"Alors ? Elles sont installées ?
- Oui, monsieur.
- Parfait, elles se plaisent ?
- C'est l'impression que j'ai eu.
- Bien. Vous allez leur communiquer mes... disons mes recommandations et faire en sorte qu'elles les suivent. Ce ne sera pas compliqué je pense.
- Oui, monsieur.
- Le tableau est accroché ?
- Oui, monsieur.
- Excellent. Si les employées vous demandent, répandez la rumeur. Sinon, provoquez leur interrogation."
Mac-grover partit dans un rire sonore et s'arrêta net tout d'un coup.
"Vous pouvez y aller, Clara. Je compte sur vous.
- Bien, monsieur."
La jeune femme s'éloigna et quitta la pièce.
"Ah non Kate ! Ce n'est pas juste ! lança Alexis en mettant ses mains devant sa figure.
- Oh si !" s'écria Kate avant de sauter sur la jeune fille.
Elles terminèrent sous l'eau toutes les deux et éclaboussèrent Lanie par la même occasion. Celle-ci bronzait allègrement au soleil, un magasine à la main et sauta de sa serviette en sentant les gouttes d'eau sur elle.
"Rho ! Les filles vous allez bientôt être punies ! Regardez ce que vous avez fait, grogna-t-elle. L'encre est en train de couler !"
Kate et Alexis qui étaient remontées à la surface explosèrent de rire et voyant leur amie, mains sur les hanches en train de les réprimander.
"Oui, maman", opina Kate avant de se mordre la lèvre, retenant son sourire.
Puis, elle revit une autre scène. Un souvenir similaire et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Feignant d'obéir, elle sortit de l'eau sans un mot, s'enroula dans sa serviette et rentra. La jeune femme étendit sa serviette et descendit en direction du village. Après tout, c'était bientôt l'heure du dîner. Elle profita de l'avance qu'elle avait pour flâner un moment dans les rues si elle pouvait appeler ça de cette façon. Elle croisa quelques personnes qu'elle reconnut et fit de son mieux pour se souvenir de leur prénom.
"Eh ! Kate !" appela soudainement un blondinet.
Elle se retourna, mains dans les poches et sourit.
"Salut Will."
Il la rejoignit rapidement, lui rendant son sourire.
"Alors, on se balade ?
- Ouais, je me balade, approuva-t-elle.
- Ça doit te faire bizarre, déclara-t-il après un moment.
- Non, pourquoi ? s'étonna la jeune femme.
- Et bien. Avant ici il n'y avait que l'embarcadère et deux, trois maisons alors..."
Kate comprit alors. Elle devait jouer le jeu.
"Oui, ça me fait drôle, mentit-elle. Il y avait trois maisons. Des amis à moi. Ils n'ont pas voulu rester, lâcha-t-elle avec un air de profonde tristesse. Mais maintenant cette endroit va vivre ! reprit-elle avec plus de joie.
- Oui, je suis désolé d'avoir ravivé tout ça, s'excusa le jeune homme.
- Non, ce n'est rien.
- Au fait, je crois que Fred voulait te voir.
- Le pêcheur ? questionna-t-elle en s'en souvenant vaguement.
- Oui, je t'accompagne ?
- Tu sais, j'ai l'habitude de passer beaucoup de temps seule. Venir au village c'est déjà beaucoup pour moi.
- Oui, je comprends. C'est bien que tu sois là. Tu pourras me faire visiter l'île, sourit le blond.
- Oui, acquiesça Kate. Merci ! s'exclama-t-elle avant de partir en courant. Bien, réputation mystérieuse et sauvage, c'est fait", murmura-t-elle pour elle-même en prenant le chemin de l'embarcadère.
Elle arriva en à peine cinq minutes et rejoignit Fred assit sur le ponton.
"Bonjour, lança-t-elle avec un léger sourire sur le visage. Il paraît que vous me cherchez ?
- Les nouvelles vont vite", releva l'homme en se redressant.
Il était assez âgé. Kate lui donna soixante ans.
"Que se passe-t-il ? interrogea Kate en notant l'air soucieux de son visage.
- J'ai trouvé... quelque chose. Suivez-moi."
