Je suis malade comme un chien. J'ai l'habitude d'avoir mes petites faiblesses - "coup carin", comme on dit chez moi, et je ne suis même pas sûre de l'orthographe - mais ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi mal, pour les fêtes en plus ! Remarque, pour le jour de l'an de l'année dernière, j'avais commencé l'année fidèle à moi-même : seule à la maison, malade, enroulée dans une couverture Ikea et en jouant à Zelda, donc une fois de plus ou de moins xD
Fin du blablatage, réponse aux commentaires en bas - je vous aime, vous savez ? - et bonne lecture o/
Elin contempla la preuve suprême qu'elle était désormais chez elle chez Matthias.
Sa brosse à dents.
Cette demoiselle, décorée d'un motif qui rappelait la robe d'une vache, trônait fièrement aux côtés de celle de Danemark, rouge et blanche, dans un verre prévu à cet effet.
Elle réprima un gloussement, qui mourut aussitôt qu'elle croisa son reflet dans le miroir.
Elle portait un débardeur blanc orné de petit moutons pelucheux et un pantalon de pyjama assorti, et des lunettes de repos. Ce n'étaient pas des lunettes discrètes, non, non ; elles étaient à monture noire et épaisse, et surtout, elles étaient grosses, pas vraiment des culs-de-bouteille, mais presque. Elle ramassa ses cheveux en un chignon ébouriffé à l'aide d'une grosse barrette, soupira, et fila dans sa chambre dans l'espoir de ne pas croiser Matthias.
Elle referma la porte et se jeta sur le lit, après avoir récupéré le bien ô combien attendu : l'ordinateur portable relié à Internet.
« J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne les ai pas vues, murmura-t-elle en cliquant sur l'icône bleue de Skype. Sûrement à cause de l'éloignement géographique… »
Elle posa l'ordinateur sur la petite table de chevet, et s'assit sur le lit de façon à être en face de la webcam. Elle croisa les doigts.
« Faites que ça marche, faites que ça marche…
- AH QUE COUCOUUUU ! beugla Keira de son côté.
- Oh là là là là, les fiiiiilles ! Vous m'avez manqué ! souriait Lou.
- Ouiiiiii ! Vous aussi ! »
Une douce chaleur s'empara de la rouquine en entendant la voix de ses amies. Elles avaient l'air d'aller bien, Keira avait visiblement l'ordinateur sur les genoux et semblait alitée. Ses cheveux brun étaient remontés en une queue de cheval faite à la va-vite, laissant sa mèche partiellement blonde libre, et Elin ne distinguait que le haut d'un t-shirt noir sponsorisé par Volkswagen – sûrement à Prusse ou Allemagne, donc. Elle était pâlotte mais son sourire était resplendissant.
Quant à elle, Lou portait un pyjama violet en satin qui rappelait une tenue asiatique par la façon dont le haut à manches courtes était boutonné. Féroé admira la finesse de la décoration derrière elle. La jeune femme habitant chez France avait pris des couleurs et ses cheveux au carré ondulaient légèrement.
"Bienvenue dans mon moooonde." songea avec amusement celle aux yeux gris.
Elles se racontèrent mutuellement leurs déboires, surexcitées alors qu'elles n'étaient séparées que depuis une journée. Lou n'était pas étonnée que Keira soit appréciée des chiens – "ses congénères", comme les avait-elle appelés pour taquiner son amie – Elin était inquiète quant au contenu du journal trouvé par Lou, et surtout de la réaction de France s'il venait à l'apprendre et Keira avait ri jusqu'à s'étouffer pendant cinq bonnes minutes de la réaction de Danemark lorsqu'il avait entr'aperçu le contenu du sac de lingerie.
Keira leur avait aussi parlé de sa symbiose avec Saxe, qui était désormais achevée mais qui l'avait beaucoup affaiblie. Elle parlait et comprenait désormais couramment l'allemand – au grand dam d'Allemagne qui ne pourrait plus rien lui cacher – et ressentait la moindre chose en rapport avec sa région. La même chose avait commencé pour Elin au centre commercial ; elle s'était rendue compte que sa migraine n'était pas anodine pour résister à un Nurofen ainsi qu'un Doliprane, et avait commencé à avoir de drôles de flash-back très douloureux – autant moralement que physiquement – et qui se mettaient peu à peu bout à bout. La seule chose qui avait sauvé Matthias dans la voiture, c'était le fait qu'elle se soit rendue compte qu'elle avait compris ce que l'animateur venait de dire à la radio, et que cela lui avait paru tout naturel. Elle avait secoué le blond comme un prunier – manquant de les faire déborder sur la voie d'en face – et était depuis extatique malgré ses douleurs au crâne.
