Après avoir consciencieusement claqué la porte du bureau du vieux fou, Harry dirigea ses pas vers la chambre de Draco. Lorsque son époux arriverait, se serait l'endroit où il se rendrait en premier et même si le brun avait une rancune contre le Serpentard, il ne tenait pas à le laisser seul avec son père. Lucius furieux pouvait être assez terrifiant et si par malheur, il perdait son contrôle sur lui même, s'en était terminé de l'héritier Malefoy. Mais dans la chambre déserte, il ne trouve que Théo qui semblait l'attendre dans l'encadrement de la porte.

- Ils sont dans le bureau du professeur Snape.

- Oh ! Merci.

Harry nota les malles qui étaient à moitié remplies. Draco quittait le collège ?

-Il est renvoyé de Poudlard ............ Définitivement. Expliqua le Serpentard qui avait vu le regard du brun.

-Quoi ?!

-Dumbledore l'a exclu de l'école, il lui a annoncé quelques minutes après que tu ais quitté la chambre.

Mais, le vieux sorcier n'en avait pas fait mention............... Sans plus se soucier de Théo Harry fonça vers le bureau de Severus. La mort de Blaise, l'exclusion de Draco, la "discussion" dans le bureau du directeur, tout s'emmêlait dans sa tête. C'est presque inconsciemment qu'il pénétra dans le bureau du Directeur des Serpentards. Il ne se rappelait pas avoir prononcé le mot de passe ou même frappé à la porte, pourtant il était bel et bien au milieu du bureau et c'est la porte qui en se refermant le fit enfin se rendre compte de sa situation. Il était face à Severus, qui était appuyé sur son bureau, et entre Lucius debout et visiblement furieux et Draco, assis et prostré. Jugeant sa position risquée, le Gryffondor choisit de venir lui aussi s'appuyer contre le bureau à la droite du professeur de Potions.

Harry savait que malgré l'amour que lui portait Lucius, il ne devait pas intervenir. Du moins pour le moment, si le blond allait trop loin il réagirait tout comme Severus, mais pour l'instant c'était une histoire entre le père et le fils. Et l'histoire semblait sur mode pause. Aucun des deux blonds ne semblant vouloir faire un geste, dire un mot. Sentant venir le long silence qui dit bien des choses mais n'arrange rien, spécialité malfoyenne si il en est, Severus fit apparaître une bouteille de Fire Whisky et se servit un verre ainsi qu'à Harry. Alors qu'il le portait à ses lèvres, il le sentit glisser d'entre ses doigts pour atterrir dans celle de Lucius qui l'avala d'un trait. Comme si tout ceci était normal, Severus se servit un nouveau verre et par la même occasion en tendit un à Draco. Erreur.......... à peine la main racée du jeune homme eut-elle touchée le verre que Lucius sortit enfin de son silence :

- Tu comptes tuer qui après t'être à nouveau mis minable ?

- Je n'ai pas tué Blaise !

- Certes techniquement tu ne l'as poussé de tes propres mains mais c'est ta conduite innommable qui l'y a incité. Tu es donc aussi responsable que si c'est toi qui l'avait jeté de la volière.

- Combien de temps comptez-vous encore me le rappeler ?

- Je ne t'en reparlerai plus après ce jour, ta conscience et les autres se chargeront de te rappeler ton acte. Car il te poursuivra, dans vingt ans tu trouveras encore quelqu'un pour te remettre en mémoire la mort de Blaise.

L'adolescent murmura quelque chose que n'arriva pas à entendre Harry à l'inverse de Lucius qui reprit sa leçon

- Mais tu seras là dans vingt ans mon cher fils. Tu n'as pas le droit de mourir, tu n'as plus le droit. Tu te dois de vivre et de porter ce fardeau. C'est la seule façon que tu auras de te faire peut être un jour pardonner ta conduite.

- Vous être cruel.

- Tu me trouves cruel ? Ce n'est rien par rapport à ce qui t'attend dehors.

- En parlant de dehors tu comptes faire comment pour sa scolarité. Un précepteur ?

Severus avait préféré intervenir et coupé son ami dans le démolissage en règle de Draco qui semblait prêt à s'écrouler. Il voyait bien que le jeune homme n'était pas loin du point de rupture, il luttait pour ravaler ses larmes, sachant que son père deviendrait encore plus virulent en le voyant pleurer. Lucius lança un regard noir à l'homme qui le reçut impassible, le laissant couler.

