Chapitre 11 –Un Pieu, Deux Coeurs
"Elijah?"
...
"Elijah!?"
...
"Merde!"
Furieux, mais par-dessus tout agité par la crainte que son frère ne soit dans le pétrin, Klaus lança son portable qui alla voler en éclat sur le mur. L'appel qui l'avait interrompu avec Caroline provenait bien d'Elijah, mais en décrochant, Klaus n'avait entendu qu'une tonalité sourde qui signifiait que la ligne avait été coupée. Assise sur le lit entrain de reboutonnée son chemisier, Caroline sursauta devant son geste violent et inattendu. Il se tourna vers elle, l'air menaçant, et s'approcha brusquement.
"Je dois aller rejoindre Elijah, quelque chose ne va pas." commença t-il en posant sa main sur sa joue. "Tu restes ici Love, en sécurité, et tu attends le retour d'Elena et Damon. Compris?"
Son regard fut insistant et Caroline figea devant son ton autoritaire.
"Compris?" répéta t-il.
"Klaus, non. Marcel ne doit pas te voir et..."
Elle le regarda dans les yeux avec un sentiment d'impuissance immense.
"Il s'agit de mon frère Caroline. Je veux bien accepter le fait que toi, Elena et les autres soyez prêts à m'aider, mais je ne laisserai pas Marcel m'enlever ma famille." coupa t-il en chuchotant presque. Caroline ne sut pas quoi répondre à cela, et elle s'avoua rapidement vaincue. Elle pensa vite et trouva une alternative.
"Je viens avec toi Niklaus." se dépêcha t-elle de répondre.
"Hors de question." trancha t-il sur un ton sans réplique, et il se tourna vers la porte pour sortir de la chambre.
"Klaus!" s'exclama Caroline en se levant d'un seul bond et en tentant de le rattraper. "Klaus, je viens, que tu le veuilles ou non."
Brusquement, Klaus se retourna et elle lui fonça littéralement dessus. Il l'agrippa par les bras et se pencha un peu pour la regarder droit dans les yeux. Ses yeux devinrent sombres, mais pas de désir cette fois, et cela ne prit qu'une fraction de seconde à Caroline, pour comprendre ses intentions.
"Tu vas rester ici Caroline, dans cette chambre, jusqu'à ce que je sois de retour. Si Elena et Damon se ramènent, tu ne leur dis pas où je suis allé, ni pour quelle raison j'y suis allé, ni quoi que ce soit qui concerne ce qui est entrain de se passer au cimetière."
Klaus lui parla sur un ton ensorcelant, envoûtant, et Caroline le fixa d'un air béat. Il venait de la contraindre.
Il y avait 5 bonnes minutes qui s'étaient écoulées depuis que le soleil avait cerné l'horizon. Sophie et Elijah se tenaient prêts, côte à côte, silencieux. Ils sentirent l'atmosphère changer quand ils aperçurent au loin les silhouettes de nombreuses personnes qui se dirigeaient vers eux. Bientôt, ces silhouettes se concrétisèrent et prirent forme. En tête du peloton, Marcel, bien sûr, suivis d'une cinquantaine de ses acolytes.
À côté de lui, Elijah sentait Sophie à bout de nerfs. Elle se dandinait d'un pied à l'autre et jouait nerveusement avec ses doigts. Doucement, il s'approcha d'elle et lui prit la main. Elle le regarda, hésita un instant, puis enlaça ses doigts aux siens. Elle prit une profonde inspiration, et jeta un coup d'oeil derrière elle. Elijah suivit son regard et ce qu'il vit derrière eux, il ne l'avait pas vu venir. Ayant presque l'air de flotter à 1 ou 2 centimètres du sol, une trentaine de sorcières s'avança lentement et majestueusement. Il fronça les sourcils quand la majorité des femmes le fixa d'un air sombre et désapprobateur. Sophie baissa les yeux, honteuse, lâcha la main d'Elijah, et reporta son attention sur Marcel et les autres. Celui-ci leva le poing, et tous ses acolytes s'arrêtèrent en même temps. Dans le cimetière de la ville de la Nouvelle-Orléans, on aurait pu entendre une mouche voler, tandis que tous demeurèrent silencieux en se scrutant pendant de longues minutes.
"Qu'avons-nous là?" commença Marcel, l'air contrarié. "Elijah Mikaelson."
Lentement, Elijah fit quelques pas vers Marcel. Les vampires se tendirent et montrèrent leurs crocs.
"Calmez-vous mes frères." s'exclama Marcel en se retournant vers sa bande.
"Marcel." dit simplement Elijah en hochant la tête vers lui.
"Où est ton frère Klaus?" répondit Marcel en souriant hypocritement.
"Mort." mentit Elijah tout en conservant une expression neutre. "Comme tu l'as demandé à Sophie."
