Mary

POV Bella

J'eus du mal à m'endormir, comme chaque nuit que je passais seule, sans ses bras de glace enroulés autour de moi, formant un bouclier rassurant et protecteur.
Je me levai donc de bonne heure, et trouvai Charlie dans la cuisine, sur le point de partir.

- Bonjour, fis-je en déposant une bise sur sa joue.

Depuis qu'Edward faisait partie de ma vie, j'étais devenue plus câline, même envers mon père.

- Tu vas pêcher ? lui demandai-je.
- Comme toujours, me répondit-il avec un léger sourire. Je serai rentré dans la soirée. Tu as des plans pour la journée ?

Je savais que sa question n'était pas anodine. Il cherchait à savoir si je verrai Edward aujourd'hui. Depuis qu'il était parti, me laissant seule dans la forêt, Charlie avait beaucoup de mal à tolérer mon petit-ami. Cette situation m'agaçait, si Edward m'avait quittée, c'était pour tenter de me protéger. Il ne méritait pas d'être blâmé alors que j'étais un véritable aimant à problèmes.

- Je pensais aller voir Jacob et les gars de La Push.
- Bonne idée ! Le gamin sera ravi, me répondit-il avec un sourire sincère.

Je lui rendis son sourire, amusé qu'il continua à l'appeler « gamin » alors qu'il avait désormais le physique d'un homme de 25 ans.
La Push me manquait. Les garçons dévorant tous les repas préparés par Emilie, les soirées autour d'un feu, la joie de vivre de Seth…

Mais avoir pour petit-ami un vampire mettait un sacré frein à ce genre d'amitié. Sans oublier l'autre raison…celle à cause de qui Jacob s'était encore plus éloigné de moi. Heureusement que l'on se voyait désormais au lycée, puisqu'on ne se fréquentait pour ainsi dire plus en dehors.

Charlie partit, me laissant seule dans la cuisine. Je décidai d'attendre avant d'aller chez les Black, pour ne pas réveiller Jacob, adepte des grasses matinées depuis sa transformation.
Je me préparai donc et commençai à ranger et nettoyer la maison. Et lorsque la matinée fut suffisamment avancée, je me mis en route.

Au bout d'une vingtaine de minutes, j'arrivai enfin. Je me garai devant la maison de Billy Black et descendis de la voiture en observant le ciel. J'aurais aimé que le soleil soit au rendez-vous mais le ciel restait voilé, comme si le temps était suspendu, attendant de se décider vers quel côté pencher. Soleil ou pluie…

Je pris une grande inspiration, et allai frapper à la porte.

Pourvu qu'elle ne soit pas là ! Pourvu qu'elle ne soit pas là !

- Tiens bonjour Bella ! Cela faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vu par ici, me dis chaleureusement Billy en m'ouvrant la porte.
- Bonjour Billy ! Jacob est là ?
- Dans sa chambre, tu peux y aller, répondit-il avec un clin d'œil.

Je me dirigeai vers la chambre de mon ami et frappai discrètement, n'osant pas rentrer directement, Jacob ayant tendance à oublier l'utilité des vêtements.

- Oui ? demanda alors une voix rauque.
- Jacob ? c'est moi, Bella.

La porte s'ouvrit alors, dévoilant un Jacob à peine réveillé, uniquement vêtu d'un boxer. Avant que je n'ai eu le temps d'effectuer le moindre mouvement, il me prit fermement dans ses bras.

- Bella ! Ca faisait longtemps que tu n'étais pas passée me voir à la maison.

Comme je ne pouvais rien répondre, la tête enfouie dans son torse musclé, il me relâcha rapidement. Il me prit alors le visage entre ses mains brûlantes, et m'embrassa sur le front.

- Hmm et tu ne sens même pas la sangsue. Tu l'as enfin largué ?
- Ahah, très drôle !

