Voilà, voilà je reviens avec un nouveau chapitre: Narcissa je pense l'un des personnages les plus complexes à comprendre surtout qu'elle apparaît peu
je tente une analyse, dites ce que vous en pensez
je pense écrire un autre portrait, plus court cependant, et mettre un terme à cette fanfic
bonne lecture
Narcissa Black Malfoy. Il suffit d'un seul de ces noms pour avoir immédiatement l'image de la sang-pur parfaite, élégante, noble, froide, distante. Tout le monde a pensé à elle comme narcissique, égoïste, figée, glacée, impassible, inaccessible, belle, monstrueuse, femme au foyer, femme vitrine... Serpentard. Mais l'image de la mère s'est effacée, oubliée par les horreurs commises pas sa famille. Elle n'est jamais citée comme victime. Elle a choisi le mauvais camp par principe, par honneur, par lois familiales, pour sauver son fils.
Dès son plus jeune âge, Narcissa a été introduite aux règles des sang-pur, à leur monde faste, riche et cruel. Elle a, comme ses sœurs, dû apprendre sa place, apprendre comment côtoyer les autres, et surtout qui ne pas côtoyer. Elle a toujours entendu des louanges à propos de sa beauté, de sa placidité, de son futur en tant que femme de sang-pur. Elle voyait en sa sœur aînée, Bellatrix, un modèle, une sorcière puissante et guerrière pour qui elle ferait tout. Ensemble, elles ont créé tant de problèmes à Androméda et Sirius si différents d'elles. Ensemble, elles raillaient les sang-de-bourbe. Elles se sont promises de toujours être là l'une pour l'autre.
En arrivant à Poudlard, elle avait la sensation que le monde était à ses pieds. A onze ans à peine, elle était la plus jolie, après Bellatrix bien sûr. A quatorze ans, elle faisait tourner toutes les têtes. A quinze, elle comprenait que tout n'était pas éternel. Sa sœur traître à son sang avait dévoilé sa tromperie. Androméda voulait épouser un sang-de-bourbe, un ignoble sang-de-bourbe. Il n'était même pas beau ! La sentence était tombée, elle ne pouvait rien faire contre. Sa sœur s'éloignait. Androméda disparaissait. Bellatrix était venue lui dire que pour elles, que pour leur famille, Androméda n'existait plus. Elle était morte, effacée, brûlée de l'arbre généalogique. Androméda et Narcissa n'avaient jamais été proches, elles se taquinaient sans cesse. Mais voilà, elles étaient trois. Maintenant elles n'étaient plus que deux et Bellatrix lui échappait de plus en plus depuis son mariage et surtout depuis son enrôlement chez les mangemorts. A seize ans, elle avait compris que les sentiments étaient trop douloureux et que pour ne rien perdre il ne fallait s'attacher à personne. Il fallait tromper les autres pour obtenir ce qu'on voulait, il ne fallait pas montrer ses larmes. Surtout, il fallait montrer qu'on était supérieur à tout le monde. Elle passa ses deux dernières années à Poudlard sans montrer une once d'intérêt en étant pourtant la meilleure. Lucius, depuis la décision de leur mariage par leurs parents, s'était rapprochée d'elle. Elle laissait faire. C'était un beau parti, il était riche, il était beau, il avait de grands projets, il se ralliait à la cause du Seigneur des Ténèbres. Narcissa l'aimait bien, il était convenable, alors oui elle laissait faire. Tout était calculé. En l'acceptant, elle restait comme l'une des plus hautes sang-pur, elle pourrait garder un œil sur sa sœur, elle pourrait profiter de ses journées comme bon lui semblait.
Durant toutes ses années, elle n'a jamais adressé un regard aux autres maisons ni même aux sang-mêlé de Serpentard. Au mieux, elle a assisté Bella dans l'une de ses cruelles farces à l'encontre de tel ou tel sang-de-bourbe. Bref, tout lui réussissait.
