Dans un bureau impeccablement rangé une jeune femme lisait avec attention un parchemin. Un indescriptible sourire ornait son visage, mélange d'amusement et de satisfaction. Elle allait enfin pouvoir se venger d'un vieil homme qui avait ruiné sa carrière pourtant très prometteuse. Altéa Swinwton, releva le regard et fit le tour de son lieu de travail. Rien de très reluisant, des murs qui auraient bien besoin d'un rafraîchissement, quelques vieux meubles qui menaçaient de s'écrouler. Son seul luxe, une cheminée, enfin c'était un bien grand mot. Cela ressemblait plus à un vieux foyer de paysan.
Une main pâle se posa sur son épaule, la sortant de sa rêverie. Elle l'enserra de ses doigts et tourna la tête pour croiser un regard noir et pénétrant. L'homme hocha la tête comme pour lui confirmer sa pensée. Altéa lâcha la main et se releva, lissant sa robe, pour faire face à son amant qui la fixait.
- C'est un cadeau en or que tu m'offres là.
- Si je l'avais offert à quelqu'un d'autre j'aurai eu droit à des nuits solitaires.
- C'est donc simplement pour ça ?
Le sourire de l'homme parla pour lui. Plutôt se faire torturer que de dire tout haut ce que son cœur renfermait. La journaliste ne s'en offusqua pas, elle savait ce qui l'attendait lorsqu'elle s'était engagée dans leur relation. Altéa s'avança vers l'homme et passa ses bras autour de son cou, faisant se frôler leurs corps. Elle examina les traits de l'homme qui avait su faire battre son cœur, il n'était pas beau c'était un fait, mais son charisme éclipsait sa disgrâce physique. Il était de ceux qui ne laissent pas indifférent, de ceux que l'ont adore ou que l'on hait. Personne ne pouvait dire sans mentir que Severus Snape l'indifférait.
- Tu m'as dit qu'il y avait autre chose, quelque chose de plus croustillant.
- Hn.
Severus sortit la fiole renfermant les souvenirs de Harry et la tendit à Altéa dont le visage s'éclaira comme celui d'un enfant un matin de Noël. La jeune femme revint vers son bureau et enferma le flacon avec précaution dans un tiroir. Demain sonnerait l'heure du début de sa vengeance contre Dumbledore. Revenant vers son amant, elle reprit sa place entre ses bras, il n'allait pas tarder à partir. Voulant profiter une dernière fois de son homme, elle releva la tête pour déposer délicatement sa bouche sur les lèvres fines lui faisant face. Comme à chaque fois, un frisson la saisit, son esprit se perdant dans un dédale de sensualité. Elle rapprocha leur corps jusqu'à ce que même un simple courant d'air ne puisse passer entre eux. Sous ses doigts elle sentait les corps trop mince trembler légèrement. Il se retenait pour ne pas céder à l'instant. Trop tôt leurs lèvres se séparèrent et elle savait que c'était le moment de se dire au revoir. Que n'aurait-elle pas donné pour pouvoir le retenir à ses côtés ? Mais c'était impossible. Bien que sincèrement épris Severus ne se voyait pas rentrer tous les soirs dans leur maison où elle l'attendrait. Ils se voyaient épisodiquement, s'aimaient mais il n'y aurait jamais de sortie au restaurant, de journée de promenades, et encore moins d'enfants. L'homme n'en voulait pas et Altéa était assez intelligente pour savoir que rien ne le ferait changer d'avis.
Il déposa un baiser aérien sur ses lèvres et disparut dans l'âtre de la cheminée. Bon allons voir ce que renfermait cette fiole pensa la piquante brunette. La récupérant, elle passa dans la pièce adjacente. Une chambre/cuisine/salon sans aucune prétention. Le seul trésor que renfermait son petit chez-soi était la pensine que lui avait offert son grand-père. A cette époque là, elle était la journaliste la plus courue. On s'arrachait ses articles à prix d'or. Et puis elle avait écrit l'article de trop, celui qui la fit basculer vers l'anonymat. Sa descente aux Enfers. Et tout cela parce qu'elle avait refusé de suivre les ordres de ce vieux débris. Mais patience................
Avec douceur elle déversa le flacon et regarda. Lorsqu'enfin elle en émergea, elle était partagé entre l'envie de rendre son déjeuner et de sauter de joie partout dans son appartement. Finalement elle choisit de s'asseoir sur un vieux fauteuil mité avec le sourire. Elle du y rester une bonne heure à faire le tri dans toutes les informations. Son regard paraissait presque dément tant il luisait et brusquement elle se releva et couru à son bureau, faillit s'asseoir à côté de sa chaise et attrapa un tas de parchemin vierge et sa plume. En soulevant celui que lui avait apporté Severus, elle tomba sur une photo et explosa de rire en voyant dessus les deux mariés en pleine séance de bouche à bouche. Severus risquait de payer cher ce cliché mais elle serait le récompenser pour sa prise de risque.
