Draco se demandait encore ce qu'il faisait ici et qu'est-ce que son père avait en tête. Il l'avait levé sans ménagement de son lit, dans lequel il tournait sans trouver le sommeil pour le faire descendre dans le salon. Les yeux encore rouges de larmes, il avait regardé son père, alors qu'il lui tournait le dos. Encore une fois l'impression de n'être qu'une mauvaise copie lui vrilla l'estomac. Lucius était le chef d'œuvre, lui juste un double de plâtre sans aucun charisme.
Lorsque l'homme se retourna vers son fils, celui-ci se reprit, replaçant son masque d'indifférence en place. Il l'avait tellement déçu, il ne voulait pas en rajouter.
- Tu te rappelles le hameau d'Ashton ?
Draco hocha la tête positivement. Comment oublier cet endroit ? C'était là que le parrain de Harry avait donné sa vie pour sauver celle de Remus. Le dernier des Black avait expiré de la main même de sa cousine, la mère de Draco. C'était là-bas que le jeune homme avait pris vraiment conscience de la folie de sa mère, de sa cruauté. Si Remus n'avait pas vu la Mangemorte lancer le sort et Sirius se jeter dessus, personne n'aurait pu dire à qui appartenait ce corps.......déchiqueté. Personne n'avait pu oublier cet instant, personne n'avait pu oublier la réaction de Harry. Un silence qui parlait plus que n'importe quel cri ou pleurs.
Le blond fut prit d'un frisson qui le ramena au temps présent et il regarda son père qui semblait attendre une réponse. Devant le regard un peu perdu de son fils, Lucius comprit qu'il ne l'avait pas écouté et retint une réplique cinglante.
- Il y a une maison isolée, au dessus de l'encadrement une vouivre est dessinée. C'est là qu'habite Remus Lupin. Par n'importe quel moyen, tu dois entrer et lui dire de fuir avant l'aube. Dumbledore veut le faire arrêter.
- Mais c'est peut être déjà fait ?
- Non le mandat ne sera pas prêt avant sept heures du matin. Alors va t'habiller mieux que ça et file.
Draco ne jugea même pas utile de savoir d'où son père tenait toutes ces informations. Si il y avait bien une chose d'impressionnante avec le patriarche de la famille Malefoy c'était sa faculté à toujours être renseigné sur les moindres choses. Aussi le jeune homme se contenta de faire un signe vague de la tête et ressortit du salon, sentant le regard perçant de son père sur lui.
Si il s'était retourné, il aurait peut être discerné l'ombre d'inquiétude qui flottait dans les prunelles de l'homme. D'ordinaire, il n'aurait pas donné une tâche comme celle-ci à son héritier, mais Draco devait commencer à réparer ses erreur. En sauvant Remus, il effacerait un peu de son ardoise lourdement chargée.
Loin des réflexions de son père, l'adolescent finissait de mettre sa cape, s'assurant de la présence de sa baguette dans sa poche intérieure. Il se demandait bien comment il allait se dépatouiller de tout cela. Bon en théorie c'était assez simple, mais son instinct lui disait que ça ne se passerait pas sans difficultés. C'est sur ses pensées assez sombres qu'il transplana vers le hameau. Le seul endroit qu'il connaissait était le place centrale, là où ............ Heureusement à cette heure précise personne ne s'y trouvait. D'un pas alerte, il se dirigea vers la seule maison isolée . Alors qu'il approchait de l'endroit, il se figea net. Devant lui la lune, belle, luisante mais surtout ................. pleine !
Merlin, il le savait ! Ça ne pouvait pas être simple. Comment allait-il faire ? Avec la Potion Tue-Loup, il ne devait rien craindre. Mais vous avez déjà essayé d'expliquer à un loup, tout garou soit-il, de prendre la fuite? Se triturant les méninges pour trouver une solution, il eut juste le réflexe fort peu élégant de se jeter dans le fossé lorsqu'il entendit un pop caractéristique d'un transplanage.
