Disclaimer: Glee appartient à la Fox and Mister Ryan Murphy.

Rating : M. L'histoire sera en deux arcs, l'un ne justifiant pas un rating M contrairement à l'autre.

Pairings (à l'heure actuelle): Klaine, HummelBerry, KurtCedes.

Certains personnages seront certainement un peu OOC par rapport à leur caractère original dans Glee.

Merci à ceux qui postent des reviews!


Mon nom est Kurt Hummel, j'ai 12 ans, je vis avec mon père à New-York et j'étudie dans un collège réputé et spécialisé dans la formation musicale et artistique. Je n'ai eu aucun mal à y entrer grâce aux recommandations de mes professeurs particuliers mais également grâce à mon nom.

En effet, Hummel est un nom connu dans le monde de la musique, surtout à New-York car ma mère Elisabeth Hummel était une grande violoniste diplômée de l'école de la Julliard. Elle était car cela va faire quatre ans qu'elle nous a quittée. Un accident de voiture, un stupide accident pendant sa tournée. J'avais huit ans à l'époque et mon monde s'est écroulé.

Celle qui m'a donné la vie, qui m'a tout appris et qui me servait d'exemple était partie et honnêtement, je ne savais plus quoi faire.

J'ai appris à jouer du violon dès que j'ai su correctement en tenir un, fasciné par l'instrument mais aussi poussé par l'idée de ressembler à ma mère, cette magnifique femme qui a toujours su malgré son imposante carrière prendre le temps d'aimer son mari et son fils d'un amour sans limite. Après sa mort, je n'ai plus joué pendant un certain temps, son souvenir trop présent lorsque la musique produite par l'instrument s'élevait dans les airs et mon père penser ne plus jamais entendre le son du violon dans la maison. Si ce n'était pas moi qui jouais, c'était ma mère, une habitude qui s'était ancrée dans la vie de famille des Hummel.

Mon père n'avait aucune connaissance musicale, il était garagiste et la musique classique était loin d'être sa tasse de thé jusqu'à ce qu'il rencontre ma mère. Il a appris à apprécier la beauté de ce genre musicale, enfin, que si c'était moi ou ma mère qui jouait, parce que sinon aller voir une symphonie dans laquelle ni sa femme ni son fils ne jouait c'était comme me faire regarder un match de football ou de basket à la télé, une torture.

La mort de ma mère nous a énormément rapproché. On ne pouvait dire que c'était normal que je sois plus proche de ma mère que de mon père à l'époque, mais notre passion commune est le temps que nous passions ensemble lorsqu'elle me donnait des cours avait inévitablement créé un lien très puissant entre elle et moi. Lien qu'à présent j'entretiens également avec mon père même s'il est fondamentalement différent, mais pas moins puissant.

Je ne le remercierai jamais assez de m'avoir poussé à reprendre la musique et le violon, car aujourd'hui ce n'était plus la tristesse que je ressentais lorsque je jouais de l'instrument de ma mère mais un profond bonheur et une profonde connexion avec elle, peu importe où elle pouvait se trouver.

Ma mère m'avait un jour parlé de cette connexion que l'on pouvait créer entre deux êtres grâce à la musique, le plus souvent avec ceux qui partageaient notre univers car ils pouvaient eux aussi en retour tisser la connexion. Au-delà d'une connexion elle m'avait parlé d'une musique, une musique si puissante qu'elle pouvait balayer toutes vos convictions d'un seul coup, une musique unique, personnelle, celle qui puisait ses notes dans les battements et l'essence de votre coeur.

Il n'existait qu'une seule personne dans le monde entier dont le coeur pouvait produire la même musique que la vôtre. Si vous la trouviez, si vous l'entendiez, vous en deviendriez ivre. Un peu comme un drogué qui a besoin de sa dose d'héroïne, un alcoolique de son verre de whisky, vous deviendrez ivre de la musique de vos coeurs qui battent à l'unisson. À un tel point que si elle s'éloigne et que vous la perdait, peut-être pour toujours, votre musique comme elle l'a toujours fait reflétera ce que vous êtes, l'ombre de vous-mêmes.

J'étais fasciné par les paroles de ma mère qui semblait tout droit sorti d'un livre de conte, des paroles magiques. Je lui ai alors demandé si elle avait déjà connu ça, elle m'a répondu que non, que souvent on ne trouvait pas cette personne qui nous était si semblable dans ce vaste monde mais que nous en étions pas moins heureux et qu'elle aimait mon père plus que tout bien qu'il ne sache pas jouer une seule note d'un quelconque instrument.

Elle avait ajouté que parfois c'était mieux comme ça, ne pas connaitre ce genre de connexion avec quelqu'un d'autre car souvent on la perdait et on ne pouvait plus vraiment vivre heureux pour le reste de sa vie.

Ma mère prenait plaisir à enseigner le solfège aux élèves de la Julliard lorsqu'elle avait un peu de temps, et c'était une de ces brillantes élèves qui avait connu cette situation qui c'était confié à elle.

Le temps passa, mon talent naturel pour le violon ne cessa de croître et me permit d'intégrer une prestigieuse école de musique. Je me prédestinai à être comme ma mère, sa relève, et personne jusqu'à présent n'en doutait. Même les professeurs de la Julliard s'impatientaient de me voir grandir et d'intégrer l'école. Professeurs qui me connaissaient depuis toujours, ma mère étant leur ancienne élève et professeur de temps à autre elle m'emmenait toujours avec elle là-bas, j'ai grandi entre les murs de la Julliard que je connaissais comme ma poche.

C'était un vendredi comme les autres lorsque je l'ai rencontré ou plutôt, revu.

Mon père finissant son travail plus tard le vendredi soir et le weekend, j'ai pris l'habitude d'aller l'attendre à la Julliard plutôt que de rester bêtement dehors devant mon école, et au moins j'étais en sécurité.

Mr Stewart, très proche de ma mère, me donnait toujours sa clé pour accéder à l'auditorium dont il avait la charge pour jouer de mon instrument en attendant l'arrivée de mon père. Depuis quelque temps lui et les autres professeurs ne cessaient de parler d'un jeune garçon au talent prodigieux qui avait récemment intégré l'école et ne cessait de les étonner. Je n'avais jamais eu l'occasion de rencontrer la personne en question, je ne savais que son prénom : Blaine Anderson.