"Oh oui, c'est vrai, Sophie!" continua Marcel en gardant son ton hypocrite. Il se pencha sur le côté et la salua vivement d'un signe de la main. Elle demeura stoïque.
"Mais tu vois, Elijah." dit-il en reportant son attention sur l'originel, "Je ne te crois pas. Klaus n'est pas mort, sinon Sophie n'aurait pas eu besoin de toutes ces petites amies sorcières pour venir la protéger."
Soudainement, le masque souriant de Marcel venait de tomber. Ses yeux étaient noirs et il serra les poings, visiblement en colère. Sophie sursauta quand il se mit à hurler.
"JE. VEUX. VOIR. NIKLAUS. MIKAELSON." s'écria t-il. Tous ses muscles étaient contractés, et les veines de son cou étaient saillantes.
Sophie s'avança aux côtés d'Elijah et garda les yeux rivés au sol, effrayées par la tournure des évènements.
"Klaus est mort." dit Sophie en chuchotant presque. "Tu n'as qu'à regarder dans ce cercueil."
Les épaules de Marcel tombèrent et il pouffa de rire. Il reprit son air enjoué de tout à l'heure.
"Nous allons jouer à un jeu. Vous savez, ce genre de jeu dans les émissions de radio où la personne doit répondre au téléphone pour gagner?" Marcel s'expliqua jovialement, comme si rien n'était. "Elijah, tu appelles Klaus. S'il répond, je gagne. S'il ne décroche pas, vous gagnez. C'est simple non?"
"Klaus est mort Marcel. Vérifie par toi-même." dit calmement Elijah.
"Nah. Je veux jouer. Apelle Klaus." répondit Marcel du tac au tac.
Elijah jeta un coup d'oeil à Sophie, et celle-ci le regarda d'un air piteux, vaincue. Il prit son portable, composa le numéro de Klaus, et mit la ligne sur haut-parleur. Quatre coups de sonnerie se firent entendre, avant que Niklaus ne décroche la ligne. Immédiatement, Elijah raccrocha, et la tension se retrouva à son paroxysme. Les yeux de Marcel s'assombrirent davantage et des sillons noirs strièrent ses joues.
"Et bien voilà, j'ai gagné."
Alors qu'il s'élança vers Sophie, Elijah se mit en travers sa route. La cinquantaine de vampires qui se trouvaient derrière Marcel commença à courir en direction des sorcières. Celles-ci demeurèrent calmes et se rassemblèrent rapidement pour se tenir la main. Bientôt, elles eurent assez de puissance pour neutraliser tous les acolytes de Marcel. Ils se retrouvèrent au sol, paralysé par d'atroces douleurs.
De son côté, Elijah affrontait Marcel. Ayant été pris par surprise, Elijah s'était retrouvé au sol, sur le dos. Marcel en avait profité pour se pencher sur lui et le prendre à la gorge. Bientôt, il transperça la peau du cou d'Elijah avec ses doigts et enfonça son autre main sous sa cage thoracique. L'originel en perdit le souffle et il se sentit figé pendant quelques secondes. Marcel le fixa, l'air machiavélique.
"Ici, c'est chez moi, et les Mikaelson n'y sont plus les bienvenus. Passe le message à Klaus, où qu'il soit." dit-il en lui postillonnant au visage. Marcel prit son élan, et fit valser Elijah tellement loin, qu'il se heurta violemment contre un arbre, et retomba mollement au sol, inconscient.
Sophie tremblait de tout son être, paralysée par la peur. Marcel se tourna vers elle, tandis que les autres sorcières continuaient de maintenir le sort contre les autres vampires. Elle fit quelques pas vers l'arrière, mais Marcel la rattrapa immédiatement, et la prit au collet.
"Tu mérites la mort Sophie Deveraux. Quand je t'aurai arraché les deux yeux, j'en ferai autant avec toutes tes soeurs ici présentes." dit-il avec hargne. Alors qu'il approcha sa main de son visage, Sophie tenta de se dérober, mais c'était impossible. Elle se mit à hurler quand le bout de son doigt toucha son oeil, puis s'arrêta brusquement. Derrière Marcel, elle aperçut Klaus, un petit sourire aux lèvres.
"Bonjour Marcel..." commença t-il, "Au revoir Marcel."
Marcel eut tout juste le temps de se retourner, Klaus avait déjà enfoncé un énorme pieu dans son dos, et à travers son coeur. Son expression de surprise se figea comme sur une photo, et après quelques secondes, Marcel disparut en un tas de poussière, tout comme le reste de sa bande.
Devant Klaus, Sophie se tint immobile, les yeux ronds et la bouche entrouverte. Le souffle court, elle pencha sa tête en même temps que Klaus pour constater que le pieu se trouvait dans sa poitrine. Klaus, impuissant, eut tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne s'effondre au sol.