Tapis, il écouta les pas se rapprocher de lui, puis le dépasser. Tiens depuis quand il ne respirait plus ? Relevant la tête, il vit une jeune femme se diriger vers la maison. Une alarme s'enclencha dans sa tête. Quelque chose clochait dans cette histoire et ça allait très mal se terminer.
Revenant sur le chemin, il suivit l'inconnue sans discrétion. Il fallait qu'il lui parle. Dissimulé sous sa capuche, les traits du garçon étaient en grande partie cachés. Il accéléra un peu, dépassant la jeune femme qui semblait consulter un parchemin. Un coup d'œil rapide lui dévoila l'insigne des Médicomages. Depuis quand un Loup-Garou pouvait faire appel à un Médicomage ? Même si les instincts tueurs de la bête étaient annihilés, la transformation restait.
Sans réfléchir plus, il se retourna brusquement vers la jeune et la stupéfixa avec une rapidité du à son expérience du combat. La médicomage n'eut pas le temps de chercher à se protéger, qu'elle tomba lourdement à terre. Se rappelant qu'il devait au maximum éviter de laisser des traces magiques de son passage, il tira manuellement la jeune femme dans le fossé à l'abri des regards et lui arracha de la main le parchemin.
Urgence médicale. Sorcier souffrant de violentes douleurs dorsales. Hameau Ashton, maison isolée.
Dire que Draco était dans le flou relevait de l'euphémisme, il était carrément perdu. Se rongeant un ongle nerveusement, il réfléchissait à la meilleure option à choisir. Tout à coup, une idée lui vint. Lors de la guerre, un sort permettait de dire le type d'ennemi enfermé dans un lieu. Sorcier, Vampire, Loup-Garou.
Cherchant dans les poches de la Médicomage, il finit par trouver un parchemin vierge. Il posa sa baguette dessus et murmura :
Descriptor.
Une légère lueur enroba le parchemin puis celui-ci s'éleva légèrement suivant le mouvement de la baguette de Draco qui la pointa vers la maison. Le blond suivit le papier qui passa le portillon du jardin et alla frôler les murs avant de revenir vers lui et de se poser dans sa main. Le jeune homme inspira un bon coup et regarda les lettres se traçant sur le papier. Deux W enlacés. Werewolf .
Bon jusque là rien de nouveau mais le jeune homme faillit gémir de dépit lorsque l'un des W prit une teinte dorée très prononcée. Loup-Garou sans Potion Tue-Loup. Mais qu'est-ce que Lupin avait fabriqué ! Essayant de reprendre ses esprits, le blond regarda la Médicomage et un début de réponse commença à apparaître. Il restait cependant assez sceptique. Le vieux était retors mais à ce point là cela frisait la démence tout simplement.
Regardant la lune, il ne cherchait désespérément une porte de secours. Le meilleur moyen était de jeter un sort d'Oubli à la jeune femme. Malheureusement il n'avait jamais réussi à saisir toute la subtilité du sort et si il lui lançait, elle risquait fort de se retrouver totalement amnésique. Pourtant il fallait qu'il agisse. Si son idée se révélait être juste, Remus ne serait pas arrêté demain, vu que le dîner livré à domicile pour loulou affamé était stupéfixé dans le fossé. Mais avec Dumbledore il fallait rester prudent, ne pourrait-il pas trouver un autre moyen de s'en prendre au lycanthrope ?
Draco lança un juron, trop énervé pour réussir à démêler tous les fils de sa pensée. Dans une situation pareille il enviait la capacité à rester toujours calme et rationnel de Severus. « Merlin, Merlin, une idée et vite! »
Tout à coup, le jeune homme releva la tête le regard brillant et une forte envie de se mettre des gifles monstrueuses. En s'affolant il avait tout simplement oublié les bases des cours de DCFM sur les Loup-Garou. C'était l'apparition de la pleine Lune qui les transformait et c'était sa disparition qui les faisait revenir à leur forme humaine. Hors on était début septembre, le soleil se levait vers 6H30/7H00, la Lune devait donc disparaître une heure auparavant environ. Donc entre 5H30 et 6H00 Remus perdrait sa pilosité. Il lui fallait simplement attendre l'heure dite et le prévenir, en espérant que le Lycan est assez mis de protection pour ne pas réussir à sortir faire une ballade au clair de lune.
