Disclaimer: Glee appartient à la Fox and Mister Ryan Murphy.

Rating : M. L'histoire sera en deux arcs, l'un ne justifiant pas un rating M contrairement à l'autre.

Pairings (à l'heure actuelle): Klaine, Blaintana, HummelBerry

Certains personnages seront certainement un peu OOC par rapport à leur caractère original dans Glee.

Merci à ceux qui postent des reviews!


Blaine avait tout ce dont il avait toujours rêvé. Il étudiait et pratiquait la musique dans une école magnifique, était entouré de gens talentueux et d'une gentillesse sans limite, il dormait et mangeait correctement et la cerise sur le gâteau : Il avait enfin un meilleur ami. Une personne avec qui il se sentait parfaitement à l'aise, à qui il n'avait rien à cacher et avec qui il partageait tout.

Blaine et Kurt étaient progressivement devenus les deux facettes d'une même pièce, les deux morceaux manquants d'un puzzle inachevé, le yin et le yang qui s'opposait sous bien des aspects et sur bien des sujets mais qui était inséparable et complétait l'autre. Le prodige avait très vite remarqué la différence entre lui et le violoniste dans leur façon d'aborder et d'apprendre la musique. Alors que l'un s'enfermer dans sa bulle réduisant tout espace et toute personne autour de lui au néant, l'autre avait tendance à chercher à communiquer, demander ce que l'autre en penser et faire des commentaires.

Pour Blaine c'était comme essayer de construire calmement un château de cartes et sans le faire exprès, on faisait trembler la table et effondrer la structure. Mais Blaine était tout ce qu'il y avait de plus patient et comment en vouloir à Kurt de toute façon. Il devenait chaque jour un peu plus passionnant à étudier que la musique.

Les devoirs et les travaux ne disparaissaient pas pour autant, mais le jeune prodige persévérait et gérer tout cela comme si c'était normal pour un enfant de 12 ans d'en gérer autant. Kurt était d'un grand secours lorsqu'il s'agissait de la pratique au violon pour les cours de Mr Stewart en auditorium, mais s'avérait être très dur à supporter en tant que professeur.

Le violon n'était pas vraiment l'instrument fétiche de Blaine, il préférait écouter Kurt en jouait, mais le concert annuel de l'orchestre philharmonique de New York incluant les élèves de la Julliard allait bientôt avoir lieu et Blaine faisait partie des musiciens qui joueraient sur scène à Central Park. Il fallait qu'il soit prêt à jouer à la perfection le morceau que l'orchestre interprétera et il n'était encore bien loin de cette perfection, ce que Kurt lui rappeler sans arrêt en le corrigeant à toutes les fins de gammes du morceau.

Il devenait ce genre de professeur qui vous corrige au moindre mot qui sort de votre bouche lorsque vous parlez et trouve toujours quelque chose à redire. Blaine n'avait jamais eu l'occasion de finir un morceau sans que Kurt ne l'interrompe et il faisait un effort surnaturel pour ne pas s'arracher les cheveux à être interrompu de la sorte lorsqu'il jouait.

Mais plus les jours passaient et plus la pression augmentait, c'était ainsi que les deux meilleurs amis avaient eu leur première dispute.

Blaine avait beau être le meilleur des amis, compréhensif, gentil et toujours prêt à rendre service il était avant tout un prodige, un surdoué, et son cerveau bien plus en avance sur son corps n'obtenait bien souvent pas les ressources nécessaires pour satisfaire le garçon. Ce qui causait davantage de stress et activait les capacités de Blaine à travailler à 300%, réduisant progressivement le garçon à un robot.

Il adorait passer du temps avec Kurt mais il n'en avait pratiquement plus à lui en donner, son côté intellectuel prenait le pas sur son côté affectif, qui avait toujours été très en retard par rapport à la normal, et c'est ainsi que Kurt observait impuissant chaque semaines, puis petit à petit tous les jours son meilleur ami s'immerger dans son travail comme si sa vie en dépendait.

Kurt se rappelait très bien de la première fois qu'il avait observé Blaine travailler ainsi en classe, et cela avait quelque chose de malsain, c'était comme une ombre qui s'épanouissait en drainant toute lumière autour de vous et réduisait progressivement tout à l'obscurité.

C'est dans ses moments que le violoniste voulait saisir le prodige et le ramener à la réalité, mais Kurt ne le faisait jamais. Il se contentait d'observer le brun esquisser les partitions de son futur chef-d'oeuvre et attendait patiemment en faisant ses propres devoirs que Blaine daigne sortir de sa transe et lui accorder un peu d'attention, même si ces regards furtifs trahissaient l'intérêt du garçon.


Look at the earth from outer space
Everyone must find a place
Give me time and give me space
Give me real, don't give me fake
Give me strength, reserve control.


- "Est-ce que c'est normal qu'il agisse comme ça? Enfin, ce n'est pas mauvais pour lui? Il est juste tellement différent, j'ai l'impression d'être un intrus ...

- Je ne pourrais pas te répondre précisément Kurt, des enfants comme lui sont très rares et c'est la première et certainement l'unique fois que j'aurai un élève comme Blaine dans toute ma carrière. Des cas comme lui sont généralement détectés dès leur plus jeune âge et pris en charge en conséquence, bien que je ne sache pas d'où un enfant extraordinaire comme Blaine peut bien venir, il me semble qu'il n'a pas eu cette chance d'être estimé à sa juste valeur et j'ai bien l'impression qu'il ne regrette pas de ne plus être là où il a grandi."

Le coeur de Kurt rata un battement aux paroles de Mme Stevens alors qu'ils observaient depuis l'extérieur le prodige et le reste des élèves travaillaient en classe. Il réalisa que personne ne savait l'histoire de Blaine, personne à part lui, le secret était bien plus lourd à porter que le châtain ne l'avait envisagé.

