Le canon du révolver est pointé droit sur moi. Gueule béante, gouffre aussi noir que l'enfer, œil vide et caverneux prêt à cracher sa gerbe mortelle.

Je vais mourir.

Je voudrais bouger, crier, tirer le premier, mais rien. Rien que du vide, du néant.

Je suis impuissant. Totalement paralysé.

Gracia, mon cher amour, pardonne-moi. Je ne rentrerai pas ce soir. Ni les suivants.

Roy, vieux frère, prend soin de ma famille. Et dépêche-toi de gravir les échelons, arrive au sommet. C'est notre rêve, non ?

Elysia, ma petite, toute petite Elysia, ma princesse, mon soleil, ne pleure pas. Papa va bien.

Le canon a rugit, et je me sens basculer en arrière. J'emporte avec moi le visage de ta mère, et le tient. Je veillerai sur toi, toujours. De loin, comme un souffle invisible sur ta nuque découverte un soir d'été, une légère caresse, rapide et fugace, jusqu'à ce que les plaies de ton cœur d'enfant disparaissent. Jusqu'à l'apaisement éternel.