Le blond décida de prendre son mal en patience il lui restait plus de six heures à attendre. Donc il pouvait s'occuper de la Médicomage et malgré sa réticence il décida de lui jeter le sort d'Oubli juste après l'avoir ranimé. Cinq minutes plus tard, une jeune femme un peu perdue sortit du fossé, se demandant comment elle avait fait pour se retrouver ici. Au dernière nouvelle elle était de garde dans son cabinet. Le jeune homme qui l'avait réveillée alors qu'elle était dans un fossé, n'avait pas pu lui répondre.
Soulagé de n'avoir pas dévasté le cerveau de la Médicomage, Draco s'assied plus confortablement le nez dans les étoiles, enfin dans la Lune plus exactement, veillant le mouvement de l'astre blanc et luttant contre la fatigue. Ses nerfs à fleurs de peau demandaient du repos, mais il ne pouvait pas se permettre de leur accorder. Il devait sauver Lupin des mains du sadique citronné, pour ne pas décevoir son père, pour se faire pardonner de ses actions, pour ne pas voir Harry souffrir.
Les larmes lui montèrent aux yeux, mais aucune ne coula. Pourquoi partout où il posait les yeux quelque chose lui rappelait Blaise ? C'était donc ça la culpabilité ? Si c'était le cas, il finirait fou, il ne supporterait pas. Maintenant en y réfléchissant, il voyait bien le ridicule de sa conduite envers Harry. Il n'arrivait même pas à croire qu'il avait pu agir ainsi. Il était tellement habitué à avoir tout ce qu'il voulait, qu'il n'avait pas compris en voyant Harry lui résister. Et comme un bon enfant gâté, il avait fait un gros caprice pour arriver à ses fins. Sauf qu'il n'était plus un enfant et que les conséquences de son caprice n'étaient pas puériles non plus. Blaise était mort, il avait blessé Harry, mettait son père en danger et par ricochet Remus. En fait tout ce qui arriverait maintenant serait une conséquence de sa conduite immonde. A bien y réfléchir, il se demandait pourquoi Harry ne l'avait pas trucidé, et pourquoi son père ne l'avait pas renié ? Si ce n'était pas Lupin qui était là dedans, il irait bien lui servir de casse croûte au loup. Pourtant là il ne pouvait pas, il était là pour le sauver et non l'enfoncer. Comme disait son père il en avait fait assez pour les cent prochaines années.
Vous avez déjà eut l'impression que le temps s'était arrêté ? Vous savez cette drôle d'impression que les secondes sont des minutes, les minutes des heures et les heures des jours. Et bien c'est exactement ce que ressentait Draco en suivant le parcours de le Lune à travers la voûte céleste. Lorsque le Lune disparut, il regarda sa montre et décida d'attendre six heures pour être certain de ne pas se retrouver face à un montre tout poilu et pas aimable pour deux mornilles.
Enfin l'heure attendue arriva, avec elle le soleil qui jetait ses premiers feux, et le jeune homme se releva en grimaçant. Il avait gardé sa position assise trop longtemps et les courbatures lui rappelaient douloureusement. C'est donc d'un pas un peu bancal, qu'il se dirigea vers la maison, une point d'appréhension au fond de l'estomac. Draco frappa mais personne ne lui répondit. Fronçant les sourcils, il posa la main sur la poignet qui à sa grande surprise tourna sans problème. S'éclairant de sa baguette, il avança prudemment dans le couloir. Aucun bruit de grosse bête. Poussant une porte sur sa droite, le blond avisa une toute petite cuisine en ordre à première vue. Il rebroussa chemin et ouvrit la porte lui faisant face. Une chambre, vide, comme la salle de bain adjacente.
Merlin, qu'est-ce que c'était que cette histoire ? De toute façon, il ne restait qu'une porte. En s'approchant, il entendit ce qui ressemblait à un gémissement de douleur. Draco essuya sa main moite et prenant son maigre courage à deux main, il ouvrit cette dernière, avisant un escalier. Une cave. Le jeune homme toujours éclairé par sa baguette, descendit les marches, s'étonnant toujours de ne trouver aucun charme.
