« Je le pensais vraiment quand je t'ai dis que t'étais pas habillée pour l'occasion. »
« Ne mets pas ma patience à l'épreuve. » siffla la rouquine, ne comprenant décidemment pas la raison pour laquelle il tenait tant à ce foutu festival.
« Tu voudrais vraiment attirer l'attention avec deux Shinigami en uniforme ? » fit-il en prenant Olivia par la main et l'éloignant de la porte.
« Un ou deux, ça fera aucune différence… Mais j'imagine que tu sais déjà ça. » Olivia le toisa d'un air glacial, espérant au moins le faire culpabiliser. Néanmoins, Hitsugaya n'eut pas l'air du tout prêt à changer d'avis, affichant seulement un sourire désolé. Olivia n'aurait jamais admis que ce fut assez pour la faire craquer.
« Comme tu veux. » lâcha-t-elle à la place.
Elle fit certain de rentrer d'un pas précipité et énervé dans sa chambre, avant d'attraper le premier kimono qui lui tomba sous la main et de s'en vêtir. Quelques instants plus tard, Olivia se tenait de nouveau auprès du jeune Capitaine, le défiant du regard de lui faire une autre remarque.
« Bon, plus vite on ira, plus vite on sera partis. » Olivia attendit une réponse, or le jeune homme se contenta de l'observer comme s'il la voyait pour la première fois. Après quelques instants, il s'approcha à quelques centimètres du visage de la rouquine Olivia ferma alors les yeux, s'attendant à ressentir les lèvres du jeune Capitaine sur les siennes. Or ce furent les mains d'Hitsugaya qu'elle sentit dans ses cheveux. La rouquine rouvrit soudain les yeux : ses cheveux lui tombèrent presque immédiatement sur les épaules, libérés de sa pince qui les tenait attachés. Hitsugaya repoussa quelques mèches de son visage, avant de se retourner vers la porte.
« J'ai toujours préféré quand tu avais les cheveux détachés. » fit-il en ouvrant la porte. Le jeune Capitaine attendit qu'Olivia sorte, puis vint la rejoindre. Les deux Shinigami marchèrent en silence en direction des festivités : durant tout le trajet, Olivia afficha un sourire qu'elle n'avait que trop du mal à estomper, passant de temps à autre une main rapide dans ses cheveux.
Il ne leur fallut pas longtemps pour arriver près du centre d'attraction : une grande quantité de Shinigami se trouvait déjà sur les lieux, presque tous habillés dans leurs vêtements de parade. La jeune femme dut reconnaître qu'Hitsugaya avait peut-être eut raison. Mais tu m'entendras pas te donner satisfaction d'ici tôt.
Soudain, le Capitaine changea de direction, et se dirigea vers une petite colline. Olivia dut accélérer le pas pour le rattraper.
« Où tu vas ? Si t'avais pas remarqué toute l'agitation, c'était par là-bas. »
« C'est parce que c'est agité qu'on va autre part. »
« Je pensais que tu voulais aller au festival. » dit-elle en relevant un sourcil.
« On est pas obligés de rester dans la foule. En plus, on verra beaucoup mieux d'en-haut. »
« Voir quoi ? » Hitsugaya soupira en réponse, or avant qu'Olivia ne puisse s'indigner et commencer à lui crier dessus, le jeune Capitaine la prit par la main et montra la voie. Plus aucun Shinigami n'était à portée de vue, bien que le brouhaha des célébrations trahissait encore la présence des soldats en bas de colline.
« Ici ça suffira. » Olivia se contenta de glisser un regard dubitatif au jeune homme, se résignant à poser d'autres questions. Hitsugaya vint alors s'asseoir au bord de colline, la rouquine ne tardant pas à le rejoindre. Au fond, peu lui importait pourquoi il souhaitait tant venir en ces lieux : Olivia déposa sa tête sur l'épaule du Capitaine, apaisée par sa proximité, tandis qu'il l'entoura de son bras. La rouquine commença à sentir ses paupières s'alourdirent lorsqu'Hitsugaya murmura à son oreille.
