Disclaimer: Glee appartient à la Fox and Mister Ryan Murphy.

Rating : M. L'histoire sera en deux arcs, l'un ne justifiant pas un rating M contrairement à l'autre.

Pairings (amitié/amour confondu): Klaine, Blaintana, Pucktana, Sebtana, Sebastian/Puck

Certains personnages seront certainement un peu OOC par rapport à leur caractère original dans Glee.

Sa fait très longtemps que je n'ai pas posté la suite, toute mes excuses :(

Mais la voici et on est a 9,000 mots presque donc c'est la fête, enjoy :)


Il est en embuscade, juste là, tellement prévisible mais impossible à stopper. Il n'attend qu'une seule chose, que vous fermiez les yeux un instant pour vous saisir et vous entraîner avec lui dans les fins fonds des ténèbres, de vos ténèbres. Vos peurs inconscientes matérialisées sous forme de cauchemars qui vous empêchent de trouver le repos et finissent par vous rendre fou.

Chez certain ils peuvent être prémonitoires, chez Blaine, ils ont toujours été révélateurs d'un passé inexistant auprès de sa véritable famille. Des brides d'émotions et d'impression que les doutes et la peur matérialisent en véritable scénario catastrophe dans lesquels le jeune garçon se voit accorder la possibilité d'être auprès de ceux qui lui ont donné la vie mais n'y arrivent jamais.

Cependant, de nouveaux doutes et de nouvelles peurs hantaient son esprit et depuis quelque temps il était l'acteur principal d'un tout nouveau scénario, toujours aussi catastrophe, révélateur d'un futur à venir ou simplement d'une paranoïa dans laquelle Blaine se noyait de plus en plus jusqu'à ce qu'il en perde la raison.

Le décor était toujours le même, cet hôpital maudit dans lequel cette femme aux cheveux bruns frisés lui tournait toujours le dos et ne lui révélait jamais son visage. Mais dans ce tout nouveau scénario, elle n'était présente nulle part, tout comme les bébés qui pleuraient à la nurserie.

C'était simplement le vide, la pénombre et la peur qui se manifestait sous la forme d'un froid glacial qui vous ronge au fur et à mesure jusqu'à vous paralyser de tous vos moyens et vous mettre à genoux.

Il suffit qu'il s'autorise à glisser dans les bras de Morphée juste instant pour rouvrir les yeux la seconde d'après dans les couloirs de cet enfer personnel.

Toutes les portes des chambres sont fermées, n'offrant aucun moyen de s'échapper. Alors il avance, il avance jusqu'à atteindre la seule porte qui lui est entrouverte, celle qui semble silencieusement être la seule à lui offrir un refuge.

Blaine sait exactement ce qui va se passer mais ne peut l'empêcher, il est comme aspiré. Il espère toujours que le scénario sera différent, mais il espère en vain.

La chambre est toujours la même, d'un blanc immaculé tellement semblable à la pureté. La lumière de l'extérieur éclairant toute la pièce d'un halo divin. On pourrait penser que c'est le paradis, et que cela est un rêve plutôt qu'un cauchemar. Mais il suffit alors de poser ses yeux sur le lit d'hôpital dans lequel semble dormir un jeune garçon pour que tout s'écroule.

Car c'est à ce moment que l'on commence à entendre le bip strident des machines, que l'on commence à voir les magnifiques roses jaunes et rouges posées sur la table de nuit du patient, le violon dans le coin de la pièce, les magazines de Vogue au pied du lit, c'est à ce moment que l'on sait que c'est bel et bien un cauchemar quand on voit son meilleur ami et certainement la personne que l'on commence à aimer couché dans un lit d'hôpital inconscient.

Blaine avance encore jusqu'à être aux côtés de Kurt et glisse délicatement sa main sur son visage pour repousser quelques mèches de ces cheveux et coller son front contre le sien. Les larmes lui montent aux yeux et ils ne les empêchent pas de couler. Ses mains tremblantes viennent saisir celle du jeune garçon qu'il apporte délicatement à ses lèvres pour y déposer un doux baiser et quelques perles salés.

Pardonne-moi, Kurt ...

Le remords et la tristesse s'abattent sur lui telle la foudre et lui serre le coeur jusqu'à ce qu'il est l'impression de ne plus pouvoir respirer. Il sait sans vraiment savoir pourquoi Kurt est ici, pourquoi son corps ainsi que son magnifique visage de porcelaine sont abimés par d'horribles coupures et hématomes, pourquoi l'innocence qui le caractérisait si bien semble avoir complètement disparu, comme sur le visage grave des enfants qui vivent dans les rues de New York, et qui en ont déjà beaucoup trop vu pour leur jeune âge.

Kurt semble être anéanti, épuisé, déshumanisé, comme s'il avait affrontait d'un seul coup tous ceux par quoi Blaine était passé tout au long de sa vie. Le jeune garçon ne voulait pas ça pour son meilleur ami, il voulait qu'il est une belle vie, qu'il brille toujours comme le soleil et que ça bonne humeur et son innocence ne le quitte jamais. Il veut le protéger de tout ce qu'i l'extérieur et que jamais il n'est à connaitre toute la noirceur du monde et des êtres qui le peuplent. Mais il avait échoué.

J'espère que tu es fier de toi, Blaine.

Un cauchemar dans un cauchemar est certainement la pire des choses. Sa voix résonne dans l'esprit de Blaine dans un écho sans fin, et lorsqu'il l'aperçoit près de la porte de la chambre, les mains dans les poches un petit sourire au coin des lèvres, il sait que c'est lui qui a fait ça.

"Pourquoi? Pourquoi lui?! Il ne vous a rien fait! C'est moi que vous vouliez!"

"Ne t'avais-je pas prévenu Blaine? Que je te retrouverai toujours? Et tous ceux qui se mettront entre nous en payeront le prix. Tu le savais Blaine, c'est toi qui es responsable de ce qui est arrivé à ton ami. Il a voulu te garder pour lui, mais tu es à moi."

La vision de Blaine devient de plus en plus trouble à cause des larmes qui s'accumulent, tous ces membres commencent à trembler et les remords le mettent à genoux alors qu'il réalise que ce n'était qu'une question de temps avant que l'utopie dans laquelle il vivait auprès de Kurt ne s'écroule et qu'un retour à la dure réalité ne soit inévitable. Mais il fallait être aveugle pour ne pas se rendre compte que Kurt était devenu la faiblesse du jeune prodige, et en même temps sa force.

"Je t'avais prévenu Blaine. Tu seras toujours l'un des nôtres, n'espère jamais t'échapper."

Kurt était la seule raison qui l'empêchait de revenir auprès de Schuester, et il en avait payé le prix.

"N'oublie jamais qui tu es, Devon."


