Dire que ce banquet de rentrée fut un enfer rentre dans la case doux euphémisme et encore, dire que Neuville était devenu un génie en Potions se rapprochait plus de la réalité. Non seulement Harry avait du endurer les regard admiratifs de presque toute l'école, éconduire un dizaine de prétendants, tous sexes confondus, en moins d'une heure mais en plus, il devait supporter Dumbledore en train de faire son discours. Il avait été gentil, pourtant. Il avait bien tué Voldemort, fait triompher le bien, mais non, ce n'était pas assez semble-t-il pour qu'il soit enfin en paix. Et gna gna et gna gna................ Oups il devait avoir soupiré trop fort, car Hermione venait de lui lancer un regard furtif. Mais bon personne ne lui en tiendrait rigueur d'être un peu distrait, il revenait juste d'une cure de repos pour dépression. D'ailleurs rien qu'à penser à ce mois, le Gryffondor repartit dans ses souvenirs sans plus faire attention à ce qui l'entourait et lorsqu'il revint à lui, Dumbledore s'était tu et tout le monde avait commencé à manger. D'ailleurs le vieux fou le fixait un peu trop, aussi le brun remplit son assiette et commença à avaler une fourchette, lorsqu'il faillit s'étrangler avec ce qu'elle contenait.
Pourquoi Draco avait changé de place ? Pourquoi se trouvait-il en face de lui, enfin à la table des Serpentards mais en face de lui ? Et surtout pourquoi le fixait-il ainsi ? Lucius ne lui avait-il pas appris la discrétion ? Harry, jeta un regard noir au blond qui n'en tint pas compte et continua à le fixer. Pour essayer d'échapper à ce regard inquisiteur le Gryffondor détourna ses yeux vers ceux de sa table et écouta leur blabla. On était revenu au retour de Snape à son poste avec Ron dans le rôle du cracheur de fiel
- Je persiste à dire qu'il n'a rien à faire ici. C'est faire insulte à tous ceux qui sont morts durant cette Guerre. Je sais Hermione, tu vas repartir sur le fait qu'il ait été un espion, mais il a quand même du sang sur les mains et pas qu'un peu.
- Ron, il était au service de Voldemort, même si il travaillait pour l'Ordre, il ne pouvait pas ne pas agir.
- Personne ne l'obligeait à être sadique Hermione. Fit remarquer Ginny
- Ma sœur marque un point Mione. Il aurait pu simplement tuer ses victimes et non les torturer.
La brune secoua la tête. Elle savait que face aux Weasley, elle aurait toujours tort. Harry lui du se mordre la langue pour ne pas rétorquer. Oui Severus avait torturé, c'était la façon d'agir des Mangemorts, mais il se servait des sorts informulés pour anesthésier ses victimes dès qu'il le pouvait prenant même le risque de le faire sous le nez des adeptes de Voldemort. Même si l'homme ne disait rien, tous ces morts venaient le hanter chaque nuit et il ne s'accorderait jamais le droit au bonheur pour expier ses crimes. Le regard vert du jeune homme se voilà quelques secondes, trop furtivement pour que ses "amis" s'en aperçoivent, puis il reprit sa teinte habituelle. Heureusement grâce à une habile manipulation d'Hermione la conversation était parti sur un autre sujet ; leur choix futur de carrière. Ginny pensait à faire des études de droit, Ron lui ne jurait que par la carrière d'Auror, Hermione elle pensait plutôt à le recherche. Lorsque se fut au tour de Harry de s'exprimer il ne pu retenir les premiers mots qui lui venaient à l'esprit :
- Vivre.
Devant les regards des autres Gryffondors il se reprit et continua.
- Je pense prendre une ou deux années sabbatiques pour explorer le monde puis je me tournerai sûrement vers la carrière d'Auror.
Voilà, ils étaient tous soulagés. Le petit héros faisait ce que l'on attendait de lui. Seulement ils étaient loin de s'imaginer que Harry n'avait pas du tout mais alors pas du tout envie de faire carrière dans la police sorcière. Il pensait plutôt monter une académie de magie en Angleterre, pour concurrencer le poids de Poudlard qui se faisait trop oppressant. La démocratie c'est aussi avoir le choix. Et puis dans le vieux collège certaines choses lui déplaisaient souverainement et en créant sa propre école il comptait faire changer ces choses. Par exemple, il trouvait ridicule de ne pas enseigner la Magie Noire. Elle faisait partie de la magie et si un jour un nouveau Voldemort venait à apparaître les sorciers se trouveraient de nouveau démunis face à cette forme de magie qu'ils ne connaissaient pas. Le brun en avait parlé avec son époux qui le soutenait dans ce projet mettant la fortune des Malefoy à la disposition du Gryffondor pour la réalisation de ce projet. D'ailleurs heureusement que Draco n'était pas au courant, car il risquait de ne pas apprécier de voir son père mettre ainsi sa fortune en jeu. Il aimait Harry mais pas au point de renoncer à son train de vie. D'ailleurs en parlant du jeune blond, il sentait toujours son regard oppressant sur lui. Sans avoir besoin de poser les yeux sur le Serpentard il pouvait très bien s'imaginer les yeux argentés de Draco le dévorer sans aucune retenue. Il devait faire cesser tout cela avant que ça ne dégénère.