- "Et s'il avait était pris en charge? Serait-il différent de ce qu'il est maintenant?

- Le fait est que Blaine sera toujours différent, ce que tu vois là et une partie de ce que qu'il est. Il fera toujours des choses qui te paraîtront certainement étranges, comme des angoisses, des troubles obsessionnels, sa grande sensibilité. Son cerveau et tout ce qui se passe à l'intérieur est bien trop en avance sur le reste de son corps. Un décalage entre ce qu'il peut ressentir au fond de lui et ce qu'il semble ressentir vu de l'extérieur est aussi une des caractéristiques de Blaine, il te faudra du temps et de la patience pour apprendre à lire entre les lignes, Kurt.

- Je pense que j'y arrive, enfin, lui et moi sommes très franc l'un avec l'autre et nous nous disputons aussi. Papa dit que c'est une bonne chose qu'il y est également des divergences dans une amitié, cela permet de connaitre encore mieux la personne. Mais il est maladroit avec les autres, au lieu de réconforter Rachel qui pleurait l'autre jour parce que des garçons de notre école lui avaient renversé un slushie sur la tête il n'a qu'accroît sa peine, il ordonne et range toujours ses partitions et déteste qu'on y pose un doigt. Il m'a réécrit une copie complète d'une symphonie pour qu'on est chacun la nôtre une fois car ça l'angoissait de me voir tout le temps toucher à la sienne, soupira Kurt en se remémorant la scène.

- Eh bien je dois dire que je suis déjà étonnée qu'il t'est laissé touché à ses affaires, lorsqu'il s'agit de moi ou de ses camarades c'est un refus catégorique et il se renferme complètement sur lui-même."

Blaine avait peur, c'était évident pour Kurt. Cet orphelinat où il avait grandi l'avait plus traumatisé qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Ce gars, Schuester, ne devait pas avoir arrangé la situation non plus.

- "Mais je constate des progrès chez lui, il semble bien plus heureux et plus sociable qu'il ne l'était autrefois, ajouta Mme Stevens. Bien qu'en le voyant ainsi on ne dirait pas. Je suis persuadée que c'est grâce à toi Kurt. Il avait besoin de quelqu'un qui l'accepte comme il est et ne le traite pas de "surdoué bizarre" comme ses camarades ont tendance à le faire.

- Il ne s'intègre pas aux groupes? S'étonna Kurt qui pourtant avait vu Blaine s'intégrer parfaitement aux New Directions et ces orphelins de New York qui l'avait recueillis lorsqu'il était arrivé en ville.

- Les autres ont du mal à cerner sa personnalité et le fait qu'il n'extériorise jamais ses émotions le rend encore plus bizarre aux yeux des autres. Blaine est l'élève le plus talentueux de cette école mais également le plus incompris et rejeté. C'est pour ça que l'on compte sur toi pour l'humaniser Kurt, car l'erreur est humaine et j'attend avec impatience le jour où je ne pourrais pas lui mettre un score parfait à son travail juste pour voir à quoi ressemble sa tête lorsqu'il verra sa note, s'enthousiasma la vieille dame.

- J'avais oublié votre côté sadique Mme Stevens, sourit le châtain. Mais plutôt que d'essayer de plonger Blaine dans la dépression après lui avoir donné 99% au lieu de 100, je suis en faite venue ici vous voir pour vous demander, et s'il le faut vous supplier, de ne pas donner de travaux supplémentaires à faire qui nécessiteraient d'étudier le reste du weekend.

- Je suis très intéressée de savoir combien les étudiants t'ont payé pour venir me soudoyer ...

- Pas un sous malheureusement, c'est une demande personnelle. Je vais faire une surprise à Blaine ce soir à la place de notre rendez-vous hebdomadaire avec les New Directions et si vous donniez du travail supplémentaire il ne voudra jamais m'accompagner."

La vieille dame sembla réfléchir un instant en observant du coin de l'oeil le jeune Kurt Hummel qui se mordait nerveusement la lèvre, espérant une réponse positive de sa part quand elle se pencha près de lui et pointa son oreille. Le châtain soupira et chuchota son plan pour la soirée au professeur de solfège.

La vieille dame se mit à pouffer de rire puis à sourire bêtement en regardant de nouveau son élève qui travaillait toujours d'arrache-pied.

-"Es-tu sûr de toi Kurt? Je vois très mal Blaine dans cette situation, ça va être totalement déstabilisant pour lui ! Il ne va pas savoir comment agir avec son corps, ni ou mettre ses mains et il va certainement rougir dans l'embarras devant son inexpérience ! S'esclaffa la vieille dame.

- Affirmatif professeur! Je rends Blaine plus humain, sur ce terrain-là son génie ne lui servira à rien! Ça va être amusant! S'enthousiasma d'avance le châtain.

- Très bien nous faisons un marché alors. Je ne donne pas de travail supplémentaire et en échange tu me raconteras absolument tous les détails de la soirée, le professeur tendit sa main devant le jeune garçon

- Marché conclu Madame! Et Kurt s'empressa de la serrer.


" Oh mon Dieu ! Non non arrête !

- Allez Blaine ! C'est comme apprendre à jouer un nouveau morceau, une note par une note et bien là, un pas puis un autre et encore un autre ! Tu n'y arriveras jamais si tu ne bouges pas de là.

- N'importe quoi, c'est de la torture ! Je prends du plaisir à apprendre un morceau, et je ne mets pas ma vie en péril, je n'ai pas envie de mourir à à peine 12 ans !"

