Chapitre 10 – Au Pied Du Mur
"Tu es certain de vouloir rester Elijah. Je te l'ai dit, je ne suis pas seule."
Dans un coin reculé de l'immense ossuaire de la ville de la Nouvelle-Orléans, Sophie et Elijah se tenaient devant le cercueil vide dans lequel Klaus et Caroline se trouvaient il y a une heure et qui devait servir de leurre. Ils attendaient patiemment que le soleil perce l'horizon, signe annonciateur de l'arrivée de Marcel.
"J'ai promis de t'aider." répondit-il tranquillement.
"Tu veux me surveiller, c'est ça?" demanda t-elle. Il se tourna vers elle et l'observa en fronçant les sourcils.
"Je ne peux pas te blâmer de penser cela Sophie. Mais je te rassure, je veux simplement être à tes côtés, voir Marcel mort, et passer à autre chose." dit Elijah en la regardant dans les yeux. Sophie lui sourit doucement et contempla son visage qui, quelques secondes plus tard, fut inondé par la lumière du soleil.
"Prête?" demanda Elijah en se plaçant à côté d'elle.
"Prête." dit-elle.
"Allez, répond Elena."
Dans le grand salon de la demeure de Klaus, Caroline trépignait en attendant qu'Elena daigne bien décrocher la ligne. D'après ce qu'Elijah lui avait dit, elle et Damon étaient retournés à Mystic Falls après que Tyler l'ait appelé pour lui dire qu'Hayley cherchait activement le Dre Fell.
"Caroline?"
Caroline fut si soulagée d'entendre sa voix.
"Elena Dieu merci!" s'exclama t-elle.
"Caroline, est-ce que ça va? Où es-tu?" demanda Elena d'une voix qui trahissait son inquiétude.
"Oui tout va bien, je suis chez Klaus." répondit-elle.
"Bien. Restes-y. Damon et moi seront bientôt de retour."
Okay, pensa Caroline, c'était bien la première fois qu'Elena lui recommandait de rester auprès de Klaus.
"Elena, sois prudente s'il te plait." la supplia Caroline.
"Ne t'en fais pas, je suis avec Damon."
"Okay." chuchota Caroline, les larmes aux yeux. "Au revoir Elena.
Caroline raccrocha et sonda la grande pièce luxueuse dans laquelle elle se trouvait. Sur le chemin du retour, Klaus était demeuré muet, visiblement bouleversé. En arrivant chez lui, il s'était immédiatement dirigé vers sa chambre en refermant vigoureusement la porte. Elle savait qu'elle devait aller lui parler, lui parler de ses véritables intentions. Mais était-ce vraiment le bon moment? Y avait-il un bon moment pour avouer ces sentiments qui ne cessaient de s'intensifier à son contact? Caroline se tourna vers le grand miroir au-dessus du foyer en pierre, et replaça rapidement ses cheveux. Elle respira profondément, se rendit à la porte de la chambre de Klaus, et frappa doucement. Elle attendit patiemment; pas de réponse. Elle frappa à nouveau. De l'autre côté de la porte, elle entendit des pas précipités, puis la porte s'ouvrit brusquement. Dans l'embrasure, Klaus se tint nonchalamment devant elle, un verre à la main.
"Je peux me joindre à toi?" demanda timidement Caroline.
Sans un mot, il se recula et tendit sa main pour la laisser entrer. Il referma doucement la porte derrière lui. Caroline scruta l'immense chambre dans laquelle elle venait de pénétrer. Comme au salon, un grand foyer de pierre trônait sur le mur, face au lit démesuré qui se trouvait au centre de la pièce. Toujours aussi classique et extravagant quand il s'agissait de Klaus, pensa t-elle. Elle se tourna finalement vers lui et constata qu'il n'avait pas bougé de sa place près de la porte, et qu'il l'observait, un petit sourire aux lèvres. Il prit une grande gorgé de son verre. Caroline l'observa à son tour, tandis qu'il se dirigea vers une petite table amoncelée de bouteilles de liqueur pour remplir son verre d'une quantité substantielle de Whisky.