Aussi il se leva, prétextant la fatigue du voyage et sortit de table pour aller se perdre dans les couloirs du château. Mais même là, il était dit qu'il ne trouverait pas la paix. Le jeune homme passait devant une classe vide lorsqu'il se sentit happé et se retrouva face à un regard qu'il connaissait bien :
- Blaise........
- Potter.
Les deux garçons se regardèrent un moment sans rien se dire. Harry prudent tenait sa baguette prêt à riposter, mais le Serpentard ne semblait pas vouloir l'agresser. Lassé de ce petit jeu, le Gryffondor fit un pas vers la porte, mais Blaise se mit devant lui.
- Si tu as quelque chose à me dire, fais le.
- Pourquoi tu fais ça à Draco ?
- Lui faire quoi ?
- Ne joue pas à l'idiot Potter, je sais que tu ne l'es pas. Pourquoi tu le fais souffrir comme ça ?
- C'est lui seul qui se fait du mal. J'ai été clair dès le départ, je ne l'aime pas et ne l'aimerai jamais. Maintenant si il est trop égoïste pour ne pas l'accepter c'est son problème pas le mien.
- Ne pas l'aimer c'est une chose mais épouser son père en est une autre.
Harry fronça légèrement les sourcils. Blaise n'était pas dans la confidence de son mariage. Seul Lucius, lui, Severus et Draco...............
- Draco.........Il ne sait donc pas se taire.
- Ne lui jette pas la première pierre. Tu parles d'égoïsme mais ce que son père et toi lui faîtes est pire encore que de l'égoïsme.
- Écoute Blaise, je ne sais pas pourquoi Draco est venu se confier à toi, mais sache que cette histoire ne te concerne en rien. Et si le bien être de Draco te tient tant à coeur, tu n'as qu'à aller le consoler, moi je m'en vais.
Joignant la parole au geste, Harry quitta la pièce, et ,n'entendit pas la dernière phrase du Serpentard à peine murmurée :
- C'est mon vœu le plus cher, mais il n'a que toi en tête.
Lorsque le Gryffondor rejoignit enfin son dortoir, ses camarades discutaient entre eux. A son arrivée, un léger silence se fit mais Harry fit semblant de ne pas le remarquer et prenant son pyjama, il alla dans la salle de bain, jetant un sort d'insonorisation contre la porte de la pièce. Il ne tenait pas à entendre ses camarades, il avait besoin de réfléchir. L'année venait juste de commencer et déjà il ne supportait plus la situation. Sa douche ne l'aida que peu à se relaxer, il avait besoin de parler à son mari, mais savait que pour l'instant c'était impossible. Il le ferait demain dans l'après-midi, il avait un trou dans son emploi du temps. Inspirant un bon coup, il sortit de la pièce un sourire aux lèvres, armé de tout son courage pour supporter la soirée de rentrée et sa traditionnelle bataille de polochon.
Plus bas, dans une chambre de Préfet en Chef, Blaise essayait de remonter le moral à un Draco bien décidé à se noyer dans un bouteille de tord boyau qui faisait passer le Whisky Pur Feu pour un jus de fruit allégé.
- Il n'a pas le droit de me faire ça. Tu te rends compte, mon propre père se tape l'homme que j'aime.
- Tu devrais peut être essayer de passer à autre chose Dray.
- Facile à dire pour toi, tu n'es pas amoureux.
- Non, c'est vrai.
Trop occupé à inaugurer sa nouvelle année de scolarité par un coma éthylique, le Serpentard ne remarqua pas la lueur de souffrance qui éclaira les prunelles de son ami.
- Alors ne me fais pas la leçon.