Lorsqu'il arriva dans la cave, il réprima un haut le coeur en avisant une silhouette repliée sur elle même, tremblante et gémissante. Lupin ! Oubliant toute prudence, il s'accroupit à côté de l'homme, faisant rapidement le tour des dégâts. Le corps nu était constellait de larges plaies. Le Lycan s'en était pris à lui même. Et une seule chose avait pu l'y contraindre, l'impossibilité de quitter cet endroit. Il y avait donc des sorts mais simplement pour l'empêcher de sortir, n'importe qui pouvait entrer ici.
Doucement, il posa sa main sur le front de l'homme qui ouvrit les yeux.
- Ne vous inquiétez pas, je suis là pour vous aider.
Essayant de se relever Remus retomba lorsque la douleur lui vrilla tout le corps. Draco lui mit sa cape sur les épaules et l'aida à se relever, le soutenant. La montée des marches fut une torture pour le Lycan. Tout en remontant le blond lui jetait de rapides coup d'œil. Dans cet état, Lupin ne pouvait pas s'enfuir. Déposant l'homme sur le lit, il alla dans la salle de bain fouiller dans l'armoire pour voir si il trouvait quelque chose pour le soigner. Rien...........Son regard se posa sur une fiole vide, le potion tue Loup. Enfin ce qui aurait du en être. Il prit le flacon et revint vers Remus qui le regardait assez perdu.
- Il faut vous habiller et partir. On nous a prévenu que le vieux fou en avait après vous. Si je n'avais pas été là cette nuit, vous auriez dévoré une Médicomage qui semblait avoir reçu une appel d'urgence de votre domicile. Vous avez pris votre potion ?
- Oui murmura l'homme d'une voix éraillée
- Qui vous l'a remise ?
- Dumbledore comme d'habitude.
Draco secoua la tête. Mais quelle moucha avait piqué le vieux directeur ?
- Quand ?
- Hier soir, elle doit être fraîche.
- Écoutez.........
Le blond s'arrêta, à l'extérieur des bruits attirèrent son attention. Regardant par la fenêtre, il vit une brigade d'Auror. Son père lui avait pourtant dit qu'il avait jusqu'à sept heures. D'un geste rapide, il lança des vêtements à Remus qui traînait lui faisant signe de les enfiler. Si les Aurors entraient avant qu'ils ne partent et voyaient les plaies, Lupin serait arrêté pour ne pas avoir pris sa potion. Il reprit sa cape et déposa le flacon vide dans une des poches
Les hommes à l'extérieur semblaient attendre quelque chose ou quelqu'un. Les surveillant du coin de l'œil, Draco fit signe à Remus de se dépêcher.
- Vous venez avec moi au Manoir.
- Draco.........
- Non, vous vous taisez, nous n'avons plus le temps. Pensez à Harry. Venez.
- Je ne peux pas. Je dois être dans mon domicile la veille et le lendemain de la pleine Lune. Si je n'y suis pas c'est Azkaban direct pour moi.
- Mais si vous ne partez pas, c'est Azkaban quand même. Vous êtes incapables de tenir debout et le sang de vos blessures commencent déjà à se voir à travers vos habits.
- Je te remercie d'avoir empêché cette pauvre femme de se faire dévorer par mes soins. Mais tu ne peux rien faire de plus.
- Mon père vous cachera.
- Il a assez de soucis comme ça pour ne pas en rajouter un et puis ...... je suis trop vieux pour supporter une cavale. N t'inquiète pas pour moi. Au pire je passerai un an derrière les barreaux, il ne peuvent pas me condamner à plus.
Draco regarda l'homme, il savait qu'il avait échoué, Lupin serait arrêté. Ravalant ses larmes, une fois de plus, il transplana vers le Manoir, alors que dehors les Aurors se décidaient à entrer. Ne pouvant se lever Remus, les laissa enfoncer la porte. Il ne fut pas non plus surpris de se retrouver avec trois baguettes sous le menton. Pendant que les reste de la brigade fouillait la maisonnette, il fut conduit dans la cuisine. Les Aurors remarquèrent l'épuisement et la douleurs du Lycan et s'en douceur aucune lui retirèrent la chemise laissant apparaître les plaies. Et c'est sans surprise qu'il passa le seuil de sa porte ligoté.