Le jeune garçon se réveilla en sursaut dans son lit, à bout de souffle, en sueur et les larmes coulant abondamment sur son visage. Il observa sa chambre encore plongée dans l'obscurité de la nuit et prit conscience que ce n'était qu'un cauchemar, encore et toujours ce même cauchemar. Il passa ses mains sur son visage pour frotter ses yeux puis les remonta dans ses cheveux bouclés complètement décoiffés jusqu'à les serrer fortement entre ses doigts comme s'il voulait les arracher de sa tête et se mit à fortement sangloter.

C'est alors que deux mains froides mais infiniment douces se posèrent sur les siennes et les caressèrent d'une façon rassurante et relaxante. Blaine se détendit progressivement sous les caresses, ne les connaissant que trop bien, et en profita encore quelques minutes avant de laisser tomber ses mains sur les draps et de tourner la tête vers Kurt qui le regardait très inquiet. Ce n'était plus quelque chose d'étonnant pour Blaine que de se réveiller avec Kurt à ses côtés, le jeune garçon venait dormir ici avec lui à la moindre occasion qui se présentait maintenant, surtout quand Burt était absent.

Blaine plongea son regard dans le sien et l'observa intensément en repensant à son cauchemar et plus particulièrement à tous ces mots que Schuester lui avait dits jusqu'à sentir les larmes de nouveau couler. Et si tout cela était vrai? Si tout cela allez réellement se passer? Il ne pouvait plus regarder Kurt en face sans se sentir mal et coupable que quelque chose comme ça puisse lui arriver.

Kurt posa délicatement sa main sur l'épaule de Blaine et l'attira à lui alors qu'ils se rallongèrent côte à côte dans le lit. Le jeune prodige traçait des dessins imaginaires sur le pyjama de Kurt et sentait son regard fixé sur lui. Le violoniste savait que s'il avait envie de parler de son cauchemar, Blaine le ferait de lui-même, mais ça ne l'empêchait pas d'essayer de lire les émotions sur le visage du garçon pour essayer de comprendre par lui-même.

Le mode zombie que semblait avoir adopté Blaine depuis plusieurs jours était dû à ces cauchemars qu'il semblait avoir mais dont il n'avait pas encore une seule fois parlé à Kurt. Ce qui contrariait plutôt pas mal le jeune garçon qui arrivait facilement à faire parler Blaine d'habitude.

Le jeune prodige croisa finalement le regard de son meilleur ami et plongea dans le bleu de ses yeux, il releva doucement sa main de son pyjama et la posa sur sa joue. Kurt vint immédiatement poser sa main par-dessus celle de Blaine et se blottit un peu plus dans son contact. Il ferma doucement les yeux et soupira de bien-être.

"Parle- moi Blaine, s'il te plaît."

La tristesse et la culpabilité étaient palpables sur le visage de Blaine alors qu'il détourna le regard de celui de Kurt, il s'en voulait de ne rien lui dire alors que son meilleur ami lui confiait toujours tout. Mais il ne pouvait pas lui raconter son cauchemar, ça le rendrait encore plus réel, et Blaine était déjà bien assez terrifié. Il retira alors sa main de la joue de Kurt, ne se sentant pas digne de son attention et honteux de ne pas avoir assez de courage pour lui avouer ses peurs et laissa de nouvelles larmes couler sur ses joues.

Alors qu'il s'apprêtait à tourner le dos au châtain, celui-ci posa sa main sur son épaule, le stoppant dans son élan. C'est surpris par l'action soudaine que Blaine le regarda à nouveau dans les yeux et y vit la détermination et le courage. Puis Kurt se pencha et l'embrassa.

Blaine sentit son esprit se figer. Les lèvres du violoniste étaient doucement pressées contre les siennes, il se sentit fondre dans le bonheur à ce contact alors qu'il répondit au baiser de Kurt et sentit son cœur s'emballer, prêt à bondir hors de sa poitrine.

Il fixa le garçon légèrement hébété lorsqu'ils se séparèrent et un sourire idiot se dessina sur ses lèvres.

"C'était pourquoi?"

"Pour que t'arrête d'avoir la tête du garçon le plus malheureux du monde, j'ai l'impression d'être le pire des meilleurs amis." Répondit Kurt.

"Seulement pour ça, vraiment? C'était seulement pour que je n'ai l'air plus triste?" Lui demanda Blaine avec des étoiles dans les yeux.

Kurt ne répondit pas tout de suite, se réjouissant de voir de nouveau un peu de joie sur le visage de Blaine puis sentit le rouge lui monter aux joues quand il comprit le sens caché de la question du prodige. Blaine adore lui faire avouer par n'importe quel moyen qu'il l'apprécie plus que comme un ami, et le châtain se fait à chaque fois avoir. Ce n'est pas pour autant qu'il est de moins en moins embarrassé de répondre à la question par un "oui, je t'apprécie plus que comme un ami" et Blaine le sait, il adore ça même.

"Non."

"Non? Quoi non?" Demanda innocemment Blaine.

"Non ce n'était pas seulement parce que tu avais l'air triste, sinon je t'aurai fait un câlin, et puis tu le sais que ce n'est pas que pour ça! Tu m'énerves."

Kurt se mit à bouder et se retourna dans le lit présentant maintenant son dos à Blaine, ce qui fit encore plus sourire le jeune garçon qui finit par venir se blottir contre le châtain pour se faire pardonner. Kurt accepta ses excuses en glissant son bras par-derrière et saisit celui de Blaine pour le faire glisser autour de lui. Blaine resserra son étreinte autour du corps de Kurt et plongea son visage dans le creux du coup du garçon.

Je ne sais pas si je pourrais te protéger Kurt, mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour le faire, absolument tout. Tu n'imagines pas à quel point.

Une dernière larme glissa le long de la joue de Blaine et vint s'écraser sur la peau nue du cou de Kurt qui frissonna dans l'instant, resserrant ses mains sur celles de Blaine posé sur son coeur.


Someone to need you too much
Someone to know you too well
Someone to pull you up short
And put you through hell
And give you support for being alive.


Prochain arrêt: 161 St - Yankee Stadium, South Bronx.

Comme si t'avais besoin d'annoncer qu'on est arrivé dans le South Bronx pétasse, pensa la jeune fille. Le métro qui filait à toute allure à travers les souterrains commença progressivement à ralentir en vue de la prochaine station. La jeune fille était appuyée dans un coin de la rame, se faisant aussi petite que possible, les muscles tendus, prête à réagir et à se défendre face à la moindre interaction agressive à son égard.

Tous les passagers de la rame étaient dans le même état qu'elle, les mères gardant leurs enfants tout près d'eux, les femmes resserrant leur emprise sur leurs sacs à main et les hommes resserrant les poings. C'était l'effet que la voix de la pétasse du métro, comme la jeune fille l'appelait, faisait lorsqu'elle annonçait l'arrêt desservant les quartiers du South Bronx, là où se trouvent les quartiers les plus pauvres du pays et aussi les zones à haute criminalité. La jeune fille laissa progressivement l'adrénaline couler dans ses veines pour repousser les limites de ses compétences physiques, prête à sortir de la rame en courant pour se dépêcher de rentrer chez elle. Car oui, le South Bronx était là où elle descendait.