Silencieuse, elle l'accompagna jusqu'à sa cabane au bord de la route de terre brune et à quelques mètres de la plage. Il l'a fit entrer dans une sorte d'abri clôt où plusieurs canoës et kayaks ainsi que des pirogues étaient stockés. Il se tourna vers elle et désigna de la main une sorte de tas recouvert d'une couverture. Prudente, Kate s'avança doucement et voyant le tas bouger, recula d'un bond. Elle s'accroupit en entendant un couinement.
"Ce doit être une sorte de petit animal. Il doit avoir faim. Avez-vous quelque chose à manger ?
- Oui, je vais vous chercher ça", acquiesça l'homme avant de sortir.
Il revint quelques minutes plus tard. Il tendit un bol remplit d'une pâte gluante et heureusement inodore à Kate qui n'avait pas bougé.
"Il faut de l'eau aussi. De l'eau tiède", ajouta-t-elle alors qu'il s'éloignait déjà.
Kate fit quelques petites pas, toujours accroupie. Elle prit un peu de pâté et en disposa au plus près de la couverture, retenant une grimace de dégoût.
"Eh bonhomme, viens, chuchota-t-elle. Viens voir."
Elle tira un peu sous la couverture dévoilant un chien couché sur lui-même et complètement paniqué. Doucement, elle rapprocha un peu de nourriture et s'assit devant lui.
"Alors toi, tu es dans un triste état, remarqua la jeune femme en notant qu'une de ses pattes était en sang. Il va falloir arranger ça et figure toi que j'ai une amie qui pourrait t'aider."
Pour toute réponse le chien couina et Fred revint avec la gamelle d'eau.
"Alors ? interrogea-t-il en s'accroupissant à ses cotes.
- Il est trop terrorisé pour bouger. Il faut qu'il nous fasse confiance."
Kate glissa vers lui, un peu de pâté dans la main et la lui tendit, à seulement quelques centimètres de sa gueule.
"Allez bonhomme", souffla-t-elle en retenant sa respiration.
Enfin, le chien leva le museau au prix de gros effort et lécha la main de la jeune femme.
"Oui !" s'exclama Kate alors qu'il nettoyait complètement sa main.
Elle ramena le reste de la pâté, puis la gamelle d'eau et demanda à Fred encore un peu de nourriture.
"Je vais l'emmener chez moi et le soigner", déclara-t-elle en s'approchant du chien.
Celui-ci poussa des sortes de petits gémissements répétés et lécha de plus belle la main de Kate lorsqu'elle la posa sur sa tête. Elle le caressa doucement. Le chien tenta de se lever, mais il retomba aussitôt.
"Attends, bonhomme. Je peux prendre la couverture ? demanda Kate en la désignant du doigt.
- Oui, oui, bien sûr", approuva le vieil homme tandis qu'elle enveloppait le chien dans la couverture.
Elle le souleva et la maintint fermement contre elle.
"Si nous sommes en retard à la soirée, excusez nous et dites qu'on arrive, déclara Kate en sortant.
- Et la pâté ?
- Ah oui !"
Kate la cala sur le chien et fronça les sourcils en voyant l'inscription "pâté pour chats" sur les boîtes.
"Je n'avais que ça, expliqua le vieil homme.
- Pas grave", fit-elle en retenant un rire.
Elle s'éloigna en courant, consciente qu'il était peut-être gravement blessé.
"Merci !" cria-t-elle au loin.
Elle courut le plus vite possible jusqu'à la maison tout en évitant un maximum de trop secouer le pauvre animal. Quand elle arriva, les filles s'apprêtaient à partir.
"Attend, Lanie. Nous avons une urgence !" fit-elle du sol.
Elle sauta dans la nacelle et actionna la manivelle le plus vite possible.
"Que se passe-t-il ? questionna Alexis.
- Un chien, il est blessé", informa Kate.
Elle l'allongea sur la table et aussitôt Lanie se mît en travail. Alexis partit sur la terrasse tandis que Kate rassura l'animal d'une voix tendre. Une dizaine de minutes plus tard, Lanie finissait son dernier point de suture.
"Et voilà, monsieur, souffla-t-elle. Bon et bien moi je vais me changer. Kate tu devrais en faire autant. On arrive Alexis !
- Oui, oui.
- Toi tu vas rester là bien sagement. On reviendra vite, informa le lieutenant à l'attention du chien.