« Là, regarde. »
Olivia se fit violence pour rester éveillée. Elle ne comprit pas ce qu'il voulait qu'elle voit, elle ne comprit même pas où est-ce qu'il voulait qu'elle regarde. La rouquine fut sur le point de fermer les yeux de nouveau lorsqu'une vive lumière vint soudainement inonder le ciel. Les yeux désormais grands ouverts, Olivia se redressa. Ce ne fut pas qu'une seule couleur qui illumina les environs, mais une palette entière, accompagnée d'une explosion qui parut résonner au loin. Olivia esquissa un sourire.
« Un feu d'artifice ? C'est ça que tu… » demanda-t-elle avant de se taire, surprise de constater qu'il s'était tourné vers elle, l'observant de ses yeux couleur émeraude. « Eh alors, tout ça pour ne même pas le regarder au final ? » fit-elle en arborant un petit sourire satisfait.
« C'est toi que je regarde. »
« Oui merci, j'avais remarqué, mais… »
« C'est assorti avec tes yeux. » fit-il en faisant courir un doigt léger le long du bras de la jeune femme, effleurant son kimono. Elle n'avait même pas réalisé qu'elle s'était vêtue de celui d'une couleur verte foncée, couleur qui ressemblait à celle de ses propres yeux.
Olivia sentit son cœur s'arrêter un instant.
Elle se releva d'un bond, manquant de dévaler la colline. Des images d'un garçon aux yeux vairons vinrent lui donner le vertige. Le souffle court, elle tenta de s'en aller, s'enfuir de ses propres souvenirs, de l'image d'un visage défiguré par la haine, de mains ensanglantées empoignant sa nuque, de baisers au goût amer. Olivia n'aurait pu dire depuis quand Hitsugaya la tenait dans ses bras, debout à ses côtés. Elle se sentit trembler, mais elle n'était pas sûre si elle avait froid ou chaud. Le bourdonnement dans sa tête l'empêchait de penser normalement. Or malgré tout ce qu'elle ne comprenait plus, Olivia savait qu'elle était en colère. De cette haine qui était destinée au monde entier, et personne en particulier. Quelle saloperie, j'aurais dû le balancer depuis longtemps. De plus, même dans la confusion, Olivia savait pertinemment qu'elle n'aurait pas pu le faire. Elle ne s'était jamais sentie la force d'abandonner la dernière chose qui la reliait à lui, bien qu'elle n'avait posé les yeux sur ce kimono depuis des décennies. Elle qui cachait d'habitude si bien ses squelettes, se sentait complètement stupide d'en ressortir un si lourd ce soir.
Hitsugaya continuait à caressait doucement le dos de la jeune femme, celle-ci sentant qu'elle se calmait petit à petit : le visage enfoui sous le cou du Capitaine, Olivia ne put pas voir son visage, mais elle en eut pas besoin pour savoir qu'il était tendu.
« Emmène-moi autre part. »
Avant qu'elle ne s'en rende compte, Hitsugaya la tenait dans ses bras et le bruit de multiples Shunpo retentir autour d'eux.
Hitsugaya se sentit réticent à l'idée de la déposer à terre : il aurait préféré la tenir encore un peu plus longtemps contre lui, comme si cela aurait pu quelque peu apaiser la femme à laquelle il tenait tant, et dont la douleur lui était si insupportable. C'était une de ces souffrances qu'il ne pouvait comprendre, et pourtant il savait qu'elle définissait fondamentalement Olivia. Telle une cicatrice superficiellement guérie, mais qui laissa néanmoins une marque indélébile sur sa peau. Peu importe si on arrivait à la cacher à la vue du reste du monde, la blessure serait toujours présente.