- Pour cela il faudrait qu'il soit au Manoir, ce qui ne sera pas le cas.

Harry se mit droit interloqué. Son époux ne comptait pas tout de même mettre son fils dehors ! C'était de loin la plus mauvaises des solutions.

- Luss..............

- Laisse moi finir Harry s'il te plaît. Je considère que pour revenir chez nous, Draco doit d'abord changer, sinon toute cette histoire se reproduira.

- Père................

- Tais-toi Draco. Dans deux jours tu partiras pour le Canada, une de mes connaissances y tient un centre de rééducation pour les victimes des Mangemorts. Certains des pensionnaires ont subit les pires atrocités qui puissent exister, pourtant ils sont toujours là, ils se battent pour pouvoir continuer à vivre. Je crois que tu as beaucoup à apprendre d'eux. C'est pourquoi tu y travailleras. Tu suivras des cours par correspondance pour continuer ta scolarité. Tes seuls revenus seront tes salaires.

Le jeune blond cette fois ne pu retenir ses larmes, mais elles coulaient en silence. Il avait besoin de son père et celui-ci le chassait.

- Lucius c'est un peu sévère tu ne trouves pas ?

- Severus je te prierai de ne pas te mêler de cette histoire.

- Non Luss, il a raison. Draco a besoin de toi, c'est une épreuve très dure qu'il traverse, l'exiler n'est pas une bonne solution. De plus, je crois que son renvoi ................ est une attaque contre nous.

Harry avait réfléchi et c'était devenu une évidence que l'exclusion du blond n'était qu'une basse vengeance du vieux directeur.

- Draco partira, je ne reviendrai pas là dessus, mais contrairement à ce que vous dites ce n'est pas pour me débarrasser de lui, mais pour l'aider.

Le ton péremptoire fit comprendre aux interlocuteurs de Lucius qu'il considérait la discussion comme close. Mais sa dernière phrase avait raisonné comme une bouée de secours pour Draco qui releva le regard vers son père, ses yeux gris toujours tristes étaient emplis de question auxquelles il savait qu'il devrait trouver des réponses seul.

- Tu peux nous expliquer Harry ?

- C'est bien simple Severus. Draco n'a pas fait ça dans l'intention de tuer Blaise et il est exclu définitivement. Or lorsque Sirius a tenté de te faire tuer par Remus il n'a pas subi une telle sanction, pourtant là c'était tout à fait volontaire.

Le Directeur de Serpentard grimaça à ce souvenir mais devait admettre que le raisonnement du Gryffondor se tenait. Lucius lui avait fermé les yeux. Mauvais signe pensa l'homme en noir.

-De plus après avoir donné sa sanction à Draco, Dumbledore m'a convoqué dans son bureau. Il y avait aussi Remus, Ron, Hermione, Mac Go, Tonks, Fol Oeil et Mr et Mme Weasley. A part Remus ils semblaient tous penser que j'ai été contraint d'épouser Lucius et je ne pense guère me tromper en disant qu'ils comptent nous séparer.

Les derniers mots du jeune homme étaient à peine un murmure. Il se sentit enlacé et sa tête reposa contre un torse ferme, celui de son mari. Il avait si mal................... Ses amis, sa famille d'adoption, tous le considéraient comme un enfant immature, une victime. Ils refusaient la véracité de cet amour, le salissant de leurs insinuations.

-Si ils veulent nous séparer, ils devront d'abord m'affronter, je ne les laisserai pas te faire de mal.

Le brun releva la tête vers son époux, et recula légèrement effrayé par la colère que contenait les yeux de l'homme. Il s'apprêtait à lui répondre lorsque la porte du bureau s'ouvrit laissant entrer le Directeur de Poudlard. Le regard du vieil homme n'accorda aucune importance à Draco ou à Severus, il restait sur le couple enlacé.

- Vous vouliez me parler ?

- Ah oui Severus. Je voulais savoir si vous comptiez organiser une journée de deuil dans votre maison, en plus du deuil de l'école ?

Le coeur de Draco se brisa un peu plus et ses épaules s'affaissèrent.

- Chaque élève décidera de la façon dont il veut agir.

- Bien, bien. Lucius puisque vous êtes là, je vous remets le décret d'exclusion de votre fils. Comprenez bien que je n'agis pas de gaieté de coeur mais vu la situation il ne peut plus demeurer entre les murs de l'école et ce pour sa propre sécurité. Certains élèves pourraient être tentés de venger leur camarade.

