Origine : Sevys_Now

Défi : Crossover

Fandom crossoverisé : L'univers... de la comtesse de Ségur - Les petites filles modèles (même si je ne suis pas certaine qu'il existe un fandom sur le sujet)

Personnages : Severus, Mme de Fleurville, Mme de Rosemond, leurs trois filles et Sophie.

Disclaimer : Severus et l'autre sorcière mentionnée appartiennent à J.K.R, les petites filles modèles, leurs mamans et leur univers, à la comtesse de Ségur.

Rating : PG-13 (allusions franchement grivoises, mais rien de bien concret...)

Nombre de mots : 730

Note : Au moins six mots devaient être choisis parmi une liste prédéfinie, et intégrés dans le texte. Ils y apparaissent en gras...


L'homme en noir et les dames en rose

*

Au château de Fleurville, sous le ciel pommelé de la fin de l'été, la vie suivait son cours paisible, entre promenades champêtres, goûters plantureux et jeux sans cesse renouvelés, des jardins fleuris aux salons accueillants.

Camille courait après les papillons, Madeleine jouait à la poupée, Marguerite et Sophie se chamaillaient… chacun regrettait un peu le départ des cousins et la fin prochaine des vacances… et dans leurs jolies robes roses aux corsets étroits, les deux mamans… s'ennuyaient un brin, mais ne le montraient pas.

Puis, par un beau jour de septembre, l'homme en noir arriva au château.

Avec ses vêtements austères, son nez crochu, son regard perçant et ses manières abruptes, l'homme en noir semblait bien sinistre dans ce monde de rires enfantins, de couleurs et de bons sentiments. Mais l'homme en noir fut présenté aux fillettes comme leur nouveau précepteur, et aucune d'entre elles n'aurait su contester une décision maternelle (à part Sophie peut-être, mais sa mère, justement, n'était pas en question).

Les tendres enfants, pas plus que les douces dames, ne devaient jamais savoir que l'austère professeur était d'une nature un peu particulière, que les recommandations professionnelles et morales dont il se prévalait étaient dues à quelques sortilèges habilement utilisés auprès des personnalités adéquates, ni que la véritable raison de sa présence en ces lieux était la surveillance discrète d'une vieille sorcière du coin, qui dissimulait sous sa masure pouilleuse l'un des laboratoires clandestins de potions les plus fructueux du pays.

Les mamans ne manquèrent pas d'être émues par la discipline de fer que Mr. Snape imposa à leurs chères bambines – un peu choquées parfois, par la rudesse avec laquelle il lui arrivait de s'adresser à ses élèves, voire à elles-mêmes. Mais elles savaient aussi combien une figure d'autorité paternelle manquait à leurs colombes… et cet homme les secondait avec tant d'abnégation dans leurs visites de charité chez la pauvre vieille Bellatrix, il enseignait si bien les noms des plantes et leurs vertus, expliquait mathématiques, grammaire et histoire d'une voix si belle, qu'il ne pouvait être au fond qu'un homme de bien. Et, elles finirent par se l'avouer, rougissantes dans leurs dentelles d'avant coucher, cette brusquerie même, accompagnée de ce regard insondable et perçant, allumait au fond de leurs corps une petite étincelle de chaleur sourde, que leurs époux défunt ou disparu n'avaient jamais fait naître aussi insistante…

La vie continua son cours, un peu plus rude pour les enfants, peut-être, mais les mères commençaient à s'ennuyer beaucoup moins à mesure que croissait l'étincelle…

Une belle après-midi, les leçons terminées, tout le monde se retrouva au verger, pour la cueillette des noix. Armées de longs bâtons, les fillettes cognaient dans les branches, s'en donnant à cœur joie, pendant que le jardinier et son aide ramassaient les fruits tombés au sol, se noircissant les doigts aux bogues suintantes. Au bout d'une demi-heure environ, le premier enthousiasme retombé, Sophie et Marguerite se dissipèrent un peu, et la première en jouant laissa tomber sa gaule – qui atterrit malencontreusement sur le pied de Snape. Il est bien connu qu'un orteil douloureux est un excellent ferment de mauvaise humeur, et celui-ci apprécia d'autant moins l'aventure, que la fillette lui avait tapé sur les nerfs dès le début de sa mission.

- Gamine bornée ! Depuis le temps que je vous dit de cesser de faire l'idiote !

Les excuses de Sophie ne témoignant pas d'une bien grande contrition, il ajouta entre ses dents, maussade et furieux :

- Je la dresserais à la cravache, moi, cette effrontée…

Mme de Rosemond, qui avait l'oreille fine, se récria, atterrée :

- A la cravache, monsieur ?! Quelle violence !

- Au fouet, à la trique, à la baguette, enfin !

Mais Mme de Fleurville, d'un sourire, à mi-voix, dévia fort à propos les ardeurs du sombre magister :

- Du bâton, mon cher maître, vous feriez bien meilleur usage… en cherchant de ses coups à adoucir notre veuvage...

Pour la première fois de son séjour, Severus considéra pour de bon la comtesse, que ses abords de sagesse pudibonde n'auraient jamais laissé imaginer si ouverte. Un fort joli minois, en cet instant quelque peu rougissant, et une taille admirablement prise… que n'avait guère à lui envier sa compagne, plus petite et plus brune, mais non moins charmante. Et de ces yeux, par Salazar…

Lorsqu'ils se retrouvèrent tous trois dans la chambre de la comtesse, ce soir-là, qu'il découvrit les deux femmes déjà si intimes, puis bientôt si ardentes à se soumettre à son office, il songea que cette mission d'infiltration était peut-être la première vraie bonne idée d'Albus, en quinze ans de collaboration.


Je ne m'attend pas à des commentaires dythirambiques, loin de là, mais si ce texte totalement absurde vous a fait sourire, n'hésitez pas à laisser un petit mot ^^

Oh. Et évidemment, ceci est entièrement imputable à Zazaone et Archea.