Chapitre 2 : A peine retrouvé, déjà parti…
Un frisson réveilla la jeune fille qui ouvrit doucement ses grands yeux noisettes. Elle se releva doucement, et s'étonna de pouvoir bouger aussi facilement. La douleur avait presque disparu et elle pouvait maintenant se mouvoir comme bon lui semblait. Elle s'étira alors doucement, redécouvrant petit à petit le plaisir de la mobilité. Son ventre grogna quelque peu et elle murmura un « désolé » presqu'inaudible, mais seule la douce musique du vent lui répondit. Elle regarda tout autour d'elle mais il n'était plus là. Elle se dit qu'il devait être dehors et sortit doucement sur le perron, mais il n'y avait personne, ni dans la clairière, ni au puits. Après avoir fait du riz pour deux, elle patienta, une heure, deux heures, avant de se décider à manger. Mais après avoir attendu la journée sur le perron, elle dut se résigner. Il était parti. Elle rentra dans la petite pièce et se rassit sur le futon, les bras croisés autour de ses jambes. Elle aperçut alors une photo posée sur des habits, qu'elle saisit. Ah… Comment avait-elle pu oublier son père ? La photo était froissée et quelque peu déchirée mais le visage du ninja était encore bien visible. Comment allait-elle le retrouver ? Enfouissant sa tête dans ses genoux, quelques larmes s'écoulèrent le long de ses joues, laissant leur trace salée sur la peau pâle de la demoiselle.
- Je dois être forte ! Se dit-elle à elle-même d'une voix convaincante en se redressant.
Le moine qui lui avait donné cette photo devait la croire capable de pouvoir retrouver son père rien qu'avec cette photo, assez pour lui confier au prix de sa vie. Elle chassa les images de son réveil et observa le portrait avec plus d'attention, cherchant le moindre détail qui pourrait lui fournir une piste. Elle la retourna et fut surprise d'y voir un message écrit.
« Ton père est un ninja de Konoha, le village caché de la Feuille. C'est à deux jours de marche vers le Nord. Bon courage. »
Il ne l'avait pas abandonnée et cette simple constatation la remplit de bonheur. Elle serra la photo contre elle et se jura qu'un jour, elle le retrouverait. Impatiente, elle voulut partir de suite mais se rendit compte de sa tenue pour le moins quelque peu indécente. Une robe, si on pouvait appeler un tel bout de chiffon déchiré comme ça, blanche, sale et en lambeaux. Elle observa la pièce et son regard se porta sur les habits où elle avait trouvé la photo. Il y avait une robe noire, courte et sans manches ainsi que des sandales en bois à lanière noire. Elle retira ce qui restait de ses vêtements et enfila ses nouveaux habits. En retirant ses cheveux de sa robe, elle sentit quelque chose sur son cou et y porta automatiquement la main. Un collier fait d'une lanière en tissus et de trois anneaux de métal y était accroché. Ses doigts s'y agrippèrent quelques secondes et un sentiment de bien-être l'envahit. « Je te retrouverai, un jour… » Pensa-t-elle. Puis, abandonnant la maisonnée, elle sauta agilement dans l'herbe et se mit en route vers le Nord, le cœur léger sous la douce pluie qui tombait.
La nuit était tombée pendant qu'elle se préparait, mais cela ne l'empêcha pas de se déplacer agilement dans le noir. Marchant tout d'abord, l'envie de courir la prit et elle redécouvrit la joie de vagabonder librement, sautant de branche en branche avec une agilité déconcertante et une vitesse fulgurante. Ayu ne se rendit même pas compte qu'elle avait parcouru plus de la moitié du chemin le lendemain matin. Elle profita d'un magnifique lever du soleil. La pluie s'était arrêtée quelques heures auparavant et le ciel arborait un magnifique dégradé de bleu azur. A midi, elle s'arrêta enfin et rejoint la route de terre, empruntée par de nombreuses personnes. Elle se mêla à la foule de commerçants et se fondit dans la masse, espérant trouver plus facilement le village de cette manière. Son intuition ne la trompa pas et une demi-heure plus tard, une gigantesque porte s'ouvrait à elle, laissant entrevoir le village qu'elle cherchait. Elle s'aventura doucement, remplie d'émotions à l'idée de découvrir son père.
- Hé ! Regarde ! Murmura Kotetsu en tapant du coude son voisin qui dormait.
- Mmmmh… Nanni ? Ronchonna Izumo.