Kurt soupira et lâcha la main du garçon qu'il avait essayé de détacher du rebord de la patinoire pour l'entraîner sur la piste, Blaine était accroché au rebord comme un naufragé à sa bouée de sauvetage et refusait de bouger d'un pouce. Le châtain commença tout doucement à s'éloigner en patinant en arrière en espérant faire réagir son meilleur ami. Ce qui fut plutôt réussi.

-" Kurt? Kurt! Reviens ne me laisse pas tout seul là! Si je tombe je-

- Tu pourrais mourir en t'écrasant sur la glace!

- Ou quelqu'un pourrait passer et te couper les doigts avec ces patins !

- Et tu ne pourras plus jamais jouer de la musique !

- Les filles ! Arrêtez de le traumatiser."

Rachel, Mercedes et Tina passèrent la langue à Kurt et patinèrent jusqu'à Blaine, formant un cercle autour de lui alors que le châtain regardait la scène d'un peu plus loin.

Blaine se tourna tout doucement vers elles en les dévisageant, sentant le coup venir. Il s'accrocha autant qu'il le pouvait au rebord mais les trois jeunes filles lui saisirent les bras et le corps et l'entraînèrent avec eux vers le centre de la piste.

-" Non non lâchez-moi ! Vous pouvez pas faire ça c'est pas sympa!

- Allez Beethoven ! Il suffit juste de te lancer ! C'est comme au roller !

- Je n'ai jamais fait de roller !

- Blaine je me demande vraiment où tu as grandi ! Dans une grotte ? Tu ne connais pas les comédies musicales et-

- Ne commence pas Berry ! La coupa Mercedes.

- Allez à trois on te lâche et tu patines jusqu'à Kurt ! annonça Tina.

- Quoi ?! Non pitié ne me lâchez pas je vais tomber et me ridiculiser devant tout le monde et-

- 3! Tina lui lâcha le bras.

- Non Tina !

- 2! Rachel lui lâcha l'autre bras.

- Oh mon Dieu. Blaine battait des bras et regardait ses patins tremblés sur la glace.

- 1! Mercedes plaça ses mains dans son dos, suivit de Tina et Rachel.

- Blaine ! Regarde- moi !"

Le brun releva la tête au son de la voix de Kurt et tomba sur son visage inquiet, un sourire rassurant s'y dessina et le garçon tendit sa main vers Blaine.

-"Go!" Les trois jeunes filles poussèrent ensemble le garçon sur la glace droit vers le châtain.

Blaine verrouilla son regard sur celui de Kurt et se tortilla de bien nombreuses fois dans tout les sens pour ne pas tomber et enfin glisser sa main dans celle de son meilleur ami qui le rattrapa en l'enlaçant pour le stabiliser. Blaine s'accrocha à Kurt comme à une bouée de sauvetage et n'osa plus bouger pendant plusieurs longues secondes. Il entendit les filles applaudirent au loin et Kurt lui murmura à l'oreille des félicitations, son souffle chaud faisant frissonner le jeune prodige.

C'est ainsi que se déroula le reste de la soirée, Blaine prit plus confiance en lui et laissa Kurt le guider sur la piste et lui apprendre à patiner. Le fait que le châtain entrelace ses mains avec les siennes y étaient définitivement pour quelque chose. Parfois Rachel se joignait à eux et Blaine ressentait la main de son meilleur ami se resserrer sur la sienne, et puis elle et Kurt s'élançait ensemble sur la piste en faisant la course ou esquissant des figures sur la glace tandis que le brun continuait de patiner avec Mercedes et Tina.

Lorsque la patinoire annonça sa fermeture à 22 heures, les 5 enfants se dirigèrent vers la sortie et chacun rejoignit la voiture de leurs parents qui étaient venus les chercher. Blaine, Kurt et Rachel repartirent ensemble avec les parents de cette dernière. Une chance que le père de Kurt soit en déplacement à l'extérieur de la ville et qu'il ne puisse donc pas venir le chercher, le brun aurait dût mentir à son meilleur ami afin d'éviter de se faire reconduire à l'école par son père qui l'aurait sans aucun doute reconnu.

Kurt lui avait expliqué que lorsque son père partait en déplacement et qu'il se retrouvait seul, il allait loger chez les Berry qui habitaient la maison juste à côté de la sienne, les Hummel-Berry formaient pratiquement une famille.

La première fois que Kurt avait mentionné les "papas" de la jeune fille, Blaine avait été stupéfait, non pas parce que c'était deux hommes ensemble ça il comprenait, de plus en plus même, mais il ne s'en serait jamais douté. Les deux hommes étaient aussi extravertis et imposant de leur présence que Rachel.

- "La semaine prochaine se déroulera le festival des arts et de la musique à New York, et il y aura le grand feu d'artifice annuel pour l'occasion ! Annonça Hiram Berry. Feu d'artifice où nous allons bien évidemment allez en famille et nous nous demandions si tu voudrais venir avec nous quatre Blaine ?"

Le jeune garçon fut étonné qu'on lui demande de participer à un événement qui semblait être une coutume familiale mais accepta avec joie la proposition de Mr Berry. Rachel sautilla de joie sur la banquette arrière de la voiture et saisit les mains de Kurt et Blaine dans les siennes.

Le mot famille résonna dans l'esprit de Blaine, répandant un sentiment de paix et de bonheur dans le coeur du prodige.


Le retour à l'école était cependant un retour à la réalité de la vie du jeune musicien et il se replongea aussitôt dans son travail, Kurt devenant sa seule source de relaxation et d'oxygène quand il se sentait trop oppressé et étouffé.

-" Je suis vraiment désolé Kurt, je n'ai pas une minute aujourd'hui je ne pourrais pas-

- Wow calme toi Blaine, respire ! Ce n'est pas grave je comprends, mais tu dois te détendre."