Elle est apparue le jour de son mariage plus belle que jamais. Elle était acclamée. Elle n'avait encore rien dit de ses sentiments à son mari. Tout allait pour le mieux. Son mari travaillait, elle profitait du jardin, d'un après-midi en compagnie des plus respectables dames au sang-pur. Les journées passaient sans qu'elle n'ait à s'inquiéter jusqu'à ce que son mari revienne avec du sang, avec un regard vide ou un sourire malsain. Elle a vu la marque. La même que celle de Bella. Sa sœur, son mari étaient des monstres. Mais qui était-elle pour leur dire quoi que ce soit ? Elle avait tout ce qu'elle voulait, pourquoi devoir gâcher cela ? Lucius était toujours à ses petits soins et chaque jour sa promesse de ne plus rien ressentir s'étiolait.
Elle la brisa entièrement lors de la naissance de son fils. A sa naissance quand son enfant ouvrit des yeux si innocents elle se promit de tout faire pour le protéger. Rien ne viendrait à l'encontre de leur bonheur. Elle apprit qu'elle pouvait aimer quelqu'un d'autre qu'elle-même, qu'elle pouvait espérer de belles choses pour un autre. Un autre qui lui ressemblait. Elle ordonna à Lucius de quitter les mangemorts. Elle apprit la terrible vérité. Ce n'était pas un club dans lequel on entrait et sortait à sa guise. Il lui raconta tout. Les meurtres, les tortures, les menaces de leur maître. Elle comprit alors où était passée la raison de sa sœur. Elle le pria pour trouver une solution. Il ne pouvait pas l'abandonner avec son fils. Il devait penser à Drago. Si elle avait eu le courage, elle aurait demandé au Seigneur des Ténèbres de prendre sa vie pour que son mari et son fils soient en sécurité. Elle n'en eut ni le courage ni l'occasion. Un an plus tard, le mage noir avait disparu en emportant avec lui les Potter, parents d'un petit garçon. En l'apprenant, ses nerfs lâchèrent. Elle se disputa violemment avec Lucius. Elle lui montra ce que son maître était capable de faire. Elle voulut qu'il arrête les missions, qu'il abandonne tout. Maintenant que leur Seigneur était mort, il n'avait plus aucune raison de continuer. Tout au plus, il pouvait faire quelque chose à l'intérieur même du ministère. Elle non plus ne voulait pas voir cette vermine se répandre mais pas au prix de leur vie, pas au point de ne plus être là pour Drago. Peu après, Bellatrix fut arrêtée. C'était le coup de grâce pour les familles Black et Malfoy. Puis, Sirius accusé d'être un mangemort. Cet idiot qui passait son temps avec les moldus était accusé ! Si elle en avait été capable elle en aurait ri.
Les années ont passé. Lucius avait prouvé son innocence. Drago grandissait et la comblait de bonheur. Et puis il dût partir à Poudlard. Une école infâme avec ses sang-de-bourbe mais bien plus proche d'elle. Comment aurait-elle pu le laisser aller à Durmstrang ? A quoi pensait Lucius ? C'était ridicule. Ils avaient appris dans cette école. Son fils n'irait nulle part ailleurs. Elle l'aima de loin, lui envoyant des friandises, répondait à toutes ses demandes, le retrouvait avec bonheur pendant les vacances et invectivait avec lui ce Potter et ses amis aussi répugnants l'un que l'autre : un traître à son sang et une sang-de-bourbe. Quelle honte ! Quand il fut blessé par cet hyppogriffe, elle serait allée affronter elle-même Hagrid si son mari ne l'avait pas empêchée de faire et n'avait pas montré par là un moyen d'évincer Dumbledore. Ce qu'il avait déjà tenté l'année précédente à travers le journal de Jedusor. En l'apprenant, elle avait été dans une rage folle. Il lui avait promis de ne plus jamais avoir à faire avec le Seigneur des Ténèbres. Il l'avait trahi. Et si Drago avait été blessé ! Qu'en avait-elle à faire que le serpent n'attaquait que les sang-de-bourbe ? Son fils était là-bas avec ce monstre.
