"Quoi ?! Et ce n'est que maintenant que vous me prévenez ! tonna le capitaine Montgomery.
- On les a cherché hier soir, elles sont introuvables, continua Ryan sans se formaliser sur cet excès de colère.
- Ça fait vingt-quatre heures à présent", informa Esposito en jetant un coup d'œil à sa montre.
Il était onze heures moins le quart.
"Nous avons reconstitué leur matinée, elles ont fait les boutiques à New-York puis elles sont sortis de la ville. Elles ont pris la grande route jusqu'à un petit bled pommé pas très loin, expliqua l'irlandais.
- Nous avons trouvé la voiture de Beckett là-bas ce matin. Nous avons interrogé les habitants. Elles ont acheté quelques vêtements chez un vendeur réputé. Ils nous a ressorti la liste de leur achat, mais elles n'ont pas parlé de ce qu'elles allaient faire ensuite, ajouta le latino.
- On n'est donc pas plus avancé. Avez-vous localisé leur portable ?
- Non, ils sont éteins. Leurs photos circulent déjà dans tout les environs, déclara Ryan.
- Et Castle ?", souffla le capitaine.
Ils se tournèrent tous les trois vers l'écrivain, assit sur son siège habituel face au fauteuil vide de Kate. Ryan soupira.
"Il a perdu Alexis et Kate, son moral est au plus bas, lâcha Esposito qui comprenait très bien ce qu'il pouvait ressentir.
- Bon, faites votre maximum. Je suis avec vous sur ce coup là. Essayez de trouver ce qu'elles ont fait après. À quelle heure sont-elles sortis de la boutique ?
- Euh... commença Ryan
- Midi ! s'exclama Castle en entrant dans le bureau soudainement, les faisant sursauter. Elles ont dû avoir faim enfin légèrement, regardez", déclara l'écrivain en sortant une carte.
Il la déplia sur le bureau et montra un point bleu aux trois hommes.
"Qu'est ce que c'est ?" interrogea Esposito.
Castle sortit alors son portable, triomphant et leur montra le site internet du village, réputé pour la diversité de la faune et pour son magnifique lac.
"Elles auraient fait un peu de marche à pied ? supposa le latino.
- Oui, la voiture n'a pas bougé. Les restaurateurs nous ont dit ne pas les reconnaître. Elles se sont baladés au bord du lac, c'est la seule solution. Enfin si j'exclus les enlèvements extra-terrestre...
- Ok, coupa Ryan. On y va."
Le capitaine approuva. L'équipe d'astreinte étant présente au commissariat, ils partirent aussitôt et arrivèrent peu après midi au village. Le coin était tranquille, seulement quelques touristes. Ils passèrent devant la boutique fermée le dimanche et remontèrent jusqu'à la voiture de Kate.
"Voilà, fit Ryan en se garant à côté.
- Et il y a bien un chemin pédestre", déclara Castle en sortant.
Il s'élança vers le dit chemin et les trois autres le rejoignirent.
"Allons voir ce qu'il y a au bout", déclara le capitaine Montgomery.
Ils acquiescèrent en silence. Ils marchèrent rapidement et ne tardèrent pas à atteindre une plage où seul un pêcheur se trouvait. L'endroit était calme. Esposito désigna le vieil homme d'un coup de tête et ils s'avancèrent vers lui.
"Bonjour, monsieur, fit Ryan en engageant la conversation.
- Chuuuuut ! Vous allez faire fuir le poisson, souffla l'homme sans se retourner.
- Excusez-nous, reprit le capitaine Montgomery. Nous sommes de la police", déclara-t-il en montrant son insigne.
Le vieil homme soupira et planta sa canne à pêche dans le sable. Il leur fit face.
"Qu'est-ce qu'il y a, j'ai le droit de pêcher ici que je sache.
- Oui, oui, ce n'est pas le problème. Nous enquêtons sur un enlèvement. Avez-vous vu ces personnes ici ? demanda Esposito en sortant les photos.
- Oh, les petites minettes d'hier, se souvint le vieux. Oui, dur de les oublier ces trois-là, sourit-il.
- Où allaient-elles ?!" questionna Castle plus violemment.
Le vieil homme se tourna et leur désigna une vieille bicoque apparemment abandonnée au bout de la plage.
"Aussi bizarre que cela puisse paraître, elles se sont arrêtés là-bas. Je crois qu'elles se sont installées en terrasse, comme si le resto était ouvert, ria-t-il. Vous savez, ça fait soixante ans que je vis ici et cette cabane a toujours été déserte. Quand elles se sont assises, je suis parti.
- Il n'y avait personne d'autres ? interrogea le capitaine.
- Non, mais je vous l'ai dit. Dés leur arrivée, je suis parti. Ma femme faisait une ratatouille hier et c'est la meilleure cuisinière de la région, révéla-t-il.
- Bien, conclut Ryan. Merci de votre aide.
- Bonne chance", souhaita le pêcheur avant de rasseoir.
Les quatre hommes se dirigèrent d'un pas rapide vers la bicoque et ils notèrent aussitôt que le ménage avait été fait récemment bien qu'une odeur de refermé régnait toujours. Les cuisines ne semblaient pas avoir servi et une table d'extérieure ainsi que quelques chaises leur apprirent que les filles avaient effectivement dû manger dehors sur la terrasse. L'intérieur était très légèrement décoré et les vitres propres. Il ne manquait qu'un peu de lumière et bien sûr une cuisine, et le restaurant serait comme neuf.
"Leurs ravisseurs se sont apparemment donnés beaucoup de mal pour que ça ressemble à quelque chose, fit Ryan les mains sur les hanches au milieu de la pièce.