Blaine prit une grande inspiration et expira, relâchant une partie de la pression. Kurt lui sourit et colla son front contre le sien en posant ses mains sur ses joues. Les deux garçons engagés de plus en plus les interactions physiques entre eux et le châtain avait remarqué que c'était l'une des seules façons de vraiment calmer son meilleur ami qui, d'ailleurs, en réclamait de plus en plus.

Ils finirent par se détacher et Blaine se dirigea vers son prochain cours alors que Kurt se dirigea vers le bureau de Mr Stewart qui devait surement avoir besoin d'aide pour ranger ses dossiers.

Le vieil homme était en effet autant sous pression que le jeune prodige et le violoniste l'aida à trier ses papiers le reste de l'après-midi.

-" Mince, j'ai complètement oublié de demander à Blaine sa partition du morceau qu'il jouera au concert. Nous avons choisi de modifier une gamme pour les violons, déclara contrarier Mr Stewart. Kurt pourrait tu aller dans la chambre de Blaine et récupérer cette partition pour moi?

- Bien sûr Monsieur, avez-vous un double des clés de la chambre ?

- Passe à l'intendance voir Maddy, elle te donnera ça."

Quelques minutes plus tard Kurt glissa la clé dans la serrure et pénétra à l'intérieur de la chambre. Un petit détail lui avait cependant échappé lorsqu'il accepta d'aller chercher quelque chose "dans la chambre de Blaine", et resta plusieurs longues secondes sur le pas de la porte à observer avec désarroi l'habituel lieu de vie de son meilleur ami. Il prit son courage à deux mains et se décida à vite en finir avant de craquer et de tout ranger dans la pièce.

Il remua ciel et terre pour la trouver, sans succès, et alors que dans un dernier espoir il cherchait dans le lit de Blaine, il trouva à la place un journal caché entre le sommier et le matelas.

Ce n'était pas correct de fouiller dans les affaires des gens mais Kurt était un vrai friand de potins et lui et Rachel adorait tout savoir de la vie des autres. Il s'assit sur le lit et réfléchit cinq minutes en regardant la couverture du journal avant de finalement l'ouvrir. Il s'était fixé une limite, s'il ce trouvait que ce journal était un journal intime où Blaine racontait ses pensées il le remettrait à sa place.

Cependant il n'y trouva que des morceaux de musique écrit à la main inachevée, des paroles de chansons qui passe à la radio au hasard parmi lesquels il reconnut Teenage Dream de Katy Perry, des mots, des phrases inachevés, des dates au hasard parfois barrées. Il retourna le journal dans tous les sens pour tenter d'en déchiffrer le contenu mais c'était encore plus incompréhensible que ces trucs dans Da Vinci Code.

Prêt à refermer le journal et à le replacer là où il l'avait trouvé, il tomba cependant sur une date très particulière qu'il connaissait très bien pour l'avoir lui-même entouré plusieurs fois dans son calendrier. C'était la date du jour où ils s'étaient pour la première fois adresser la parole dans l'auditorium, ainsi que l'heure précise marqué dans la plus parfaite des écritures en plein milieu d'une page avec pour commentaire en dessous : Maintenant je sais à quoi ça ressemble, ce moment parfait quand vous trouvez enfin la personne que vous avez inconsciemment tant cherchée au milieu du chaos de votre existence. Je ne pouvais pas rêver d'un cadeau d'anniversaire plus merveilleux.

Une larme glissa sur la joue de Kurt qu'il s'empressa de balayer avant que celle-ci ne tache la page du journal. Il avait raté l'anniversaire de son meilleur ami, et Blaine ne lui avait même pas dit. Il s'était rencontré le jour de son anniversaire, mais Blaine ne lui avait même pas dit ! Stupide stupide Blaine ! Kurt se força à ne pas pleurer en réalisant que son meilleur ami n'accordait jamais d'importance à sa personne et aux choses comme célébrer le jour de sa naissance.

Il voyait déjà le garçon frisé lui dire que ce n'est pas grand-chose, un jour comme les autres et sa naissance n'est pas vraiment un truc à célébrer. Kurt avait une envie de le secouer comme un prunier et lui enfoncer à coups de marteau dans le crâne qu'il était important, que son existence n'en était pas une parmi tant d'autres et qu'il avait le droit d'être heureux d'être venu au monde sur terre et de vivre !

Kurt était partagé entre frapper son meilleur ami ou l'enlacer et décharger un maximum d'affection et d'amour sur lui. Il referma le journal et le replaça entre le sommier et le matelas. Il continua de chercher la partition n'ayant plus aucune pitié pour ses affaires en les balançant un peu partout et fini enfin par la trouver. Il referma la porte de la chambre et se dirigea vers le bureau de Mr Stewart en ressemblant à une âme perdue.

Lorsqu'il entra dans le bureau du vieil homme, celui-ci était au téléphone avec la chef du conseil d'administration de l'école, Mme St-James. Il posa la partition juste devant le professeur et commença à prendre ses affaires pour s'en aller. Mais le professeur de musique lui fit signe de rester et Kurt s'assit sur l'un des sièges de bureau en attendant. Lorsque le vieil homme raccrocha, il avait un immense sourire sur le visage et commença à lui aussi ranger ses affaires.

-" Une réunion d'urgence a était organisé par Mme St-James au sujet du contenu du concert qui aura lieu, un grand changement va être mis en place et nécessite tous les professeurs en salle de réunion.

- Un grand changement? Un célèbre musicien a accepté à la dernière minute de faire le concert? Oh mon Dieu! Est-ce que c'est Mademoiselle Hale qui revient?!