Ce qu'il ne vit pas c'est un jeune homme blond caché derrière un arbre qui se retenait à grande peine de ne pas intervenir. Lorsque les Aurors et leur prisonnier disparurent, il transplana pour de bon vers le Manoir. A peine arrivé, il se retrouva saisi par le regard de son père. L'homme ne semblait pas avoir dormi. Sans qu'on est besoin de lui demander, il raconta en détail son échec à son père.
A sa grande surprise, l'homme ne lui renvoya pas celui-ci en pleine face. Il se contenta de lui poser la main sur l'épaule.
- Tu as fait ce que tu as pu fils. Lupin a raison. Dumbledore ne l'a pas attaqué sans raison. Quoiqu'il soit fait, rien ne pouvait totalement le sauver. Mais par tes actions tu as empêché le pire.
- J'aurai voulu faire plus.
- Il ne faut pas sous-estimer ce vieux fou. Tu as la fiole ?
Le blond hocha la tête et donna l'objet à son père.
- Va te laver et te reposer, ton départ est pour demain.
Se détournant de son fils qui parti, Lucius s'avança vers la cheminée. On était samedi, Harry n'avait pas cours, il restait à espérer que le jeune homme ne soit pas sorti. Il prit un peu de poudre de cheminette et se plaça dans l'âtre.
- Chambre de Harry Malefoy.
Son arrivée ne réveilla même pas le Gryffondor qui dormait du sommeil du juste. Il faut dire que Morphée ne l'avait visité que vers quatre heures du matin. Se nettoyant d'un mouvement de baguette, Lucius s'avança vers le lit et s'assied sur le rebord. Il ne fit aucun geste se contentant d'observer son mari. Il paraissait si jeune endormi, il ne lasserait jamais de ce spectacle. Les traits du jeune homme étaient détendus et un léger sourire flottait sur ses lèvres.
Tendrement il caressa les mèches rebelles du lion, totalement captivé par leur couleur si opposée à l sienne. Il remarqua que le jeune homme se réveillait et sourit lorsqu'il vit les yeux verts endormis les fixer.
- Bonjour.
- 'Jour
Harry se releva et vint se coller contre son blond, enserrant sa taille. Lucius le laissa faire le coeur serré. Il ne venait pas avec de bonnes nouvelles malheureusement alors autant lui accorder quelques minutes de tendresse. Finissant de se réveiller doucement, Harry n'était pas dupe de la tension de son époux, mais l'attribuait aux évènements de la veille.
Voulant lui apporter son soutien, le Gryffondor se redressa et avec délicatesse, il déposa ses lèvres sur celles de Lucius, se contentant de les caresser, de les goûter. Mais ses résolutions de sagesse fondirent comme glace au soleil, lorsqu'il sentit une langue taquine caresser tendrement ses lèvres. Il entrouvrit légèrement la buche laissant leur baiser s'approfondir en s'accrochant aux épaules larges de son époux.
Pourtant celui-ci mit fin rapidement à ce moment de bonheur en repoussant légèrement le brun qui fit une moue boudeuse.
-J e dois voir Severus. Profites-en pour t'habiller, j'ai à te parler.
Harry fronça les sourcils. Le ton grave de Lucius ne lui plaisait pas. De plus l'homme ne semblait pas à l'aise. Le regardant partir le Gryffondor cherchait à comprendre ce qui pouvait ainsi agiter le blond. Il se leva pourtant et fit sa toilette, s'habilla. Lorsque Lucius rentra, il le trouva en train de dévorer un solide petit déjeuner.
- Bon appétit.
- Merchi. Le brun finit d'avaler son toast et regarda son époux qui avait pris une chaise pour s'asseoir à ses côtés. Luss ?
- Je tiens à m'excuser pour l'amendement Malefoy. Cela date de trois siècle et je ne pensais pas que Dumbledore s'en servirait.