Trois heures plus tard, le patron de Free Wizzard vit débarquer une tornade brune qui lui jeta pratiquement sur la figure deux ou trois parchemins noircis. Reposant les papiers l'homme examina la possibilité que sa protégée ait définitivement perdue l'esprit car rien ne semblait pouvoir lui faire arrêter de crier :
- C'est le scoop du siècle, c'est le scoop du siècle, on va tout exploser !
- ALTEA !
- Oups désolée. Mais lisez ! Nous allons tripler, quintupler nos ventes.
Renonçant à calmer sa journaliste, Wilfried Ederscott, prit les parchemins et commença sa lecture. Au fur et à mesure que les mots défilaient son visage changeait d'expression et vu sa rougeur il devait avoir oublié de respirer. Lorsqu'il tomba sur la photo, il lâcha un très philosophique :
- Oh Putain !
- Alors patron?
Se rappelant la présence d'Altéa, l'homme grisonnant la regarda et faillit prendre peur en voyant son sourire de folle.
- Tu veux que je publie ça ?
- Oui, c'est ce que vous espériez depuis toujours. L'occasion de faire du Free Wizzard un journal de grande envergure.
Wilfried tordit légèrement les lèvres. Il savait que Altéa se retrouvait dans sa rédaction par la faute de Dumbledore. Elle était la fille de son meilleur ami et depuis son éviction, elle cherchait désespéreraient un moyen de se venger du sorcier.
- Tes sources sont fiables ?
- Pour l'histoire du mariage c'est les époux eux même qui ont écrit le texte.
- Concernant Dumbledore ?
- Qui oserait remettre en question les souvenirs de Harry Potter ?
Le directeur du journal laissa un moment de silence s'installer, mais il décida à reparler lorsqu'il vit son employée prête à lui sauter dessus pour le secouer comme un prunier en hurlant ALORS !
- Amène tout ça à l'impression, moi je contacte nos avocats.
- Merci patron.
La pétillante brunette quitta la pièce en sautillant pratiquement et Wilfried soupira. C'était le début des ennuis, mais son journal allait devenir célèbre.
Le lendemain matin, Harry comatait devant son bol de chocolat. Lucius était parti assez tard et il lui manquait quelques heures de sommeil. Tout en tournant sa cuillère d'un geste automatique, il pensait à Draco. C'était ce matin le départ du jeune homme. Cela lui faisait bizarre de se dire qu'il ne verrait plus le blond. Quelque part il était un repère pour lui. Lucius lui avait confié la difficulté qu'il éprouvait à se séparer de son fils. Pourtant il ne flancherait pas, Draco avait besoin d'être confronté avec le vraie vie, hors du cocon de soie qui l'avait toujours protégé.
Le Gryffondor sursauta presque lorsqu'un hibou gris se posa devant lui. Le jeune homme prit le journal que le volatile avait dans son bec, puis l'oiseau repartit. En relevant la tête, il vit bien le regard de Dumbledore sur lui mais se contenta d'ouvrir le quotidien et avala de travers sa salive. Sur la première page s'étalait la photo volée par Severus et un gros titre. LA VÉRITÉ SUR LE MARIAGE DE HARRY POTTER PAR HARRY MALEFOY. Regardant de nouveau le cliché, il se sentit rougir en voyant la sensualité qu'il dégageait. Quelques cris dans la Salle lui indiquèrent que d'autres élèves étaient abonnés au Free Wizzard.
Se levant de table, il se dirigea à grands pas vers le parc et s'assied sur un banc caché derrière une haie. Là, il reprit sa lecture.
Lorsque la nouvelle du mariage du vainqueur de Lord Voldemort avec son supposé bras droit est arrivée à mes oreilles, j'ai comme tout un chacun cru d'abord à une farce et puis des questions se sont bousculées dans ma tête. Les personnes le plus à même d'y répondre étant les époux Malefoy, je me suis tourné vers eux afin de pouvoir chers lecteurs vous éclairer à votre tour.
Venait ensuite le récit de la création de leur relation jusqu'à son aboutissement final leur union. Harry était soulagé. La journaliste n'avait rien déformée, tout était retranscrit sans rajout ou coupure.
Nous devons reconnaître qu'il n'y a rien de romantique au commencement de notre histoire. C'était simplement une attraction, un désir que nous avons laissé libre de s'accomplir.
