Je te traite de monstre, tu éclates de rire.
Je te dis que tu es cruel, tu souries encore, et tu me remercies.
Puis je te dis que je te hais, et là, tu ne dis plus rien.
Tu te figes, comme pétrifié. Tes yeux s'agrandissent et, le temps d'une seconde, je crois y voir de la souffrance. C'est impossible, tu ne ressens rien. Que de la joie face à l'agonie, de l'extase quand tu tortures, du plaisir quand tu détruis. Tu es un être sans foi ni loi, un assassin fier du sang qui encroute ses mains.
Et pourtant non, je ne me trompe pas. Tu as bel et bien mal, tu ne réussis plus à le cacher. Est-ce moi qui t'ai blessé ?
Ton visage reprend ses couleurs assassines aussi vite qu'elles s'étaient envolées, et tu me renvoies ma remarque. Toi aussi, tu me hais, dis-tu. Mais c'est trop tard, et je n'y crois plus.
Si les circonstances avaient été différentes, oui, sûrement, nous aurions pu nous aimer. Car moi aussi, le temps d'un instant, une seconde au goût d'éternité, je cesse de jouer l'indifférent, j'ôte mon masque et tu découvres, à ton tour, la même tristesse au fond de mes yeux. Moi aussi, je t'aime…