Le métro se stoppa enfin et les portes de la rame s'ouvrirent sur le quai. La jeune fille se pressa de sortir, ne manquant pas les regards étonnés et terrifiés des autres passagers qui s'attendait à voir un gang rentrer dans la rame et non pas une jeune fille d'à peine 12 ans en sortir.

Elle savait ce qu'ils pensaient tous "Cette jeune fille va se faire voler ou même pire, tuer si elle est seule." Mais ce qu'ils ne savaient pas, c'était que c'était elle qui faisait ces choses-là, c'était elle la menace. Elle ne tuait pas, pas encore, pensa-t-elle sombrement alors qu'elle montait à toute vitesse les marches de la station.

Il faisait nuit noire mais la rue était très bien éclairée, toutes les rues autour du Yankee stadium étaient propres et bien éclairées, les seules dans le coin entretenues par la ville pour donner bonne allure quand des milliers de New-Yorkais des autres quartiers descendaient ici pour aller voir un match au stade.

S'il y avait un coin où on pouvait habiter en sûreté dans le South Bronx c'était celui-là, mais la jeune fille n'habitait pas ici, absolument pas. Elle ne resta pas un instant de plus sur place et descendit rapidement la rue se dirigeant au loin, là où tout semblait plonger dans l'obscurité. Elle se mit ensuite à courir lorsqu'elle tourna dans une rue où elle ne savait que trop bien ce qu'il s'y passait, elle n'avait cependant pas le choix de passer par là pour rejoindre l'endroit ou elle logeait. Avec un peu de chance elle se ferait agresser par des gens qu'elle connaissait et ils l'auraient laissée partir. Mais même ici vos amis restent vos ennemis. Elle savait qu'elle avait été repéré quand elle entendit des pas pressés derrière elle. Eh bien ça m'aurait étonnée de passer comme ça sans vous avoir au cul les gars.

Elle accéléra sa course à travers les rues désertes du Bronx, passant devant un terrain de basket délabré, des magasins à la devanture démolie et taguée de partout, elle traversa un terrain vague qui était autrefois une pac pour enfants dans lequel elle faillit chuter plusieurs pour finalement arriver de l'autre côté, elle parcourut encore quelques mètres et se retrouva dans une rue qui semblait être un cul de sac lorsque l'on se retrouvait face aux grandes grilles en métal solidement cadenassés. La jeune fille n'eût cependant aucun mal à les escalader et passa par-dessus. Elle s'autorisa enfin à s'arrêter dans sa course folle et se retourna pour voir le petit groupe de personnes qui la poursuivait s'être arrêté plus loin et faisant finalement demi-tour. Un petit sourire se dessina sur son visage, elle savait que ces gars-là n'oseraient jamais mettre les pieds sur un territoire qui n'est pas le leur.

Elle se retourna alors vers le bâtiment qui se dressait devant elle, une vieille école fermée il a maintenant très longtemps et tombant pratiquement en ruine. Elle soupira et se dirigea à l'intérieur, traversant la cour ou la nature avait repris ses droits et ou le sol n'était pratiquement plus visible à cause des mauvaises herbes, la poussière et les débris d'objet cassé en tous genres. Elle se faufila à l'intérieur de la bâtisse, faisant le moins de bruit possible, ne sachant pas vraiment qui trainerait encore dans l'école abandonnée à cette heure-là et longea le couloir principal plein de poussière, de terre, de verre, les murs recouverts de tague et le plafond fissuré menaçant de vous tomber dessus à la moindre occasion.

Elle poussa discrètement une porte donnant sur l'extérieur du bâtiment qui grinça fortement, l'écho se propageant partout dans la bâtisse et au loin. Elle se statufia une seconde, calmant son coeur qui battait la chamade avant de finalement se glisser à l'extérieur. Elle se retrouva dans une cage d'escalier bordé de grilles de fer qui vous empêchait de vous jeter dans le vide et de vous écraser dans la cour plus bas si l'envie vous en prenez et elle descendit les escaliers qui longeaient le mur du bâtiment. Elle passa à travers ce qui était autrefois la cour où les élèves déjeuner le midi, en vue des tables défoncées un peu partout, et continua plus loin jusqu'à un autre bâtiment isolé du reste dans lequel elle entra.

Elle attendit que la porte se referme violemment derrière elle pour continuer d'avancer. Elle l'avait fait exprès cette fois-ci, pour annoncer sa présence, que quelqu'un était entré et attendait le moment où on lui sauterait dessus. Ce qui ne tarda pas lorsqu'elle vit une ombre se jeter sur elle et tenter de la plaquer au sol. Mais elle était préparée, elle esquiva habilement la personne qui se jeta sur elle puis la frappa puissamment dans le dos et la fit s'écraser en plein dans le mur.

"Putain ça fait mal!"

La jeune fille se détendit en reconnaissant la voix de celui qui avait voulu l'attaquer.

"Parfois je me demande si t'a vraiment des couilles Puckerman, ou alors Schuester te les a coupés pendant mon absence?"

Puck plaqua ses mains sur sa tête qui avait violemment heurté le mur et se retourna pour fusiller la jeune fille du regard.

"Qu'est-ce que tu fou là Santana?"

"J'ai plus le droit de revenir ici maintenant?"

"Je croyais que t'habitais avec Brittany ou quelque chose, ça fait plusieurs semaines qu'a ton pas vu! Tu foutais quoi?"

"J'avais un truc à régler."

"T'as eu un problème avec un gang du coin?"

"Je leur cherche pas des embrouilles contrairement à toi. Et c'est quoi encore ces coups sur ta figure tu t'es battu?!"

"Ouais ba tu viens de m'en rajouter un nouveau."

Puck s'éloigna et s'avança vers le fond du couloir suivi de la jeune fille qui grinça des dents quand son camarade ne lui répondit rien d'autre. Il semblerait qu'il se soit passé beaucoup de choses en son absence, et Puck ne désirait visiblement pas qu'elle soit au courant. Elle l'apprendrait de toute façon, que ce soit des autres nains de jardin du gang ou de Little Bitchlet.

Gang. C'était comme ça qu'il s'appelait maintenant, la famille de musiciens qui vivait sur Manhattan n'était plus. Lorsqu'ils avaient dû abandonner le théâtre il n'y avait plus beaucoup d'endroits sur Manhattan ou logeait tout le monde, la police était partout. Tout le monde sait que dans ce cas, c'est dans le Bronx qu'on vous fichera la paix et c'est là qu'il s'était installé avec Schuester.