Mais à présent c'était chose faite et bizarrement, lorsque qu'enfin j'ai découvert l'identité du jeune prodige je n'ai même pas était étonné. C'est comme si je l'avais toujours douce mélodie de son prénom faisait écho à celle des battements de mon coeur.


Nous étions samedi, au beau milieu de l'après-midi, alors que la plupart des enfants étaient surement en train de s'amuser dans les rues ou les parcs de New York, Kurt attendait impatiemment dans le couloir du bâtiment C d'assister au cours de musique particulier pour quelques élèves du collège de Mme Johnson. Cela faisait déjà un bon quart d'heure que lui et les autres élèves attendaient l'arrivée de la vieille femme lorsqu'une tornade se jeta sur lui et faillit le renverser. Comme d'habitude.

- "Bon sang Rachel fait attention ! J'ai mon violon avec moi !"

Rachel Berry, sa voisine et camarade de classe, une source d'énergie inépuisable et un caractère de diva. Les deux enfants se connaissaient depuis toujours et avaient toujours tout fait ensemble. Rachel avait intégré le collège grâce à sa magnifique voix et son talent en danse, elle désirait devenir actrice à Broadway. Elle ne pratiquait pas d'instrument mais ne restait pas moins fan de la musique classique et était à ce jour, avec son père, sa plus grande admiratrice.

- "Désolé Kurt ! Mais j'ai fais aussi vite que je le pouvais pour venir te l'annoncer !

- M'annoncer quoi ?

- Mme Johnson est absente pendant un certain temps. Apparemment elle serait tombée dans les escaliers du métro, poussé par la cohue général.

- Qu'est qu'elle faisait dans le métro? Elle est riche comme Crésus !

- J'sais pas ! Mais au moins tu as ton samedi pendant un certain temps maintenant, donc je pensais que tu pourrais venir avec moi au cours de danse classique du coup !

- Rachel, je n'ai pas mes affaires.

- C'est pas grave ça je-

- Je ne mettrai pas de tutu ou ton affreuse tenue rose et blanche de rechange ! Hors de question !

- Hey ! Mais elle te va super bien !

- C'est pas parce que les affaires de filles me vont souvent bien que je vais me travestir ...

Kurt se renfrogna. Il savait que les affaires de filles lui allaient aussi bien que les affaires de garçon. Il se souvenait que lorsqu'il était petit, lui et Rachel se rendait discrètement dans la chambre de sa mère et essayait ses tenues, marchés avec ses chaussures à talons en imitant les mannequins de la télévision. Il ne pouvait faire ça que chez Kurt car Rachel avait deux papas et donc les affaires féminines ne remplissaient pas les placards, à part ceux de Rachel, Kurt trouvait d'ailleurs son style un peu douteux et d'assez mauvais goût mais il ne voulait pas vexer son amie, bien qu'un jour il faudrait qu'elle voit la vérité en face, nous étions à New York après tout.

Autant que la musique, la mode était sacrée pour Kurt. Il s'était découvert cette seconde passion lorsqu'il demanda pour la énième fois à son père de lui acheter le dernier Vogue et que celui-ci lui fit remarquer qu'il n'y avait plus une seule place de disponible sur l'étagère de la salle à force d'accumuler les exemplaires.

Une autre question sur un possible intérêt qu'il pourrait avoir lui avait effleurait l'esprit un jour également lorsqu'il découvrit la collection secrète de magazine de mode de l'un des papas de Rachel dans un placard ouvert par inadvertance alors qu'il aidait la jeune fille à chercher une cravate dans les affaires de ses parents.

La comparaison entre lui et Mr Berry était inévitable sur le moment et Kurt s'imagina à la place de l'homme l'espace d'un instant, habitant dans un quartier tranquille de New York en ayant brillamment réussi dans sa carrière musicale, père d'une petite fille ou d'un petit garçon et à son côté son mari. Un mari.

Et Kurt referma aussitôt le placard comme si cela pourrait chasser l'idée de son esprit. Il se retourna vers Rachel et l'observa de haut en bas. Bon, il n'était définitivement pas attiré par la jeune fille mais cela ne voulait rien dire, il était jeune après tout et son rêve de carrière dans la musique était le plus important, il n'avait pas le temps de se trouver une copine comme dans les films à l'eau de rose que lui et Rachel adorait regarder ... ou un copain.

En repensant à ce moment plus que frustrant de sa vie, l'image du garçon aux cheveux frisés lui traversa l'esprit et il se souvint alors qu'il n'était que trois heures de l'après-midi, s'il se dépêchait il pourrait arriver pour l'intercours à Julliard.

Alors que Rachel avait apparemment continué de parler pendant sa longue réflexion, il l'a pris brusquement dans ses bras pour la faire taire et la relâcha aussitôt avant de prendre son instrument et de se mettre à courir le long du couloir vers la sortie.

- "J'y vais Rachel ! Bon cours de danse !

- Hey ! Mais où tu vas comme ça ?!

- On ce dit à ce soir !"

Kurt n'entendit pas la jeune fille lui répondre car il était déjà hors du bâtiment et se dirigeait vers la sortie. Il passa le portail du collège et couru dans les rues de New York bien plus vite qu'il ne s'en croyait capable.


Lorsqu'il arriva enfin à la Julliard et entra dans la prestigieuse école, il se stoppa net en plein milieu du hall et se rendit compte qu'il n'avait aucune idée de quel cours avait Blaine actuellement. Ce qui pose problème pour le trouver vu l'immensité des locaux.

Il se dirigea vers les bureaux de l'administration et pâlit à la vue de l'immense fil d'attente d'élèves qui attendaient devant les bureaux. Il regarda nerveusement sa montre, s'il ne se dirigeait pas maintenant vers la salle de cours ou se trouvait Blaine pour tenter de l'intercepter à la sortie il le raterait et devrait attendre l'heure suivante pour le voir.

C'est alors qu'il aperçut Maddy, une vieille dame qui avait maintes fois prit soin de lui quand il était tout petit, quand sa mère ne pouvait pas l'emmener au cours dans l'auditorium et qui plus est, secrétaire à l'administration. Il courut après elle et la vieille femme se retourna vers lui en souriant. Elle l'emmena avec lui jusqu'à son bureau et chercha l'emploi du temps de Blaine dans sa paperasse

- " Anderson, Anderson ... Ah ! Le voilà ! Il est actuellement en cours de solfège avec Mme Stevens et après ça il a cours en auditorium avec Mr Stewart. Je n'ai pas besoin de te communiquer les salles je suppose ?

