J'étais tellement fou, aveugle.

La vie est parfois étrange. Ironique.

Comment toi, si belle, si innocente, comment as-tu pu tomber amoureuse de quelqu'un comme moi ? Moi, vil, traitre et sale. Moi, un meurtrier. Un égoïste qui a volé la vie de tant d'autres pour prolonger la sienne, misérable.

Comment arrives-tu à sourire tout le temps, quelques soient les circonstances ? Est-ce parce que je suis là ? Tu me ferais cet hommage ? J'en suis tellement indigne.

Comment toi, si innocente, as-tu pu accepter de partager ta vie avec moi ? Cette chaleur qui m'enveloppe, cette sensation si douce d'être étreint, de quel droit me la suis-je approprié ?

Je ne le sais que trop bien : à terme, je te ferais souffrir. Je ne le veux pas, mais c'est plus fort que moi. Je suis égoïste. Un égoïste vieux de quatre cent ans. Un égoïste fou amoureux de toi.

Laisses moi, le temps de ce rêve, justes quelques instants, profiter de ta lumière. Et, s'il le faut, je le paierai de ma vie. Cette trop longue vie qui n'a eu de sens qu'auprès de toi.