- Tu sais bien que depuis qu'elle a perdu son bébé il y a 12 ans et surtout depuis la mort de ta mère elle a renoncé à jouer en public Kurt, lui répondit tristement le professeur de musique. Mais pour en revenir à ta question non ce n'est pas un célèbre musicien qui est la cause du changement de programme bien que quelqu'un nous fera l'honneur de diriger lui-même l'orchestre pour jouer le morceau qu'il a écrit."

Kurt fronça les sourcils en réfléchissant intensément à qui dans cette école avait bien pu réussir à convaincre le conseil de changer le programme du concert pour jouer son morceau. Lorsqu'il réalisa qu'il n'y avait qu'une seule personne capable d'y arriver, il sourit à Mr Stewart qui se contenta de hocher la tête pour confirmer ce à quoi Kurt pensait.

-" Quand est-ce que tout sera prêt ?! Je veux dire, les affiches en ville avec le programme etc. ?

- La semaine prochaine la ville de New York commencera à installer les affiches, pourquoi cette question Kurt ?

- Oh rien, c'est une surprise pour un ami."


Blaine se trouvait assit sur la luxueuse banquette à côté de la porte qui donnait sur la salle de réunion du conseil d'administration de la Julliard, tous les gens les plus importants qui faisaient tourner l'école s'y trouvaient en ce moment. Les gens qui avaient décidé d'accepter un garçon aussi jeune que Blaine comme élève dans l'école et qui pouvait en un claquement de doigt le renvoyer.

Le garçon était statufié sur la banquette n'osant pas bouger d'un pouce ayant peur de faire quelque chose de déplacer et de se sentir encore plus coupable. Il ne savait pas pourquoi on l'avait convoqué pour passer en face du conseil mais il devait surement avoir fait quelque chose de mal.

C'est alors que Mme Stevens passa sa tête par l'embrasure de la porte et fit signe à son jeune élève d'entrer. Blaine s'avança vers la porte et pénétra dans la pièce où se trouvait le conseil qui se tourna alors vers lui. Une pression gigantesque s'abattit sur lui et s'il n'était pas autant paralysé par la peur il se serrait certainement évanoui, là, sur le pas-de-porte.

-"Bien le bonjour monsieur Anderson." Dit une dame qu'il reconnut comme étant Mme St-James.

Blaine la salua d'un hochement de tête et croisa le regard de tous les membres du conseil dans lequel il reconnut certains de ces professeurs comme Mme Stevens et Mr Stewart mais aussi Mr Lawrence qui était le professeur qu'il appréciait le moins, celui-ci rentrait toujours dans son espace personnel pendant les cours et prenait ses partitions pour les étudier alors qu'il devait sûrement savoir que Blaine détestait qu'on touche à ses affaires. C'était lui d'ailleurs qui était tombé sur la rhapsody que le prodige avait lui-même écrite et qu'il avait par inadvertance laissé traîner sur sa table pendant son cours.

Son professeur ne lui avait jamais rendu ses partitions et s'était précipitamment enfuis avec à la fin du cours, une heure plus tard Blaine apprenait que le conseil réclamait sa présence dans la salle de réunion.

- "Je suis désolé, déclara subitement Blaine.

- Pourquoi nous présentez-vous vos excuses monsieur Anderson ? Lui demanda Mme St-James.

- Je ne suis pas toujours correctement en classe et j'ai tendance à modifier les cours des professeurs et à les contredire sur certain point alors que je n'ai pas à le faire ...

- Eh bien je suis certaine que vous ferez mieux à l'avenir, lui sourit-elle tout en lui faisant signe de prendre place à la table avec le conseil. Comme vous le savez l'orchestre philharmonique de New York va donner un concert, continua Mme St-James pendant que Blaine s'installait. Et je tiens à souligner avant toute chose que dans toute l'histoire de cette école nous n'avons jamais interprété l'oeuvre d'un élève de première année et encore moins d'un garçon de votre âge. Néanmoins, nous nous sommes mis d'accord pour que votre rhapsody soit interprété. Cela vous plairait-il Blaine ?"

Le jeune garçon voulait lui répondre avec un grand oui, lui dire qu'il était cent fois, mille fois d'accord avec ça ! Mais rien ne sortit, et trop abasourdi par la nouvelle, il ne réussit qu'à hocher vivement la tête et à sourire.

-"Bien, très bien même ! Déclara d'un ton satisfait la chef du conseil d'administration.

- Combien de personnes vont l'entendre ? Demanda-t-il, retrouvant soudainement la voix.

- Eh bien elle sera jouée à Central Park sur la grande pelouse, des milliers de personnes seront présentes.

- Parfait. Je veux jouer pour un maximum de personnes, des tonnes et des tonnes.

Car je recherche quelqu'un, pensa Blaine. S'il n'avait ne serait-ce qu'une petite chance de trouver ses parents, c'était l'occasion rêvée. Sa rhapsody, il l'avait composé d'après tous ces sentiments, ces déceptions, ces réussites, ces joies comme ses peines. Elle était le reflet de ce qu'il était et il espérait que, peut-être, ses parents le reconnaîtraient.


Le soir du feu d'artifice avec les papas de Rachel et Kurt était enfin arrivé. Blaine avait attendu impatiemment ce jour depuis que Mr Berry l'avait invité à les rejoindre. Pour l'occasion, le jeune garçon s'était vêtu de ses plus beaux habits, enfin ce qu'il jugeait comme étant ce qu'il avait de plus habillés dans son placard.

Kurt était passé le chercher et il devait rejoindre un certain point de rendez-vous et attendre d'être rejoint par Rachel et ses papas.

Cependant en plein milieu de la route, Kurt se tourna vers lui et lui posa juste une seule question "Me fais-tu confiance Blaine?" Question à laquelle le brun s'empressa de répondre par un oui avant que son meilleur ami ne lui plaque un bandeau noir sur les yeux, et c'est aveugle que Blaine fit le reste de la route, simplement guider par la main de Kurt dans la sienne et par ses indications.