- Non ça va aller, merci Maddy !"

Kurt l'embrassa sur la joue, confia son violon à la vieille femme qui le mettrait en sécurité et sortit à toute allure des bureaux de l'administration. Il fila à travers les couloirs et entre les groupes d'élèves, descendit les escaliers en glissant sur les rambardes puis ralentit la cadence enfin arrivé non loin de sa destination. Il passa devant plusieurs salles de classe observant l'intérieur de chacune d'entre elles afin de repérer Mme Stevens et c'est au bout de la 4ème classe qu'il l'aperçut.

Les salles de classe de la Julliard sont très grandes et très éclairées, des fenêtres sur le moindre pan de mur notamment sur les murs autour de la porte de la salle de classe qui permettait d'observer de l'extérieur ce qui se passer à l'intérieur.

Mme Stevens faisait des allers-retours entre les grandes tables ou des groupes pouvant aller jusqu'à quatre élèves pouvait s'assoir et observait discrètement en passant le travail de ses élèves, prête à répondre à la moindre question si besoin. Mme Stevens était un excellent professeur et rare était ceux qui ne comprenait pas ses cours de solfège aussi dur que cela puisse être, c'est ainsi qu'elle finissait toujours ses leçons en avance et permettait aux élèves durant les vingt minutes de cours restantes de s'avancer sur leurs devoirs, réviser leur cours de solfège, composer leur propre gamme ou discuter discrètement ensemble sur un projet commun.

Kurt la suivit des yeux et la vit faire demi-tour à mi-chemin évitant intentionnellement le fond de la salle de classe. Le garçon fronça les sourcils, ce n'était pas son genre d'éviter un élève ou même un groupe, mais il ne pouvait pas apercevoir le fond de la classe et celui qu'elle ignore intentionnellement. Kurt changea de fenêtre pour changer son point de vue sur la classe et pouvoir résoudre ce mystère. Son coeur rata un battement quand il aperçut Blaine.

Il ne put s'empêcher de sourire à la vue du garçon aux cheveux frisés qui semblait absorbé dans son travail, trop absorbé pour le voir, trop absorbé pour voir quoi que ce soit même.

De là où il était maintenant, Kurt pouvait très bien voir Blaine et les expressions de son visage, ses yeux plissés dans la concentration suivant sans cligner une seule fois son crayon écrire sur la partition, son poignet s'agitant frénétiquement comme si le temps lui manquait pour écrire ce qu'il voulait, sa main gauche prit de légères convulsions et ses doigts frappant dans un rythme particulier dont seul Blaine avait le secret. Mme Stevens de retour de son énième voyage de long en large dans la classe s'avança cette fois-ci vers la table de Blaine, où il n'y avait que Blaine d'ailleurs, et passa discrètement derrière lui en jetant un oeil à son travail puis répartit dans sa ronde habituelle vers le devant de la classe.

Kurt ne manqua pas ses yeux qui s'ouvrirent en grands lorsqu'elle aperçut le travail du brun, et Mme Stevens était rarement étonnée, Blaine n'avait même pas remarqué sa présence. Le châtain, très observateur, n'avait remarqué aucun froncement de sourcils, aucun changement de posture ou de changement de rythme dans la cadence effréné de son écriture et pourtant la plupart des élèves n'aimaient pas quand il sentait le regard observateur de leur professeur sur leur travail.

On aurait pu crier au feu, Blaine ne l'aurait même pas remarqué. Il était totalement absorbé dans son travail, à l'intérieur d'une bulle que rien ne pouvait percer, et il était totalement fascinant de l'observer à l'oeuvre. Son regard dément et la rapidité avec laquelle son corps travaillait avait cependant un côté malsain, ce détachement de la réalité devait être mesuré et personne ne semblait remarquer à quel point Blaine y avait profondément plongé. Kurt se sentait presque mal de le voir comme ça, il voulait entrer dans la salle de classe et enlacer Blaine de toutes ses forces en lui chuchotant que tout aller bien, qu'il était là maintenant.

"Le génie et la folie vont souvent ensemble"

Ce fut cependant la sonnerie qui sortit Blaine de son état de transe et le ramena à la réalité. Kurt aurait vraiment été inquiet qu'il ne réagisse pas à l'assourdissante sonnerie qui était tout sauf mélodieuse pour une École de musique.

Les élèves sortirent en trombe de la salle de classe et se précipitèrent dans les couloirs. C'était la pause de 15h30, tout l'établissement se ruer vers la cafétéria afin d'acheter un excellent cookie, muffin ou n'importe quelles autres pâtisseries sortant du four et uniquement vendu du lundi au samedi de 15h30 à 16h. Mais tout le monde savait qu'à 15h45 il n'en restait plus une seule.

Le seul qui ne semblait pas pressé de sortir de classe était Blaine. Blaine qui semblait perdu au beau milieu de ses partitions, les regardant toute une par une et essayant désespérément de les trier. Kurt se tenait à l'entrée de la classe le regardant à l'oeuvre en souriant, mais il ne put retenir son rire plus longtemps face aux expressions faciales contrariées et désespérées de l'autre garçon.

Blaine releva la tête, reconnaissant ce rire si particulier entre tous et un sourire digne des pubs de dentifrice se dessina sur son visage lorsqu'il aperçut Kurt. Ce dernier le salua de la main, salut que Blaine voulut lui rendre lorsqu'il se rendit compte que ses deux mains tenaient ses partitions, et en quelques secondes il les reposa sur la table, regroupant ensemble toutes ses autres partitions dans un même tas, abandonnant tout espoir de les trier. Ce qu'il ne faisait jamais généralement, quitte à prendre les 30 minutes de pause pour tout trier, on est perfectionniste ou on ne l'est pas !

Mais lorsque Kurt est présent, ces petites choses qui font son quotidien n'ont plus d'importance. Et c'est en tenant son tas de partitions contre son torse que Blaine se dirigea, se précipita, vers Kurt.

- "Tu es là !

- Bien sûr ! Je te l'avais promis ! Kurt Hummel tient toujours ses promesses !"