Là-bas faire de la musique dans la rue ne vous apporte pas un sou, personne n'a d'argent pour ça. Le business ici c'est des trucs comme le trafic de drogue, la prostitution et toutes ces conneries. Les petits tours de passe passe inoffensif que Santana et les autres avait appris pour voler ne valaient rien ici. Et personne ne prenait le risque de voler personne, ici dans le South Bronx qui n'est composé que de gang vous tomberiez forcément sur un membre de l'un de ces gangs et à moins que vous ne vouliez que 50 gars taillés comme des armoires à glace et armés jusqu'aux dents ne vous tombez dessus et vous fasse la peau, vous vous contentez de passer votre chemin.

De toute façon la mentalité ici ce n'est pas de se faire de l'argent pour avoir un semblant de vie honnête comme Schuester leur avait appris, ici survivre est la priorité, au diable la bonne conscience et la civilité. Santana, Puck et les autres l'avaient très vite appris par eux-mêmes quand ils avaient essayé de remettre en place leur mode de vie qu'ils avaient sur Manhattan.

Heureusement pour eux qu'ils n'avaient rien de précieux et qu'ils n'étaient encore que des enfants, ils seraient vite passé à tabac sinon, les autres avaient bien remarqué qu'ils ne semblaient pas comprendre comment ça fonctionnait ici au début. Ils étaient devenu un gang après ça, le gang du vieux Schuester qui vivait dans l'école abandonné pas loin de l'aire de jeux. Ils avaient prouvé qu'ils savaient se défendre et étaient rentrés dans le business comme livrer des colis douteux ou de la drogue d'A à B discrètement, qui soupçonnerait des enfants? Et ils avaient gagné un minimum de respect, assez pour qu'on les laisse en paix dans leur trou. Du moins c'est ce que Santana espérait, mais si Puck commençait à chercher des embrouilles à leurs très chers voisins, il ne ferait pas long feu.

Puck et Santana poussèrent ensemble la porte au fond du couloir qui s'ouvrit sur un grand gymnase abandonné et Puck siffla un coup, signalant aux autres qu'ils n'y avaient aucun danger. Les têtes des orphelins surgirent de derrière des caisses et toutes sortes de meubles et objets abandonnés qu'ils avaient trouvés et ramenés ici pour tenter de dresser une sorte de dortoir de luxe géant dans le gymnase.

Santana soupira de soulagement quand elle vit que rien n'avait changé, personne n'était venu détruire ce petit semblant de paradis qu'ils avaient essayé de construire tant bien que mal. Certains des orphelins la saluèrent et lui souhaitèrent bon retour alors que l'ensemble du groupe reprenait tranquillement les activités qu'ils avaient dû abandonner plus tôt quand ils entendirent une porte à l'extérieur du gymnase grincer et que Puck avait dû leur ordonner de se cacher.

Peut-être qu'ils étaient un gang, mais pour Santana ils seraient toujours sa famille, famille qui s'était agrandie depuis leur arrivée ici. Les orphelins se ramassaient à la pelle dans le coin, en plus des enfants qui fuyaient leur foyer à cause de la violence et de ceux qui venaient ici juste histoire de squatter parce que emmerder le monde était leur spécialité et qu'il en faisait un mode de vie.

"Tient tient si ce n'est pas Snixx. Alors on a été faire la prostituée mexicaine?"

En parlant d'emmerdeur professionnel, le gagnant toutes catégories confondues avaient malheureusement décidé de crécher chez eux et malgré toutes les tentatives de Santana de le brûler vivant, de le noyer dans un caniveau ou de le pousser sous un train avait échoué. Et pourtant elle était une experte.

"Qu'est-ce que tu fou là Smythe? Trop épuisé pour aller proposer ton cul à tous les passants ce soir?"

"Je ne me rabaisse pas à ton niveau, excuse-moi."

Sebastian Smythe, l'enfer sur terre, le sale petit con qui a toujours un truc à vous répondre et ne se lasse jamais de vous pourrir la vie. Et le pire c'est que Santana ne pouvait même pas lui foutre son poing dans la figure car il s'était perché sur les poutres du gymnase en grimpant le long des cordes suspendues à partir du plafond, un sourire de psychopathe sur sa sale tête de suricate.

Sebastian les avait rejoint quand Schuester et les autres s'étaient installés dans l'école, en fait ils les avaient même aidé à trouver l'endroit et a calmer les tensions avec le gang du coin qui ne semblait pas très heureux de perdre l'école pour loger un groupe de mômes. Sebastian semblait très ami avec le petit frère du chef du gang, Hunter Clarington, et l'a convaincu de calmer son frère et de laisser Santana et les autres vivre ici. C'était donc compliqué de le foutre à la porte, mais le supporter était l'enfer.

Le pire dans tout ça, c'est que ce sale con est riche, pensa Santana. Sebastian était loin d'être comme eux, il avait une jolie maison dans le quartier de Riverdale, le quartier le plus riche du Bronx, et une famille qui l'attendait pour diner. Squatter et pourrir la vie de Santana était réellement son seul intérêt à être ici, ça l'amusait, et il préférait être ici que d'être chez lui de toute façon. Ses parents était tout le temps absent où ne remarquait jamais leur fils quand il était là et ils étaient snobs et coincés comme pas possible. Sebastian aimait le danger, l'aventure, habiter le Bronx était l'idéal, il suffisait de marcher de Riverdale au South Bronx et on entrait dans la cour des grands.

"Dis-moi que ça t'a rapporté quelque chose au moins? T'est encore jeune mais les pédophiles ça manque pas dans le coin."

"Je suis pas allé me prostituer t'es lourd merde!"

"Oh il semblerait que j'ai fâché mademoiselle, ou bien c'est la vérité et ça t'embête que mon 3ème oeil voit tout et sait tout?"

"Descends de ton perchoir et je te promets que ton 3ème oeil va voir mon poing de très près!"

"Vous n'avez pas fini tous les deux?" S'interposa Puck, une compresse sur le front.

"Ba alors Puck, on s'est fait tabasser par un petit bout de femme? Pas très viril tout ça."

"LA FERME SMYTHE!" Hurlèrent Puck et Santana à l'unisson.

"Bon bon, si on peut plus rien dire." Sebastian marcha en équilibre le long de la poutre et glissa le long de la corde pour revenir au sol.

"N'empêche qu'on sait toujours pas ce que tu étais parti faire pendant tout ce temps, hum?"

"C'est vrai ça, tu étais ou San'?"

La jeune fille foudroya du regard Sebastian en lui faisant très bien comprendre qu'elle voulait parler seul à Puck mais celui-ci fit mine de ne pas comprendre et croisa les bras sur sa poitrine dans l'attente. Santana soupira exaspéré et pris Puck par le poignet pour discuter avec lui plus loin. Ils entrèrent dans les vestiaires pour hommes du gymnase et Santana ordonna à tous les enfants à l'intérieur d'aller jouer à "Donjons et Dragons" ailleurs.

Une fois seul la jeune fille referma la porte derrière elle et soupira bruyamment avant de se retourner vers Puck qui la regardait inquiet. Je lui dois la vérité, il est aussi inquiet que moi à son propos. Ils s'assirent sur le banc et se regardèrent dans le blanc des yeux un instant avant que Santana ne révèle tout.