-" Très bien, on y est!

- Je pourrai savoir où tu m'as emmené Kurt? S'interroge un Blaine toujours aveugle.

- C'est juste une petite surprise, maintenant es-tu prêt?

- À retrouver la vue? Plutôt oui, pour le reste je te fais confiance."

Ce fut le silence pendant plusieurs secondes, Kurt lui avait lâché un peu plutôt la main et il n'avait aucun moyen de savoir si le châtain était encore là. Alors qu'il s'apprêtait à parler, Blaine sentit les mains infiniment douces de son meilleur ami se poser délicatement sur ses deux joues, ses longs doigts caressant délicatement sa peau et le brun retint son souffle.

Ce n'était pas la première fois que Kurt faisait cela, mais avec le sens de la vue temporairement supprimé, tous ses autres sens se décuplaient pour compenser, la sensation des mains du violoniste sur son visage était tellement incroyable et ses caresses sur sa peau tellement intime.

Le brun expira de bonheur et sentit son souffle chaud ricocher sur le visage de Kurt qui ne devait être qu'à quelque centimètre du sien maintenant. Il sentit le nez de Kurt venir frôler le haut de sa joue puis se glisser jusqu'à son oreille et entendit le châtain chuchoter "Ceci est mon cadeau d'anniversaire en retard, Blaine"

Le coeur du brun rata un battement aux mots de Kurt. Il sentit les mains de son meilleur ami glisser de son visage et sa présence disparue soudain alors que le jeune garçon tendit la main pour garder Kurt auprès de lui et s'excuser de ne lui avoir rien dit. Mais il retrouva soudain la vue et il lui fallut quelques minutes pour se réhabituer à la luminosité.

Bien que nous étions en pleine nuit, le jeune prodige se trouvait en face d'un panneau publicitaire éclairé par des lumières aveuglantes, un panneau qui s'avérait faire la promotion du concert de l'orchestre philharmonique de New York ou il était écrit en grand les 3 musiciens qui étaient au programme.

La respiration de Blaine se bloqua dans sa gorge et ses mains se mirent à trembler quand il réalisa que son nom et celui de sa rhapsody étaient écrits aux côtés des noms des deux autres grands musiciens présents pour l'occasion. Il se mit à rire bêtement, puis à pleurer en même temps en regardant ce qui était l'un des rêves de sa vie.

Kurt l'observait non loin de là, plutôt fier de voir que cette maigre surprise pouvait autant faire plaisir à son meilleur ami. Il sortit alors de sa poche une petite boîte à l'intérieur de laquelle se trouvait un petit quelque chose qui lui avait fait penser à Blaine. Il se plaça pile devant lui en souriant et lui tendit la boîte.

-" Joyeux anniversaire Blaine!"

Le brun fixa la boîte que lui tendait Kurt et la saisit nerveusement avant de l'ouvrir et d'y découvrir à l'intérieur un noeud papillon, simple mais élégant. Il passa délicatement un doigt sur l'ornement vestimentaire, ayant peur de le froisser et ressentit toutes sortes d'émotions, un trop-plein d'émotions. Il recommença à trembler et les larmes coulèrent de plus belle sur ses joues.

-" Je, je suis désolé ! Et je, je non, merci je te remercie mais, je suis désolé et, et ...

- Chut Blaine arrête ça et calme-toi, je sais ce que tu penses et je ne t'en veux pas de ne pas m'avoir dit pour ton anniversaire, le rassura Kurt.

- Mais j'aurai dû te le dire ! Ce n'est pas quelque chose d'important, j'aurai dû te prévenir et comme ça tu n'aurais pas dépensé tes sous pour moi, même si ça me fait très plaisir ! Ce n'est pas ... oh non je suis le pire des meilleurs amis, je ne peux même pas te dire quelque chose comme ça !

- Blaine ! Kurt tenta de raisonner son meilleur ami, mais celui-ci était en pleine crise d'angoisse et n'arrivait plus à gérer ses émotions. Regarde- moi Blaine, concentre-toi sur moi.

- Je ... je ..." Le jeune garçon finit par chuchoter ses mots et les tremblements de son corps se calmèrent.

Les yeux bleus de Kurt étaient comme l'océan, un océan calme et reposant, Blaine se sentait apaisé rien qu'en s'y plongeant. Inconsciemment il se rapprocha de plus près du visage de son meilleur ami, toujours plongé dans son regard et voulant admirer le bleu de ses yeux de plus prés, ce qui était quelque chose que Blaine faisait très souvent sans s'en rendre compte et qui faisait à chaque fois accélérer le coeur de Kurt à toute vitesse.

Il finit par coller son front à celui du châtain et soupira de bonheur, son souffle chaud réchauffant le visage de l'autre garçon qui avait quitté le regard de Blaine pour contempler ses lèvres.

Kurt s'était toujours demandé ce que cela faisait d'embrasser quelqu'un, comme dans les films ou comme il avait vu Rachel le faire une fois avec cet abruti de Jessie St-James à l'école, et cela semblait tellement simple. Il suffisait qu'il se penche juste un peu plus et qu'ils collent ses lèvres sur les siennes, c'était comme ça que l'on faisait n'est ce pas?

Et Blaine qui ne cessait de se rapprocher, se rendait-il compte de ce qu'il faisait ? Ce garçon n'avait aucune notion de l'espace personnelle avec lui, et Kurt ne voulait pas le repousser parce qu'il aimait bien que Blaine soit proche de lui. Alors il combla la distance qui les séparait encore, et scella ses lèvres avec celle du prodige.