Honey you are a rock
Upon which I stand
And I come here to talk
I hope you understand


Blaine était plus souriant que jamais, ce qui rendait Kurt incroyablement heureux également, se sentant une nouvelle fois sondé dans l'âme par les yeux pétillants du garçon, cette même fascination que celle qu'il avait aperçue dans ses yeux lorsqu'il travaillait quelques minutes plus tôt. Le châtain s'accrocha au bras du brun et ensemble ils marchèrent à travers les couloirs de l'école.

- "Tu es arrivé il y a longtemps ?

- 5 minutes, mon professeur de violon n'est pas là alors je suis venu te voir pour la pause de 15h30.

- Oh, seulement pour la pause ?

-Non bien sûr que non, je vais t'attendre jusqu'à ce que tu es fini les cours ! Tu es en auditorium avec Mr Stewart après n'est ce pas ?"

Blaine fronça les sourcils et le regarda en souriant.

-" Comment le sais-tu ?

- J'ai mes sources ! lui répondit Kurt en lui faisant un clin d'oeil."

Ils continuèrent à avancer dans les couloirs jusqu'à déboucher sur le hall qui menait à la cafétéria. Un brouhaha digne des manifestations de rue émanait de l'endroit et les portes battantes étaient même coincées contre les murs par le surplus d'élèves qui espéraient encore avoir la chance d'acheter une pâtisserie.

Kurt regardait perplexe la scène devant lui, haussant un sourcil devant cette jungle d'élèves en proie à leur plus bas instinct, celui de manger, et il se dit que parfois lorsque lui et Rachel se sentait un peu au-dessus de tout le monde et bien, ce n'était pas vraiment une illusion.

Trop occupé à observer la scène, il n'entendit pas arriver de derrière lui le skateur qui se dirigeait droit dans la cohue lui aussi.

Contrairement à Blaine, qui était occupée pendant ce laps de temps a observer la main chaleureuse de Kurt accrocher à son bras, et qui était loin d'être sourd. Pas avec tout ce qu'il avait vécu dans les rues New-Yorkaises et tous ses réflexes qu'il a dû accroître pour survivre tout au long de sa vie.

Il tourna vivement sa tête par-dessus son épaule et vit l'ombre d'une personne foncer droit sur eux, après ça ce n'était que l'instinct de survie. Il libéra ses mains de ses partitions qui s'étalèrent sur le sol et poussa rapidement Kurt sur le côté, la rapidité et la puissance de ses réflexes cependant les firent vaciller puis tomber sur le sol. Blaine avait placer sa main dans le dos de Kurt et une à l'arrière de sa tête afin d'amoindrir le choc mais il ne s'en sentait pas moins coupable d'avoir fait tomber le châtain qui était à présent sous lui.

Le skateur passa à toute vitesse à l'endroit où ils étaient quelques secondes plus tôt sans se soucier de rien et quelques partitions s'envolèrent dans les airs lorsqu'il roula près d'elles. Blaine se releva un peu et appuya ses mains des deux côtés de la tête de Kurt en le regardant affolé.

- "Oh mon Dieu ! Kurt tu vas bien ?! Je t'ai pas fait mal ?! Je suis désolé ! Kurt tu as-"

Le châtain qui avait fermé les yeux jusque-là pour mieux encaisser le choc n'avait rien sentit du tout grâce aux préventions du brun et il ouvrit rapidement les yeux pour croiser celui mordoré de Blaine lorsqu'il l'entendit paniquer pour rien. Ce qui eut d'ailleurs le don de le faire taire. Aucun des deux garçons n'osés faire le moindre geste en vue de la situation dans laquelle ils étaient.

Kurt allongé au beau milieu du Hall de la Julliard non loin d'une cafétéria bondée avec Blaine, le magnifique Blaine, au-dessus de lui qui le dévorait des yeux.

Le mutisme de Kurt inquiétait tout de même un peu Blaine, et quite à casser la magie de l'instant il s'apprêtait à lui redemander s'il allait bien lorsque la main du garçon au visage de porcelaine vint délicatement se poser sur la joue du garçon au teint mat, comme elle l'avait fait la veille dans l'auditorium pour le rassurer.

À cet instant il n'y avait pas besoin de mot, tout était dit.

Blaine lui sourit, profondément rassuré, ce n'était pas vraiment son genre de s'inquiéter pour ça, avec Puck et tous les autres enfants il ne comptait plus le nombre de fois où ils s'étaient poussés ou balancés des choses les uns sur les autres mais Kurt ressemblait vraiment à une poupée de porcelaine que l'on fissurait au moindre choc, et les fissures sont irréversibles.

- "Tes ... Tes partitions."

Blaine, complètement hypnotisé par le bleu des yeux de Kurt s'était rapproché de plus en plus près de son visage pour mieux les observer, mais se ressaisit au son de la voix du garçon et se rendit compte de sa proximité avec le visage du châtain, ainsi que des rougeurs sur ses joues. Oh mon Dieu. Il fallait vraiment qu'il se contrôle avec lui. Kurt n'était pas un objet, il ne pourrait pas l'observer sous toutes les coutures aussi longtemps qu'il le souhaitait comme il le faisait avec la moindre chose d'habitude, c'était une personne ! Et il allait surement le prendre pour un malade mental après ça, pensa Blaine.

- "Mes ... euh ... Quoi ? bafouilla le frisé

- Tes partitions, Blaine. Elles sont par terre et au-dessus de ta tête, en fait.

Le brun releva immédiatement la tête et vit quelqu'une de ces partitions encore en train de voler dans les airs avant de se poser délicatement sur le sol. Il se releva rapidement par automatisme et se précipita pour les attraper, laissant Kurt encore sous l'émotion d'avoir eu le visage de Blaine aussi près du sien.

Il retourna cependant rapidement sur ces pas afin d'aider Kurt à se relever et ils se fixèrent encore un instant alors que leurs mains ne semblaient pas vouloir se délier. Blaine encore gêné de la précédente situation relâcha le premier son emprise et se hâta consciencieusement à ramasser ses partitions. Kurt fit de même de son côté et rendit les feuilles à Blaine en lui souriant, décidé à effacer cet air timide et gêné du visage de l'autre garçon. Un coup d'oeil à l'horloge rappela à Blaine que son prochain cours commençait dans 10 minutes et avec Kurt ils se dirigèrent vers l'auditorium.


The Green Eyes
Yeah, the spotlight shines upon you
And how could anybody deny you?


