J'avais deux enfants.

Deux adorables bambins qui s'accrochaient à mes bas et réclamaient mes bras. Deux si beaux visages, avec ces mêmes cheveux blonds, lisses et soyeux, aussi lumineux que les miens. Deux paires d'yeux magnifiques, innocents ou colériques, boudeurs ou rieurs, avec cette belle couleur ambrée si semblable à mes prunelles. Deux caractériels, aussi féroces et déterminés l'un que l'autre, et pourtant si doux et sensibles.

Deux enfants que j'aimais, du plus profond de mon cœur. Un cœur pourrit, rongé par la gangrène, la haine et la mort. Un vieil organe usé jusqu'à la moelle, une épave d'humanité bien trop âgée.

Deux enfants que j'aime encore, malgré toutes mes fautes et mes pêchés, toutes ces choses impardonnables qui souillent ma conscience jamais lavée. J'ai besoin d'eux autant qu'ils me haïssent. Je mourrai pour eux ; ce ne sera que justice.