Tu me disais cruel.

Moi qui te faisais souffrir, moi qui prenais plaisir à t'entendre hurler, moi qui brisais tes os comme tu as broyé mon cœur, moi, je n'avais jamais songé que tu puisses l'être encore bien plus.

Quand tu la serres dans tes bras, c'est moi que tu étouffes. Quand tu lui fais l'amour, c'est moi qui hurle. Et quand tu l'embrasses, et que tes yeux, fourbes et satisfaits, quand ces yeux là ne regardent que moi, c'est tout mon corps qui éclate, qui se disloque, pour te dissimuler les cendres de ce cœur qui un jour a battu pour toi.

Je suis déjà mort et, si je le pouvais, je mourrais encore une fois, une seule fois, une fois qui serait définitive.

Mais moi qui renais sans cesse de mes cendres, moi qui ne peux plus disparaitre, je suis condamné à souffrir milles morts, et à toujours revenir pour mieux voir, cruel, ton horrible sourire.