Chapitre 15 :
« Come on, come out, come here, come here. »
New York – Snow Patrol
Deux semaines passèrent. On était à la fin du mois de Mars. Tout se passait toujours plutôt bien, nous n'avions plus d'incident avec les mangemorts ou les membres de l'Ordre. Quand on en voyait, on les évitait et eux ne nous voyaient pas. Ce qui était en soit plutôt parfait. On savait que la guerre continuait. Voldemort prenait de plus en plus de puissance, devenait de plus en plus dangereux. Il ne valait mieux pas être son ennemi dans ces temps là. Je commençais à me demander où en était Harry et Ron avec les horcruxes. Ils étaient notre seul espoir. Ça me tuait de vivre la guerre du côté des passifs, je ne pouvais rien faire. Je n'étais pas utile et je détestais cela !
Au fil des nuits, je ne dormais presque plus. Je pensais. Je pensais à l'Ordre, Harry et Ron. Qu'étaient-ils devenus ? Réussissaient-ils ? Je me sentais extérieure à cette guerre, comme si elle n'était pas la mienne alors que dans le fond elle l'était. Je pensais aussi à Malefoy. Il m'obsédait toujours autant. Il était en moi et je ne pouvais le chasser. Il s'était infiltré dans mes veines, mes pensées, ma peau et il faisait partie intégrante de moi. C'était comme s'il ne me quittait pas, ou plus. C'était étrange et je ne savais pas ce qu'il pensait de son côté et j'avais peur de mettre les choses au clair. J'avais peur en fait de le perdre, à jamais. C'était la chose qui me terrifiait le plus. Je préférais donc faire comme si rien ne se passait. Comme si je ne pensais pas à lui. Comme si je ne rougissais pas quand il était trop proche de moi, comme si son odeur ne m'enivrait pas.
J'arrivai dans le salon fraîchement lavée et habillée et m'installai sur le canapé juste à côté de Malefoy. Il était étonnamment concentré sur son livre qu'il dévorait depuis deux jours. Je le fixai d'un regard persistant. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles je ne quittai pas mon regard de son visage. Il soupira et se tourna vers moi.
- Quoi, Granger ? Demanda-t-il en levant les yeux au ciel.
- Tu ne penses pas qu'on devrait avoir un rôle ? Dis je alors.
- Un rôle ? Répéta-t-il. Oh non, ne me dis pas que tu parles encore d'un rôle dans la guerre. On en a déjà parlé des centaines de fois, Granger !
- Oui mais penses-y, Malefoy, on ne va pas rester dans cette tente éternellement, il faut qu'on fasse quelque chose pour aider même si on ne peut pas rejoindre les rangs de l'Ordre, lui répondis-je.
- De l'Ordre, tout de suite, dit-il en se levant. Et qui te dis que je veux en faire partie ? Qui te dis que je ne veux pas œuvrer pour les mangemorts ?
- Laisse-moi rire Malefoy, crachais-je. Pour les mangemorts ? Alors qu'est-ce-que tu fiches ici avec une Sang-de-Bourbe, ex membre de l'Ordre hein ? Qu'est-ce-que tu fiches ici ? Tu devrais plutôt me tuer si tu es toujours un parfait petit mangemort dans l'âme.
- Et qui te dis que je ne comptais pas le faire au bout de quelques mois ? Qui te dis que je n'avais pas essayé de gagner ta confiance pour que tu tombes mieux dans le piège et que la trahison ne soit que plus douloureuse ? Répondit-il avec un sourire.
- C'est impossible, Malefoy. Si ce n'était qu'un plan, tu ne m'aurais pas supportée tant de temps, murmurais-je plus très sûre s'il plaisantait ou s'il était sérieux.
J'étais levée face à lui le défiant du regard. Je ne savais s'il plaisantait, rien ne laisser transparaître sur son visage glacial.
- N'est ce pas ? C'est impossible ?
- Parce que je ne t'aurais pas supporté ? Ce serait impossible pour cela, Granger ? Demanda-t-il. Pas suffisant.
- Parce que tu n'es pas si vil et cruel ! Tu ne serais pas capable de me faire ça ! Criais-je en proie au désespoir, redoutant ce qui arrivait.
- Pas suffisant.