"J'ai retrouvé Blaine."

"Quoi?! Tu plaisantes?!"

"J'ai une tête à faire ce genre de blague peut-être?!" Lui répondit sarcastiquement la jeune fille.

"Putain mais c'est génial! Où est-ce qu'il est? Il va bien? Mon Dieu est ce qu'il va bien?"

"Je pensais pas que tu t'en souciais autant."

"Merde Santana allez dis-moi!" s'impatienta Puck.

"Il va bien oui. Très bien même." Lui répondit amèrement la jeune fille.

Le sourire de Puck se fana face au visage contrarié de la jeune fille. Elle devrait être heureuse, pourquoi elle ne l'était pas? Santana avait été la première à vouloir qu'on cherche Blaine partout et maintenant on dirait que ça ne lui faisait pas plaisir de l'avoir retrouvé.

"Santana qu'est ce-"

"Ecoute Puck, je lui ai fait une promesse ok? J'étais même pas censé te le dire, personne ne dois savoir tu m'as bien comprise?" Santana le regarda intensément dans les yeux pour être sûr qu'il avait bien compris. Le garçon acquiesça lentement.

"Il ne reviendra pas avec nous."

"Quoi?! Comment ça?!"

"Il a une vie maintenant."

"C'est quoi ces conneries?! Une vie comment ça, il a était adopté?"

"Non! C'est plus compliqué que ça! Pourquoi c'est toujours moi qui dois expliquer, toi et lui vous êtes pareils vous comprenez jamais rien!"

"Tu lui as parlé?"

"Oui mais il ne veut plus rien avoir affaire avec nous Puck, il ne doit plus rien avoir affaire avec nous."

"J'essaye de comprendre San', j'te jure, mais là tu parles chinois."

La jeune fille se leva d'un coup et lâcha un bruyant soupir exaspéré. Elle voulait tout dire à Puck sur Blaine, ou il était et au combien son avenir était destiné à être incroyable. Mais Puck était pratiquement comme Schuester au sujet de tous ces gens des écoles de musique, de tous ces snobs derrière leur bureau qui vous apprennent la musique qu'ils veulent entendre, et pas votre musique, votre univers. Santana était du même avis, mais Blaine ne se laisser surement pas marcher sur les pieds, il était supérieur à la moindre personne se trouvant là-bas selon elle. Elle ne voulait pas que Puck fonce tête baissée dire à Schuester que sa perle rare, son prodige, était à Juilliard et détruire la future vie de son ami.

Même si cela ramènerait surement Schuester des profondeurs de l'alcoolisme dans lesquels il avait plongé depuis qu'il était dans le Bronx et qu'il avait perdu son gagne-pain favori. Ce gars était devenu l'ombre de lui-même depuis qu'il avait perdu Blaine, persuadé que celui-ci deviendrait un super musicien riche et qu'il récupérerait tout son argent. Maintenant il était agressif, ne récupérant l'argent des enfants que pour aller s'acheter de l'alcool à la supérette du coin, les frappant s'ils refusaient de lui donner et Santana soupçonna alors que les coups sur le visage de Puck étaient peut-être, surement, du à ça.

Il était une menace pour tout le monde et la seule chose qui le calmerait surement serait de lui rendre Blaine, mais Santana ne pouvait pas faire ça. Elle préserverait Blaine comme elle préservait chacun des enfants plus jeunes ici de cet adulte qui devenait un monstre.

"Blaine est heureux, il a le plus sincère et le plus beau des sourires sur son visage. Il s'est fait des amis, des gens qui ont l'air sympa, et il a quelqu'un de spécial au côté de qui il veut rester." La jeune fille frissonna à ses paroles, elle savait ce que c'était que d'avoir quelqu'un de spécial, elle comprenait. "Il n'a pas été adopté, mais on s'occupe de lui, il a un toit et a mangé en échange de faire du bon travail dans cette école."

Santana regarda fixement Puck en essayant de lui faire passer un message, elle avait promis de ne rien dire mais si Puck comprenait par lui-même elle n'y pouvait rien non?

Et le garçon semblait bien avoir compris le message, ses sourcils se froncèrent dans la colère, Santana le coupa avant qu'il ne dira le moindre mot.

"Il est heureux Puck! Ce n'est pas le principal?"

"Mais ... ces gens ils-"

"Je sais, mais Blaine ne se laisse pas marcher sur les pieds crois-moi. Il mène son combat pour mener la vie qu'il souhaite avoir dans ses classes et dans ses couloirs, pas avec son poing mais avec une partition et la musique. Ses rues de New York à lui sont là-bas. Et il n'est pas seul."

"Il a quelqu'un de spécial."

"Ouais, quelqu'un de bien."

Puck regarda fixement Santana quelques secondes avant de soupirer résigné, il se leva et se dirigea vers la porte pour retourner au gymnase. Lorsque la porte se referma derrière lui, Santana se laissa basculer en arrière sur le banc du vestiaire et fixa le plafond fissuré. Une bonne chose de faite, se dit-elle. Elle entendit la porte du vestiaire de nouveau s'ouvrir et une petite tête blonde passa par l'ouverture.

"Tu viens dormir Santana?"

Santana sourit à la jeune fille et se relava immédiatement pour aller prendre à bras leur plus jeune protégé et se diriger vers le gymnase.

Une fois la porte refermé, celle du bureau du coach au fond du vestiaire s'ouvrit et Sebastian se glissa dans la pièce, l'air pensif. Il avait suivi toute la conversation depuis le début, la curiosité étant son point faible il n'a pas pu s'empêcher de venir écouter lorsque Santana tira Puck dans le vestiaire, passant par la porte de derrière du bureau il entrouvrit légèrement celle qui donnait sur le vestiaire et avait suivi la conversation de très près. Il avait déjà entendu parler de ce Blaine, c'était le prénom que disait le plus souvent Schuester lorsqu'ils sont arrivés ici, il croyait que c'était un des gosses du groupe qui aller les rejoindre au début mais il n'a jamais fait son apparition et très vite il est devenu un sujet tabou dans le gang.

À la moindre évocation du prénom, Schuester partait dans une rage folle et balançait tout ce qui se trouver sous sa poigne, blessant parfois les enfants du groupe que Puck et Santana tenté de protéger. Il ne se l'avouerait jamais mais il s'était pris d'affection pour toutes ces têtes à claques de ce gang. Contrairement aux autres ce n'était pratiquement que des gosses et le seul adulte avec eux était le pire alcoolique de tout South Bronx, et pourtant il y en avait un tas!