- Bah, finalement si on regarde bien c'est plutôt pratique. Je n'ai plus personne pour venir me piquer le dernier brownies et je pourrai te voir plus souvent.
- Et le Quidditch ?
- C'est mieux. Je n'ai pas franchement envie de jouer pour des idiots pareils. Mais je ne pense pas que tu sois venu pour me parler de ça.
- Effectivement. Harry ............ je suis désolé mon ange. Lucius prit les mains de son époux entre les siennes. Remus a été arrêté ce matin murmura-t-il.
Harry lui adressa un regard incrédule, puis son beau regard chavira. L'homme l'attira sur ses genoux et le Gryffondor se blottit contre lui, secoué par des sanglots. A travers les larmes Lucius entendit une petit voix :
- Pourquoi ?
- Hier soir quelqu'un a prévenu Severus que Dumbledore comptait faire arrêter Lupin. Il m'a prévenu et j'ai envoyé Draco le prévenir à son tour. Mais tout ne c'est pas passé comme prévu. Rémus avait pris une Potion mais celle-ci n'a pas agi et il s'est transformé totalement. Quelqu'un a essayé d'envoyer une Médicomage lui servir de dîner. Draco a pu l'empêcher mais ce matin, lorsqu'il est allé le trouver, des Aurors ont débarqué et ont arrêté Remus pour ne pas avoir pris sa potion. C'est une grave contrevenance à son statut de Loup-Garou, il risque jusqu'à un an d'emprisonnement.
Le brun se releva d'un bond, les poings serraient.
- Qui ? Qui lui a fait sa Potion ?
- Moi Harry.
Le Gryffondor se retourna brusquement pour voir Severus dans l'encadrement du tableau. L'homme en noir, s'avança dans la pièce, tandis que la toile scellait de nouveau le passage.
- Mais ça, il montra le flacon que lui avait remis Lucius. Ce n'est pas moi qui l'ait fait.
- Qu'est-ce que c'est ?
- La potion qu'à pris Lupin mon ange. Draco a ramené le flacon. Qu'est-ce qu'il y avait là dedans Severus ?
- Une potion frelatée. Même texture, même odeur, même goût, même couleur que la Potion tue-Loup. C'est un fléau en ce moment.
- Qui a remis cette fiole à Remus ?
- Dumbledore.
La voix grave du maître des potions semblait raisonner dans la pièce. Le flottement qui semblait vouloir s'installer était chargé d'électricité. Tout à coup Harry éclata, le regard étincelant de haine. Si Lucius ne l'avait pas retenu, il partait montrer au vieux directeur ce que voulait dire Avada Kadavra.
- Lâche-moi !
-J e te lâcherai lorsque tu seras calmé.
- Mais fous moi la paix, je vais.........
- Tu ne vas rien du tout. Dumbledore te tend une perche et toi tu t'empresses de la saisir.
- Lucius, tu vas me lâcher de suite, je ne suis pas ton fils, alors gardes tes ordres pour toi.
-Voyons laisse le Lucius. Qu'il aille provoquer Dumbledore. Après tout ça ne fera qu'un excuse au vieux pour s'en prendre à toi. Mais est-ce si important que tu ailles rejoindre Lupin à Azkaban ?
La phrase de Severus calma instantanément Harry, qui resta figé, ne s'apercevant même pas que le blond l'avait relâché. L'homme avait raison, mais il ne pouvait pas rester ici, sans rien faire quand même. Désemparé, il lança un regard de détresse à son mari qui se mordit la lèvre pour ne pas exploser. Il ne pouvait rien faire pour calmer la douleur de Harry et il détestait se sentit ainsi impuissant.
Severus s'assied, bientôt imité par Lucius, seul le Gryffondor restait debout au centre la pièce.
- Harry, viens, nous ne pouvons rien faire pour l'instant. Il faut réfléchir calmement si nous voulons pouvoir contre-attaquer.
- Pourquoi est-ce qu'il fait tout ça ?
- Parce qu'il n'aime pas voir son Sauveur lui échapper. Avec toi dans son camps c'est la gloire et la pouvoir. Sans toi, il n'est plus qu'un vieux sorcier.