Ils pénétrèrent à l'intérieur de l'auditorium et le dôme qui était d'habitude désert lorsque Blaine venait travailler et Kurt jouer était aujourd'hui rempli d'étudiants de toutes classes, tout âges et pratiquant toutes sortes instruments. Blaine se sentit reprendre confiance en lui et sautilla sur place en regardant toute l'agitation des musiciens dans l'auditorium, il tourna la tête vers Kurt mais son sourire se fana lorsqu'il vit ce qu'il pensait être de la nostalgie sur le visage du châtain.

Dans un élan de courage il lui prit la main et la serra délicatement pour attirer son attention, Kurt se tourna vers lui et lui fit un sourire rassurant. Pui il l'a rlâcha et Blaine dans l'allée jusqu'à la scène où Mr Stewart, le chef de l'orchestre symphonique, préparait ses affaires et la partition du morceau sur lequel l'ensemble de l'orchestre travaillait en ce moment. Lorsque le professeur vit Blaine arriver, toute trace de stress disparut de son visage et il sourit à son élève.

-" Te voilà Blaine ! J'ai amené ton violon, il est là."

Mr Stewart saisit l'étui contenant l'instrument et le donna à Blaine. Le vieil homme habitait lui aussi dans l'enceinte de la Julliard et proposait au jeune garçon de transporter son instrument avec lui pour son cours plus tard dans la journée afin que Blaine n'est pas à le porter toute la journée avec lui. Ce qui était en quelque sorte du favoritisme car tous les autres élèves avaient à le faire, le garçon en était conscient.

- "Bon, tu as travaillé le morceau je suppose ?

- Bien sûr monsieur ! Quelque passage difficile cependant mais je travaille afin de surmonter ça.

- Parfait ! Monsieur Hummel n'est-il pas avec vous ?"

Blaine fronça les sourcils se demandant comment son professeur, qu'il n'avait vu qu'au matin, pouvait savoir que Kurt était avec lui.

- "Oui il est à l'entrée mais, comment savait vous qu'il est avec moi ?

- Je l'ai vu hier avec son père, il m'a dit qu'il avait fait ta connaissance dans l'auditorium et qu'il reviendrait te voir demain et comme je sais que Mme Johnson son professeur et une amie à moi, n'est pas en mesure de donner son cours, j'ai supposé qu'il avait rappliqué ici.

- Supposition exacte monsieur ! Blaine en profita pour en savoir un peu plus. Donc, vous connaissez Kurt ?

- Bien sûr ! Depuis qu'il est bébé, sa mère était une de mes élèves à la Julliard et c'était une très grande violoniste ! Il a grandi ici en quelque sorte.

- Elle était ?

-Oui, mais ce n'est peut-être pas à moi de vous dire tout ça Blaine."

Le brun hocha la tête, Kurt ne lui avait pas encore raconté son histoire et ce n'était certainement pas aux autres de le faire. Si un jour il racontait son histoire à Kurt, cela ne devait venir que lui et de lui seul. Ces précieuses informations permettaient de mieux comprendre le châtain et ce mystérieux air de nostalgie qu'il semblait avoir quelques minutes auparavant, notamment cette aisance qu'il avait en parcourant les couloirs de la Julliard et expliquait le fait qu'il est également accès à l'auditorium le soir après les cours.

Grandir au milieu de la musique. Enfant d'une grande musicienne. C'était peut-être ça que Blaine avait perçu chez Kurt, l'âme d'un musicien.

- "Allez donc le chercher Blaine, j'aimerais lui parler.

- Tout de suite monsieur."

Blaine remonta l'allée jusqu'à la porte de l'auditorium et tendit la main vers Kurt sans vraiment ce rendre compte de son geste. Kurt joignit immédiatement et tout naturellement sa main à la sienne et se laissa emmener par Blaine à travers l'auditorium jusqu'à la scène. Mr Stewart les regarda arriver en souriant, heureux que les deux garçons qu'ils voyaient comme de futur grand musicien soit si proches.

- "Ah monsieur Hummel ! Content de vous voir de retour parmi nous ! Le salua le vieil homme d'une poignée de main.

- Bonjour Monsieur Stewart ! Oui ça fait longtemps que je n'étais pas venu assister à un cours.

- Maddy m'a donné ça pour vous tout à l'heure, vous l'aviez déposé dans son bureau lors de votre arrivée. Le professeur saisit un autre étui posé sur la scène et le tendit à Kurt qui s'empressa de la prendre.

- Nous feriez-vous l'honneur de participer au cours d'aujourd'hui Kurt ?"

Les yeux de Kurt s'agrandirent et il ressera son emprise sur l'étui de son instrument alors que Blaine ressemblait au chat de Cheshire tellement son sourire sur son visage était grand

- "Mais je ne sais pas quel morceau vous jouez, je vais tout gâcher dans l'harmonie de l'orchestre!

- Je ne m'inquiète pas pour ça vous connaissez très bien ce morceau ! Prenez donc place avec monsieur Anderson dans l'orchestre je suis certain qu'il a un double de la partie joué par les violons.

- Assurément !" S'exclama Blaine.

Et avant même que Kurt n'est le temps de dire quoi que ce soit d'autre pour sa défense il était de nouveau entraîné par un Blaine surexcité à travers l'auditorium. Ils slalomèrent entre quelques allées et s'installèrent dans la section réservée au violon. Blaine fouilla dans ses partitions qu'il avait soigneusement rangées tout à l'heure et saisit celle du morceau que l'orchestre étudiait et pratiquait en ce moment. Le châtain s'installa prudemment sur sa chaise regardant nerveusement un peu partout dans l'auditorium, ce que Blaine ne manqua pas de constater.

- "Kurt tout va bien ? Tu as l'air, nerveux ?

- Oh c'est rien voyons, je vais jouer un morceau que je ne connais même pas parmi l'un plus brillants orchestres symphoniques de la Julliard, je savais que ça arriverait un jour, mais seulement dans quelques années en fait ! Répondit sarcastiquement le châtain

- Hey tout va bien se passer, d'accord ? Dit Blaine en saisissant la main de Kurt qui tournait et retournait nerveusement une bague sur son doigt.

- Je vais me ridiculiser.

- Arrête de dire n'importe quoi Kurt ! Je t'ai entendu jouer rappelles-toi, et c'était loin d'être ridicule !

