Molly Prewett Weasley est l'une des sorcières les plus connues de notre époque. Tout le monde la connaît comme la mère de sept enfants, la mère de héros. Tout le monde sait à quel point elle est maternelle et protectrice. Trop parfois. Et surtout tout le monde sait qu'elle a tué Bellatrix Lestrange.
Seulement, elle est une gryffondor. Et les gryffondors sont loin de rester dans leur coin. Elle n'a jamais suivi les préceptes du sang malgré son appartenance à la famille Black, assez éloigné heureusement. Elle a évolué sans complexe dans le monde des sorciers. Que pouvait lui faire que d'autres êtres humains n'avaient pas de pouvoirs ? Qu'est-ce que cela changeait ? Bien sûr, il fallait se cacher, faire attention. Mais l'Histoire lui avait appris que les moldus avaient tenté de tuer les sorciers par peur. Elle avait compris que la peur était un terrible moteur dans les actions humaines et qu'il fallait aider à supprimer cette peur. Ce n'était sûrement pas en s'alliant à Voldemort que les choses allaient changer. Et puis surtout Voldemort et ses sbires étaient bien pires que les moldus. Mais ça elle ne l'avait compris que trop tard et par sa propre expérience.
Elle avait été placée à Gryffondor. Pas vraiment une surprise : ses deux frères aînés y avaient été aussi. Ils avaient quelques années de différences mais partageaient un lien profond comme chez toutes les familles de sang-pur. Elle était plutôt intrépide et prête à survoler les règlements. Combien de garçons avait-elle attirés dans ses filets ? Combien de points avait-elle fait perdre à sa maison ? Combien en avait-elle récupérés ? Très peu, mais ça valait tellement la peine. Elle était jeune, libre de ses parents et elle en avait profité, pleinement. Qui le lui reprocherait ? Elle était née cinq ans après le combat entre Dumbledore et Grindewald le terrible mage noir. Ces cinq années avaient servi de prétexte à s'amuser un peu plus pour les uns, à renforcer les liens avec la tradition pour les autres. La mort de Grindewald signifiait l'ascension des amoureux des moldus, impensable pour les traditionalistes. Molly avait profité de ce relâchement mais avait aussi subi des critiques de sa famille quant aux comportements des trois frères et sœurs. Alors, ces journées passées au château, loin de tout le monde, n'étaient sûrement pas dédiées à l'obéissance et à la tranquillité. Elle aimait se faufiler dans le parc la nuit et se promener le long du lac. C'était sa promenade favorite. D'ailleurs, elle y emmènerait Arthur.
Arthur c'était quelqu'un. Drôle et un peu loufoque avec sa manie des gadgets moldus. Il suffisait de prononcer le mot « moldu » pour le voir partir dans une dissertation expliquant en long et en large tel ou tel élément de leur monde, ou en tout cas ce qu'il pensait l'être. Ses explications ne tenaient pas la route mais Molly s'en fichait. Elle voyait en lui un homme bon, gentil et timide. Pour la première fois, elle était déroutée et n'avait pas su quoi faire pour lui montrer ce qu'elle ressentait. Elle avait contourné le problème en séduisant quelques garçons. Mais aucun ne la satisfaisait.
Et puis un jour, elle est arrivée. Bellatrix Black. Elle avait onze ans, arrivait tout juste dans ce château et le considérait déjà comme son bien. Elle s'amusait à terrifier les nés-moldu. Elle ignorait superbement les sangs-mêlés. Elle vouait une haine certaine aux traîtres à leur sang et aux gryffondors. Rien ne lui aurait fait plus plaisir que de mettre en feu la table des rouges et or. Molly avait deux ans de plus mais elle ne pouvait pas passer à côté de cette vipère. Elles se sont confrontées une première fois, puis une deuxième, puis une dixième... jusqu'au départ de Molly. Molly ne supportait pas les grands airs de la serpentard, ne supportait pas qu'elle s'en prenne aux plus faibles, aux êtres soi-disant différents. Elle la combattait même si elle n'avait pas toujours de soutien. Jusqu'au jour où Arthur a croisé leur chemin. En voyant Molly, qu'il avait toujours aimé sans oser le lui dire, aux prises avec Bellatrix il ne put se retenir et lui prêta main forte. Cela leur valu aux trois une retenue d'une semaine, moyen le plus efficace pour rapprocher les deux futurs amants.