Louise s'étonnait d'être la seule à n'avoir rien ressenti du tout ; le problème de la langue ne se posait pas, étant française de naissance – peut-être comprendrait-elle le provençal ? – et aucun souvenir d'aucune sorte n'avait fait mine de se montrer, la rendant légèrement désappointée. Ses amies lui assurèrent qu'elle ne perdait rien – "j'en ai chié, et j'imagine dans quel état Elin doit être" avait confié la méchée d'un air grave.
Lou s'apprêtait à leur poser d'autres questions lorsqu'un message signifiant un nouvel appel Skype apparut sur son écran.
« …On m'appelle. Les filles, on m'appelle ! paniqua-t-elle.
- Moi aussi ! s'exclama Keira avec un mouvement de recul
- Oh, c'est Céleste !
- Elle nous appelle toutes les trois en même temps ? Alors qu'on est dans l'autre monde ? Comment est-ce possible ? s'étonna celle aux yeux noisette.
- On répond ? s'enquit Keira.
- On répond », acquiesça Elin en joignant le geste à la parole.
Le visage rond de leur amie, rencontrée sur un forum de discussion sur Hetalia du nom d'HetaliaWorld, apparut à l'écran des trois jeunes femmes. L'inquiétude se lisait dans ses yeux bleus, et ses cheveux châtain clair semblaient un peu hirsutes. Elle paraissait perdue.
« Ahhhh mais où vous étiez passééééées ! C'est trop bizarre ! Tout le monde vous a oub-
- AAAAAAAAH C'EST VRAIMENT TOOOI ! » hurla Lou, submergée par sa joie.
Tout s'enchaîna très vite ; alerté par le cri de sa protégée, Francis, ouvrit violemment la porte de sa chambre. Dégoulinant de la tête au pied, il sortait de la douche et était maintenant visible par toutes à travers la webcam de Louise.
« TOUT VA BIEN ? » cria-t-il en cherchant du regard la jeune femme figée devant l'ordinateur.
La serviette enroulée autour de sa taille tomba avec un "flop" plus ou moins sonore. Un ange sembla passer tandis que le regard du blond allait de la serviette au sol à ses parties intimes dénudées pour revenir à celle au carré plongeant, et Louise, rouge comme une pivoine, tomba dans les pommes en s'écrasant sur le sol, manquant d'entraîner l'ordinateur avec elle.
Céleste raccrocha rapidement, légèrement choquée. C'était bien France derrière Louise ? Nu, qui plus est ? Elle devrait les rappeler le lendemain…Elle estima qu'elle était bien trop fatiguée pour imaginer des choses pareilles et se laissa tomber sur son lit. La nuit porte conseil…
« PUTAIN MAIS HABILLE-TOI ! Ramasse-la ! Fais quelque chose ! » cria Keira en détournant les yeux de la scène, avant de terminer l'appel de son côté.
La méchée, mal à l'aise, quitta sa chambre et rejoignit Prusse et Allemagne sur le canapé du salon. L'albinos lui lança une remarque moqueuse en lui demandant ce qui avait bien pu la faire raccrocher aussi rapidement ; elle marmonna quelque chose comme "la faute aux poils" et se lova dans la couverture polaire devant l'émission que diffusait Arte, tentant d'oublier l'évènement du soir et cette pilosité hors normes.
De son côté, Elin avait tout de suite hurlé :
« AAAAAHH ! MES YEEEUUUX SAIIIIIGNENT ! »
Aussitôt des pas précipités se firent entendre dans le couloir et ce fut au tour de Danemark de débarquer dans la chambre de la rouquine, la brosse à dents encore trempée dans une main et en pyjama. Il constata rapidement quel genre d'image s'affichait sur l'ordinateur – à savoir un gros plan de l'entrejambe de France qui s'était approché de la caméra pour l'éteindre sans pour autant s'être rhabillé – et claqua violemment l'écran du portable contre le clavier. Il soupira, posa sa brosse à dents sur la table de chevet et prit Elin par les épaules, réprimant un sourire.
« …On va faire comme si il ne s'était rien passé, d'accord ? Tu vas prendre un dernier antidouleur pour ton crâne, aller te coucher et faire de beaux rêves pleins de moutons comme sur ton pyjama. D'accord ?
-…C'est une image qui va me poursuivre toute ma vie, dit-elle gravement.
- J'imagine.