- C'était un morceau que je connaissais ! Comment-

- Ok ok écoute-moi maintenant. Blaine resserra son emprise sur la main de Kurt qu'il tenait déjà et lui saisit son autre main dans une même étreinte. Tu vas être incroyable Kurt ! Non mais regarde tes mains ! Rien qu'en les touchant je ne peux ressentir tout leur potentiel ! Alors tu vas prendre ton violon, étudier cette partition et tout déchirer, ok ?

- Pourquoi ça marche quand c'est toi qui dis des trucs comme ça ?

- Appelle moi Dieu. Lui répondit le frisé en bombant le torse.

- Dans tes rêves Anderson !

- C'est ce qu'on verra !"

Les garçons se sourirent mutuellement puis Blaine libéra les mains de Kurt. Il saisit un double du morceau pour Kurt et le plaça sur son pupitre. Ils sortirent leurs instruments de leurs étuis et entamèrent tous les réglages pour être fin prêt lorsque Mr Stewart rappellerait tout le monde à l'ordre. Alors que Blaine, plus rapide que l'éclair, commençait déjà à réviser quelque passage du morceau, Kurt toujours nerveux vit cependant un espoir pointer le bout de son nez quand il étudia la partition du morceau.

-" Dieu existe!

- Ah enfin tu admets mon existence ! S'exclama Blaine interrompant ses révisions.

- Quand je parle de Dieu je parle de Beethoven, Blaine !

- Ouch, je fais pas le poids.

- 1er mouvement de la symphonie n°6 "Pastorale" de Beethoven ! Oh mon Dieu.

- Hum! Alors c'est ton genre de mec." Kurt lui écrasa le pied avec son talon, et Blaine se tordit plus de rire que de douleur.

- C'est toi qui m'appelleras bientôt Dieu, Anderson ! Je connais ce morceau sur le bout des doigts !

- Ne m'incite pas à te provoquer dans un duel de violon, Hummel ! Je sais faire des miracles !

- Oui mais en attendant tu joues trop aigu sur la troisième ligne."

À présent c'était Kurt qui ressemblait au chat de Cheshire et Blaine qui fronçait les sourcils. Le violon n'était pas la spécialité de Blaine même s'il aimait beaucoup l'instrument, ces instruments de prédilection étaient sans hésiter la guitare et le piano, il était en amour avec eux.

C'est à ce moment que Mr Stewart frappa dans ses mains et demanda le silence. Les élèves encore debout s'installèrent à leur place et ceux qui ne faisaient pas partis de l'orchestre quittèrent l'auditorium. En moins d'une minute le silence et l'ordre régnèrent dans la salle, et tous les regards étaient fixés sur le chef d'orchestre.


Mr Stewart balaya la salle du regard et fixa volontairement Blaine et Kurt un peu plus longtemps. Il ouvrit les bras et lança l'orchestre dans les premières notes du morceau de Beethoven.

Comme ont pouvait s'y attendre de la part d'Alphonse Stewart, son orchestre était brillant, mélodieux, magnifique.

Ses élèves sérieux et doués ne laissèrent s'échapper aucune fausse note et jouaient dans une parfaite harmonie. Il aurait pu les guider les yeux fermés mais il aimait par-dessus tout admirer la concentration de ses élèves sur leurs traits, la musique émaner de leurs instruments et s'élever dans l'auditorium comme un halo divin.

Il ne put s'empêcher d'admirer en particulier les deux plus jeunes musiciens de l'orchestre jouer côte à côte, aussi concentré que n'importe quels adultes dans cette salle, mais cette concentration et cet amour de la musique était inestimable à admirer sur les traits de jeunes enfants.

Très peu d'expérience, juste beaucoup de talent.

Et bien que l'orchestre ne fasse qu'un tout au long du morceau, les deux jeunes garçons formaient un véritable duo à part.

Il y a eux, et il y a nous, surtout nous.

Kurt n'avait jamais ressenti autant d'adrénaline couler dans ses veines lorsqu'il jouait un morceau en groupe. Peut-être était-ce à cause du magnifique auditorium dans lequel il jouait, spécialement conçu pour ne rendre la musique qu'encore plus belle, ou peut-être était ce dû au nombre impressionnant de talentueux musiciens tous réunis au même endroit qui jouaient le même morceau tous au même moment, ou encore grâce à Mr Stewart l'un des meilleurs chefs d'orchestres !

Ou tout simplement parce qu'il jouait avec un ami, avec Blaine. Il était seul depuis le décès de sa mère, Rachel ne jouait pas d'instrument, si son père, ni Mercedes ni personne. Il y avait ses amis des cours de violon au collège bien sûr mais ... et bien finalement c'était surement parce que c'était avec Blaine.

Tout était différent quand c'était avec Blaine, tout était nouveau, tout était à redécouvrir. C'était très déstabilisant et très enivrant en même temps. Il n'avait pas ressenti cette connexion avec quelqu'un depuis le décès de sa mère et il en aurait surement oublié l'effet s'il n'avait pas rencontré le garçon.

Lorsque les violons cessèrent de jouer pour quelque temps, Kurt se risqua à jeter un oeil à Blaine et quitta sa partition des yeux, il connaissait le morceau après tout. Ce qu'il ne risquait pas de croiser c'était le regard du brun, celui-ci avait les yeux fermés, la sérénité peinte sur son visage mais l'incontournable ride de la concentration bien présente entre ses sourcils. Encore une facette de Blaine que Kurt découvrait, entre tout à l'heure dans le cours de Mme Stevens et maintenant, ce garçon avait des façons de se concentrer qui était le jour et la nuit !

Mais alors qu'il ne s'y attendait absolument pas, Blaine tourna la tête vers lui et plongea son regard dans le sien, son regard mordoré brillant de mille feux, et Kurt eut l'impression d'entendre un tambour au loin, les battements d'un tambour que l'on appelle le coeur. Mais ce n'était pas son coeur qu'il entendait et pourtant, il battait au même rythme que le sien.

Tout était différent, tout était nouveau, tout était à redécouvrir.


I came here with a load
And it feels so much lighter since I met you
And honey you should know
That I could never go on without you.