Il ouvrit les yeux, difficilement. La surveillance des entrées et sorties à l'entrée du village était vraiment pénible, surtout par un temps pareil. En dormant, le temps passait plus vite et il aurait préféré que son acolyte ne le réveille que lorsque l'heure de fermer les portes viendrait. Malheureusement le soleil était encore haut dans le ciel et il avait largement le temps de s'ennuyer avant que ne vienne son heure de délivrance.
- Le marché est à deux minutes devant vous, le bureau de l'hokage le bidule rouge en hauteur, les sources, il faut suivre le panneau à droite, vous aussi merci au revoir…
- Euh… C'est très gentil mais à vrai dire, je cherche quelqu'un. Je ne voulais pas vous déranger, excusez-moi, je vais me débrouiller. Au revoir, bredouilla la jeune fille.
Elle s'inclina, gênée et s'apprêtait à faire demi-tour lorsque l'autre garde la rappela.
- Ojô-san ! Matte !
Ayu se retourna, l'homme s'était levé et la regardait avec un sourire, après avoir assené un coup de poing à son collègue, ce qui la fit sursauter.
- Vous allez bien ? Demanda-t-elle, inquiète.
- KOTET… Mais il stoppa sa phrase quand ses yeux rencontrèrent ceux de la jolie brunette qui lui faisait face. Ah, veuillez m'excuser je me suis assoupi…
- J'ai cru voir ça, dit-elle avec un petit rire arlequin.
- Je n'ai jamais eu l'honneur de vous voir par ici, vous cherchez quelque chose en particulier ?
- Quelque chose non mais plutôt quelqu'un.
- On devrait pourvoir faire quelque chose.
- Le voici.
Elle sortit la photo de sa poche et la tendit aux deux hommes qui la scrutèrent. Leurs visages changèrent immédiatement à la vue du portrait.
- Qui êtes-vous ? Demanda Kotetsu d'un ton dur. Que lui voulez-vous ?
- Je crois que c'est… mon père.
- Vous croyez ? La coupa presque le garde, apparemment plus qu'énervé.
- Calme-toi Izumo. Dit Kotetsu en mettant une main sur l'épaule de son coéquipier. Venez avec moi, je vais vous amener à l'hokage du village finit-il par dire en se retournant vers la jeune fille.
Pendant que son ami se rasseyait, l'autre ninja demanda à Ayu de le suivre et s'engagea dans le village. Comme il ne disait rien, elle préféra se taire, se sentant soudainement mal à l'aise, comme si elle n'était pas la bienvenue ici. Sa main serra le collier, toujours attaché à son cou. La présence du ténébreux lui manquait, son rire, ses yeux transperçants, ses mains chaudes, musclées, grandes. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas qu'ils étaient arrivés au pied d'un énorme bâtiment rouge. Ils gravirent les escaliers en colimaçon et après lui avoir demandé de patienter dans le couloir, l'homme entra dans un bureau. Après quelques minutes, une jeune femme en sortit et lui demanda d'entrer à son tour. Le garde qui avait accompagné Ayu jusqu'ici s'inclina puis partit, laissant la jeune fille seule avec deux femmes, une blonde à la poitrine fort avantageuse, qui semblait être l'hokage, et celle qui venait de la faire entrer, cheveux noirs et courts, un cochon dans les bras.
- Alors comme ça tu penses être la fille d'Hayate ?
- C'est comme cela qu'il s'appelle ? Demanda la brunette avec de grands yeux.
Cette question étonna les deux femmes qui la dévisageaient maintenant en hésitant entre lui attribuer le statut de folle ou de dingue. Finalement, Tsunade finit par briser le silence qui commençait à peser.
- Bien, et si tu nous racontais ce qui t'amènes à la conclusion que c'est ton père ?
Ayu hésitait à leur raconter la vérité. S'ils apprenaient qu'elle s'était enfuie d'une prison, il paraissait évident qu'ils l'y ramènent aussitôt. Mais le moine avait précisé que son père pouvait l'aider, elle avait donc peut-être une chance. Misant le tout pour le tout, elle décida de tout leur avouer.
- Je me suis réveillée enchaînée dans une prison, un sceau de confinement apposé tout autour de moi. Mais il se brisait doucement, et les chaînes se sont rapidement transformées en poussière. C'est là qu'il est arrivé, un moine qui m'a tendue cette photo en disant qu'il fallait que je retrouve mon père, que lui seul pouvait m'aider. Il m'a aidée à m'échapper mais en est mort, attaqué par des gardes qui arrivaient par dizaines. J'ai réussi à m'enfuir mais je me suis évanouie. Quand je me suis à nouveau réveillée, j'étais dans une maisonnette, à l'abri. Un homme m'a aidé. Sans lui je serai sûrement morte à l'heure qu'il est, ajouta-t-elle en serrant son collier, ce que Tsunade ne manqua pas de remarquer. Il m'a donné des vêtements et m'a indiqué l'emplacement de votre village avant de partir.