Sentant que la jeune femme désirait se redresser, Hitsugaya la laissa reprendre pied. Il remarqua qu'elle ne tremblait plus, bien qu'il suspectait qu'elle se faisait violence pour y arriver. Elle resta immobile un instant, comme pour s'assurer qu'elle n'allait pas s'effondrer d'un moment à l'autre. Lui tournant le dos, Olivia balaya du regard les alentours. Hitsugaya se surprit à anticiper le moment où elle se retournerait pour lui faire face, néanmoins il n'arrivait pas à réellement comprendre ce qu'il redoutait exactement. Son visage, c'est son visage. Retenant son souffle, le Capitaine craignait d'y voir une douleur si insupportable qu'il saurait immédiatement qu'il n'y aurait rien qu'il puisse dire, rien qu'il ne puisse jamais faire pour la faire disparaître. Comme pour elle, je ne suis pas assez fort. Lorsque finalement Olivia lui fit face, Hitsugaya fut choqué de constater qu'elle semblait véritablement calme, les yeux alertes, bien que visiblement épuisée. Elle le regarda un instant, avant d'observer encore une fois ce qui se trouvait autour d'elle.
« C'est ta chambre ça ? »
Sa voix non plus ne tremblait pas. Lorsqu'il se força à répondre, celle du Capitaine fut quelque peu rauque.
« Ouai. C'était plus près. »
Hochant légèrement de la tête, Olivia s'assit lentement sur le bord de son lit, une expression illisible sur le visage. Les deux Shinigami restèrent un moment silencieux, Olivia fixant un point imperceptible dans l'horizon, tandis qu'Hitsugaya ne pouvait détacher son regard du visage de la jeune femme. Finalement, il dit d'une voix imperceptible, presque comme un murmure, ne pouvant se décider à perturber davantage le silence ambiant.
« Je suis désolé, pour ce qui a pu… »
« J'aimerais te dire que ça n'arrivera plus, mais je suis pas en mesure de le promettre. D'habitude, je suis très douée pour éviter ce genre de trucs, mais là… »
Hitsugaya sentit son cœur battre plus fortement que jamais, cogner contre sa poitrine si violemment qu'il en tressaillit. Il se souvint péniblement de cette sensation, comme si son cœur se brisait un peu plus à chaque battement. Lorsqu'il crut qu'elle était morte, la souffrance avait aussi été insoutenable.
« C'est pour ça, si tu veux arrêter, je comprends, je… »
« Je n'ai aucune envie qu'on se sépare, Olivia. Peu importe combien de fois je te le répète, c'est comme si tu ne m'entends pas. » la coupa-t-il, plus brusquement qu'il ne l'aurait souhaité.
La rouquine le fixa sans rien dire, visiblement surprise. T'es vraiment con, c'est pas possible. Hitsugaya voulut rajouter quelque chose, mais la jeune femme le devança.
« Je peux vraiment plus rester dans ce truc. »
Avant qu'il ne puisse comprendre, Olivia défit rapidement son kimono, le laissant glisser le long de son dos pour reposer autour de ses hanches. L'esprit du Capitaine fut instantanément empli d'un chaos d'émotions. Aucune desquelles il ne put vraiment nommer. Comprenant qu'elle comptait continuer à l'enlever, Hitsugaya se retourna en direction de sa garde-robe, faisant signe qu'il allait lui chercher un autre kimono à porter, bien qu'il doutait sérieusement qu'elle avait comprit. Cherchant frénétiquement dans son armoire, Hitsugaya attrapa le premier kimono venu et se retourna vers Olivia.
A ce moment, son esprit s'éclaircit aussitôt. Le Capitaine resta un long moment bouche bée, frappé par l'image se dévoilant devant ses yeux. Se tenant près de la fenêtre, le corps dénudé de la jeune femme reflétait la lueur de la lune, ses courbes traçant des teintes bleutées le long de son dos et de ses jambes. Lâchant à terre le kimono qu'il tenait dans la main, Hitsugaya s'approcha lentement de la rouquine, tentant de la graver à jamais dans sa mémoire telle qu'elle était à cet instant. Lorsqu'il ne fut qu'à un pas d'elle, Hitsugaya remarqua des traces presque imperceptibles à la surface de son dos. Certaines étaient aussi fines qu'une griffure, plus claires que le reste de sa peau, alors que d'autres étaient plus larges, plus sombres, plus profondes. Hitsugaya sentit ses dents grincer.