- J'ai l'impression que papa déteint sur toi, déclara Alexis qui avait par ailleurs abandonné le vouvoiement lors de la précédente bataille d'eau.
- Mais non", répliqua Kate en continuant de rassurer le chien.
Alexis leva les yeux au ciel et monta chercher une tenue propre pour Kate. Cinq minutes plus tard, elles réussirent à tirer Kate en dehors de la maison, lui assurant qu'il ne risquait plus rien. En effet, le chien dormait comme un bien-heureux sur une couverture et plusieurs cousins installés dans la chambre de Kate. Il avait également son bol d'eau ainsi que de la pâté à côté de lui. Elles se dépêchèrent de rejoindre la soirée et arrivèrent légèrement en retard. Tout le monde discutaient joyeusement autour d'un apéritif dînatoire servit dans la maison d'accueil. Elles passèrent une agréable soirée. Mac-grover ne leur parla pas ce que ne les dérangea absolument pas, bien au contraire et elles quittèrent la soirée très enjouées. Il fallait avouer que l'alcool y était un peu pour quelque chose. Clara les rattrapa à la sortie du village.
"Alexis ! Kate !" appela-t-elle en courant.
Les jeunes femmes s'arrêtèrent et lui laissèrent le temps de reprendre son souffle.
"Qu'est ce qu'il y a ? demanda Lanie en haussant un sourcil.
- Monsieur Mac-grover m'a apporté quelques petites précisions vous concernant.
- Qu'on ne dise rien à personne, on avait compris, souligna Kate. De toute façon, personne ne nous croira ici.
- Oui, il dit également que ça ne servirait à rien de quitter l'île. Il n'y en a aucune autre à plusieurs dizaine de kilomètres à la ronde.
- Oui et j'imagine que personne ne nous laissera monter dans un bateau, déclara Lanie.
- Elle dit ça pour les kayaks", informa Kate, dévoilant par cela le fait qu'elle y avait elle-même déjà songé.
Clara ne l'a contredit pas et continua.
"Il vous dit de faire bien attention.
- Attention à quoi ? interrogea Alexis en frissonnant.
- Attention à ne pas dévoiler ce qui ne doit pas être dévoilé. C'est pour votre sécurité.
- Qu'est ce qui ne doit pas être dévoilé ? demanda Kate suspicieuse.
- Vous le saurez en tant voulu, lâcha Clara avant de repartir.
- Mais comment voulez-vous qu'on garde secret quelque chose qu'on ne connait pas ?!" lança Lanie alors qu'elle était déjà loin.
"Bonne nuit !" fut la seule réponse qu'elles reçurent. Elles rentrèrent pas très rassurées et surtout fatiguées. Lanie vérifia le bandage du protégé de Kate et elles se couchèrent.
Un craquement sonore la réveilla soudainement. Pourtant, dans son lit de fortune, le chien baptisait Ted, ne grogna pas bien qu'il ne dormait pas non plus. Il haletait doucement et poussa un petit couinement de contentement apparemment quand la porte s'ouvrit. Kate se plaça derrière son lit silencieusement et en ressortit en voyant une petite tête rousse passer par l'entrebâillement.
"Alexis ? s'étonna la jeune femme en se relevant.
- Kate, je... je suis désolée, je n'arrive pas à dormir", souffla-t-elle en refermant la porte derrière elle.
Kate comprit. Elle lui tendit les bras et la jeune fille s'y précipita en pleurs. Elles restèrent un long moment dans cette position au centre de la pièce et puis Kate sentit Alexis se calmer peu à peu. Elle l'assit sur son lit, la gardant contre elle et attendit qu'elle s'endorme avant de sombrer à son tour.
Voilà, un nouveau chapitre d'achevé et je suis désolée d'avoir pris tant de temps pour le poster. La rentrée à l'université et tous les changements qui se sont opérés récemment m'ont un peu fait oublier mon engagement. Quoiqu'il en soit, j'espère que vous aimez cette fiction et j'attends vos avis avec une grande impatience.
Dites moi ce que vous en pensez, les sentiments qui vous habitent à la fin de ce chapitre, vos déceptions. Je veux tout savoir. Merci d'avance et bonne rentrée à tous ^^.