- Combien de temps cela fait-il ?
- De quoi ? Répondit la jeune fille.
- Quand t'es-tu évadée de ta prison ?
- Il y a quelques jours je pense, quatre ou cinq tout au plus.
- Le moine avait-il un signe particulier, sa tenue, un collier, une bague, n'importe quoi ?
- Je ne me souviens pas très bien, tout est allé si vite. Répondit Ayu, un peu déstabilisée par le ton de l'hokage. Il portait une tenue orange, les cheveux rasés, la peau mate…
- Le Temple du Feu. Bien, en attendant d'en savoir plus sur cette affaire, considère-toi en sécurité ici. Même si je suis tentée de croire ce que tu me dis, je pense qu'une vérification s'impose en ce qui concerne tes liens de parenté avec Gekkou Hayate. Shizune !
- Oui ? Demanda la jeune femme.
- Amène-la au laboratoire d'analyses et demande vérification.
- D'accord. Elle s'inclina devant la blonde et pria Ayu de la suivre.
Après avoir fermé la porte du bureau, Shizune l'emmena vers un grand hôpital, au département d'analyses, un papier à la main signé de l'hokage lui-même.
- Ne t'en fais pas, dit-elle à l'intention de la brunette qui commençait à s'inquiéter. On va juste vérifier que Gekkou-san est bien ton père. Tu devrais être soulagée aussi, tu auras une preuve irréfutable que tu as retrouvé ta famille ou non. Elle finit sa phrase en baissant les yeux.
Après avoir donné le papier à l'un des médecins, une infirmière fit asseoir la jeune fille et réalisa une prise de sang, qu'une autre infirmière s'empressa d'apporter au médecin pendant que la première s'occupait de compresser l'endroit où l'aiguille avait pénétré la peau. Mais quand elle retira le coton, le pli du coude était aussi intact qu'auparavant, aucune trace ni goutte de sang.
- Tu… guéris vite… Dit-elle entre peur et émerveillement.
Elle autorisa la jeune fille à se relever et la fit patienter en salle d'attente avec la femme aux cheveux noirs. Elles ne parlèrent pas, jusqu'à ce qu'un médecin arrive avec une feuille.
- Shizune-san. Voici les résultats, ils sont positifs. Vous pouvez les rendre à Tsunade-sama s'il-vous-plaît, j'ai une montagne de travail qui m'attend ici.
- Bien, merci. Au revoir.
Elle s'inclina respectueusement, l'air si triste que la jeune fille avait la désagréable impression qu'elle aurait préféré entendre le contraire, puis l'entraîna vers le bureau de l'hokage.
- Et bien pour une surprise c'en est une. En tout cas, soit la bienvenue dans le village, Gekkou-san. Appelle-moi Tsunade et n'hésite pas à venir demander de l'aide à moi ou Shizune s'il y a le moindre problème, dit-elle rapidement après avoir déposé la feuille de résultats.
Elle serra la main de la jeune fille qui ne comprenait rien à ce qui se passait. Pourquoi ne pas avoir appelé directement son père ? Il l'aurait reconnue si c'était sa fille !
- Dites… Je pourrai voir mon père maintenant ? Demanda-t-elle, craignant le pire.
Le visage de la blonde perdit d'un coup sa vitalité, le regard lointain, elle avait l'air de souffrir en se remémorant un souvenir désagréable.
- Non…
Mais les larmes coulaient déjà le long des joues de la jeune fille. Allait-elle pouvoir l'entendre ? Aurait-elle assez de force ? Non. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas. Le choc serait trop…
- Gekkou Hayate est mort il y a quatre ans, lorsque le village a été attaqué. Les pertes ont été nombreuses. Je suis dés…
- Je veux le voir.
Tsunade soupira.
- Je ne sais pas si le moment…
- Je veux voir sa tombe, de mes yeux, affirma Ayu d'un ton neutre, lointain.
- Bien, comme tu voudras.