Les années passèrent dans la même ambiance et leur couple se rapprocha toujours plus. Un soir, ils allèrent faire la fameuse sortie de Molly mais par malheur ils furent surpris. Arthur tenta de la couvrir en faisant diversion avec le concierge mais la jeune fille ne put rentrer dans le dortoir à temps à cause de la Grosse Dame qui n'était pas du tout heureuse d'être réveillée si tard dans la nuit. Ceci fit le tour du château et ils ne purent réitérer leur exploit. Ils furent plus prudents et quittèrent l'école avec leurs aspic et un monde à leur pied.
Ils profitaient des journées, se voyaient régulièrement. Et puis, ses deux frères vinrent les prévenir qu'un danger se préparait. Pire que Grindelwald peut-être même. Le soir, ils en discutèrent tous les deux. Que faire si cela venait à arriver ? Comment quelqu'un pourrait être pire que ce monstre ? Arthur tentait de la rassurer. Vainement. Comment rassurer quand on ne sait même pas ce qui se prépare réellement ? Alors il se décida. Il la demanda en mariage. Etonnée mais heureuse elle accepta sans réfléchir. C'était juste parfait. Elle en rêvait depuis quelques temps. Quand elle avait commencé à s'intéresser à ce garçon, elle ne se croyait même pas capable de lui parler et aujourd'hui elle était là à accepter sa demande en mariage. Elle était fiancée à dix-huit ans et s'imaginait avec une grande famille. Elle était si comblée qu'elle en oubliait même la menace sorcière. Elle mit au monde un premier garçon puis rapidement un deuxième. Elle ne pensait pas pouvoir avoir autant de bonheur. Elle se dédiait entièrement à sa famille. Mais ses frères les tinrent au courant. Ils entraient dans un Ordre fondé par Dumbledore. L'Ordre du Phénix. Elle les suppliait de ne pas y aller. Elle les priait de ne pas la laisser. Elle était mère, elle ne voulait rien perdre ni personne. Elle voulait sa famille au complet. Elle voulait que ses enfants connaissent leurs oncles. Elle voulait juste que tout soit parfait.
Elle avait vu quelques membres de l'Ordre. Elle avait trop de préoccupation pour devenir membre mais elle comprit l'intérêt de la mission. Elle fit la rencontre d'Androméda, quand elle était entrée à Poudlard Molly était dans ses dernières années. Elles partagèrent ensemble le bonheur d'être mère. Mais le bonheur ne dure jamais. Après un troisième garçon et de nouvelles joies, Fabian et Gideon partirent pour mener à bien un raid contre des mangemorts. La mission se déroula très mal. Dumbledore lui-même expliqua à la famille ce qui était arrivé. Il y avait eu de la désinformation et peut-être même un espion. Rien de tout cela n'aurait dû arriver mais c'était trop tard. A peine arrivé, le groupe de l'Ordre avait été pris sous les sorts des mangemorts. Ces derniers étaient trop nombreux. Les deux jumeaux sont morts en héros, en combattant pour le bien, pour le monde. Molly était en larme. Elle avait fait le rêve de voir toute sa famille réunie et celui-ci serait à présent irréalisable. Elle voyait au loin ses trois garçons s'amuser ensemble inconscients du drame qui venait de se dérouler. Elle voulait savoir qui. Dumbledore lui assurait que cela ne changerait rien. Mais elle a répété sa question plus fort et Dumbledore sans son œil bleu si vif habituellement lui répondit d'une voix assourdie « Bellatrix ». Elle se promit vengeance, elle promit que cette femme le payerait de sa baguette. Plus jamais elle ne serait capable de lever le moindre sort contre une autre personne sans que Molly ne lui fasse regretter son geste. Mais elle tut sa colère et sa rancœur. Elle remercia le directeur. Elle devint encore plus protectrice de ses garçons d'autant plus qu'elle apprit peu après être enceinte de jumeaux. C'était à la fois une douleur : le rappel constant de ses frères, et une joie : la vie continuait et en eux peut-être l'esprit de ses frères.
Quelle joie d'entendre la mort de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Quelle joie de savoir ce cauchemar fini. Quand elle apprit ce qui fut arrivée, elle se fit une nouvelle promesse : aider chaque enfant qui viendrait lui demander de l'aide. Ce monstre avait voulu tuer un enfant et il avait assassiné les parents sans le moindre doute. Ce n'était pas un homme. Ce n'était pas un monstre. C'était une abomination.
