J'ai un souvenir qui me trotte dans la tête. Un visage, un sourire. Puis plus rien. Un coup de vent, disparu, envolé. Une trainée de fumée dissipée par le vent.
Est-ce toi ? Ce visage chaleureux, ces prunelles profondes et cette peau d'albâtre ? Pâle, presque translucide, le teint d'un mort. Blafard. Je te perds, tu t'échappes sans cesse, eau qui glisse entre mes doigts, vieille illusion fanée, calcul erroné.
C'est moi que j'ai perdu. Pourquoi suis-je incapable de retrouver ton visage ? Je suis pourtant sûr de l'avoir aimé, un jour. Follement, éperdument. Comme un damné. A en crever.
C'est le vide qui t'a avalé, le néant qui t'a trompé. A trop jouer avec le feu, on finit par se brûler. C'est une tache, du rouge sur du blanc. Du sang sur tes ailes.
C'est idiot de dire ça maintenant. Tu n'avais pas d'aile. Juste une foutue belle gueule. Et la sale manie de toujours te fourrer dans les ennuis. Enfin, je suppose que de ce côté-là, je n'ai pas mon mot à dire.
On était faits pour s'entendre, toi et moi. Alors pourquoi suis-je en train de t'oublier ? Pourquoi t'effaces-tu peu à peu, un peu plus jour après jour, seconde après seconde ? Pour ne plus me voir souffrir ? Raté. C'est pire que tout.
Je ne veux plus t'oublier. Quitter cette mémoire effilochée, décoller de terre, m'effacer à mon tour.
Sombrons, mon amour, dans les méandres de l'oublié.