Il m'adressa un clin d'œil moqueur et se retourna pour enfiler un jean déchiré. J'observai alors l'état de sa chambre, remarquant des sous-vêtements féminins dépassant d'un tiroir.
Avant que je ne puisse lui demander si elle était là, il reprit la parole.

- Tu veux boire quelque chose ?
- Non, merci.
- Alors viens, allons dans le garage, dit-il en me prenant la main.

Tandis qu'il plongea ses mains dans le moteur de sa voiture, nous nous remîmes à parler.

- Comment vont les autres ?
- Super, tout le monde va bien. Quil, Embry et Seth aimeraient te revoir plus souvent, Paul est toujours aussi con, la routine quoi.
- Ils me manquent à moi aussi…et toi également…On a beau se croiser au lycée, c'est différent, lui répondis-je.
- Je sais, dit-il simplement. Les choses changent et n'évoluent pas toujours comme on le voudrait…

Je soupirai devant ce fait. Je ne pouvais tout avoir. Il m'avait fallu choisir entre un vampire et un loup, entre la Lune et le Soleil. Et j'avais choisi Edward. Jacob avait accepté ma décision, et était même venu au lycée de Forks pour continuer à veiller sur moi. Mais depuis qu'elle était arrivée dans sa vie…

- Comment vont le docteur Canines et l'extralucide ? demanda-t-il en retrouvant son sérieux.

Carlisle et Alice étaient les seuls Cullen que Jacob appréciait un peu, même si il n'osait se l'avouer.

- Ils vont bien. Alice prévoit encore un danger sur moi, la routine aussi en somme ! ironisai-je.
- Un danger ? Comment ça ?
- Rien de précis ne t'en fais pas. Tu me connais, il faut toujours que j'attire les problèmes à moi.
- Ca, c'est clair ! Pourquoi Edward ne m'en a pas parlé ?
- Ils n'ont aucune information fiable, il n'y avait rien à dire, voilà tout.

Il sembla réfléchir, cherchant sûrement d'où pourrait provenir le danger. Comme le silence s'était installé, je décidai de lui parler du sujet délicat.

- Comment ça va avec…Mary ? demandai-je en grimaçant à la prononciation de ce prénom.
- Ca va très bien, merci Bella, répondit alors une voix dans mon dos, me faisant sursauter.

Je me retournai aussitôt, et vis la jeune femme en question. Elle était grande, dépassant le mètre 70. Ses longs cheveux étaient d'un châtain clair, presque blonds, ses yeux étaient bleus, ses lèvres pleines, et sa silhouette fine et élancée.

Elle était belle, certes, mais tout cette beauté n'était qu'un masque cachant sa véritable nature, j'en étais certaine. Je ne l'avais vue que deux fois…trois désormais. Mais dès notre première rencontre je l'avais détestée.

Elle était plus âgée que nous, ayant 21 ans, et fréquentait la même faculté que l'une des sœurs de Jacob : Rachel. Cette dernière avait invité Mary à l'accompagner lors d'un week-end à La Push, et c'est ainsi qu'elle avait rencontré mon meilleur ami.

Elle me sourit, mais encore une fois, ce n'était qu'artifice. Je pouvais sentir sa satisfaction de m'avoir surprise.

- Oh…salut Mary, dis-je en essayant de masquer ma rancœur.

Elle passa devant moi et se jeta dans les bras de Jacob pour l'embrasser passionnément. Ignorant ma présence, ils scellèrent leurs lèvres en un baiser fougueux. Je ne pouvais m'empêcher de les observer. Malgré le dégoût que la scène m'inspirait, j'étais également jalouse. Jamais Edward n'avait mis autant de désir dans ses baisers.

Bien sûr les choses étaient différentes. Il était un vampire, risquant à tout moment de perdre le contrôle de lui-même. Du moins, c'est ce qu'il pensait, mais pour ma part ma confiance en lui était totale.
Et j'aurais aimé qu'il m'embrasse sans retenu, pas pour énerver Mike, mais pour enfin laisser parler le désir plutôt que la raison.

