Lizzie fut installée à l'étage des invités, avec le chat qui semblait assez à l'aise au SGC. La journée avait été rude pour elle aussi et elle ne fut pas mécontente de pouvoir s'allonger un peu. Elle pensa à sa propre fille disparue trop tôt et essayait de trouver dans le visage de Sam des similitudes. Elle était belle mais triste. Lizzie comprit que la mort tragique de sa mère avait vraiment éprouvé la jeune femme. Elle n'avait pas vu d'alliance à sa main gauche mais elle espérait que Sam avait quelqu'un dans sa vie. Elle ne voulait pas que Sam soit brisée au point de ne pouvoir se construire une vie parfaite mais quelque chose lui disait que cette femme travaillait trop dur et que ça cachait un traumatisme. Elle s'endormit la tête pleine de questions.
Jack arriva au SGC quinze minutes après l'appel de Landry, qui lui avait seulement demandé de venir vite, parler du cas Carter. Jack n'aimait pas cela. Daniel était arrivé de mauvaise humeur chez lui puis lui avait annoncé un problème avec Sam et maintenant, ça.
-"Jack !" dit Landry d'un ton las, en se levant pour saluer son ami.
-"Hank" dit juste Jack, mécontent d'avance.
-"Assieds-toi, nous devons parler."
-"Explique-moi vite alors, je ne suis pas patient !"
Landry jeta un coup d'œil à Jack et réalisa en effet qu'il avait la tête du O'Neill qui allait faire un massacre. Jack s'installa en face de Landry, dans un fauteuil confortable, sachant que ça risquait de durer. Landry lui raconta rapidement les événements de la journée pour finir sur l'arrestation de Carter. Jack avait écouté le récit en silence, retenant difficilement sa stupeur mais réagit à la fin.
-"Tu as fait quoi ?" hurla Jack.
-"Je n'ai pas eu le choix, elle a refusé d'obéir à mon ordre. Je me dois de faire respecter les consignes, même quand il s'agit d'elle, Jack ! Elle n'est pas exempte du protocole !"
-"Et elle le sait. Tu ne crois pas que lui demander de s'impliquer directement c'était maladroit ?"
-"Jack, je sais que tu aurais fait autrement avec Carter mais je ne suis pas toi !"
-"Oui, je le constate ! Sans parler de moi, Hammond s'est toujours inquiété de notre bien-être autant physique que psychologique avant de nous envoyer affronter ce genre de situation ! Parce que, crois-moi, ce n'est pas la première fois qu'on est face à un problème de ce genre !"
Jack se leva furieux et quitta le bureau de Landry. Celui-ci savait où Jack se rendait et ne le suivit pas. Jack arriva à l'étage des détentions et salua un jeune garde, qui ne le reconnut pas.
-"Sergent, vous allez me laisser rentrer sinon, je vous jure de vous envoyer en Sibérie !"
Sam sursauta en entendant la voix de Jack dans le couloir. Elle était à la fois heureuse et terrifiée à l'idée de le voir. Elle savait qu'elle allait passer un sale quart d'heure à cause de son comportement mais elle le verrait, même quelques secondes. Le sergent ne sembla pas vouloir obtempérer, Jack éleva encore la voix.
-"Je suis le général Jack O'Neill, normalement, si vous avez bien fait vos devoirs, ce nom doit vous dire quelque chose. Si ce n'est pas le cas, je vais vous l'apprendre !"
Le sergent Siler, qui avait entendu les éclats de voix, accéléra le pas. Il avait apporté un plateau pour le colonel Carter et arriva en plein coeur de la crise.
-"Sergent, c'est bon, laissez le général entrer et aller prendre de nouveaux ordres auprès de votre officier supérieur" déclara Siler.
Il savait que Jack allait faire sortir Sam, donc plus besoin de garde devant la porte.
-"Merci Siler" dit Jack, reconnaissant. "Rapportez ça au mess, on n'en aura pas besoin."
Siler quitta le couloir. Jack entra dans la pièce sombre et Sam se leva pour le saluer. Elle ne l'avait pas vu depuis quelques semaines et elle avait presque oublié à quel point il était beau. Pourtant, elle se souvenait de chacun de ses traits, chaque courbe de son profil, chaque marque visible sur sa peau... Elle connaissait son visage par cœur, mieux que le sien et pourtant, l'avoir en face lui avait coupé le souffle. Il était si beau que son cœur se serra dans sa poitrine.
-"Bonsoir mon général" dit-elle, émue.
-"Repos Carter !" dit-il en soupirant.
Cette femme était désespérante, selon lui. Il voulait profiter de la situation pour avoir une vraie conversation avec elle. Jack tira une chaise et s'assit face à elle. Elle prit place sur sa couchette et attendit que le couperet tombe.
-"Carter, vous savez que si j'ai pris ce poste à Washington, c'était pour nous permettre d'être ensemble, sans craindre la cour martiale..."
-"Monsieur, je n'ai pas envie de parler de ça maintenant."
-"Pas de chance pour toi, Carter, tu es enfermée ici et à défaut de parler, tu vas écouter" dit Jack avec un sourire, sans se laisser distraire par l'évidente détresse de Sam.