Lucius vit les épaules de son mari s'abaisser et maudit le vieux givré de faire autant souffrir le Gryffondor. Severus reprit la parole :
- Il y a peut être une solution pour amener son clan à se dessouder. Comme vous devez vous en doutez la Gazette à fait les gros titre de votre mariage et pas dans un sens flatteur.
- Comment ça ?
- Pour faire court, Lucius tu et un pédophile doublé d'un génie du mal et toi Harry tu es un simplet dépressif.
- Bravo la délicatesse.
Harry s'était enfin retourné vers les deux hommes, son regard fusillant Severus qui ne semblait pas s'en émouvoir.
- Bref, le monde sorcier n'a qu'une version, écrite dans l'ombre par Dumbledore. A vous de donner votre version.
- Mais c'est à nous, c'est notre histoire.
- Harry plus rien ne sera privé désormais. Une enquête concernant votre union va être ouverte, si ce n'est déjà fait, et ils n'hésiteront pas à te questionner sur votre vie intime. Alors raconter votre histoire ce n'est pas grand chose.
- Diviser pour mieux régner.
Exactement Lucius.
Le blond regardait son mari qui fouillait dans sa malle et il finit par ressortir une fiole contenant une matière grise vaporeuse.
- Voilà de quoi mettre des bâtons dans les roues de Dumbledore.
- Qu'est-ce ?
- Lorsque Lucius a commencé à ébranler ma confiance en Dumbledore j'ai extrait certains de mes souvenirs qui pouvaient être gênants pour lui. Un parachute en quelque sorte.
- Et tu comptes en faire quoi ?
- Les remettre à certaines personnes qui seront quoi en faire. Il n'y a pas de quoi le discréditer totalement, mais induire un bon doute. C'est bien ce dont tu parlais Severus ?
- Hn. Tu pourrais nous en dire plus.
- Je croyais que la curiosité était l'apanage des Gryffondors ? Y aurait-il un lion qui sommeille au fond de toi ?
Le maître des potions lui lança un regard noir, qui n'avait plus d'effet depuis longtemps. Toutefois dans sa grande bonté Harry se décida à en dire un peu plus. Dumbledore en touchant à Remus avait levé les derniers scrupules du jeune homme. Il ne souhaitait plus qu'une chose détruire ce vieillard.
- Vous vous souvenez je suis sûr de Fumesck, le phénix de Dumbledore qui a disparu. Officiellement c'est des Mangemorts qui l'ont sacrifié. Officieusement c'est Dumbledore lui même qui lui a arraché le coeur.
- Et comment sais-tu cela ?
- Il avait besoin de moi pour cette barbarie.
- Tu peux approfondir ?
- Luss, tu es aussi curieux que Severus. Lorsque je suis arrivé dans son bureau, je n'ai pas eut le temps de dire ouf, qu'il m'a piqué le doigt et m'a tenu le doigt en question sur le plumage de Fumseck pendant qu'il le ........ Et ça n'a servi à rien. Le rituel devait lui servir à repérer Voldemort, il n'a servi qu'à tuer un pauvre oiseau. Et avant toute prochaine question, il lui fallait mon sang car j'avais un lien avec Voldemort comme vus le savez par le résidu qu'il a laissé en moi via ma cicatrice.
- Intéressant.............Mais pourquoi ne t-a-t-il pas jeté de sort d'oubliette ?
- Mais tout simplement parce que le gentil Potter ne pouvait pas vouloir de mal à son mentor.
Lucius sourit, un brin narquois.
- Et qu'as-tu d'autre ?
- Le deuxième et dernier, en tout cas de cette fiole est moins sanglant, mais tout aussi révélateur, enfin avec le recul. Sur le moment c'était insignifiant pour moi, je trouvais ça même ........ et ne hurle pas Severus, mérité. Il s'agit simplement de la fois où Crabble s'était fracturé la mâchoire en tombant malencontreusement d'un escalier, j'étais moi même à l'infirmerie après m'être pris un cognar en pleine tête. En théorie j'étais sensé dormir de mon plus profond sommeil, malheureusement ou heureusement j'avais réussi à ne pas ingurgiter toute la dose de potion de sommeil de Pompom. Ce jour là Dumbledore a glissé à notre infirmière qu'il serait préférable que Mr Crabble mette un peu plus de temps à se remettre. En gros il a saboté ses soins.