C'est dommage car il ne semblait pas du tout comme ça au début, c'était même quasiment un père avec ces gosses mais ce Blaine semblait lui pourrir la vie autant qu'il pourrissait celle de Santana. Puck essayait tant bien que mal d'encore rentrer en contact avec le vieux qui ne vivait même pas dans le gymnase mais au dernier étage du bâtiment principal de l'école abandonné, mais ce gars était bourré tous les jours et Puck revenait à chaque fois avec un bleu en plus sur le visage. Ce qui bouleversait Santana.

Pourquoi ces deux guignols ne vont-ils pas récupérer ce Blaine pour le ramener à Schuester?! Ça réglerait le problème d'agressivité de cet alcoolique et plus personne ne vivrait chaque jour dans la peur qu'il débarque dans le gymnase et tabasse quelqu'un, pensa Sebastian en colère.

Il n'admettrait jamais qu'il s'était pris d'affection pour tous ces gens, jamais. Mais s'ils étaient en danger, si c'était une question de sécurité pour tout le monde, Sebastian était prêt à ramener lui-même ce Blaine par la peau des fesses jusque Schuester, ou même carrément envoyer le vieux timbré jusqu'à ce garçon.


C'était un samedi d'après-midi paresseux à Central Park, les New-Yorkais étaient venu faire une sieste sur la pelouse, jouer au football, promener leurs chiens et les touristes plus que ravi par la météo se promènent émerveillés à travers le parc, prenant de nombreuses photos ou savourant une longue balade en amoureux main dans la main.

Kurt était assis en tailleur au milieu de la pelouse et les regardait avec envie alors que son Ipod jouait High Hopes de Kodaline dans ses oreilles. Il imaginait lui et Blaine à la place de ce couple, avec un chien marchant à côté d'eux peut être, et il souria. Il tourna la tête toujours souriant vers Blaine qui était toujours concentré sur son morceau à la guitare. Il soupira longuement, fatigué.

Ce n'est pas comme si Kurt avait imaginé une après-midi en amoureux à Central Park à se balader à travers les allées, ou peut être même louer des vélos et faire un tour, non bien sûr que non.

En fait si, mais Blaine l'avait rejoint devant la Juilliard avec son étui à guitare accrochée à son dos et Kurt avait essayé de se convaincre que c'était peut-être parce que Blaine allait lui chanter une chanson devant tout le monde et tout ça, mais il savait que ce n'était pas le cas. Kurt aurait peut-être dû lui préciser que c'était comme une sorte de rendez-vous et pas une réunion après l'école pour faire les devoirs. Mais Kurt ne savait même pas si lui et Blaine était des sortes de petit copain ou quelque chose, il avait dit de nombreuses fois, de trop nombreuses fois, qu'il appréciait Blaine au-delà de l'amitié et ça comptait comme une sorte de déclaration non?

Mais bon, déclaration ou pas Blaine n'était apparemment pas le genre de gars qui faisait des trucs d'amoureux comme ceux auxquels pensait Kurt. Non, lui il préférait travailler comme il le faisait déjà toute la semaine et faire encore et encore de la musique. Il était tellement absorbé que Kurt était certain que même s'il commençait à danser comme Rabby Jacob, Blaine ne le remarquerait même pas. Après un moment à le regarder jouer et espérait que peut-être il réagisse, Kurt avait fini par mettre ses écouteurs et lancer sa playlist, résigné.

Oui Kurt était très certainement en train de bouder Blaine en ce moment, et il augmenta encore plus fort le son de son ipod pour ne pas entendre le jeune prodige accorder sa guitare. La chanson Teenage Dream de Katy Perry commença et Kurt avait l'impression qu'on cherchait à le tuer en passant une chanson d'amour maintenant, il soupira en s'allongeant sur la pelouse et ferma les yeux.


Someone you have to let in
Someone whose feelings you spare
Someone who, like it or not
Will want you to share a little, a lot of being alive.


Kurt était imbécile de penser que Blaine était complètement inconscient et insensible à la situation. Si le châtain avait écouté Blaine jouer en ce moment, il aurait entendu à quel point le jeune prodige était perturbé et à quel point ses mains tremblaient sur l'instrument. Blaine savait qu'en ce moment il était le pire des boulets avec sa musique. Il comprenait rapidement les gens et ceux à quoi ils pensaient et Kurt désirait vraiment passer du temps avec Blaine et seulement Blaine, des câlins, se tenir à main être proche et tout ça. Kurt était vraiment le garçon qui aimait les trucs comme dans ses films d'amours à la télé. Mais le jeune prodige n'était pas vraiment doué pour les interactions physiques, surtout affectueuse, et la peur de décevoir Kurt était tellement grande qu'il se repliait toujours derrière l'excuse des devoirs et de la musique pour s'échapper. Comme en ce moment, sa guitare était le bouclier derrière lequel il se cachait face à la situation, il ne savait tout simplement pas quoi faire et ça l'angoissait vraiment.

Faut-il que je lui demande s'il veut aller se promener? J'aurais peut-être dû amener des raquettes pour faire un badminton, ou un ballon pour jouer au foot. Le Starbucks! Mon Dieu, Kurt adore aller là-bas! J'aurais dû lui demander s'il voulait un café. Mais il regardait avec envie le chien de cette vieille dame tout à l'heure, il voulait peut-être promener un chien? Il y a bien quelqu'un qui voudrait qu'on promène son chien à sa place dans ce parc, j'aurai dû m'y prendre à l'avance. Non arrête Blaine c'est stupide.

Blaine réfléchissait intensément pour trouver quelque chose lorsque Kurt poussa un soupir et s'allongea sur la pelouse. L'esprit de Blaine se mit alors à la seconde même en pause lorsqu'il l'observa. Les rayons du soleil caressaient le visage délicat de Kurt et faisaient ressortir ses quelques taches de rousseurs ainsi que les mèches plus claires dans ses cheveux alors que les brins d'herbe de la pelouse se glissaient parmi eux. Ses long cils noirs contrastaient et caressaient sa peau de porcelaine, ses mains étaient reposées sur son torse et ses doigts dansaient dans le rythme de la chanson. Il entrouvrit légèrement les lèvres alors qu'il chuchotait les paroles.

Magnifique, pensa Blaine. Son regard s'attarda sur ses lèvres et les souvenirs de leurs quelques baisers envahirent l'esprit du jeune garçon, il ne pensait plus qu'au touché délicat des lèvres de Kurt contre les siennes et à quel point on se sentait au paradis quand le châtain l'embrassait. C'était toujours Kurt qui l'embrassait en premier, Blaine trop timide pour le faire même lorsque l'occasion était parfaite. Dans ces moments-là Kurt roulait des yeux et se penchait à la place du frisé.

Maintenant Blaine savait quoi faire cependant, il posa délicatement et discrètement sa guitare sur la pelouse sans que Kurt ne s'en rende compte et se faufila doucement près de lui. Il se mit à genoux juste à côté de lui et l'observa, finalement pas très sûr de savoir quoi faire et plaça ses deux mains tremblantes près de chacune de ses épaules. Courage, se dit-il avant de finalement se baisser et déposer ses lèvres délicatement sur celles de Kurt.