Blaine se reconnecta immédiatement à la réalité lorsqu'il se rendit compte que quelque chose s'était délicatement posé sur ses lèvres. Oh et bien c'était Kurt, évidemment, vu la proximité de son visage avec celui du châtain ça ne pouvait être que lui qui était en train de- Oh mon Dieu Kurt m'embrasse ! Réalisa Blaine. Kurt m'embrasses et c'est encore plus enivrant que la musique.

Kurt ne comptait maintenir la liaison qu'une petite seconde, lui donnait une bise sur les lèvres plus qu'autre chose, mais il savourait bien trop ce léger contact et ne pensa définitivement plus à le rompre lorsqu'il sentit Blaine lui répondre doucement et timidement.

Ils se séparèrent après plusieurs longues secondes mais gardèrent leurs visages souriants collés l'un à l'autre. Blaine rit doucement et l'attira dans ses bras. Kurt appuya sa tête contre l'épaule de Blaine avec un petit soupir, et les deux garçons restèrent dans cette position.

L'instant fut interrompu par les cris lointains d'une jeune fille que l'on ne pouvait pas ne pas reconnaître comme étant Rachel. Les deux garçons s'éloignèrent l'un de l'autre en rougissant et saluèrent la jeune fille dans une étreinte quand celle-ci arriva près d'eux. Ils rejoignirent ensuite la voiture des papas de la jeune fille et eurent cette fois-ci l'occasion de s'asseoir l'un à côté de l'autre, Rachel ayant tendance à prendre place au milieu d'habitude.

Mr Berry ayant mis des morceaux de comédies musicales pendant le trajet, tout le monde se mis à chanter dans la voiture, ne se doutant pas un seul instant du changement de dynamique dans la relation de Kurt et Blaine, et leurs mains ne se délièrent pas un seul instant tout le long du trajet.


Give me heart and give me soul
Give me time, give us a kiss
Tell me your own politik.


"-Tu es sûr que ça va aller Blaine? Mr Stewart passé te chercher c'est certain?

- Ne t'inquiète pas Kurt! J'ai juste à marcher un peu et il m'attend plus loin, je ne vais pas déranger ton père qui a surement envie de passer du temps avec toi maintenant qu'il est rentré de déplacement.

- Ça ne l'aurait absolument pas dérangé tu sais ..."

Oh que oui Blaine savait. Burt Hummel était vraiment très gentil, mais il savait aussi qui il était réellement. Et s'était hors de question de retourner à Dalton alors qu'il accomplissait son rêve.

C'est ainsi que Blaine se retrouva à mentir à contre-coeur à Kurt et à faire la route jusqu'à la Julliard à pied afin d'éviter de tomber sur son père. Ce n'était pas plus mal, il aimait bien marcher et cela lui permettait de réfléchir à ce qui s'était passé plus tôt dans la soirée avec son meilleur ami.

Eh bien, était-il encore son meilleur ami après ça? Difficile à dire comme ils n'en avaient pas reparlé, bien qu'ils ne s'étaient pas quitté d'une semelle pendant le feu d'artifice, liant dès qu'ils le pouvaient leurs mains ensemble et ce collant l'un contre l'autre sur la pelouse en regardant le spectacle. Blaine sauta de joie en repensant à la scène.

Alors qu'il continuait d'avancer à travers les rues sombres New-Yorkaises et était à quelques pas de tourner au coin d'une rue, quelque chose attira son attention et mis tous ces sens en alertes. Il gela sur place quand il réalise qu'il est suivi et l'ancien Blaine de Dalton et des rues de New York revient plus vite que son ombre alors qu'il commence à augmenter l'adrénaline dans ses veines et à se préparer à courir ou au pire, à se battre.

Il se retourna lentement pour observer le trottoir derrière lui, vide. Mais sa vision obscurcie par les ténèbres ne lui permet pas de voir se faufiler la personne derrière lui et le saisir avec force par les épaules avec de le balancer dans une ruelle sombre sur le côté de la rue principale.

Blaine réussit à amortir le choc contre le mur de briques grace à ses réflexes et se retourna rapidement en position de combat. Mais aussi vite qu'il se prépara à cogner, il se stoppa dans son élan en reconnaissant la personne qui lui faisait face, et ce n'était pas la personne à frapper, vraiment pas.

-" Santana ?!

- Salut le hobbit."

Blaine était partagé entre la joie, celle de retrouver son amie qu'il n'avait pas vue depuis la descente des flics dans le théâtre abandonné, et la peur en voyant l'expression froide et indescriptible de la jeune fille. Si Santana n'avait pas changé depuis la dernière fois, elle était actuellement en train de décider si elle allait le frapper ou pas.

- "Je suis content de te voir !

- Ah ouais vraiment ? lui répondit la jeune latino toujours sur le même ton froid.

- Oui, je-

- Monsieur Anderson, compositeur à la Julliard, doit être sacrément occupé avec ce concert dans Central Park ! Coupa sèchement Santana. Pardon de prendre de ton temps."

Le visage de Blaine se décomposa aux mots tranchants de la jeune fille qui n'avait plus jamais été aussi méchante avec lui depuis, et bien jamais en fait, Santana et lui était très proche et serait devenu comme les deux doigts de la main s'ils avaient passé plus de temps ensemble.

Le jeune garçon avança d'un pas vers elle cherchant à savoir si il ne recevrait pas un poing dans la figure s'il s'approchait de plus près, mais la jeune fille leva sa main devant elle lui faisant signe de tout stopper. Elle le regarda méchamment avant de finalement craquer.

-"Je m'inquiétais pour toi! Merde! Tu ne peux pas savoir comme j'ai eu peur quand tu as dû t'enfuir de ton côté et que personne ne t'avais dit où on devait se retrouver dans ce genre de situation! J'ai pratiquement tabassé Puck pour avoir oublié de t'en parler! Avoua-t-elle en colère. On ne t'a jamais retrouvé, j'ai fouillé partout! Et là qu'est-ce que je vois?! Tu es devenu un compositeur "prodigieux" dans une putain d'école de snob et tu vas donner des concerts?!"