Le Gryffondor resta un instant sur cette phrase qui lui fit remonter les souvenirs l'accompagnant.
Flash Back
Après leur rencontre inopinée à la sortie du bureau de Dumbledore, Harry avait continué sa route vers l'infirmerie. Il devait faire une visite de contrôle pour ses yeux. Un sort lui ayant enfin permis de se débarrasser de ses lunettes fort peu esthétiques et surtout très handicapantes lors d'un combat. Il ne voulait pas mourir pour avoir cassé ses lunettes et s'être retrouvé dans l'impossibilité de distinguer Voldemort d'un tronc d'arbre.
Mais si il suivait le bon chemin pour se rendre dans les locaux de Pompom, c'était simplement parce que ses pieds en connaissaient le chemin. Son cerveau avait totalement oublié la raison de sa présence dans ce couloir depuis qu'il avait croisé le père de Draco. Ils ne s'étaient rien dit, ils n'avaient amorcé aucun geste et pourtant quelque chose était passé entre eux. Il serait bien incapable de dire quoi. C'était comme une force brute, animale.
Harry avait changé depuis le retour de Voldemort. Voir Cédric mourir devant lui, l'avait irrémédiablement marqué. Jusqu'à présent, il savait que des gens autour de lui mourait, mais là s'était différent, ce n'était plus un rêve. Il avait vu que la vie pouvait tenir à deux petits mots. Deux mots qui n'étaient pas très laids en eux même, ils avaient même un certain charme, mais deux mots tueurs. Avec eux il n'y avait de salut possible, pas de seconde chance.
Tout ceci l'avait fait grandir. En quelques minutes, il avait perdu son innocence et malgré tout ses efforts, il ne se reconnaissait plus dans les jeux de ses amis. Il voyait dans leurs yeux, l'enfance qui brûlait encore, l'inconscience que lui ne possédait plus. Si il pleurait la nuit se n'était pas à cause de ses cauchemars, mais parce qu'il ne se sentait plus à sa place, parce qu'il était seul. Toux ceux qui l'entouraient ne semblaient pas s'être aperçu de cette cassure dans l'âme du Gryffondor et même si il leur souriait, il s'en détachait chaque jour un peu plus.
Et le regard que Lucius avait posé sur lui était différent. Ce n'était pas le regard que les adultes qui l'entouraient portaient sur lui. Harry secoua la tête en riant tristement. Il devait rêver, personne ne pouvait comprendre qu'il ne voulait, qu'il ne pouvait plus accepter qu'on le regarde comme un enfant. Il n'en était plus un.
- Ah monsieur Potter, asseyez-vous j'arrive dans quelques minutes.
Hn ? Relevant les yeux, Harry constata qu'il était à l'infirmerie. Il ne s'était même pas aperçu qu'il y était entré. Docilement le Gryffondor alla s'asseoir sur un lit en repensant encore à un regard argenté.
Ce qu'il ne savait pas à cet instant, mais que Lucius lui avoua par la suite, c'est qu'il n'était pas le seul troublé par cette rencontre. L'homme était rentré dans son manoir plutôt bouleversé et assied dans son bureau, il fixait son verre de cognac cherchant à mettre de l'ordre dans ses pensées. Le regard du brun, l'avait touché plus qu'il ne l'aurait du. D'ailleurs en étant honnête avec lui même, il n'y avait pas que le regard. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?! Ce môme avait l'âge de son fils, il était plus jeune, de peu, mais tout de même. Un coup à sa porte, le ramena sur Terre et il vit son fils entrer dans le bureau. Le regard froid de l'homme se posèrent sur son héritier, l'englobant. Draco lui se sentait plutôt mal à l'aise, le regard de son père était trop inquisiteur, il avait l'impression que l'homme voulait le transpercer de ses yeux.
- Tu voulais quelque chose fils ?
- Simplement vous prévenir que Mère et moi nous rendions sur le Chemin de Traverse.
- Il existe des elfes de maison pour ça. A moins que tu ne sois tenté par une carrière de coursier.
L'adolescent ne dit rien, encaissant. En fait il était venu dans le but que son père les accompagne mais là, il n'osait même pas par crainte de se prendre une autre réflexion acide. Il salua simplement l'homme et repartit. Regardant la porte qui venait de se fermer sur son héritier, Lucius s'en voulut d'avoir une fois de plus blessé son fils. Mais c'était la seule chose à faire pour le protéger.
Mais l'échange de ses quelques mots lui avait permis de trouver une réponse à ses interrogations. La réponse à toutes ses questions concernant sa réaction vis à vis d'un certain Gryffondor se trouvait dans le regard de son fils. Draco malgré ses airs, possédait encore cette flamme de l'enfance et de l'innocence et cette trace était absente dans les yeux de Harry.