-…Vous êtes vraiment tous comme ça ?
- Non. Ce mec est un cousin de Chewbacca.
- Ah, d'accord. Ça me rassure. »
Un silence de quelques secondes s'écoula, durant lequel Elin ferma les yeux, imaginant des arcs-en-ciel et des moutons pour chasser la chose horrible qu'elle avait aperçue.
Le pire ? C'était la première fois de sa vie qu'elle en voyait une.
Matthias, de son côté, se mordait les lèvres pour ne pas éclater de rire. La réaction d'Elin était hilarante et il ne tiendrait pas longtemps si elle gardait cet air consterné.
« Danemark ?
- Oui ? »
Elle ravala sa fierté et planta son regard dans le sien en essayant de ne pas trembler.
« J'ai peur. Laisse-moi dormir avec toi. »
« Tu crois vraiment qu'on peut rentrer comme ça ? s'inquiéta Tino.
- On a toqué à la porte, et cet abruti n'a pas ouvert. Il doit encore cuver… maugréa Norvège en entrant en premier dans la maison.
- C'est la preuve qu'on a eu raison de s'inquiéter pour elle.
- Hm », acquiesça Suède suite à la remarque d'Islande.
Les quatre nordiques laissèrent leurs affaires dans le salon, s'assurant au passage que Danemark n'était pas en train de ronfler à même le sol. Ils vérifièrent également la cuisine – mais aucun signe du blond.
« On passe à l'étage, ordonna celui à la barrette en s'engageant dans les escaliers.
- Je crains le pire… souffla le plus jeune en fronçant les sourcils. C'est trop calme…
-…Et trop bien rangé », compléta le finlandais.
La porte de la chambre d'Elin était entrouverte – elle était la seule. Ils la poussèrent doucement, et furent forcés de constater qu'elle était vide.
« Elle a pris la fuite ? s'étonna Tino en regardant sous le lit puis dans l'armoire.
- Elle a compris de qui il s'agissait ou…Oh, grogna Norvège, une lueur violette l'entourant alors qu'il comprenait quelque chose. Qu'il est ennuyeux…
- J'ai un mauvais pressentiment, confia Islande à son macareux.
- Quoi, pour la fille ? On parie qu'il se l'est faite ? ricana Mr. Puffin.
- Puffin ! » l'apostropha l'islandais, lassé par son manque de tact et son langage vulgaire.
Norvège, énervé, ouvrit violemment la porte du blond. Là, un spectacle presque attendrissant s'offrit à eux : Elin était effectivement dans le lit du blond, mais elle était seule ; Matthias, quant à lui, était sur un vieux matelas à même le sol, une couverture jetée à la va-vite pour lui tenir chaud.
« Awww, qu'ils sont mignons ! s'extasia Finlande. Ils se tiennent la main !~
- C'est qu'il aurait presque oublié d'être galant, cet idiot, railla Islande alors que Norvège saisissait Danemark par le col de son t-shirt.
- Espèce d'abruti, siffla-t-il face au pauvre danois qui ne savait pas ce qui lui arrivait. Tu peux pas t'empêcher de ramener les filles dans ta chambre, hein ?
- Dan, qu'est-ce que c'est que ce boucan ? grommela Elin en émergeant, réveillée par le bruit. Oh. Salut les gars. »
Elle jeta un regard ensommeillé sur la pièce entière, son regard passant sur Suède, qui la fixait, les bras croisés, de son habituel air austère, puis sur Islande qui tentait de faire taire Mr. Puffin, puis sur Finlande qui gloussait toujours sur le fait qu'elle avait tenu la main du blond pour dormir.
À la pensée de Danemark, son regard glissa sur la tentative de meurtre se déroulant à ses pieds et elle prit conscience de la situation, à présent pleinement réveillée.
« AHHH ! Mais t'es malade ! Lâche-le ! Il est tout bleu ! » paniqua-t-elle en se jetant sur Norvège pour le faire lâcher le cou de Matthias qui était presque prêt à jouer dans Avatar.
Lukas retira ses mains lorsqu'il constata qu'elle n'arrêterait de frapper son bras de façon frénétique qu'une fois qu'il aurait lui-même relâché le danois. Danemark tomba en arrière, crachotant et reprenant doucement son souffle, alors que la rouquine se penchait vers lui, inquiète.
« Ça va ? On appelle les pompiers ? Remarque, non, tu dois être habitué… »
Six paires d'yeux – en comptant le macareux - la fixaient désormais étrangement, un malaise ambiant s'installant peu à peu dans la pièce. Matthias semblait le plus choqué de tous.