« On peut toujours le voir d'ici. »
Suivant son regard, Hitsugaya aperçut la lumière émise par le feu d'artifice. De ses quartiers, la lueur n'était évidemment pas aussi intense, le grondement pas aussi retentissant. Cependant le Capitaine se foutait pas mal du feu d'artifice. Tout ce qu'il souhaitait voir était Olivia, éclairée par les innombrables couleurs dans le ciel, ses yeux pour lesquelles elle fut nommée scintiller, les couleurs dansant sur sa peau, dansant dans ses cheveux.
Lorsqu'elle se retourna vers lui, ses yeux étaient illuminés d'une émotion intense, plus vivante qu'il ne l'avait jamais vu. Enlaçant ses mains autour de la nuque du jeune homme, elle s'appuya de tout son corps contre Hitsugaya, et l'embrassa tendrement. La retenant contre lui, le Capitaine sentit la peau chaude d'Olivia contre ses mains. Il avait déjà caressé son visage, mais n'aurait jamais cru que sa peau aurait pu être encore plus douce. Il n'aurait jamais pu la laisser partir, le fait même qu'elle se trouvait dans ses bras lui semblait irréaliste : cette souffrance qu'ils ne pouvaient pas exprimer planait constamment autour d'eux, mais lorsqu'ils étaient aussi proches l'un de l'autre, Hitsugaya n'arrivait tout simplement pas à s'imaginer plus heureux.
Soudain, les lèvres de la jeune femme se firent plus pressantes, et le jeune Capitaine la sentit tentant de retirer son haori, ses mains douces et chaudes s'étant déplacées aux épaules d'Hitsugaya. Celui-ci s'éveilla brusquement, luttant avec soi-même pour briser leur baiser.
« Olivia, t'es pas obligée de faire ça. » murmura-t-il, hors d'haleine. Tendrement, il prit le visage de la personne pour laquelle il aurait tout donné en ce monde entre ses mains : le regard de la jeune femme prit aussitôt une expression blessée. Elle baissa légèrement les yeux, comme pour se regarder de toute sa longueur.
« Tu n'as pas envie de moi ? »
Pris au dépourvu, Hitsugaya voulut dire un million de choses à la fois, mais rien ne sembla vouloir sortir de sa bouche. Il ne reconnaissait pas tout ce qui lui passa par l'esprit, cependant il savait avec certitude qu'il était absolument outré.
« Je t'aime, Olivia. »
La rouquine garda un moment le silence. Hitsugaya sentait que plus les secondes passaient, et plus il se sentait mal à l'aise. Finalement, Olivia le contourna, se mouvant lentement et d'une grâce quasi irréelle. Fasciné, le Capitaine ne put s'empêcher de la suivre du regard. Lorsqu'enfin elle lui accorda le sien, Olivia s'assit au rebord du lit, magnifique bien que quelque peu dissimulée par la pénombre. Ou peut-être qu'elle n'en était que plus belle. Sa voix sembla résonner dans la pièce entière.
« T'as pas répondu. »
Quand elle le vit s'approcher d'elle, Olivia recula un peu plus, se déplaçant vers le milieu du lit. Lentement, le jeune Capitaine la rejoignit, se penchant au-dessus d'elle. Appuyée sur ses coudes, Olivia sembla attendre sa réponse : Hitsugaya l'embrassa alors, tenant la nuque de la jeune femme dans une main, et sa taille, nue, de l'autre. Comme la rouquine essayait de le dévêtir, Hitsugaya la redressa vers soi, facilitant sa tâche. Bientôt, sa peau touchait celle de la jeune femme, douce et ardente sous ses doigts. Hitsugaya avait loin d'avoir froid, et pourtant ses mains, enlaçant le corps d'Olivia, tremblaient. Peut-être l'eut-elle remarqué, car la rouquine brisa momentanément leur baiser, respirant par grands souffles, une légère rougeur coloriant pour la première fois son visage. Ce visage, faisant de nouveau paraître de la douleur. Non, de l'envie. Posant ses deux mains sur le visage de son amant, Olivia murmura d'une voix éreintée, comme si parler plus fort lui aurait été douloureux.