-Et Pomfresh a obéi ?!
-Oui, pas sans râler amour, mais Dumbledore par je ne sais quel moyen a fini par obtenir gain de cause. Et ton malheureux élève Severus a bien dégusté. D'ailleurs pourquoi ne t'en es tu pas inquiété ?
-Je m'en suis inquiété, et je me suis retrouvé avec une mission suicide sur le dos. Lorsqu'elle a pris fin, Vincent était rétabli.
Un silence se fit. Harry s'était assis sur une chaise juste à côté de Lucius, qui lui laissait son regard fixer un point du mur. On voyait presque les rouages de son cerveau fonctionner. Severus, tapotait la table d'un doigt en regardant le couple. Ils étaient vraiment hypnotique, physiquement si dissemblable et pourtant tellement complémentaire. Il n'y avait nul doute que si une ou deux bonnes photos d'eux paraissaient ils gagneraient des gens à leur cause. Mais il avait déjà réussi à leur faire accepter l'idée de l'interview, alors il n'allait pas insister avec une séance de photos. Surtout que les deux étaient très jaloux.
- Bon et si nous trouvions un journal qui ne soit pas à la botte de Dumbledore.
-Écrivez votre histoire vous deux, je me charge de la faire parvenir à qui de droit avec ta fiole Harry.
- Tu connais des journalistes ? Toi ?
Un léger rougissement apparu sur les pommettes de Severus, mais ce fut si fugace que les deux époux ne l'aperçurent même pas.
-Écrivez c'est tout, je vais prévenir la personne.
L'homme quitta la pièce laissant les deux hommes face à un parchemin vierge. Après maints désaccords (Trop mièvre dixit Lucius, trop télégraphié. Dixit Harry. Télé quoi ?..............), ils finirent par tomber d'accord sur un texte clair et concis, ne s'étalant pas sur l'aspect privé de leur intimité, mais mettant bien en avant la création et l'évolution de leur sentiments.
Se rappeler de tout cela avait eut un effet sensuel sur eux et lorsque Severus entra, il resta bloqué sur le pas de la porte.
-Humhum. Lucius peux-tu enlever ta main du pantalon de Harry et Harry peux tu lâcher l'oreille de ton mari ?
Les deux hommes se séparèrent, rouge pour le brun et amusé pour le blond. Se rhabillant sommairement, ils regardèrent le gêneur qui semblait clairement mort de rire de les avoir dérangé, bien que son visage restait neutre, seule la flamme au fond de ses prunelles noires exprimaient son amusement. S'approchant de la table, il prit le parchemin et la fiole.
-Je ne vous dérangerai pas longtemps. L'article paraître demain dans le Free Wizard. Vous avez même la Une. Sur ce je vous laisse reprendre où vous en étiez.
A peine Severus avait-il refermé la porte que Harry bien obéissant reprit son activité, c'est à dire mordiller le lobe de l'oreille de son cher et tendre. Cher et tendre qui n'était pas reste, embrassant la peau délicate du coup, alors que ses mains repassaient sous le tissu de la chemise du Gryffondor. Du bout des lèvres,il remonte vers la mâchoire en traçant le contour. Harry sous la douceur des caresses avait abandonné son activité et fermant les yeux, se laissait porter par les sensations que lui procurait de doux attouchement. Leurs lèvres se rencontrèrent de nouveaux, les faisant soupirer de plaisir.
Flash !
Deux regards assez bovins fixèrent Severus qui tenait un appareil photo.
- Pour une Une, il faut une photo.
Et il repartit pour de bon, n'écoutant pas les menaces malefoyennes qui s'abattaient sur lui.
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Chapitre un peu plus long, se terminant sur une note un peu plus joyeuse que précédemment. J'espère que vous ne vous êtes pas endormi devant mes délires. Au prochain chapitre...................