Shizune l'accompagna au dehors, vers le cimetière. Les nuages gris avaient assombri le ciel et une pluie fine tombait, doucement, mouillant le visage presque sec de la jeune fille dont l'esprit voguait, lointain, perdu dans les ténèbres. L'assistante de l'hokage s'arrêta alors et tendit le doigt vers une tombe, entourée d'herbe verte. Ayu releva la tête et s'avança seule, pas à pas, retardant le moment où ses doigts fins frôleraient la roche dure, froide, rugueuse. Mais il arriva bien trop tôt, et ses doigts tremblants agrippèrent la pierre grise lorsque ses forces l'abandonnèrent. Pourquoi chaque personne importante qu'elle rencontrait disparaissait sans laisser de traces ? Le moine, l'inconnu qui lui avait sauvée la vie et maintenant son père, le seul qui pouvait l'aider. Qu'avait-elle fait pour mériter autant de souffrance ? S'agenouillant face au nom gravé dans le bloc de grès, un sanglot lui échappa, puis un autre, jusqu'à ce que tout son corps soit pris de tremblements. Ses mains se cramponnèrent à la stèle, espérant que l'illusion se disperse et qu'elle se retrouve avec sa famille, heureuse. Mais rien de tout cela ne se fit, et la roche restait aussi dure et froide que la réalité.
Elle ne remarqua pas l'homme qui s'était approché et discutait maintenant avec Shizune. Elle ne remarqua pas non plus la main qui la retint lorsqu'elle sombra dans l'inconscience, ni les bras qui la soulevèrent doucement pour l'entraîner à l'abri.
Le soleil, le chant des oiseaux, le vent, les enfants qui courent, qui rigolent. Le bruit des feuilles des arbres, agitées, un chat sur la gouttière, une porte qui claque.
- Ah ! Ayu se redressa brusquement.
- Tu es réveillée ?
Elle se retourna vers la voix inconnue. Un homme aux cheveux gris en pagaille était assis dans un fauteuil, à lire un livre à la couverture orange, qu'il referma aussitôt.
- Où suis-j…
- Je suis Hatake Kakashi, mais appelle-moi Kakashi. Je t'ai ramenée hier quand tu t'es évanouie. Je me suis dit que tu préférerais te réveiller dans un endroit plus chaleureux qu'un lit d'hôpital, et ça t'évite les millions d'examens avant qu'ils ne te laissent sortir, ajouta-t-il en plissant les yeux, ce qui laissait croire qu'il souriait, bien qu'il était impossible de vérifier puisqu'il portait un masque.
Ayu le regardait, cherchant à se remémorer les évènements de la veille.
- Je t'ai déposé des vêtements sur la chaise. Les tiens étaient trempés, ils ne sont pas encore lavés. Je crois que c'est ta taille. Ah et ne t'en fais pas, c'est Shizune qui t'as changée, finit-il avec un grand sourire avant de la laisser.
Mais la jeune fille n'était pas vraiment d'humeur à rire et laissa échapper un mince sourire par pure politesse. Elle s'habilla rapidement et se brossa les cheveux avec un peigne posé lui aussi sur la chaise. Ses paupières étaient gonflées et lourdes. Elle descendit l'escalier, se guidant aux bruits qu'il y avait en bas et rejoint l'homme dans la cuisine. Il discutait avec une jeune fille aux cheveux roses.
- Ah, voilà notre invitée, dit Kakashi avec entrain.
- Bonjour, je suis Haruno Sakura, dit-elle à l'adresse de la brunette qui venait d'entrer. Vous voyez Kakashi-sensei, elle fait la même taille que moi !
- Merci pour tout, répondit-elle en s'inclinant.
- Mais non mais non, c'est rien du tout ! Affirma Sakura en agitant les mains devant elle.
- Bien, tu dois avoir faim !
Elle les rejoignit à table et mangea quelque peu, même si tout ce qu'elle avalait lui semblait fade et sans goût. Après les avoir remerciés pour le repas, elle se leva et proposa son aide pour la vaisselle mais Kakashi mit les deux filles dehors pour qu'elle visite le village. Sakura l'entraîna ainsi dans les petites rues de Konoha, lui faisant découvrir la moindre parcelle de son nouveau lieu de vie. Elles rencontrèrent des amis de la jeune rose et mangèrent tous ensemble chez Ichiraku, un restaurant de ramens. Entourée d'autant de personnes chaleureuses, elle se sentit un peu plus légère et son fardeau se faire moins pesant.