Mr Stewart félicita ses élèves de leur excellent travail et leur annonça qu'ils étudieraient prochainement une nouvelle symphonie. Les élèves le remercièrent et rangèrent soigneusement leurs instruments avant de quitter l'auditorium puis l'école après cette dernière heure de cours. Blaine et Kurt sortirent à leur tour de l'auditorium et le brun se dirigea par automatisme vers les dortoirs. Il se stoppa net dans son élan quand il aperçut que Kurt ne marchait pas à ses côtés, en se retournant il vit le châtain le regarder un peu décontenancé par son action soudaine de partir en solo alors qu'il était là pour passer la soirée avec lui comme promis. La solitude l'avait décidément bien marqué.

-" Euh, je vais déposer mon violon et mon sac de cours dans ma chambre ... tu veux m'accompagner ? demanda gêné Blaine devant sa maladresse

- Bien sûr ! Enfin, si ça t'embête pas.

- NON ! Je veux dire, non. Tu m'embêtes jamais Kurt."

Le châtain marcha jusqu'au côté de Blaine et celui-ci lui donna son bras, souriant fièrement. Bras que Kurt saisit et ils se dirigèrent ensemble vers le dortoir du brun.

Blaine fit cependant moins le fier lorsqu'il ouvrit la porte de sa chambre, pénétra à l'intérieur et constata qu'il n'avait pas rangé. En fait, il ne rangeait jamais pour être honnête, une habitude qu'il avait prise quand il vivait avec Schuester et les habitudes ont la vie dur.

Il enjamba plusieurs de ses cahiers et feuilles de cours qui jonchaient par terre, évita de marcher sur ses partitions des morceaux de Mozart, de glisser sur ses stylos et de marcher sur deux trois pulls qui traînaient par là jusqu'à arriver à son bureau qui n'en était plus vraiment un. Pour ne pas en rajouter sur le tas, il posa ses livres de cours sur son bureau au lieu de les laisser glisser par terre comme il avait l'habitude de le faire, pas devant Kurt qui n'avait d'ailleurs pas osé bouger du seuil de la chambre étudiante sa bouche maintenant grande ouverte.

- " Désolé pour ça, j'ai euh ... j'ai eu pas mal de travail dernièrement et ce n'est pas super bien rangé, je n'ai pas eu trop le temps. En fait c'est pas le genre de truc qui me passe par l'esprit ... "

Les derniers mots étaient murmurés et Kurt lui répondit simplement en trois mots : "Oh mon Dieu" Blaine se gratta l'arrière de la tête quelque peu gêné, enfin pas tant que ça non plus c'était une chambre de garçon après tout, à l'orphelinat personne ne rangeait rien non plus et Kurt devait surement un peu exagérer, sa chambre aussi devait être un peu chaotique, non ?

Ce dernier avança prudemment dans la chambre mesurant chaque pas qu'il faisait pour ne rien écraser, comme si c'était une banquise prête à céder sous ses pieds. Arriver au milieu de la chambre Kurt tourna sur lui-même et observa la pièce pendant que Blaine tentait dans un dernier espoir de ranger un peu son bureau. Lorsque l'objet de ses convoitises apparut dans son champ de vision, Kurt marcha prudemment jusqu'à lui et se posta devant, les deux mains sur les poignées et prit une grande bouffée d'air avant de l'ouvrir. Blaine tourna la tête à ce moment précis et ses yeux s'agrandirent lorsqu'il vit Kurt ouvrir la porte de son placard, et tout espoir de sauver l'honneur fut perdu.

Kurt tenait encore les deux poignées de la porte du placard de Blaine dans ses mains lorsqu'il vit ce à quoi devait surement ressemblait un champ de bataille après la guerre. Sans précipitation, de peur que tout le placard lui tombe sur la tête, Kurt le referma et se retourna face à Blaine qui cette fois-ci était bel et bien gêné.

-"Tu as dû vraiment avoir beaucoup de travail. Ça t'arrive vraiment de ranger de temps ou temps ou ... pas ?" Lui demanda le plus sérieusement du monde Kurt.

Blaine ne répondit pas tout de suite cherchant sérieusement de quoi répondre quelque chose de positif à Kurt, qui était en train de perdre définitivement tout espoir, même si le placard l'avait déjà achevé.

-"Je fais mon lit tous les matins ! Tenta le brun

- Je vais t'attendre là-bas alors." Souffle désespéré le châtain

Kurt traversa la chambre avec sa technique secrète, qu'il apprendrait très vite par coeur à n'en pas douter, à moins qu'il ne menace Blaine un jour de tout aspirer dans la minute s'il ne range pas sa chambre tout de suite, mais bon.

Il s'assit prudemment sur le bord du lit et attendit que Blaine ait fini de déposer ses affaires. Ce dernier voulant quitter sa chambre et éloigner tout ce bazar de Kurt le plus tôt possible, il déposa son sac au pied de son bureau et décida qu'il rangerait ses affaires de cours plus tard, enfin ranger était un bien grand mot vous l'aurez compris.

Il se hâta d'enlever son pull pour enfiler la tenue qu'il avait préparé la veille au soir pour quand Kurt serait là dans la soirée, ce qui était arrivé plus tôt que prévu finalement. Le châtain encore assis sur le lit et qui observait Blaine arpenter sa chambre ouvrit grand les yeux lorsque le brun enleva son pull devant lui et resta torse nu un moment le temps de trouver ses affaires.

Kurt détourna le regard et observa ce qui se passait dehors à la place, sentant le rouge lui monter aux joues. C'était stupide il n'avait pas à détourner le regard, Blaine était un garçon ! Combien de fois lui et Rachel s'était changés dans la même pièce alors que c'était une fille ! Kurt regarda de nouveau en face de lui et constata que Blaine était toujours torse nu et qu'il se battait avec sa chemise pour la remettre à l'endroit. Le châtain ne put s'empêcher d'observer sa magnifique peau mate à l'opposé de la sienne en porcelaine et eut l'irrésistible envie de la toucher pour savoir si elle était douce.

Lorsque Blaine réussi finalement à enfiler sa chemise blanche et son cardigan gris avec des boutons noirs, il vient s'asseoir à côté de Kurt sur le lit et lui sourie, constatant par la même occasion que Kurt semblait avoir les joues en feu.

-"Kurt si tu as trop chaud je peux ouvrir la fenêtre ?

- Non non, t'inquiète pas tout va bien !

- Oh ok ... Tu veux faire quoi maintenant ?"

Le changement de conversation de la part de Blaine était le plus que bienvenue et Kurt en profita pour lui annoncer ce qu'il avait prévu pour ce soir.

- " Je voudrais te présenter des gens Blaine !