Le blond prit le parchemin tendu et sans prendre la peine de le lire le tendit à son fils.

- Tu le mettras avec tes affaires. Maintenant va finir de ranger tes malles, il est temps de partir.

Draco ne se le fit pas dire deux fois et saluant le Directeur il quitta la pièce, suivit de très près par Harry qui s'était vu charger de surveiller "ce petit imbécile qui me sert de fils" par Lucius. Il savait que ce n'était qu'un prétexte pour l'éloigner du regard inquisiteur de Dumbledore et remercia son époux d'un langoureux baiser qui dura un peu plus que nécessaire, mais quel plaisir de voir cette lueur dans les yeux de Dumbledore, de lui clouer le bec. Il sortit de la pièce sans s'inquiéter de la suite, le vieux Directeur n'oserait pas défier Lucius de face. Comme toujours il agirait en essayant de manipuler la situation. A ce demander si le Choixpeau n'avait pas hésité avec Serpentard pour lui aussi.

Severus, lui était moins sûr que la situation ne finirai pas par exploser. Le regard flamboyant de son ami et le silence de Dumbledore ne présageaient rien de très bon. Non, il n'était pas paranoïaque mais lorsqu'un Malefoy, surtout Lucius, laissait transparaître ses pensées dans son regard et que Dumbledore se taisait il y avait de quoi s'inquiéter. et pour ne pas changer il se retrouvait encore au milieu. Il s'était définitivement trompé de métier, car il semblait avoir de réelles compétences comme arbitre. Mais là, il était professeur de Potions et jusqu'au dernière nouvelles sur son contrat de travail il n'était marqué nulle part qu'il devait se retrouver entre deux sorciers puissants prêt à se lancer les pires sorts. Aussi il les mit à la porte avec diplomatie et tact et referma bien vite sa porte. Si ils voulaient s'entretuer qu'ils le fassent dans le couloir !

Mais malgré l'envie qui taraudait le blond d'expliquer sa façon de penser au vieux fou, il n'en fit rien. A Poudlard, il n'était pas en terrain sûr pour tenter quoique se soit contre Dumbledore, il choisit donc de l'ignorer superbement et d'aller chercher son fils et son époux. Aussi il fut assez surpris au tournant d'un couloir de retrouver le vieil homme devant lui et ne cacha pas son agacement.

- Vous avez oublié de me remettre un papier ?

- Lucius voyons. Vous savez que je fais ça uniquement pour préserver mes élèves. Je m'inquiète pour eux. D'ailleurs Draco ne me semble pas être au meilleur de sa forme, bien que vu les évènements cela se comprenne. Vous devriez faire attention à lui, il semble si fragile, qui sait ce qui pourrait lui passer par la tête. Les jeunes gens sont impulsifs, Blaise nous l'a rappelé.

Le blond laissa le directeur parler, enregistrant chaque mot et réprimant à grande peine un frisson, lorsque Dumbledore mit son fils et l'acte de Blaise en parallèle. Toujours silencieux, il dépassa le vieil homme sans lui accorder un mot. Les menaces à peine voilées sur la vie de son enfant lui donnaient des envies de meurtres sur le directeur de Poudlard. Visiblement le sorcier semblait furieux que son jouet lui échappe. Dès le début de sa relation avec Harry, Lucius avait ressenti l'emprise que l'homme avait sur le Gryffondor, dirigeant sa vie et ses pensées. Cela l'avait effrayé pour Harry et des disputes s'étaient élevées entre eux lorsque le blond essayait de raisonner Harry et de lui montrer la dictature que Dumbledore exerçait sur sa vie. Mais le brun avait fini par réagir à ses arguments, se détachant lentement mais sûrement du vieux sorcier.

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FLASH-BACK

La nuit était bien avancée, pourtant Lucius n'arrivait pas à dormir. Son regard s'accrochait à son amant et il ne pouvait détourner les yeux de son corps endormi. Tendrement il passa une main dans la chevelure ébouriffée du jeune héros du monde sorcier. Voilà un an que le jeune homme de seize ans avait capturé son coeur. Lui le redouté Mangemort, l'homme de glace s'était perdu dans les yeux émeraudes d'un garçon de l'âge de son fils. Beaucoup crieraient au scandale, et ils se tromperaient. Ce n'était une pulsion perverse qui l'avait poussé vers le jeune homme c'était quelque chose de beaucoup plus beau, d'impensable pour qui pensait le connaître : L'Amour.