La semaine se passa ainsi, tranquillement. Elle vivait pour l'instant chez Kakashi, qui lui prêtait sa chambre d'amis. Connaissant maintenant bien le village, elle n'hésitait pas à sortir se balader pour se changer les idées, voyant de temps à autre Sakura, Naruto, Sai, Ino et tellement d'autres, quand ils n'avaient pas de missions. Mais tous les soirs, elle retournait sur la tombe de son père, cherchant à se comprendre en quoi il pouvait l'aider maintenant qu'il était mort, cherchant aussi à se rappeler des bribes de son passé, qui restaient mystérieusement enfouies dans l'obscurité totale. Le soleil refit son apparition quelques jours après son arrivée à Konoha, jour où elle décida qu'elle devait partir. Elle aimait ce village, certes, mais la seule impression qui l'habitait était celle d'une étrangère dans un monde qui n'était pas fait pour elle. Ayu le sentait, le regard des autres, ceux qui avaient connu Hayate. Certains la regardaient avec tant de compassion qu'elle ressentait une vive douleur au ventre, comme si elle vivait la douleur de chaque personne qui croisait son chemin. Elle ne supportait plus ces regards de pitié, alors que d'autres la voyaient comme une erreur, une chose improbable, voir une imposture. Personne n'avait l'air de savoir qu'Hayate avait eu une fille un jour et certains refusaient d'y croire, malgré les preuves. Ils voyaient en la jeune fille une sorte de trahison de leur ami et lançaient des regards haineux envers elle, comme s'ils lui reprochaient de leur faire ressentir de la colère envers leur défunt ami. Nombreux étaient ceux qui l'appréciait, bien sûr, même la plupart, ceux qui l'aimait pour ce qu'elle était et non en raison de ses origines ou de ses expériences déjà dures pour quelqu'un de son âge.
Assise sur l'une des rives de la rivière qui traversait le village, les pieds dans l'eau, elle réfléchissait encore, jouant avec les anneaux de son collier.
- Où as-tu reçu ce joli bijou ?
- Celui à qui je dois la vie…
- Il te l'a offert ? Demanda Kakashi, suspicieux.
- Je me suis réveillée avec mais il était déjà parti…
Elle lui avait déjà raconté l'histoire et il savait qu'elle ne connaissait pas l'identité de son sauveur. Après quelques minutes de silence, Ayu jouant avec son collier, le regard perdu à l'horizon, Kakashi la regardant, debout, ce dernier lui demanda soudainement.
- Tu aimerais voir la maison de ton père ?
Elle se retourna vivement, les yeux vifs maintenant tournés vers le ninja aux cheveux gris.
- Suis-moi, dit-il sans attendre de réponse de sa part.
Quelques minutes plus tard, ils étaient devant une petite maison, abandonnée depuis quatre ans, poussiéreuse. Il sortit une clé de sa poche et ouvrit la porte d'entrée, avant de laisser la jeune fille pénétrer la première. Ayu retira ses chaussures, puis avança pas à pas dans la demeure silencieuse et obscure. Kakashi la suivait de près et ouvrit les volets afin de laisser la lumière pénétrer à l'intérieur.
- J'ai demandé à Tsunade-sama, si tu veux, tu peux venir vivre ici à présent. On te donnera un coup de main pour tout laver, ça ira plus vit…
- Non ! Le coupa-t-elle brusquement. Ah…euh…désolé murmura-t-elle. C'est que, j'aimerai, enfin, je risque de découvrir, peut-être, des morceaux de mon passé, et j'aimerai, enfin, vous voyez…
- Ne t'en fais pas, je comprends tout à fait. Mais sache que si tu as besoin d'un coup de main, ma proposition tient toujours. Et en attendant que la maison soit à nouveau habitable, tu peux rester chez moi.
Il lui prit la main qu'il déplia doucement et déposa la clé dans sa paume.
- Bienvenue chez toi.
- Merci, répondit-elle quand il fit demi-tour et sortit, la laissant seule dans sa nouvelle maison.
Continuant lentement d'en faire le tour, laissant ses mains se balader sur les vieux meubles poussiéreux, ses doigts rencontrèrent des photos, son père et ses amis, Kakashi, Kotetsu, Izumo… Elle comprenait à quel point ça devait être dur pour eux, le souvenir de leur ami mort ravivé par sa venue. Bizarrement il n'y avait aucune photo de femme, à part dans les photos de groupe, mais aucun portrait qui laissait penser à un couple, une amie plus intime ou autre. Déçue, elle décida que ça suffisait pour aujourd'hui et referma la porte à clé avant d'aller errer dans les rues de Konoha. Finalement, elle attendrait avant de partir, peut-être découvrirait-elle quelque chose sur son passé ici, c'était sa seule piste.
