Je n'ai pas choisi d'être comme ça. Je n'ai pas voulu de cette existence, suspendue entre vie et mort, perchée sur un fil invisible impossible à couper. Incapable de mourir, inapte à aimer.
Que me reste-t-il sinon des regrets ?
Je me souviens de toi, de ton sourire, tes yeux flamboyants sous le soleil couchant. Puis ton cri, ton agonie, alors que j'enfonçais profondément ma main dans ton cœur. Ce cœur si fragile, si cher à ma vie. Tu sais, ce jour là, c'est moi que j'ai tué. Petit à petit, comme un poison sournois, ma vie ternit, perd ses couleurs, devient cendre et poussière.
Tu me manques, o'chibi. J'en suis malade, tiraillé, déchiré entre joie et horreur, rire et pleur. Te tuer était le but de ma vie, et te voilà mort. Loin, très loin de moi, et j'en meurs. J'ai envie de hurler, de toutes mes forces, à m'en crever les tympans. Je me sens imploser et devenir fou, tout m'échappe, je voudrais mourir.
Je t'aimais o'chibi-san. Je viens à peine de le réaliser.