« Je t'aime. »
Aussitôt, les deux Shinigami retombèrent sur le lit, enlacés désespérément en un baiser bien plus pressant qu'à l'accoutumée. Alors, Olivia enlaça ses jambes autour des reins du Capitaine, les lamentations essoufflées qu'elle réussissait à émettre faisant perdre l'esprit au jeune homme, dont peu de pensées rationnelles réussissaient encore à subsister. Ralentissant délibérément la frénésie de leur étreinte (ce qui ne tarda pas à faire gémir la rouquine), Hitsugaya baisa délicatement la nuque d'Olivia, s'enivrant un peu plus de son odeur. Il la pénétra alors doucement : Olivia poussa un petit cri plaintif, enlaçant un peu plus ses jambes et ses bras autour d'Hitsugaya. Reposant légèrement sur le corps de la rouquine, ce dernier mouvait ses hanches au rythme des soupirs d'Olivia, leurs corps épousant parfaitement les courbes de chacun. Souvent, le Capitaine se relèverait légèrement afin d'observer la jeune femme, ne pouvant croire qu'elle pouvait être encore plus belle sous la lueur bleutée de la nuit. Ses mouvements alors s'accélèrent progressivement, Olivia en poussant des gémissements de plus en plus résonants : le Capitaine sentit ses ongles lui griffer le dos, et laissa un râle s'échapper de sa gorge. Il lui empoigna le corps, lisse et brillant d'un éclat lunaire, sentant que leur plaisir atteignait son apogée. Il ne put plus entendre que les plaintes langoureuses d'Olivia, ainsi que les battements effrénés de son propre cœur. Ses hanches s'immobilisèrent finalement dans une dernière impulsion, tandis que le corps tout entier de la rouquine s'arqua en un dernier cri orgasmique. Tremblants légèrement, les deux amants respirèrent tous deux avec difficulté, et néanmoins aucun ne sembla prêt à se séparer de l'autre. Lorsqu'ils eurent reposé un moment, Hitsugaya embrassa une dernière fois le corps perlant d'Olivia, et se déplaça à ses côtés. La jeune femme ne tarda pas à le suivre, s'appuyant d'un bras sur le torse du jeune Capitaine. Elle lui souriait paresseusement, son regard fatigué mais empli de tendresse. Il se demanda comment il aurait pu faire pour être plus heureux à cet instant, dans cette période de sa vie où chaque pas qu'il faisait se résultait en une chute dans le vide. Sauf que lui ne se réveillait pas d'un sursaut, mais continuait de tomber.
Or il ne voulait pas se souvenir du néant dans lequel son cœur baignait. Pas maintenant. Laissez-moi juste cet instant, juste celui-ci. Hitsugaya ne savait pas vraiment à qui il priait, mais il espérait qu'ils l'entendraient tout de même. Et à elle aussi, laissez-lui un peu de répit, pensa-t-il en caressant les cheveux de son amante qui venait de reposer sa tête sur le torse du jeune homme. Celui-ci commença également à sentir la fatigue l'appeler il rapprocha un peu plus la rouquine, et reposa son visage contre les cheveux auburn d'Olivia. Cette dernière sommeillait déjà quand le Capitaine finit par fermer les paupières et s'abandonner lui aussi au sommeil.
Aucun rêve de brasier rugissant ne vint le perturber, et seuls les grondements du feu d'artifice comblaient le silence de la nuit.