- Des gens ? demanda le frisé intrigué

- Oui, des amis à moi ! On n'est pas dans la même école mais on se réunit ici à la Julliard tous les samedis soir pour tous ce voir et faire tourner le groupe !" lui répondit Kurt, très excité à l'idée de lui présenter ses amis.

Même si Blaine était un peu déçu de ne pas passer la soirée seulement qu'avec Kurt il était aussi excité à l'idée de rencontrer d'autres gens de son âge et surtout des amis du châtain. Il hocha la tête face à l'autre garçon et tous deux sortirent de la chambre du brun, qui referma à clé sa porte derrière lui avant que Kurt ne prenne sa main dans la sienne et qu'ils se mettent à courir à travers l'école entrelaçant naturellement leurs doigts pendant la course.


Green Eyes, Green Eyes...
Honey you are a rock
Upon which I stand.


Kurt emmena Blaine jusque dans les bâtiments Est, bâtiments dans lesquels Blaine avait passé ses premières semaines à Julliard et qui restait ouvert au public. Le public pouvait d'ailleurs réserver les auditoriums, les salles de classe ou encore les salles de danse dans cette partie de l'école. Kurt ouvrit la porte de l'un des auditoriums dans lequel s'échappait un léger brouhaha et lui et Blaine y pénétrèrent.

Le brun aperçut un groupe de jeunes enfants de leur âge sur la scène en train de parler et de rigoler entre eux, Kurt ne lâcha pas sa main et l'entraîna avec lui vers eux. À mesure qu'ils s'approchaient de la scène, une jeune fille asiatique et un garçon en fauteuil roulant qui était en grande conversation les remarquèrent et sourirent tandis que les deux autres jeunes filles sur la scène semblaient parler bien trop fort pour être simplement en train de discuter. Blaine avait eu un léger doute quand il l'avait aperçu de loin, mais maintenant c'était certain !

"Mercedes ?"

La jeune fille afro-américaine se retourna vers lui, interrompant sa conversation avec l'autre jeune fille et lui fit un grand sourire

- "Oh mais c'est Blaine ! Alors le prodige, confortable les lits de la Julliard ?

- Je regrette le dessous de ton lit quand même ! Lui souria le brun très heureux de revoir son amie

- C'était certain ! Rien ne vaut l'hospitalité chez les Jones ! lui répondit Mercedes avec un clin d'oeil

- Alors c'est lui qui a dormi sous ton lit Mercedes ? Dit soudain l'autre jeune fille avec laquelle Mercedes semblait se disputer. Kurt, tu as quitté l'école pour le rejoindre n'est ce pas ? Tu aurais pu venir en cours de danse avec ta meilleure amie quand même !

- Hey Lady Berry calmes toi tu vas faire peur à Blaine! Et Kurt fais ce qu'il veut, tu commandes rien ni personne ici !" s'exclama Mercedes en levant le doigt vers elle.

La jeune fille croisa les bras sur sa poitrine et tourna la tête tandis que Kurt hocha les épaules vers Blaine pour lui faire comprendre que ce n'était pas grave et que ça arrivait souvent.

- "Come on Kurt ! Lâche ton prince charmant et viens sur scène pour officiellement nous présenter !"

La remarque de Mercedes fit rougir les deux garçons et Kurt sourie maladroitement à Blaine avant de lui lâcher la main et de monter sur scène pour rejoindre les 4 autres personnes et prendre la parole.

-" Donc Blaine, je te présente Artie Abrams ! Kurt posa ses mains sur les épaules du garçon en fauteuil roulant. Il a 12 ans et il fait de la trompette dans l'orchestre de son école.

- Yo Blaine !

- Voici Tina Cohen-Chang ! Il posa ses mains sur les épaules de la jeune fille asiatique. 12 ans, flûtiste dans l'orchestre de son école également, avec Artie !

- Salut Blaine !

- Tu connais déjà Mercedes-

- Hey white boy ! Fais-moi quand même une présentation dans les règles.

- Donc, voici Mercedes Jones ! 12 ans et soliste dans la chorale de son église ! Kurt s'inclina devant elle et la jeune fille rigola. Et pour finir Blaine, je te présente Rachel Berry ma meilleure amie, 12 ans, danseuse et chanteuse et nous sommes tous les deux dans la même école. La jeune fille s'inclina devant Blaine et lui sourie fièrement. Tout le monde, voici Blaine Anderson, 12 ans et euh, musicien multifonction à la Julliard !

- Tu as oublié de dire que je serai une grande star de Broadway plus tard mais je ne t'en tiens pas rigueur Kurt. Je suis enchantée de faire ta connaissance Blaine ! Mercedes m'a dit que tu étais un vrai prodige de la musique et intégré Julliard à ton âge c'est incroyable ! Je serai heureux que tu composes une chanson pour moi et mon talent ! Et peut-être aussi-

- Rachel s'il te plaît ! S'exclama Kurt

- Tais-toi un peu Rachel ! Si Blaine doit composer une chanson ça sera pour moi d'abord ! Tu me dois bien ça."

Blaine sourit amusé face à la scène devant lui tandis que Rachel continuait de se disputer avec Mercedes et que Kurt essayait de les calmer.

- "Hey tout le monde ! On n'a même pas expliqué à Blaine pourquoi on est tous réunis ici. Les interrompit Tina

- Oh et bien c'est très simple Blaine. Rachel s'avança devant tout le monde et s'éclaircit la voix. Ceci est un meeting hebdomadaire pour tous les fans de musique que nous sommes. Grâce aux relations de Kurt, nous disposons de l'auditorium tous les samedis soirs de 17h30 à 19h30 et cela nous permet de nous voir tous ensemble au moins une fois par semaine et de chanter tous ensemble, danser et performer devant un public d'amis !

- Et ben là tu vois je n'ai rien à dire ! Approuva Mercedes

- C'était parfaitement expliqué Rachel ! Ajouta Kurt. Tina et Artie approuvèrent eux aussi et Rachel ne s'en sentit que plus fière.

- Et maintenant le petit final ! Qui sommes-nous ?! S'exclama la jeune fille.

- Les New Directions !


Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué il y a une évocation de la maman mystère de Blaine dans ce chapitre ! Juste une phrase, mais qui permet de comprendre que la mère de Kurt et celle de Blaine se connaissaient ;)

Paroles de la chanson " Green eyes " de Coldplay