"Tu comptes m'offrir un verre?" finit-elle par dire. Elle n'avait pas particulièrement envi de boire, mais ce mutisme commençait à l'intimider beaucoup. Toujours sans rien dire, il lui versa un verre, se dirigea vers elle pour le lui donner, et alla s'assoir sur le canapé devant le foyer. Caroline soupira et alla le rejoindre. Tous deux contemplèrent les flammes pendant un long moment, jusqu'à ce que Klaus brise le silence, la faisant presque sursauter.
"Explique-moi Caroline." commença t-il, les yeux toujours fixés sur le feu. Elle se tourna vers lui, perplexe.
"Explique-moi pourquoi j'ai senti tes lèvres contre les miennes tout à l'heure, dans ce cercueil."
Caroline se tendit et sa respiration s'emballa un peu. Nerveuse, elle se leva et alla s'appuyer contre le manteau du foyer. Incapable de regarder Klaus, elle s'entêta à fixer les flammes.
"Je...j'ai..." commença t-elle. Elle avait un mal fou à rassembler les mots qu'elle voulait tant lui dire. Elle bégaya encore plusieurs fois, avant de paniquer et d'enfoncer son visage dans ses mains. En un clin d'oeil, Niklaus fut à côté d'elle, la prit par la taille, et plaqua son corps contre le sien. Surprise, Caroline posa ses mains à plat sur le torse de Klaus, et leva les yeux vers lui avec appréhension. Elle avait peur, et malgré la chaleur du brasier dans la cheminée, elle tremblait comme une feuille. Elle put sentir l'haleine chaude et éthylique de Klaus sur son visage, et elle ferma les yeux pour s'en délecter, confuse par tous ces sentiments contradictoires.
"Je n'ai plus le choix Caroline. Je dois te mettre au pied du mur." dit-il en murmurant et en resserrant son étreinte autour d'elle. Il se risqua à poser son front contre le sien, et il fut ravi qu'elle ne le repousse pas. Caroline respira profondément plusieurs fois, son coeur lui faisait mal tellement il battait vite et elle se résigna enfin à le regarder dans les yeux. Les yeux de Klaus étaient submergés de désirs. Ses pupilles étaient dilatées, et il ne cessait d'alterner son regard entre ses lèvres et ses yeux. Elle savait ce qu'il voulait, et il le voulait depuis longtemps. Avec audace, elle fit glisser ses mains le long de son torse, jusqu'à ses épaules, et passa finalement ses bras autour de son cou. Klaus la regarda, et tout le poids qui semblait l'accablé depuis les dernières semaines, s'envola au moment même où elle lui sourit discrètement. Doucement, elle approcha ses lèvres des siennes, et comme elle avait fait plus tôt dans le cercueil, elle les frôla brièvement. Caroline se mit à rougir, gênée d'avoir osée l'embrasser, et incertaine devant son absence de réaction. Il la regarda, l'air malicieux.
"Tes baisers sont-ils toujours aussi chastes?" demanda t-il, un peu amusé. Elle pouffa doucement de rire, et la tension entre eux diminua d'un cran.
"Non." répondit-elle, les yeux pétillants.
"Montre-moi comment tu fais alors." dit Klaus, ravi de la voir rougir à nouveau. Elle hésita un instant, puis s'exécuta à nouveau. Elle encadra le visage de Klaus avec ses mains et gémissant un peu, elle l'embrassa à nouveau. Cette fois, elle laissa ses lèvres traîner sur les siennes et explora doucement sa bouche avec sa langue. Il l'ouvrit et elle poussa sa langue délicatement, léchant la sienne par petits coups. Il gémit contre sa bouche, et dans un effort considérable, elle retira sa bouche de la sienne.
"Caroline... " murmura t-il, essoufflé et haletant.
"Klaus..."murmura t-elle à son tour.
