Résurrection

POV Bella

Mon corps paraissait engourdi.

Lorsque j'ouvris, avec un peu de difficulté, les paupières une lumière forte m'aveuglais ; cependant j'aperçu une forme sombre, indistincte, au fur et à mesure que ma vue devenait plus nette, je distinguais le visage de Mary, près de moi et souriante. La lumière derrière elle était si éblouissante. La dernière fois que je l'avais vue son corps venait de s'effondrer, raide, mort. Etais-je morte aussi? Mais comment ? Je sentis alors quelque chose de froid m'encercler au niveau des épaules, je détournais le regard du visage de Mary pour découvrir d'où provenait ce froid, je vis alors le plus beau des anges, mon ange, Edward qui me tenait dans ses bras. Lui aussi était entouré d'un halo de lumière, sa peau étincelante le rendait si merveilleux que des larmes me montèrent aux yeux. Mais si Mary était morte, et moi aussi peu m'importais du moment qu'Edward était là, alors nous étions au paradis et son âme était sauve.
Cependant je ne pus me retenir de lui poser la question, pour vérifier que tout cela était bien réel :

- On est au paradis ?

Edward surprit haussa un sourcil, puis décrocha son plus beau sourire en coin. Il approcha ensuite son visage du mien et m'embrassa passionnément ; son haleine délicate et enivrante me fit tourner la tête, ma respiration devint haletante, les battements de mon cœur redoublèrent. Cet instant était parfait si ce n'était pour l'étrange « bip » qui gagnait en intensité au fur et à mesure que notre baiser se prolongeait, j'avais le tournis, quelle sensation bizarre pour un mort. Un ricanement retentit de nulle part et Edward s'écarta doucement de mes lèvres fiévreuses en souriant.

- Fait gaffe ou elle va encore tomber dans les pommes !

Je reconnu la voix moqueuse d'Emmett. Surprise je jetais un coup d'œil autour de moi. La lumière avait quasiment disparu et discernais à présent Esmé et Rosalie en train de fermer les rideaux, me permettant ainsi de reconnaitre les lieux. Nous nous trouvions dans le grand salon clair des Cullen, aménagé en une sorte de chambre d'hôpital. L'étrange « bip » provenait d'un moniteur auquel j'étais branchée. Edward était allongé à côté de moi me tenant toujours dans ses bras. Mary sous forme humaine se tenait dans le lit voisin, ravissante, elle était enroulée dans une épaisse couverture d'où dépassait une seule main qui étreignait celle de Jacob, assit à son chevet, rayonnant de bonheur, il la contemplait d'un air béat. Un instant je fus jalouse de cette attention qu'il lui portait puis voyant le regard plein d'amour qu'elle lui adressait en retour je compris qu'elle avait survécut, et qu'elle avait besoin plus de quiconque d'un soleil, bien plus que moi.

J'avais Edward et cela me suffirait largement désormais. Je ne l'avais jamais aimé cette fille, mais elle s'était opposée à sa famille, avait risqué sa vie, sauvait Jacob et moi, elle avait changé, tourné le dos à sa véritable nature pour être quelqu'un de meilleur, comme les Cullen, elle s'était sacrifiée. Elle méritait en fin de compte mon estime, elle méritait Jacob, le bonheur, le soleil. Soudain une question me frappa l'esprit : Comment Mary avait-elle survécu ? Après tout, j'avais bel et bien vu sa sœur lui arracher brutalement le cœur, l'avais vue tomber d'une altitude vertigineuse et assisté à l'impuissance de Carlisle face à ses blessures. L'expression de mon visage devait être le portrait de l'ahurissement, car Jacob, m'adressant pour la première fois un regard depuis mon réveil, s'esclaffa tout à coup bruyamment, suivit par Emmett, puis entre deux fous rires il parvint à s'exprimer :

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Bella ? On dirait que tu a vu un fantôme !!!

Edward s'esclaffa à son tour, probablement plus en réaction aux pensées de Jacob qu'à mon expression. Je fronçais les sourcils vexée, il redevint sérieux et me serra plus fort dans ses bras de marbre, puis caressant mon oreille de ses lèvres chuchota :

- Permets moi de t'éclairer Bella.

Entendre mon nom prononcé de sa voix vibrante et velouté me fit frissonner de plaisir, si je n'avais pas été si curieuse de connaître la suite, je lui aurai sauté au coup.

- Mary était bien morte quand tu as perdu connaissance. Tu as souvent été témoin de la surprenante magie dont disposent les Quilleutes ; et il se trouve que l'imprégnation est bien plus puissante que nous le pensions. Nous avons découvert de façon extraordinaire, que l'objet de l'imprégnation de peut être détruit…

- Mais Emily ? Objectais-je. Mary répondit à ma question.

- Il ne peut être détruit, mais peu être endommagé malheureusement.

A ces paroles, elle souleva légèrement sa couverture pour me laisser voir l'énorme bandage ensanglanté qui entourait sa poitrine. L'odeur acre du sang emplit mes narines, je lui fis signe de ce recouvrir car ce n'était pas le bon moment pour retomber dans l'inconscient. Edward, déposa un petit baiser sur mon front, puis repris son récit :

- Nous étions tous abasourdit lorsque Mary rouvrit les yeux. Car si la magie Quilleutes est puissante, combinée à celle des harpies elle l'est encore plus. Les créatures comme Mary, naissent esclaves du mal et n'ont que deux solutions pour gagner leur liberté : Extraire le plus d'âmes possible, ou apprendre à aimer et se faire aimer en retour, la seule faculté d'éprouver de l'amour suffit pour les sauver du mal. Mais souvent cette deuxième solution leur est inconnue ; comme tu as pu le constater il est très difficile pour une harpie d'éprouver de l'amour pour quiconque, même pour sa propre famille. »

Je restais bouche bée, clignant des yeux incrédule. Jacob et Emmett S'esclaffèrent à nouveau. Rosalie et Esmé toujours en retrait souriaient, mais le tableau était incomplet.

- Mais où sont Alice, Jasper et Carlisle ?

Brusquement les rires cessèrent.

Texte de Bria