- Ils sont organisés. À part le ménage récent, rien ne prouve qu'il y avait du monde ici. Pas de traces de pas, rien, compléta le capitaine Montgomery.
- Venez voir !" appela Castle dans la cuisine qui elle regorgeait de poussière et de toiles d'araignées.
La porte de derrière était ouverte et il leur montra des traces fraîches de voiture.
"Je dirais un quatre-quatre. L'écartement des roues est assez grand. Il faudrait trouver le modèle et le chercher, déclara l'écrivain accroupi près des traces.
- J'appelle la scientifique, informa Esposito en sortant son portable.
- Et moi je vais voir le maire de la commune. Il me dira à qui appartient la maison, fit le capitaine en s'éloignant.
- Castle et moi allons remonter la route, voire où ça nous mène, décida Ryan en faisant signe à Esposito.
- Ok, mon pote. Je reste ici et j'attends la scientifique, approuva le latino qui venait de raccrocher. Faites attention.
- Toi aussi", souffla Ryan en l'étreignant légèrement.
Castle était déjà parti et Ryan le rattrapa en courant.
"On va les retrouver", assura-t-il en posant une main sur son épaule.
Il avait malheureusement l'impression que ce n'était pas la première fois qu'il répétait cette phrase et le regard angoissé que lui lança l'écrivain lui fit redouter le pire.
C'était très étrange. Elle nageait dans l'eau, une eau salée et chaude et cela lui semblait normal. En fait, c'était presque naturel. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle n'était pas remontée à la surface, mais elle ne ressentait aucunement le besoin de respirer. Elle se retourna et c'est à ce moment qu'elle se réveilla.
"Alexis ! Ça va ? interrogea Beckett au dessus d'elle.
- Oui, souffla la jeune fille. J'ai fait... un rêve."
Elle secoua la tête et se redressa aidée de Kate.
"Où est Lanie ?
- Sous la douche, l'informa le lieutenant.
- On a dormi longtemps ?
- Je ne sais pas. Regarde, fit-elle en lui montrant trois plateaux repas posés sur une table basse à même le sol.
Alexis se leva, accrochée au bras de Kate.
"Ce doit être le soir, avança Alexis.
- Vous allez vraiment les manger ?" questionna Lanie enroulée dans d'une serviette.
Elle venait visiblement de sortir de la douche.
"Ils ne vont pas nous droguer à chaque repas tout de même ! s'exclama Kate en s'asseyant devant un des plateaux. Je goûte, si je m'endors, vous saurez à quoi vous en tenir."
Lanie leva les yeux au ciel.
"Ma chérie, ce n'est peut-être pas une bonne idée, déclara-t-elle en s'approchant de sa meilleure amie, mais déjà, Kate avait avalé une bouché de poisson.
- Alors ? demanda Alexis qui mourrait de faim.
- C'est délicieux", informa Kate en reprenant un bout.
La jeune fille s'assit aussitôt à ses côtés et commença à manger goulûment. Elles dévorèrent leur poisson tandis que Lanie s'habillait. Elle revêtit une des tenue mise à leur disposition: un pantalon noir ainsi qu'un haut manche trois quart tirant vers le violet. Puis elle les rejoignit et mangea tout comme elles.
"Hum... s'extasia Kate, ce risotto est succulent, déclara-t-elle en reprenant une morceau.
- Oui", approuva Alexis sans s'arrêter de manger.
Lanie ne dit rien et savoura. En dessert, elles avaient une petite tartelette aux fraises qui semblaient des plus appétissantes. Avec le tout, une grande bouteille d'eau trônait au milieu des plateaux. Soupirant, Kate prit les trois verres et les remplit dans la salle de bain.
"C'est plus sûr", se justifia-t-elle en revenant.
Une fois rassasiée, elles s'assirent toutes les trois sur une couchette cote à cote.
"Ils ont dû retrouver ma voiture à l'heure qu'il est, souffla Kate après un moment.
- Certainement", acquiesça Lanie, plus pour rassurer Alexis que par réelle conviction.
Alexis posa sa tête sur l'épaule de Kate et bailla.
"Je suis encore fatiguée, murmura-t-elle.
- C'est normal, lui répondit Kate. Tu es stressée, inquiète, c'est normal. Dors, on est là", chuchota-t-elle avant de déposer un baiser sur son front.
La jeune fille ne tarda pas à se rendormir, la tête sur les genoux de Kate.
"Je crois qu'elle t'aime bien, déclara Lanie en lui faisant un clin d'œil.
- Moi aussi, je l'aime beaucoup, avoua Kate sans relever son allusion.
- Tu sais, je suis sûre que Castle est super inquiet pour toi.
- Bien sûr, murmura Kate avant de bailler. On est partenaire.
- Ne fais pas celle qui ne comprends pas avec moi, jeune fille. Tu sais très bien de quoi je veux parler.
- Peut-être Lanie, mais ce n'est pas le moment, affirma le lieutenant en sentant ses yeux se fermer tout seul. Je crois... je crois qu'on a encore été droguée, souffla-t-elle avant de s'endormir.
- Non, je pense que la drogue que vous avez ingérée avant fait toujours effet, mais... tu dors déjà, ok. Bien, me revoici toute seule et absolument pas fatiguée."
Lanie soupira et fit de son mieux pour allonger Kate à côté d'Alexis. Elle leur déposa à chacune un baiser sur le front, prit la bouteille non-ouverte sur la table et en but une grande gorgée avec lassitude. Ronchonnant, elle se mît sur le dos dans sa couchette et ferma les yeux.