Malgré les apparences, Lucius avait passé sa vie à obéir, d'abord à son père qui fit de lui un Mangemort sans lui demander son avis, puis en lui faisant épouser Narcissa Black. Belle jeune fille d'apparence douce, mais sous le vernis se cachait une véritable garce aussi sadique que sa sœur Bellatrix. Le seule avantage sur sa sœur était la beauté de Narcissa. Et dire qu'au départ son père voulait lui faire épouser Bellatrix ! Eurk ! Heureusement que Lestranges senior avait fait sa réservation plus tôt.

Son père mort, il avait obéit à son "maître" par peur. Bien que n'aimant pas les Moldus et les Sangs de Bourbes, il ne souhaitait pas leur destruction ou leur asservissement. mais il avait obéit, devenant un parfait Mangemort, grimpant bien vite les échelons jusqu'à se tenir aux côtés du Lord Noir qui voyait en lui, un moyen de parvenir à ses ambitions. En effet Lucius, possédait, la richesse, un nom qui faisait trembler et la beauté de la jeunesse.

Et puis était arrivé la plus belle chose de sa vie, son fils. Lorsque il vit Draco pour la première fois, il du se retenir de serrer son enfant dans ses bras et montrer une indifférence qui lui déchira le coeur. Mais il devait le protéger, ne pas montrer son attachement à son héritier pour qu'on ne se serve pas de lui. Il s'était encore plus enfoncé dans l'obéissance redoutant que son maître ne s'en prenne à son enfant pour le punir.

Il se dégoûtait de lui même, ne se supportait plus mais continuait, forgeant jour après jour, le masque qui aujourd'hui lui collait encore à la peau. Cet aristocrate, froid, hautain, méprisant, haïssable en tout point.

Et était arrivé l'inespéré, le Lord Noir était tombé devant un enfant à peine plus jeune que Draco. Tous fêtèrent la victoire et leur libération, mais pas lui. Son instinct lui avait fait comprendre que rien n'était fini. En fait cela n'était qu'un prélude. Aussi il continua à se comporter comme il aurait du le faire si son maître était toujours là. Lorsqu'il pensait "je t'aime" en regardant son fils il lui disait"tu me fais honte". Chacun de ces mots faisait saigner son coeur de père mais il le devait. De toute façon, jamais il ne ferait subir à son fils ce qu'il avait du subir. Il ne ferait pas lui un jouet pour son "maître", il ne lui imposerait pas une épouse qu'il finirait par haïr. Oh bien sûr il avait demandé la main de la fille Parkinson, mais c'était un leurre pour préserver les apparences. Jamais il ne l'obligerait à l'épouser.

Lors de la quatrième année de son fils, le Lord était revenu à la vie. Grâce au sang du fils Potter, il avait retrouvé un corps. Et c'est ce soir là que tout avait basculé dans sa vie. Alors qu'il tremblait face aux reproches de son "maître", Harry lui résistait, défiant le Mage Noir de son regard insolent. Lucius n'avait pas détacher son regard du garçon. Il passa deux mois à ruminer cette soirée et quand le Lord commença à parler de Draco comme futur Mangemort, il ne pu faire taire le père qu'il était. Il se devait de réagir et ne plus subir. C'était à lui de se battre pour son fils, pour qu'il ne soit pas brisé comme lui. Et il repensa au regard du jeune Potter. A cette détermination, à cette volonté.

Et sa décision fut prise. Il ne pouvait quitter les rangs de Voldemort sans risqué de voir son fils tué dans les vingt quatre heure et bien c'est de l'intérieur qu'il le ferait s'écrouler. Draco venait de rentrer au Manoir pour les vacances d'été. A la rentrée il commencerait sa cinquième année, l'échéance imposé par Voldemort se rapprochait. Il voulait l'héritier Malefoy dans ses rangs pour ses dix sept ans et Draco venait d'en avoir quinze. C'est pourquoi ce jour d'août il débarqua à Poudlard pour discuter avec Dumbledore.

En sortant du bureau, il tomba sur Harry. Leur regard se rencontrèrent et contrairement à ce qu'il pensait y trouver, Lucius n'y vit pas de haine. Le blond engloba le jeune homme de son regard pénétrant. Bien que du même âge que son fils, Harry ne portait plus aucune trace de l'enfance sur son visage fin et pourtant masculin. Son teint pâle était rehaussait par une chevelure indisciplinée noire de jais. Se rendant compte que ses pensées dérivaient peut être un peu trop, il revint vers les yeux du jeune homme. Erreur car leur éclat émeraude l'hypnotisa.