Quelques heures se passèrent ainsi avec un Draco dans le rôle de l'amoureux éconduit et inconsolable et Blaise dans celui du soutien du coeur brisé. D'ailleurs il décida de quitter le blond avant d'avoir une parole malheureuse, il avait son amitié c'était déjà ça non ? Alors qu'il avait posé la main sur la poignet, une autre main se posa sur la sienne et il se retourna pour tomber sur le regard de Draco qui brillait d'une flamme étrange.
- Tu es mon ami ?
- Bien sûr Dray pourquoi cette question ?
- Alors tu me rendrais un petit service ?
Le Serpentard regarda le Préfet en chef d'un air dubitatif. Le blond semblait pas mal éméché. Draco le sentant hésiter raffermit sa prise sur le bras du métis et le rapprocha de lui. Blaise commença à légèrement paniquer, il ne devait pas permettre une telle proximité au risque de sauter sur Draco. Mais le rapprochement de leur corps ne l'aidait pas à réfléchir et c'est presque malgré lui qu'il répondit.
- Oui
Sans plus de préambule, le blond rompit les quelques centimètres qui les séparaient et lui déroba ses lèvres pour un baiser torride. Blaise ne comprenait plus rien à la situation et essaya de se dégager. C'était sans compter sur l'entêtement de Draco qui passa un main derrière sa nuque pour l'empêcher de fuir. Le Serpentard ne lutta que quelques secondes avant de céder à l'envie qui le tarauder et il passa ses bras autour de la taille de son ami, qui décollant leur lèvres lui murmura :
- Reste avec moi, ce soir, je n'ai pas envie d'être seul.
Un coup de poignard aurait peut être moins blessé le jeune homme. Il n'était donc qu'un simple corps dans lequel passer sa frustration. Mais c'était peut être sa seule chance de l'avoir pour lui et peut être qu'avec un peu de chance cela pourrait les mener vers quelque chose de plus constructif.
- D'accord.
Draco lui accorda un petit sourire et lui prenant la main le guida vers son lit. Une petite alarme s'enclencha dans la tête de Blaise lui disant qu'il faisait sûrement la bêtise de sa vie. Mais les lèvres et les mains du blond la firent taire et le Serpentard se perdit corps et âme dans les bras de l'homme qu'il aimait.
Le lendemain c'est un mal de tête carabiné qui souhaita le bonjour à un Draco de très mauvaise humeur. Par réflexe, il se retourna pour chercher Blaise à ses côtés mais il ne trouva qu'une place vide et froide. Où était-il donc passé ? Ouch pas trop de question, d'abord direction l'armoire des premiers secours et une Potion anti gueule de bois. C'est en se traînant plus qu'en marchant que l'héritier Malefoy alla jusqu'au petit coffre et il avala d'un trait la potion tout en se rasseyant sur son lit. Alors que les brumes de d'alcool se dissipaient, il réfléchissait sur l'absence de son ami.
Bon ok, ils avaient couché ensemble, mais il n'y avait pas de quoi en faire un drame. C'était une sorte de réconfort pour le blond. Des flashes lui revenait et tout à coup:
- Oh Merlin !
L'uniforme mit de travers, Draco fonça à travers les couloirs pour se rendre dans la Grande Salle, se fichant totalement des regard interloqués que provoquaient sa tenue et sa course. Son arrivée en trombe ne passa pas non plus inaperçu, le et merde peu discret qu'il lança en ne voyant pas Blaise à la table des Verts y étant peut être pour quelque chose. D'ailleurs c'est à peine si il vit Harry qui regardait le jeune homme assez surpris et inquiet. Pour que le Serpentard fasse aussi peu cas de sa tenue et de son comportement c'est que soit il y avait un gros problème, soit le gros problème n'allait pas tarder à poindre le bout de son nez. A mille lieues des réflexion du Gryffondor sur l'imminence d'une Apocalypse, le Préfet en Chef décida de s'asseoir et d'attendre son ami qui n'allait pas tarder à arriver. Il n'allait pas quand même sauter le petit déjeuner.
Alors qu'il beurrait une tartine, un hibou entra dans la grand Salle, se dirigeant vers la table des Verts. Le blond le regarda indifférent jusqu'au moment ou l'oiseau vint se poser devant lui, tendant sa patte où était attaché une enveloppe rouge. Sous les regards intrigués de ses camarades et amusés des Gryffondors, le jeune homme prit l'enveloppe. peut être qu'en courant très vite il pourrait sortir de la pièce, mais un rapide coup d'œil à la porte lui apprit que c'était impossible un attroupement de Serdaigle la bloquant. Prenant son courage à deux mains il ouvrit l'enveloppe d'une main légèrement tremblante.