- Parce que tu m'as embrassée ! Explosai-je en le poussant un peu. Tu m'as embrassée, répétais-je en murmurant.
- Pas suffisant, Granger.
J'haussai mes sourcils et reculai quelque peu. Je ne savais même pas ce qu'il se passait. Je ne savais pas si c'était sérieux, s'il se fichait de moi. Il ria alors. Il éclata de rire.
- Qu'est-ce-que qu'il y a de si drôle, Malefoy ?
- Je suis d'accord. Dit-il alors.
- De quoi ? Sois un peu clair, j'ai un peu de mal à te suivre aujourd'hui. Lui répondis-je agacée par cette conversation qui n'avait ni queue ni tête.
- On devrait avoir un rôle dans cette guerre. Du côté de Saint-Potter et de ses bras cassés, sans réellement en faire partie. Nous, on vaut mieux qu'eux, mais ça ils ne le savent pas.
Je levai mon regard vers lui. J'étais en colère, perdue et surprise. Je détestais officiellement Drago Malefoy, parce qu'on ne pouvait pas avoir une vraie conversation sans que ça ne dérive vers le milieu.
- Ne me regarde pas comme ça, Granger. C'était une blague, bien sûr que non je n'allais pas œuvrer pour ces stupides mangemorts. Tu commences tout de même à me connaître un peu, non ? Dit-il en se rapprochant un peu.
- Justement, je me le demande si je te connais ou pas, Malefoy, soupirais-je en levant les yeux vers le ciel.
- Tu me connais, c'est juste que tu n'apprécies pas mes tentatives d'humour, Granger, répondit-il avec un sourire en coin.
- Je n'aime pas ces tentatives d'humour là, c'est tout, répondis-je avec une moue désespérée.
Je me retournai et partis vers ma chambre. Au moins, il avait accepté qu'on se batte, qu'on ait un rôle dans cette guerre. Je ne voulais pas le faire sans son accord, parce que... C'était ensemble, c'est tout. Il me retint alors par le bras et me tourna vers lui.
- Alors tu ne me fais toujours pas confiance ? Me demanda-t-il avec presque un regard peiné.
- Bien sûr que si.
- Alors comment as-tu pu avoir des doutes sur le fait que je plaisantais ?
- Je... Tu étais particulièrement convaincant. Je te fais confiance, mais c'est vrai que là, j'ai eu un doute. C'est tout. Je te fais vraiment confiance, Malefoy, rajoutai-je en plongeant mes yeux dans les siens, espérant qu'il me croit.
J'avais presque une respiration irrégulière tant il me fixait et tant il était proche de moi. Il ne lâchait pas mon bras et je sentais sa main glisser vers la mienne lentement. Je ne pouvais pas quitter son regard. Je ne sentais que sa main qui glissait dans la mienne. Il passa alors sa main gauche, libre, vers ma nuque. Ce touché m'électrifia. Je sentais mes joues rougir. Mon cœur s'emballer.
Il approcha son visage du mien et s'arrêta à quelques millimètres de ma bouche. Je sentais son souffle sur mon visage. Je sentais son odeur. Je ne rêvais que d'une chose, qu'il m'embrasse. Je ne pensais qu'à ça. C'était comme une torture. Comme une douce torture. Il me fixait de ses yeux qui étaient presque devenus noir. Je ne pouvais plus résister. J'approchai alors et réduisis l'espace entre nous au néant. Je posai mes lèvres sur les siennes. Elles étaient si douces et chaudes. Il semblait presque surpris au départ puis il répondit à mon baiser. Il fit passer ses mains dans mon dos et me rapprocha de lui. Je passai alors mes mains dans son cou, en laissant une vagabonder sur sa nuque. Mon cœur menaçait de se sortir de ma poitrine et d'exploser, tout en moi brûlait presque, et j'avais chaud et froid à la fois. J'avais rêvé de ce baiser, mais il était mieux en réalité que dans mes rêves.
Il se sépara alors brusquement de moi. Il avait la respiration courte et les cheveux un peu en bataille. Il reprit alors son souffle et passa une main dans ses cheveux. Il me fixait toujours alors que mon corps me criait de me jeter sur lui, là, tout de suite. Puis, il se tourna et partit.
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