Les deux hommes ne se revirent pas pendant près de trois semaines. Pourtant ni l'un ni l'autre n'avait pu sortir cette rencontre de leur tête et Lucius avait failli plus d'une fois imiter ses Elfes de maison et se taper la tête contre les murs lorsqu'il se surprenait à avoir des pensées peu orthodoxes concernant un certain brun aux yeux verts. Brun qui de son côté avait pris sa décision, il devait parler à l'homme blond, coûte que coûte. Et lorsque l'occasion se présenta il ne laissa aucune chance à l'homme de lui échapper. C'était pourtant risqué pour lui, vu que les trois quart de l'Ordre du Phénix était dans les murs de Poudlard. Lucius n'avait pas assisté à la réunion, malgré qu'il soit passé du bon côté, il avait vraiment du mal à supporter le ramassis de gentils aux sentiments trop dégoulinant qui le composaient. Il attendait dans une salle de cours vide la fin du conseil pour se faire faire le résumé par Severus.
Son absence ne passa pas inaperçue pour Harry, qui rongea son frein tout le long de la réunion. Hermione du même lui donner quelques coups discret pour qu'il ait l'air un minimum intéressé à tout ce qui se disait. Dumbledore finit par se lever, signifiant la fin du conseil, mais garda Severus à ses côtés. Un volontaire du donc être trouvé pour expliquer au blond ce qui s'était passé. Pour une fois Hermione fut battu dans sa spécialité : « le levage de main en un temps record» par Harry. Son parrain le regarda comme si il lui avait poussé une deuxième voir une troisième tête, tout comme la majorité des gens présents, sauf ..... Dumbledore.
- Bien Harry. Lucius sera moins méfiant vis à vis d'un enfant, les choses ne risquent pas de s'envenimer.
Le Gryffondor serra les dents en entendant le mot enfant. Il devait faire bonne figure. Si les membres de l'Ordre avaient été surpris par le volontariat de Harry, Lucius lui faillit pleurer. Il se retrouvait dans la situation qu'il avait tout fait pour éviter. Seul avec cet adolescent à l'âme d'adulte qui le troublait plus qu'il ne le devrait. Pourtant comme à son habitude il n'en montra rien, bien qu'il nota mentalement de torturer Severus dès qu'il lui tombait sous la main.
- Que me vaut l'honneur de votre visite monsieur Potter ?
- Officiellement ? Pour vous résumer la réunion. Voldemort est de retour, il a commencé à réunir ses Mangemorts et à faire des siennes.
- Et ?
- Comment me voyez-vous ?
Si Lucius n'avait pas été Lucius, il aurait sûrement ouvert des yeux de la taille d'une soucoupe, mais il se contenta de hausser un sourcil.
- Je ne pense pas que cette question est une raison d'être.
- Si.
Le Gryffondor, en mode je suis un lion têtu et tête brulée, s'avança vers l'homme qui était appuyé contre un bureau. La subtilité n'avait jamais été son fort, sûrement un héritage paternel, et aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. Comme lors de leur précédente rencontre, leurs regards s'accrochèrent, et Harry retrouva cette sensation d'être vu pour ce qu'il était, d'être compris. Lucius quant à lui, aurait donné toute sa fortune pour être partout, même dans le lit de Voldemort, plutôt qu'ici. Le blond reconnaissait le grondement qui se réveillait au fond de lui, il savait que son regard se faisait trop insistant et ce maudit lion qui semblait s'offrir à ses yeux. Dans un soupir, il ferma ses paupières et détourna la tête.
- Comment me voyez-vous ?
L'homme préféra fuir, après tout, il était un Serpentard, et se dirigea vers la porte. S'était sans compter l'obstination de Harry qui lui attrapa le bras pour l'arrêter. L'un comme l'autre ne purent ignorer le frisson qui les traversa. Légèrement perturbé le brun relâcha son emprise mais répéta sa question :
- Comment me voyez-vous ?
- Comme je ne le devrai pas monsieur Potter.
Harry n'eut pas le temps de rétorquer, que l'homme avait refermé la porte, le laissant seul avec ses questions. Plus que la réponse du blond c'était la réaction de leurs corps lors de leur contact qui l'avait ébranlé. Pendant plus de quatre jours, le Gryffondor retourna la question dans tous les sens. Il était effrayé par cette situation qu'il avait lui même provoqué.
Non, non vous ne rêvez pas un nouveau chapitre !!! (se barre derrière Lulu pour éviter les coups) Je ne donne pas de date pour le prochain mais il devrait être plus rapide que celui-là à venir (frappe Lulu qui dit qu'il n'y aura pas trop de mal)