Avant qu'elle ne puisse réagir, il lâcha sa taille et saisit l'arrière de son cou. Il l'embrassa brutalement, forçant sa bouche à s'ouvrir alors qu'il poussa sa langue entre ses lèvres. Elle gémit contre sa bouche et agrippa ses épaules, l'embrassant en retour et savourant la sensation de sa bouche contre la sienne. Il atteignit les boutons de son chemisier et les détacha habilement, tout en la guidant vers son lit. Elle haleta au contact de l'air ambiant qui mordit sa peau nue et elle se colla contre lui. Ses mains étaient douces contre sa peau et elle soupira de plaisir quand il attrapa son sein par-dessus le tissu de son soutien-gorge et qu'il fit courir son pouce sur son mamelon. Il tira sur ses cheveux, l'obligeant à pencher sa tête vers l'arrière afin qu'il puisse y tracer un chemin de baisers le long de sa gorge. Elle glissa ses mains sous son chandail et les promena partout sur sa poitrine. Quand il pinça son mamelon entre son pouce et son index, elle haleta en enfonça ses ongles dans sa peau. Il grogna et lui enleva son chemisier en le faisant glisser sur ses épaules, fixant avidement ses seins recouverts d'un simple soutien-gorge noir.
"Okay?" demanda t-il d'une voix râpeuse.
"Oui." Répondit-elle. Elle gémit de désir quand il captura avec sa bouche un de ses mamelons recouverts par le tissu. Il le taquina avec ses dents et sa langue alors qu'elle s'accrochait à ses épaules et frissonnait contre lui. En peu de temps, Klaus avait prit le contrôle, et il la poussa frénétiquement sur le lit. Il se pencha sur elle et elle put sentir son érection pousser contre sa jambe. Elle se frotta avec impatience contre sa cuisse alors qu'il bougea vers son autre sein, le léchant et le pinçant à travers le tissu.
"S'il-te plait." gémit-elle. Son corps tout entier était en feu. Elle n'avait jamais ressenti ce genre de besoin auparavant et elle enfonça ses doigts dans les épaules de Klaus. Il caressa son dos avec ses doigts et atteignit le fermoir de son soutien-gorge alors qu'elle l'embrassait frénétiquement. Avant qu'il n'ait pu détacher le fermoir, la sonnerie du portable de Klaus retentit, ce qui les fit se séparer. Haletant fortement, ils se regardèrent. Tandis que Klaus lâcha le juron du siècle, il se leva pour aller répondre, et Caroline se laisser retomber sur le lit, encore secouée par ce qui venait de se passer.
"Allez, va lui demander Tyler."
Hayley poussa Tyler dans le dos sans grande conviction. Tous les deux se trouvaient à l'hôpital général de Mystic Falls. Toujours sans nouvelles d'Elena, Tyler n'avait eu d'autre choix que de suivre Hayley. Peu sûr de lui, il s'avança vers la secrétaire d'accueil, qui semblait déjà blasée et peu réceptive. Il jeta un coup d'oeil à Hayley, qui lui fit signe d'avancer encore. Il soupira et se pencha au comptoir de la secrétaire. Celle-ci ne daigna même pas poser les yeux sur lui.
"Bonjour Madame, j'aimerais voir le Dre Fell." dit-il timidement. La dame ne parla pas.
"S'il vous-plait?" ajouta Tyler, question de mettre toute les chances de son côté.
"C'est pourquoi?" répondit-elle machinalement.
" Je...je suis...son frère." dit-il, fier de son idée. "Je suis venu de loin pour lui dire quelque chose de très important."
"Et bien, monsieur le frère du Dre Fell, sachez que votre soeur a quitté cet hôpital dans la nuit. Elle a été transféré dans un autre établissement, à ce que l'on m'a dit."
"Quoi? " s'exclama Tyler. La secrétaire posa enfin les yeux sur lui, mais des yeux menaçants, qui voulaient dire; 'Oses-tu lever le ton sur moi?'
"Je veux dire, savez-vous où elle a été transféré?" continua t-il en se tempérant. La dame le regarda, crédule, puis alla pianoter sur le clavier de son ordinateur.
"D'après mes informations, le Dre Fell est quelque part en Louisiane. La ville n'y est pas spécifiée."
Tyler se retourna vers Hayley, bouche bée.
"La Nouvelle-Orléans." dit Hayley en serrant les dents.