- Hum hum, fis-je pour leur rappeler que j'étais là.
- Ah…désolée Bella ! dit Mary. Tu comprends, je n'avais pas vu mon Jake chéri depuis le week-end dernier….Je suis sûre que c'est pareil pour toi et ton copain.

Décidément, elle avait le don pour me provoquer. Et toujours agrippée à mon ami, elle en rajouta une couche.

- D'ailleurs, je serais curieuse de rencontrer le fameux Edward Cullen un de ces jours ! Si mon Jake ne le connaissait pas lui-même, je parierais que tu l'as inventé.

Plutôt que de répondre, je choisis de saisir la perche qu'elle me tendait. Cette fille ne m'inspirait rien de bon, la confronter à Edward me permettrait d'en savoir plus sur elle.

- Pourquoi ne pas dîner tous ensemble samedi prochain ? proposai-je alors.

Je savais qu'Edward allait détester cette idée. Mais Mary cachait quelque chose, j'en étais certaine. Et le regard qu'elle me lança alors me conforta dans cette idée. Un éclat s'alluma dans ses yeux, comme si elle était satisfaite de ma suggestion.
Une pensée furtive traversa mon esprit : et si le nouveau grand danger que prédisait Alice n'était autre que Mary ?

Mais très vite je repoussai cette idée. Elle n'était qu'une simple humaine. Une garce à n'en pas douter, mais de là à devenir meurtrière…

- Charmante idée. Vous n'avez qu'à régler ça tous les deux, dit-elle, puis se tournant vers Jacob, elle reprit. Je dois aller chez mes parents, mais on se voit demain bébé.

Et de nouveau, elle s'empara de ses lèvres, sans chercher à conserver un semblant de pudeur.

- A demain ma puce, répondit enfin Jake quand elle le lâcha pour reprendre son souffle.

Elle disparut aussi vite qu'elle était apparue, et je retrouvai mon meilleur ami. Il agissait différemment en présence de la jeune femme. Parlant à peine, ne regardant qu'elle. Il avait beau être un grand gaillard de deux mètres, il semblait totalement sous l'emprise de Mary. Et je n'aimais vraiment pas ce rapport de domination qu'elle avait sur lui.

- C'est quoi ton délire de dîner à quatre ? lâcha-t-il.
- Elle voulait rencontrer Edward, répondis-je en haussant les épaules.

Il me fixa, cherchant à déterminer ce que je cachais, mais je parvins à conserver une mine impassible, sans même rougir – ce qui tenait du miracle !

- Si il ose retrousser les babines devant elle, je lui pète les dents ! menaça-t-il.

Je levai les yeux au ciel. Ces derniers mois il avait fait des efforts pour tolérer Edward. Malgré tout il gardait toujours envers lui une certaine rancœur et beaucoup de méfiance.

- Au fait, reprit-il, je devais retrouver Sam et les autres ce soir sur la plage, tu restes avec nous ? me demanda-t-il.
- Ca aurait été avec plaisir, mais Edward sera de retour ce soir…
- Je vois…

Nous passâmes le reste de la matinée ensemble, puis Quil vint nous rejoindre. Nous avons ensuite dévoré des sandwichs sur la plage où nous restâmes l'après-midi.
Enfin vers 18 heures, je décidai de rentrer à la maison avant le retour de Charlie.
Nous laissâmes alors Quil sur la plage, tandis qu'il préparait le feu pour leur soirée, et Jacob me raccompagna à la voiture.

- Il va falloir que je parle aux autres des visions d'Alice. Dis aux Cullen de nous tenir au courant dès qu'ils en sauront plus. Si un nouvel ennemi franchit nos terres, nous devons le savoir.

J'acquiesçai, embrassai mon ami, et me mis en route, espérant qu'Edward serait là à mon retour.

Texte de Bria