Le jeune châtain qui avait ouvert les yeux à peine une seconde avant que les lèvres de Blaine ne se posent sur les siennes se figea au contact, yeux grands ouverts. Il ne comprit pas tout de suite ce qui se passait, l'instant d'avant Blaine faisait semblant qu'il n'existait pas, puis il y avait eu Katy Perry et sa maudite chanson d'amour et maintenant Blaine qui l'embrassait.

Mon Dieu, Blaine m'embrasse, réalisa Kurt. Le châtain répondit rapidement au baiser dans l'excitation mais le jeune prodige rompit le contact et se recula pour regarder Kurt dans les yeux. Une galaxie et des milliers d'étoiles brillaient dans les yeux de Blaine, comme s'il avait pris conscience de quelque chose d'important, accomplit quelque chose de capital et Kurt ne put s'empêcher de saisir une des bouclettes du brun et l'enrouler autour de son doigt alors qu'il souriait de toute son âme au jeune garçon. Blaine se baissa à nouveau et déposa cette fois-ci très lentement ses lèvres sur celle de Kurt, comme pour tenter de percer le mystère de cette magnifique connexion entre deux âmes. Le châtain laissa le contrôle complet de leur baiser à Blaine, le laissant expérimenter à sa guise, mais il ne put s'empêcher bien longtemps de répondre au baiser du brun et bientôt leurs lèvres dansaient lentement ensemble.

Ce baiser dura plus longtemps que les précédents et était tout aussi magique pour Kurt que leur premier, surement parce que cette fois-ci c'était Blaine qui l'embrassait en premier. Le jeune prodige caressa son nez le long de la mâchoire de Kurt puis glissa jusque sur son cou pour y déposa un baiser avant de venir se loger contre le flanc du châtain et poser sa tête contre sa poitrine, là où logeait son coeur qui battait la chamade. Si Blaine embrasse déjà comme ça, qu'est-ce que ça sera dans quelques années mon Dieu, pensa Kurt.

La main de Blaine tremblait sur le torse de Kurt et il savait exactement ce dont il avait besoin maintenant pour qu'il se détende. Le jeune prodige avait de lui-même percer la bulle avec laquelle il se protégeait pour aller vers Kurt, il devait maintenant retrouver un semblant de son cocon et c'est ainsi que le châtain retira un de ces écouteurs pour le mettre dans l'oreille de Blaine. Le musicien se détendit immédiatement au son de la musique de Teenage Dream et des battements du coeur de Kurt qui formaient une étrange et parfaite harmonie.

Et c'est ainsi que les deux garçons s'endormirent sur la pelouse de Central Park une partie de l'après-midi avant que Blaine, une énième fois courageux, ne prenne Kurt par la main et le mène jusqu'au carrousel du parc dans lequel ils firent un tour, le jeune prodige ne pouvant cependant pas s'empêcher de faire des remarques sarcastiques sur la musique douteuse passée en boucle, faisant rire aux éclats le châtain qui entrelaça ses doigts avec ceux de Blaine.


Somebody crowd me with love
Somebody force me to care
Somebody make me come through
Ill always be there
As frightened as you to help us survive

Being alive.


"Ils savent où il est."

L'odeur de l'alcool, de la transpiration, des restes de pizza empestée la salle abandonnée qui servait autrefois de bureau du directeur. Des éclats de verre, ceux des bières, des bouteilles de vodka et de vin jetées violemment contre le mur recouvraient pratiquement le sol et le jeune garçon ne pensa même pas une seule seconde à tenter de s'introduire dans la pièce pour se rapprocher de l'adulte encore très certainement ivre. Celui-ci était avachi sur un vieux siège de bureau récupéré dans une des bennes du coin, une bière à moitié finie dans les mains, la tête appuyée contre le dossier, fixant le plafond et n'écoutant qu'a moitié ce que ce gamin était venu lui dire.

Schuester avait encore un minimum de conscience pour reconnaitre que c'était Smythe au pas de la porte et qu'il ne valait mieux pas lui balancer une bouteille à la tête pour le faire dégager, au risque d'attirer la foudre du gang des frères Clarington si ce sale mioche allait tout répéter. Si ça avait été Puck sa n'aurait pas été un problème, dommage il avait besoin de se défouler, il pourrait peut-être aller faire un tour au gymnase.

"Tu m'écoutes Schuester?! J'ai dit qu'ils savent où il est!"

L'adulte daigna jeter un oeil au gamin et lui sourit avant de reprendre une gorgée de sa bière. Sebastian le regardait de haut et très énervé de là où il était, mais Schuester ne craignait rien de lui. Ce gosse de riches avait plus de gueule que de force dans les poings et il disparaissait toujours quand il descendait voir tout le monde au gymnase pour faire la collecte d'argent auprès des gosses et en frapper quelqu'un s'ils refusaient, comme il y à peine deux jours. C'est ce qui avait décidé Sebastian à aller parler à cet ivrogne après qu'il ait baffé Santana et que celle-ci ne fit rien pour se défendre.

"Et quoi donc? Ces gamins n'ont rien qui m'appartienne."

"Peut-être pas non, mais ils savent ou se trouvent ce que tu veux."

"Et qu'est-ce que je veux d'après toi?" Rigola Schuester, amenant sa bouteille à ses lèvres pour une autre gorgée.

"Blaine."

L'adulte se stoppa net dans son élan, ses yeux toujours fixés au plafond s'écarquillèrent à la mention de ce prénom. Puis il se redressa immédiatement, trop rapidement dans le fauteuil et s'affala contre le bureau. Il attendit que sa tête arrête de tourner et fixa le gamin au pas de la porte dans les yeux, n'y trouvant aucune trace de plaisanterie et son visage se déforma dans la colère.

"Répète ce que tu viens de dire!"

"Ils savent où se trouve Blaine, et il va plutôt bien apparemment."

Schuester se releva d'un coup et Sebastian sursauta, reculant rapidement du pas de la porte pour venir se coller au mur derrière lui alors que l'adulte sortait précipitamment de la salle, sa bière à moitié pleine encore dans la main. Sebastian ferma les yeux dans la crainte de prendre un coup quand Schuester s'approcha, mais il passa devant lui sans même le regarder, et tourna quelques mètres plus loin pour descendre les escaliers. Le coeur de Sebastian s'affola quand il réalisa où Schuester se dirigeait surement, et il partit sans hésitation à sa poursuite.

Malheureusement ce vieux avait beu être à moitié soûl, il marchait vite et quand Sebastian traversa la cour et poussa les portes du gymnase, il se stoppa dans le couloir qui menait vers la grande salle de sports dans l'effroi. Il n'entendit que les bruits d'objets qu'on fracassait sur le sol, et les pleurs des enfants au loin. Il se précipita immédiatement à l'intérieur.