Le Gryffondor de son côté se laissa examiner sans rien dire. Si il n'avait pas encore sauté à la gorge du père de Draco c'est que le soir du retour de Voldemort, lui aussi avait vu quelque chose qui l'avait marqué. Alors que le Lord Noir lui expliquait les règles de Duel, il avait tourné le regard vers le groupe de Mangemorts et était tombé sur les yeux de Lucius. Dedans il ne trouva pas la jubilation qu'il attendait seulement une tristesse et un dégoût, mais non tourné contre le reste du monde. Non, l'homme semblait se haïr. L'éclat fut fugace et il retrouva trop vite cet air qui donnait envie de lui hurler dessus, mais Harry comprit que ce n'était qu'un masque.

Depuis ce jour là, la fragilité qu'il avait décelé chez l'homme le poursuivait. Alors que le blond semblait hypnotisé par ses yeux, il le détailla plus amplement. une carrure assez forte pour être rassurante, un visage noble et racé dévoré par ses yeux métalliques, une bouche flatteuse. Draco était beau certes mais éthéré, alors que Lucius possédait cette beauté qui vous fait vous retourner. Virile tout en restant gracieuse. Et de nouveau leur regard se croisèrent. Aucun mot ne sortit de leur bouche et pourtant quelque chose se passa. Harry rompit le charme en reprenant sa route, lorsqu'il passa à côté de Lucius celui-ci du se faire violence pour ne pas le retenir.

Un main baladeuse sortit l'homme de ses pensées et en baissant la tête il croisa les yeux du Gryffondor qui semblait tout à fait réveillé. Sans quitter le blond du regard, il retraçait les contours de son torse, s'attardant sur la hanche qu'il savait sensible. Lucius lui sourit tendrement avant de lui dérober ses lèvres tentatrices. Doucement, il se goûtaient, se redécouvraient, comme si ce baiser était le premier. Harry entrouvrit la bouche, voulait plus que ce baiser trop chaste mais Lucius se contenta d'en caresser l'entrée jouant avec la sensibilité de son compagnon. Il voulait le voir perdre le contrôle, l'entendre gémir pour obtenir plus. Le brun essayait de résister mais finit parer céder sous la douce torture de son amant et leurs deux langues se retrouvèrent pour un ballet millénaires alors que le brun serra Lucius contre lui, voulant sentir sa chaleur. L'homme se crispa et un gémissement de douleur s'échappa d'entre ses lèvres.

Harry surpris le repoussa les yeux emplir d'incompréhension, mais son regard se porta sur l'endroit qu'il venait de toucher, l'omoplate du blond. Une large plaie mal refermée l'ornait. Relevant son regard sur son amant Harry semblait au bord des larmes. Lucius le prit contre lui, lui posant le front sur son torse, embrassant sa chevelure :

- Ce n'est rien mon ange.

Entreprenant de bercer le jeune homme il fut surpris de le sentir se débattre pour se délivrer de son étreinte. Il le relâcha et le regard furieux d'Harry le heurta.

- Ce n'est pas rien Luss. Si elle est là c'est que ni les soins ou les potions de Severus ont pu en venir à bout. Aujourd'hui cette entailles, et je me doutes qu'il y en avait d'autres, il y a six jours, les ulcérations et le séance de Doloris intensive il y a trois semaines ! Et j'en passe encore !

- On en a déjà discuté Harry.

- Non tu en as discuté, tu n'as pris en compte mon avis. Tu sais pourtant ce que j'en pense. Tu ne devrais pas prendre tout ces risques.

- Harry j'espionne tu sais qui, je sabote mes missions c'est inévitable.

- Pourquoi ne pas simplement quitter ses rangs et rejoindre l'Ordre ? Il te protégerait ainsi que Draco.

- Je suis plus utile comme espion.

- Utile ? Mais tu n'es pas un objet Lucius ! Parles en avec Dumbledore............

- C'est lui qui veut que je reste un Mangemort officiellement, tout comme Severus.

Harry regarda son amant, il devait mal avoir interprété les paroles du vieux sorcier. L'homme ne pouvait consciemment laisser les deux hommes souffrir intentionnellement.

- Si je quitte les rangs de tu sais qui, je serai arrêté pour avoir été un Mangemort.

