Chapitre 10 : soins

Le lendemain arrivé, il fut réveillé par une lumière éblouissante. Enfin réveillé, pas vraiment il avait été réveillé plus de cinq fois déjà après s'être recouché dans la nuit. Une des plus mauvaises nuits qu'il ait passé depuis bien longtemps. Et en se réveillant, il avait l'impression de n'avoir dormi que dix minutes et se sentait totalement épuisé.

Après qu'il ait ouvert les yeux et mit ses lunettes, il put constater que la lumière venait d'une fenêtre en face de lui par laquelle passaient les rayons d'un soleil radieux annonçant une bonne journée.

Il s'assit sur son lit, passa une main dans ses cheveux et lutta pour ne pas retourner dormir. Il n'avait envie que d'une seule chose à cet instant, épouser son oreiller. Mais il savait que ce n'était pas possible, le soleil indiquait qu'il devait déjà être 10 heures. D'ailleurs, du monde s'affairait devant lui. Il releva la tête et vit que quelques-uns des membres de l'ordre qui étaient partis après le diner de la veille étaient revenus. Maugrey et Kinglsey étaient attablés dans la salle à manger et discutaient tout en regardant un parchemin posé sur la table.

Il se releva difficilement et en quelques coups de baguettes magiques, c'était comme s'il s'était lavé et avait changé d'habits.

- Thé ou café ? lui demanda la voix de Ginny qu'il n'eut aucun de mal à reconnaître.

- Café s'il te plait.

Il se retourna pour voir effectivement Ginny qui se dirigeait désormais vers la cuisine. Il était tellement fatigué qu'il faillit exploser de rire en repensant à ce qu'il venait de dire. « S'il te plait ». Il n'avait jamais dit ça à un gryffondor, à part sa famille bien sûr. D'habitude ce « S'il te plait » aurait été remplacé par une insulte copieuse.

Il fit disparaitre son lit en un mouvement de baguette négligé. Et se dirigea vers la cuisine. Ses parents y étaient déjà assis sur deux des quatre chaises tenant chacun une tasse dans la main. Il les salua avant de s'assoir sur une chaise en face d'eux. Ginny posa une tasse de café fumante devant lui et s'installa à côté de lui sur la chaise restante.

Un silence assez gênant s'installa alors que tous se concentraient sur leur tasse respective. Tous sauf Harry qui n'avait nullement conscience du silence et qui devait déjà penser à tenir pour ne pas tomber le nez dans sa tasse.

Entre deux gorgées, il se rappela ce qu'avait subi son père la veille. Il se sentit vraiment bête de l'avoir oublié. Il devait effectuer quelques tests pour s'assurer que tout allait bien. Visiblement oui car il semblait être comme d'habitude.

- 'Pa ?

- Oui ? répondit l'interpelé

- Je m'appelle comment ?

- Mais enfin qu'est-ce qu'il te prend ?

- Répond, dit-il en voyant que Ginny et sa mère étaient aussi étonnées que son père.

- Harry enfin…

- Bien, maintenant j'ai combien de doigts ? demanda-t-il en levant sa main avec trois doigts tendus.

- En général tu en as dix…

Harry soupira

- Trois, répondit alors James.

- On est quel jour ?

- Dimanche

- Ne bloque pas mon attaque, tu lutterais pour rien.

Sans sortir sa baguette mais en fixant son père dans les yeux, il pénétra dans son esprit. Il le fouilla de fond en comble pour s'assurer qu'il n'était pas fissuré. Puis il se permit un petit extra. Il visionna un souvenir où lui et Sirius s'amusaient à verser quelques potions dans les plats des cuisines de Poudlard.

Harry revint au présent et eut un petit sourire amusé alors que son père se renfrognait.

- Et après tu me diras que je dois rester sage à l'école, se moqua Harry.

- Bon ton esprit n'a pas été endommagé, continua-t-il en reprenant son sérieux. Tu as encore des douleurs ?

- Presque plus rien…

Harry savait ce que cela voulait dire « presque plus rien », ça signifiait pour quelqu'un de normal de bonnes douleurs musculaires. Il fouilla dans ses poches à la recherche d'une potion antidouleur et dut s'y reprendre à quatorze reprises pour sortir la bonne fiole.

Il finit sa tasse de thé et se retourna vers Ginny

- Il faudrait que je voie ton père

Elle acquiesça et finit rapidement sa tasse. Elle l'invita à le suivre vers le salon. L'homme avait rejoint Kingsley et Maugrey à table, toujours penchés sur leur parchemin.

- 'Pa ? l'interpella Ginny, Harry voudrait te voir.

Tous les trois relevèrent la tête et dévisagèrent Harry.

- Je voudrais vous examiner pour voir si tout va bien pour votre blessure au ventre, dit maladroitement Harry mais en restant toujours aussi impassible.

Après quelques secondes de silence, Monsieur Weasley se leva enfin. Et se dirigea vers le canapé et s'y allongea. Harry le suivit et le pria de lever sa chemise. Les blessures étaient complétement cicatrisées mais il en restait tout de même la marque. Il suffirait simplement d'un baume pour arranger ça, mais Harry ne l'avait pas et il faudrait 1 semaine pour le préparer, ce qui le rendrait complétement inefficace après tout ce temps. Il le signifia donc au père de famille qui lui dit que ce n'était pas grave, qu'il était déjà heureux d'être en vie et qu'il ne le remercierait jamais assez.