Les enfants couraient un peu partout pour se cacher du mieux qu'ils pouvaient derrière des meubles et des caisses afin d'éviter de recevoir des objets et des morceaux de verre dans la figure alors que Schuester, dans une rage folle, hurlé dans le gymnase.

"SANTANA! NOAH! MONTREZ-VOUS TOUT DE SUITE!"

Les deux intéressés eux aussi cachés du mieux qu'ils pouvaient se regardèrent dans les yeux dans la confusion. D'habitude Schuester complètement soûl venait piquer sa crise et repartait sans rien dire, mais là il semblait conscient, ou tout du moins assez pour aligner trois mots dans une phrase.

Les deux enfants se relevèrent et se dirigèrent vers Schuester qui arrêta alors de jouer les Hulk, se redressant et affichant un sourire aimable sur son visage. Qui croit-il tromper à afficher sa tête des anciens jours?! Pensa Santana. Les deux enfants se postèrent côte à côte à quelques mètres de Schuester, par mesure de sécurité et pour riposter au cas où. Santana aperçu Sebastian complètement décontenancé par la situation devant les portes du gymnase et lui fit discrètement signe de dégager vite fait, mais celui-ci ne bougea pas d'un pouce.

"Alors mes petits, il semble que vous ayez bougé en dehors du Bronx ces derniers temps, des découvertes intéressantes peuvent être?"

Puck et Santana se crispèrent face à l'insinuation de Schuester. Il ne peut pas savoir, c'est impossible! Pensa la jeune fille. Son visage était impassible, c'était une experte pour cacher ses sentiments, mais Puck beaucoup moins et ses doigts commencèrent à s'agiter nerveusement. Quand vous vouliez savoir si Puck mentait ou cachait quelque chose il suffisait de regarder ses doigts, s'il s'agitait nerveusement c'est qu'il y avait quelque chose qu'il ne disait pas. Et malheureusement Schuester connaissait aussi bien cette faiblesse que Santana.

"Écoutez-moi bien vous deux, si vous saviez la moindre chose à propos de Blaine, la moindre petite chose, JE VOUS ORDONNE DE ME LE DIRE!" Hurla l'adulte.

Alors il sait. Comment? Mon Dieu, tout mais pas ça.

"Blaine? Euh non je-, on l'a pas vu depuis la dernière fois je vois pas de quoi tu parles Schuester." Rigola nerveusement le jeune garçon.

Tu pouvais pas la fermer Puckerman?! Tu es le pire des menteurs qui n'est jamais existé!

"Bien. Et toi Santana? Des nouvelles de notre cher camarade peuvent être?" Demanda Schuester avec un faux sourire.

"Non aucune." Arde en las llamas del infierno, imbécil.

Schuester hocha la tête puis fixa pendant quelques longues silencieuses secondes ses pieds avant d'éclater de rire. Sa réaction décontenança les deux enfants, Santana se raidit encore plus et Puck tourna sa tête vers elle pour tenter de comprendre. C'est ainsi qu'il ne vit pas le poing arriver et n'eut pas le temps de se défendre. Il le reçut en plein dans la mâchoire et tomba au sol sous la puissance de l'impact. Complètement sonné, il ne put rien faire lorsque Schuester le saisit par le t-shirt et lui redonna un coup.

Santana se jeta immédiatement sur l'adulte en lui hurlant d'arrêter mais elle reçut un coup de coude dans le ventre et une baffe en pleine figure qui la fit basculer en arrière. Reprenant rapidement ses esprits elle se précipita à nouveau sur l'adulte mais ses bras firent saisit et fermement maintenu dans son dos.

"LÂCHE-MOI SMYTHE!"

"Arrête Santana! Tu n'es pas assez forte contre lui il pourrait te tuer!"

"J'EN AI RIEN A FOUTRE LACHE MOI TOUT DE SUITE!"

Sebastian l'empêcha de s'approcher de l'adulte en furie qui continué d'enchaîner les coups sur le jeune garçon.

"TU VAS ME DIRE TOUT DE SUITE OU IL EST!"

Puck lui cracha son sang au visage, et Schuester le frappa à nouveau. Santana regardait la scène avec effroi alors qu'elle voyait son ami pratiquement au bord de l'évanouissement sous la force des coups et elle sentit les larmes glisser sur son visage. Après avoir grandi et dépassé le stade du bébé, Santana n'avait pleuré que deux fois dans sa vie. La première lorsque Brittany avait été adopté et qu'elles avaient été séparé à l'orphelinat. La deuxième lorsqu'elle avait retrouvé Blaine et qu'il était sain et sauf. Et maintenant une troisième fois alors que son ami, son frère, se faisait tabasser sous ses yeux. Si on ne l'arrêtait pas, Schuester aller très certainement le tuer, et qui c'est sur qui il continuerait la torture une fois que Puck serait hors d'usage. Le sang coulait, les coups s'enchainer et résonnait dans le gymnase silencieux alors que tous les enfants regardaient la scène dans l'effroi, impuissant. S'en était trop.

"À JUILLIARD!"

Schuester s'arrêta net dans son élan alors que son poing allez de nouveau frapper le visage en sang du jeune garçon. Il se tourna lentement vers Santana la fixant dans les yeux. La jeune fille fut terrifiée par la pure folie qui déformait les traits du visage de l'adulte et Sebastian la rapprocha un peu plus près de lui. Il lâcha son emprise sur le t-shirt de Puck et le garçon retomba lourdement au sol, se tournant sur la côté pour cracher son sang alors que l'adulte se relevait et se diriger vers les deux autres enfants.

"À Juilliard hein?"

"Oui ..."

L'adulte passa sa main sur le visage de la jeune fille, y laissant des traces de sang. "Et bien voilà ce n'était pas si compliqué."

Santana se dégagea de la main de Schuester sur son visage et baissa le visage honteuse. L'adulte passa son chemin et se dirigea vers la sortie.

Une fois qu'il entendit les portes se refermer, Sebastian lâcha les poignets de Santana et la jeune fille se précipita immédiatement vers Puck qui toussé encore violemment au sol. Tous les enfants se précipitèrent autour de Puck et Santana et formèrent comme un cercle protecteur.

Sebastian n'avait pas bougé de là où il était et observé la scène désemparée, se demandant s'il n'avait pas rendu la situation encore pire en pensant l'arranger.

Santana massa le dos de Puck en cercle pour l'aider à rependre son souffle, et quelques larmes glissèrent encore sur ces joues alors qu'elle était partagé entre le soulagement d'avoir sauvé Puck et la culpabilité pour avoir trahi le secret de Blaine.

"Je suis désolé." Pensèrent Sebastian et Santana, à l'unisson.


Pas très joyeux ce chapitre côté Bronx je conçois. Je suis désolé pour les fans de William Schuester, je n'ai aucune excuse x)

Donc voilà introduction de Sebastian aussi, pour le meilleur et pour le pire, qu'en pensez vous? Vous le détestez ou vous comprenez ces actes?

Une petite review ça fait toujours plaisir :)