Draco, que tu fantasmes sur Potter c'est ton droit, que tu me baises pour faire tomber ta frustration c'est ton droit, mais qu'en jouissant tu prononces son nom alors que tu es entre mes cuisses, c'est vraiment ignoble ! Finalement Potter avait raison, tu n'es qu'un égoïste, tu ne penses uniquement qu'à ta personne sans te soucier des dégâts que tu occasionnes. Une seule chose me console c'est que tu resteras seul, j'aurais pu t'apporter beaucoup si tu avais su voir mon amour, mais tu t'obstines sur Harry, alors qu'il a épousé ton père et que d'après tes propres dire rien ne pourra les séparer. Tu es vraiment pitoyable !
La voix de Blaise se tu alors que tous les regards étaient victimes d'un profond strabisme. Tous voulant voir Draco ET Harry, aussi blanc l'un que l'autre. Le Gryffondor fut le premier à réagir et il profita de la surprise pour s'éclipser, il devait prévenir Lucius au plus vite et accessoirement retrouver Blaise pour le trucider. Draco un peu plus lent, vit tous les regards revenir vers lui et une voix emplie d'une colère froide lui parler.
- Monsieur Malefoy dans mon bureau.
Gloups, la voix de Severus n'annonçait rien de bon pour le jeune homme qui obéit pourtant avec promptitude. Un dernier regard lui apprit les dégâts occasionnés par la beuglante de Blaise. Dumbledore semblait s'être étouffé avec un de ses gâteaux, Minerva concurrençait le rouge Gryffondor, Granger gagnait le premier prix d'interprétation section carpe, Weasley frère était à terre et Weasley sœur elle se reconvertissait en fontaine. Une main sur son épaule le tira de sa contemplation et il se retrouva tiré à travers les couloirs par un Severus irradiant tellement de rage que les élèves s'incrustaient dans les murs pour éviter de croiser le regard de l'homme.
Une fois arrivé à bond port, la porte du bureau se ferma et le professeur s'appuya à son bureau le fusillant du regard :
- Explications !
Draco regarda l'ami de son père légèrement apeuré. L'homme semblait vraiment prêt à commettre un meurtre et comme il était la seule personne dans ce bureau, il s'inquiétait pour son espérance de vie. Puis il baissa la tête. Il n'avait rien à expliquer tout avait été parfaitement résumé par Blaise dans sa charmante et oh combien discrète missive !
- Tu te rends compte j'espère de ce que ton comportement va occasionner comme problème à ton père et à Harry. Dumbledore ne laissera pas passer une telle chose. Maintenant tu m'excuseras mais j'ai un autre Serpentard à retrouver. Tu es consigné dans ta chambre de préfet en Chef jusqu'à nouvel ordre et si j'étais toi je préparerai mon testament. Ton père t'a passé beaucoup de chose mais là compte sur lui pour t'apprendre le mot responsabilité.
Sans un regard de plus pour son élève Severus quitta son bureau, laissant Draco rejoindre sa chambre et lorsqu'il y pénétra il fut accueilli par un coup de poing qui l'envoya au tapis direct. Se préparant à hurler contre son agresseur, il referma la bouche dès qu'il reconnut Harry qui n'avait plus rien du gentil petit Gryffondor mais tendait plutôt vers Voldemort mode pas content du tout.
- C'est donc si dur pour toi de voir les gens heureux. Je te déteste Draco !
- Hey ! Je te comprends mais je n'y suis pas pour grand chose, ce n'est pas moi qui ait envoyé une beuglante en pleine Grande Salle !
- La ferme ! Tu es entièrement responsable. Qu'est-ce que tu avais besoin d'en parler à Blaise ?! Qu'est-ce que tu avais besoin de te le faire ?!
- Ça va,il était consentant.
- Bien sûr abruti, il t'aimait ! Tu me fais rire avec ton numéro de grand amoureux. Tu n'y connais rien à l'amour. Si tu m'aimais comme tu le prétends, tu ne me harcèlerais pas ainsi, tu accepterais mon choix. La seule personne que tu aimes Draco c'est toi.
Se massant la joue le Serpentard se leva pour se planter face au Gryffondor.
- Tu n'as pas le droit de dire ça. Je t'aime réellement.
- Non.
- Putain Blaise va me payer ce coup là !
Le visage d'Harry s'assombrit et il baissa un instant les yeux avant de les relever plus brillant que jamais.
- Ça m'étonnerait.........
- Et pourquoi ça ?
- Il est mort Draco. Il a sauté du haut de la volière.
