Origine : HP_100mots - défi Réconciliation.
Disclaimer: Ne m'appartient des personnages et de l'univers que ce que j'invente à leur sujet, le reste est à JK. Rowling.
Personnages/Couples: Neville Longdubat, Blaise Zabini et Théodore Nott.
Rating: PG-13
Nombre de mots : 6 x 100
Histoire extrapolée des scénarios de Papotus Sempra. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, Théodore a quitté Neville pour Blaise lorsque celui-ci est réapparu dans sa vie. Mais Blaise était gravement malade... et par la force des choses, c'est ce pauvre Neville qui a dû le recueillir pour le soigner...
Sur une colline d'oreillers
-Tu as été mieux qu'une mère, pour moi, Neville…
Adossé à une colline d'oreillers, les pommettes plus acérées que jamais, les yeux encore un peu troubles mais le regard malicieux, Blaise sourit.
Neville hausse les épaules, embarrassé. Empêtré entre l'agacement que provoque invariablement chaque parole de l'autre homme, sa rancune qui s'effiloche, son sens du devoir qui commence à s'interroger sur lui-même… et le trouble incongru qu'insinue en lui cette voix aux intonations caressantes. Cette beauté émaciée et charmeuse. Ces lèvres pleines, gourmandes… que Théodore a tant de fois goûtées.
Encerclant son poignet, la main de Blaise interrompt sa fuite.
*
- Cesse donc un peu de t'acharner à m'en vouloir… c'est indigne d'un si noble Griffondor.
Les paupières effilées se plissent. Deux doigts audacieux, insidieux, remontent le long de son bras, sous le tissu de sa chemise. Neville frissonne, tente de se dégager ; une autre main s'en mêle, et il tombe assis sur le bord du matelas.
- Qu'est-ce que tu veux, Zabini, enfin ?!
Un sourire digne du chat de Cheshire fleurit sur la bouche soudain dangereusement proche.
- Joker. Cette question existentielle ouvrirait des champs bien trop vastes à notre réflexion… T'a-t-on jamais dit que le rouge t'allait délicieusement au teint ?
*
Les lèvres du maudit Serpentard sont aussi enivrantes qu'il aurait pu les imaginer, s'il s'était risqué à imaginer quoi que ce soit au sujet de ces lèvres-là. Sa langue recèle un goût d'herbes et de potions, doux-amer, et ses doigts esquissent des choses délicieuses sur les fragments de peau qu'ils découvrent.
Neville rompt le baiser, tant bien que mal, bafouille…
- On ne peut pas…
… récolte un sourire franchement lascif en retour.
- Il me semble qu'on est très bien partis pour pouvoir.
Les mains reviennent à l'assaut. Se nouent contre sa nuque. L'attirent un peu plus près.
Il perd pied...
*
Renversé dans les oreillers, le souffle court, il laisse Blaise prendre le contrôle de son corps, et retrace en gestes erratiques les contours de ses muscles amaigris, sur la peau couleur d'ambre obscure que la maladie n'a guère réussi à ternir.
La culpabilité aiguillonne le plaisir, et il ne sait plus si penser à son ancien amant, sous ces mains, sous ces lèvres, fait du mal ou du bien.
Ses paupières battent, au rythme d'un gémissement. Puis une autre silhouette s'interpose devant la lumière.
Blaise s'écarte. Vide brutal, angoissant.
- Théodore…
Dans un vertige, les deux hommes s'embrassent au-dessus de lui.
*
Lorsqu'il se redresse, tentant de s'arracher au Serpentard qui l'écrase encore à demi, deux paires de bras l'encerclent, le retiennent. Les lèvres diaboliques glissent au creux de son cou. Les yeux noirs de Théo, étrangement brillants, remplacent dans les siens le regard joueur de Blaise.
- Reste avec nous…
C'est à peine une demande, et sa réponse se fond dans le baiser venu la cueillir.
Il ne cherche plus à comprendre. Les premières caresses comblent déjà le manque, si profondément creusé. La vieille solitude s'évanouit lorsque leurs corps se fondent… disparaît enfin quand il s'endort dans la chaleur de leur étreinte…
*
Neville s'éveille sur le matelas inconfortable, métamorphosé du divan. Il frissonne, et pourtant une brûlure étrange couve au fond de lui… une chaleur lascive dans le bas-ventre, vers lequel sa main se faufile machinalement… S'immobilise soudain, quand les images fragmentaires remontent à son esprit.
Une demi heure plus tard, sortant d'une douche glacée, il pénètre dans la chambre où repose le satané convalescent.
Adossé à une colline d'oreillers, les traits tirés et le regard languide, Blaise lui décroche un sourire sibyllin.
- J'ai fait un rêve étrange, cette nuit.
- …
- Mon ami. T'a-t-on jamais dit que le rouge t'allait délicieusement au teint ?