Le coeur du garçon se serra dans la douleur en voyant son amie se retenir de pleurer. Santana ne pleurait pas, elle était un pilier, une meneuse, et personne ne la faisait craquer.

Alors Blaine s'avança vers elle et la prit dans ses bras malgré son avertissement plutôt de ne pas le faire. La jeune fille se mit finalement à pleurer sur l'épaule de Blaine et fit claquer ses points dans le dos du garçon de colère jusqu'à ce qu'elle n'en est plus la force.

-"Santana? Qu'est-ce qui est arrivé? Tu n'es plus que l'ombre de toi-même ! Dis-le-moi je t'en prie! Supplia Blaine en posant ses mains sur ses épaules et en plongeant son regard dans le sien. Il est arrivé quelque chose à un des orphelins? À Schuester?"

Santana frissonne à ce nom et baisse son regard sur le sol. Le visage de Blaine devint grave et la colère commença à monter.

-" Qu'a-t-il fait ? Il a fait du mal à quelqu'un ? Dis-moi, dis-moi tout Santana!

-" Il a ... il est fou, avoua finalement la jeune latino. On n'a pas pu retourner où on vivait tous avant alors on a rejoint un de ses amis qui gère un peu après le même business que lui a l'extérieur de Manhattan, tu sais, orphelins musiciens et ... d'autres choses.

- Comment ça d'autres choses? Dieu, tu ne te-

- Je ne me prostitue pas si c'est ce que tu penses blaireau! Personne ne touche à un seule de mes cheveux au risque de s'y couper avec les lames de rasoir qui s'y trouvent ! Lui répondit cash la jeune fille, et Blaine sourit car c'était ça la vraie Santana. C'est plutôt des trucs comme le vol, faire des livraisons de trucs pas nets pour les gangs, qui iraient fouiller un sac d'école de gamin d'façon ...

- Bon sang, comment Schuester peut vous laisser faire ça ...

- Ce vieux n'a plus rien dans sa tête depuis qu'il-, la jeune fille se tût subitement et ne continua pas sa phrase.

- Depuis que quoi, San'? Lui demanda le plus sérieusement du monde le garçon.

- C'est juste ... Merde ! Tu fais chier Anderson ! Tu pouvais pas être en train d'agoniser dans un caniveau ou un clochard dans le métro à Times Square?!

- Sympa.

- Ouais nan, il fallait que même en ramenant tes fesses de blanc dans une ville que tu connais pas, tu réussisses à briller et devenir un génie. Si Schuester savait ça il deviendrait encore plus barjo qu'il ne l'est déjà.

- Mais il ne s'est rien, pas vrai? Se questionna soudain le garçon dans l'horreur.

- Nan personne sait rien à part moi, je traîne encore sur Manhattan pour voir Britt', tout le monde est à l'extérieur sinon. Je suis tombé sur une affiche du concert par hasard avec ton nom dessus et je t'ai espionné à l'école. Et non, je ne lui dirais rien, maintenant qu'on sait enfin ce que tu es devenu il ne faut jamais que Schuester l'apprenne.

- Il viendra me chercher, n'est ce pas ... ? Le jeune prodige recula et s'abattit durement contre le mur en sentant peu à peu la vie qu'il vivait et dont il avait tant rêvé partir en miettes.

- Il viendra, et il détruira tout ce qui t'empêchera de revenir vers lui. Il fait une obsession sur toi Blaine, il est complètement malade depuis qu'il t'a perdu. Mais je te jure, parole de Lopez, que je n'irai rien lui dire. J'aurais préféré que tu reviennes auprès de nous une fois qu'on t'aurai retrouvé, tu manques à tout le monde et cela aurait permis de calmer le vieux mais ce que tu fais maintenant est exceptionnel! Un hobbit qui fait de la musique, plus besoin d'aller au cirque!"

Les deux enfants rigolèrent ensemble à la remarque sarcastique de la jeune fille, et échangèrent un sourire.

-"Tu m'as vraiment manqué, Santana.

- On se lasse pas de moi comme ça, qu'est-ce que tu crois.

- Je peux espérer te revoir souvent ?

- Il vaut mieux pas hobbit, ton génie va déteindre sur moi et Schuester va me pister direct. Mais j'essayerai de te choper dans une ruelle sombre de temps en temps pour une conversation entre filles." Dit la jeune fille en lui faisant un clin d'oeil.

Se faisant tard, les deux amis s'enlacèrent une dernière fois pendant plusieurs longues secondes appréciant la présence de l'autre, et chacun pris un chemin séparé de retour dans les rues de New York.

Mais ce n'était pas avec l'esprit serein que Blaine alla se coucher ce soir-là, il se remémorait sans cesse les paroles de Santana alors qu'il tentait de trouver le sommeil.

Il viendra, et il détruira tout ce qui t'empêchera de revenir vers lui.

Parce qu'il est fou, il te détruira.

Toi, et tout ceux à qui tu tiens.


Just open up your eyes
Give me one 'cause one is best
In confusion, confidence
Give me peace of mind and trust
Don't forget the rest of us.


J'ai trouvé intéressant d'aborder le sujet de la psychologie chez les enfants surdoués, leur rapport aux autres et à ce qui les entoure :)

Je tenais vraiment à en parler dans un chapitre du premier arc avant d'entrer dans le deuxième (ce qui ne va pas tarder) pour que l'on puisse vraiment voir le changement dans la personnalité de Blaine.

Parole de la chanson "Politik" de Coldplay