Après tant de garçons, elle eut, enfin, une fille. Elle l'avait désirée depuis sa première grossesse. Elle avait voulu la plus grande famille qui soit pour qu'aucun de ses enfants ne se sente seul. Peut-être aussi pour combler le vide dans son cœur depuis la mort des jumeaux. Malgré la disparition du mage, elle n'avait cessé de les surveiller, de les surprotéger. Peut-être était-ce trop mais elle savait au moins qu'il y avait de l'amour dans leur foyer. Elle avait croisé les Malefoy quelques fois. Ils étaient si froids, si hautains. Narcissa lui faisait penser sans cesse à Bellatrix et si son mari ne l'avait pas retenue elle lui aurait lancé un sort. Elle était attristée en voyant le petit garçon blond à leurs côtés. Etait-il aimé ? Etait-il heureux ? Recevait-il au moins quelques marques de tendresse ? Ah oui, ils avaient de l'argent, oui ils pouvaient s'offrir tout ce qu'ils voulaient. Mais un cœur ça ne s'achète pas.
C'était à chaque rentrée, une déchirure de voir partir ses enfants. D'abord un, puis deux, puis trois, à nouveau deux, puis quatre, puis trois, puis quatre, puis aucun. Que les journées étaient longues sans avoir à les surveiller, à leur dire de mieux se tenir, des les gronder pour leurs bêtises et farces. Et puis, la rencontre avec Harry Potter. Quand ses fils lui avaient dit de qui il s'agissait, elle espérait pouvoir s'en occuper, il était si petit et maigre. Où avait-il été placer toutes ces années ? Il ne connaissait même pas le quai 9 ¾. Il était seul. Qu'avait donc fait Albus ? Elle apprit à le connaître. Il était si gentil, si bien élevé mais un véritable attrape-piège. A nouveau la peur s'installa dans son cœur pour ses enfants. Chaque année depuis la rentrée de Ron et Harry, une tentative de Voldemort pour reprendre le pouvoir était mise à jour. Puis, il fallut remonter l'Ordre. Des cauchemars la reprirent à propos de ses frères. Elle repensa à ses promesses. Elle allait aider chacun des enfants de ce monde à vivre heureux et libre. Mieux, elle allait mettre un terme à la folie de Bellatrix qui avait pu s'échapper avec d'autres mangemorts. Elle vit avec horreur, le Trio, ses enfants, parti à la chasse à Voldemort. Une année passée dans la détresse la plus immense. Elle ne savait pas si elle les reverrait, s'ils parviendrait à leurs fins. Le jour fatidique arriva. La grande bataille eut lieu. Bellatrix était là bien sûr. Sa colère était à son paroxysme et elle explosa quand sa fille était en face de cette folle. Elle n'allait pas rester là. Cette fois elle pouvait agir, cette fois elle était là pour protéger ceux qu'elle aimait. Alors elle le fit sans hésitation. Le combat battait son plein quand elle profita du manque de concentration de son ennemie pour la tuer. Elle venait de perdre un fils, une de ses raisons d'être. Bellatrix allait payer pour tous. A la fin de la guerre, elle pleura sur le corps de Fred, son enfant, son petit garçon. Elle pensait ne jamais s'en remettre mais elle remarqua le soleil qui se levait et sa famille qui se tenait les uns les autres. Ils avaient le plus précieux bien en ce monde : l'amour.
A partir de ce jour, le bonheur ne s'arrêta plus. Ses enfants se mariaient les uns après les autres. Bill avait eu son premier enfant puis son deuxième et depuis les petits-enfants abondaient. La maison respirait et vivait à nouveau. Elle aussi.
Sur son lit de mort, entourée de ses enfants, de ses petits-enfants, de ses amis, elle leur dit :
-Vous avez été mon bonheur, vous avez fait mon bonheur. Vous m'avez rendue courageuse. Jamais personne n'aura été aussi fière de vous tous. Je pars heureuse. Je sais que je vais retrouver mes frères, mon enfant, mon mari. Je vais retrouver le reste de la famille. Je vous attendrai tous avec patience. Je vous aime.
Molly ferma les yeux tranquillement, le sourire aux lèvres tandis que sa famille avaient les larmes aux yeux. Molly, sa petite-fille, rayonnait d'avoir le même prénom que cette grand-mère héroïque.
et voilà Molly, je crois qu'elle était attendue. j'ai vraiment eu du mal à écrire ce chapitre je l'ai recommencé trois quatre fois, j'ai abandonné, repris et ce soir j'ai eu une illumination pour savoir comment mener l'histoire: me baser sur son côté mère poule à partir de la mort de ses frères. on a aussi beaucoup d'informations sur cette femme il fallait réussir à montrer ce qui n'était pas montré dans les livres ou ailleurs. n'ayant aucune information sur les dates de Fabian et Gideon je m'excuse si cela n'est pas correct ou vraisemblable (même avec les chapitres précédents). de même je m'excuse s'il y a des fautes restantes, je viens de l'écrire et j'ai fait assez durer l'attente donc je poste directement.
je pense qu'il me reste deux mères à décrire et ça sera fini
votre avis est toujours le bienvenu^^