- Dumbledore.............

- Arrête avec ce vieux fou Harry ! Ce n'est pas un saint loin de là !

- Tu ne peux pas dire ça !

- Si et je vais te dire pourquoi, il serait peut être temps que tu ouvres les yeux. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi il avait autant confiance en Severus ? Tout simplement parce qu'il le tient à la gorge, si Severus fait mine de le trahir il se chargera de révéler son statut d'espion aux bonnes personnes et tu sais ce qu'il lui arrivera dans ce cas là. Celui-dont on-ne doit-pas-prononcer-le-nom est sans pitié avec les traîtres, j'ai vu des sorciers agoniser plusieurs jours, supplier pour qu'on les tue. Et même si Severus n'a pas peur de la mort en elle même, il n'est pas fou au point de ne pas redouter la façon dont elle arrivera.

- Non....................

- Dumbledore se bat peut être pour le bon côté mais ses manières d'agir n'ont pas beaucoup a envier à celles de Tu sais qui.

Lucius se plongea dans les yeux de son compagnon où la confusion et la déception régnaient en maître. Il comprenait l'orage qui devait être en train de se créer dans la tête du jeune homme, ses révélations chamboulaient la vision du brun sur le vieux sorcier qu'il considérait comme un membre de sa famille mais il devenait vital qu'il ouvre les yeux, pour sa propre sûreté. Lucius ne supportait plus l'emprise que le Directeur avait sur son amant. Soudain le regard vert bascula et Harry se jeta sur le blond, entamant un baiser passionné presque désespéré, auquel Lucius répondit avec fougue.

Harry venait de voir voler en éclats certaines de ses certitudes et il se raccrochait à celles qui lui restaient. Un besoin urgent de ressentir l'amour de son compagnon pour l'un, de le rassurer sur la véracité de cet amour pour l'autre les tenaient.

La chambre se trouva emplit des gémissement du brun que Lucius prenait un malin plaisir à mener au bord de la jouissance avec sa bouche, ses mains, sans pour autant le laisser y accéder Il aimait le voir ainsi, sublimé par le plaisir, pantelant, offert et paradoxalement si pur. N'y tenant plus, il pénétra doucement ce corps qui le rendait fou, veillant à ne pas le blesser, juste à lui procurer du plaisir, à lui faire oublier tout ce qui n'était pas eux. Harry encercla la taille de l'homme avec ses jambes, le rapprochant de lui, dans cette étreinte il se sentait enfin vivant, enfin libre. Les gémissement feutrés montèrent en puissance au rythme des coups de reins du blond. Les deux hommes ne faisaient plus qu'un, Leur lèvres ne semblaient pouvoir se passer de leurs jumelles, leurs mains avides les faisaient frémir et c'est dans un gémissement étouffé par les lèvres de son compagnon que Harry se répandit entre leurs ventres. Lucius ne tarda pas à le rejoindre, les yeux fermés, la bouche rougie par leur étreinte.

Doucement il se retira du corps de son compagnon et se mit sur le côté pour ne pas écraser le jeune homme de son poids, l'embrassant dans le cou, alors qu'ils reprenaient leur souffle.

Harry vint contre lui, et l'homme ne pu réprimer un sourire de bonheur. Il embrassa la tempe du Gryffondor qui doucement glissait vers les bras de Morphée.

FIN DU FLASH-BACK

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Ça avait été le début d'une prise de conscience pour Harry et aussi le commencement de son éloignement envers le Directeur de Poudlard, qui avait mis ça sur la crise d'adolescence. Pour une fois il avait manqué de perspicacité. Tout à ses souvenirs Lucius s'était retrouvé devant la porte de la chambre de son fils sans s'en apercevoir. Il poussa celle-ci et regarda son fils qui était de dos, en train de ranger ses dernières affaires. Dumbledore en menaçant son héritier, car c'était bien des menaces que le sorcier avait proféré, venait de faire une grave erreur. Lucius n'avait pas hésité à trahir Voldemort pour sauver son fils, il ne laisserait pas un vieil homme tout puissant soit-il mettre son enfant en péril.

-Lucius ?

La voilà son autre raison de tout ses risques, son époux, Harry................. Le blond sourit à son mari et s'avança vers son fils qu'il prit contre lui, une lueur farouche au fond du regard.

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Chapitre écrit en écoutant en boucle Loreena Mc Kenitt "l'âme celte".