L'année suivante tout a changé et s'est accéléré. Le retour du Seigneur des Ténèbres était connu de la plupart des membres. Lucius ne pouvait pas se défiler. Elle lui faisait promettre d'éloigner Drago de tout cela. Elle n'a plus rien dit. Que pouvait-on faire contre quelqu'un qui revenait d'entre les morts ? Même les sorciers en étaient incapables. Puis, elle comprit. Son mari était lâche, fou mais il l'aimait. Cependant, pas assez pour éviter à Drago d'être enrôlé. A cause des erreurs de Lucius, elle ne pouvait rien faire. Comme elle se sentait misérable devoir demandé de l'aide à un sang-mêlé ! Sans rien dire à personne, sauf à sa sœur qu'elle avait retrouvé avec un plaisir teinté de dégoût et à qui elle disait tout, elle était passée au-dessus d'un ordre de leur Seigneur. Elle était sûrement l'une des seules. Tout ça pour Drago. Et Bella qui ne comprenait rien. Pourtant elle était là avec elle au petit matin encore brumeux les cachant des regards indiscrets. Oui, oui c'est un honneur mais là l'honneur ne comptait plus. À quoi sert-il quand on est mort ? Tout le monde savait que c'était une mission suicide, sauf Bellatrix qui se serait tuée elle-même si son cher maître le lui demandait. Elle a supplié Rogue. Il fallait sauver Drago. Il est jeune, c'est un enfant, son enfant. Rien d'autre ne comptait. Qu'elle meurt, elle, s'il fallait mais pas lui, pas celui à qui elle a donné son cœur. Le Seigneur des Ténèbres ne serait content qu'en voyant le corps sans vie de son fils à ses pieds pour écraser un peu plus la famille Malefoy. Un an à prier pour que rien ne lui arrive, un an de détresse et de frayeurs à frayer avec les mangemorts, à supporter chez elle, dans sa demeure, cet immonde personnage qui menait à la mort son fils, son unique enfant, son trésor. La peur en apprenant que Potter avait lancé un sort mortel à son fils, l'indignation de ne pas le voir viré et l'espoir. Potter était le seul capable à vaincre le Seigneur des Ténèbres, hors de Poudlard il était vulnérable. Dumbledore était le seul à pouvoir le protéger. Et enfin, la délivrance. Dumbledore était mort mais son fils était vivant. C'est tout ce qui comptait. Avec son échec il était, comme son père, interdit de sortie du manoir. Il ne voulait pas de trahison de la part de tels lâches. Parfait, elle pourrait le voir sans inquiétude.
Ces idiots s'étaient faits prendre ! Que faire ? Sa sœur n'allait en faire qu'une bouchée ! Et son mari si grotesque qui pensait reprendre son rang en appelant son maître. Il n'avait que ce mot à la bouche ! Elle devait se contenir. Le moindre faux pas et même sa sœur aurait été heureuse de la dénoncer. Si elle mourait maintenant, elle ne donnerait pas cher de la peau de son fils. Il fallait un miracle pour qu'ils s'échappent. Personne ne pouvait s'échapper avec tous les sorts placés sur le manoir. Elle se surprit à prier pour les trois indésirables et surtout pour cette sang-de-bourbe à la merci de sa détraquée de sœur. Bella était bel et bien partie. Quand son fils a avoué ne pas connaître leur identité, elle en aurait pleuré de joie de voir qu'il avait du courage, qu'il avait appris de ses erreurs au contraire de son père.
C'est avec cet exemple qu'elle s'est levée à son tour contre Voldemort. Potter lui assurait que son fils était vivant, lui-même avait survécu à l'avada. L'espoir persistait. Mieux il était en train de l'emporter. Elle se concentra comme jamais sur ses barrières mentales. Elle fit au plus vite pour ne pas être suspectée et annonça haut et clair :
-Harry Potter est mort.
Il ne restait plus qu'à attendre le bon moment et tout serait fini. Elle retrouva son fils et abandonna la bataille. Plus rien n'avait d'importance que le bien être de son fils. Il était là, grand, maigre, pâle, anxieux, un enfant en proie à l'effroi. Le sort final fut lancé et elle l'étreignit, laissant pour la première fois depuis des années, depuis le départ d'Androméda, ses larmes coulées.