« Ben quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai quelque chose sur moi ? s'étonna-t-elle, en vérifiant ses cheveux, son visage et son pyjama.
- Continue de parler, lui intima Norvège sans pour autant répondre à sa question.
- Euh…Sinon, à part réveiller les gens de façon spéciale, qu'est-ce qui vous amène ? obéit-elle en aidant Matthias à se relever, plus par réflexe que réel besoin.
- On s'inquiétait. Te laisser seule avec ce type nous paraissait être une mauvaise idée, expliqua simplement Islande. Sachant ce dont il est capable…
- Mais vous semblez être devenus très proches tous les deux, donc c'est que ça ne doit pas être si terrible ! se moqua gentiment Finlande avec un sourire tellement contagieux qu'Elin ne put s'empêcher de l'imiter.
- Effectivement, il a ses moments, d'ailleurs il sait se montrer très gentleman, même si ça peut paraître dur à croire…~
- Dit-elle alors qu'elle m'a supplié de dormir avec elle la veille, ricana Danemark.
- Tu t'es pas trop débattu non plus, hein…Et puis j'ai des circonstances atténuantes ! Compte tenu de ce que j'ai vu…Oh mon Dieu. Ahhh, quelle angoisse, ça revient ! » s'horrifia-t-elle en plaquant ses mains sur ses yeux, comme si elles pouvaient empêcher les images de la veille de défiler dans son esprit.
Danemark rit et passa un bras autour de ses épaules de manière compatissante, ignorant les yeux curieux des autres nordiques qui cherchaient à comprendre ce qui avait bien pu se passer.
« Tu t'y feras. Le traumatisme s'estompe avec le temps. D'ailleurs, Norge, avant de m'étrangler, tu devrais te renseigner sur ce qu'il s'est réellement passé ! Cette demoiselle était pleinement consentante !
- Si tu pouvais utiliser d'autres termes pour éviter un quiproquo, ça m'arrangerait… grogna-t-elle.
- Tu dis ça mais regarde, ma main sur ton épaule ne te choque pas plus que ça ! »
Pour illustrer ses dires, il resserra son emprise sur elle avant qu'elle ait eu le temps d'esquisser le moindre geste. Elle prit une teinte rouge semblable à la couleur du drapeau du blond à ses côtés, mais au fond d'elle, était plutôt heureuse de ce contact.
Elle était une fangirl, quoi qu'elle puisse faire ou dire, c'est de là que tout avait commencé…Et Danemark était l'un de ses personnages préférés – pour ne pas dire son préféré. Elle se souvenait du jour où elle et ses amies s'étaient faites les ongles en fonction du drapeau de leur chouchou. La rouquine avait bien évidemment hérité du drapeau danois…
Elle espérait néanmoins passer du statut de fangirl à amie – voire plus si affinités, qui sait ? Répondre à ses flirts ne la dérangerait pas…
Un peu gênée par cette dernière pensée – elle venait de s'avouer à elle-même que Matthias l'intéressait réellement, après tout – elle refoula son rougissement qui menaçait de prendre de l'intensité et se laissa aller à l'étreinte du blond, sa tête glissant légèrement sur son épaule.
"Il est tellement plus grand que moi…C'est rassurant.
Est-ce qu'il me voit comme une petite chose à protéger ? Ça me plairait bien."
Durant son dilemme interne, les nordiques avaient continué à débattre, mais heureusement pour elle, ils ne semblaient pas pressés d'entendre son avis ou de bouger. Tant mieux. Elle était bien là où elle était.
Danemark continua à se justifier et Norvège continua de l'accuser pendant un petit moment encore, avant que le calme ne retombe enfin sur la pièce. Fatiguée par sa nuit agitée à cause de cauchemars, Elin retombait peu à peu dans le sommeil jusqu'à ce que son oreiller humain la secoue légèrement.
« Hé, je sais que je suis confortable et que beaucoup d'autres filles aimeraient être à ta place, mais tu crois pas que tu abuses un peu ?
- Dis ça à tes potes. C'est eux qui m'ont réveillée…
- Arrête un peu de marronner, t'auras tout le temps de dormir ce soir.
- Mais Denny !~
- Pas de "Denny" ou de "Dan" qui tienne ! D'ailleurs c'est quoi tous ces petits surnoms ?
- Tu peux m'en trouver un si tu es jaloux !~
- Ne change pas de sujet !
- Puisque votre dispute ne mène à nulle part, intervînt doucement Finlande, est-ce que je pourrais m'occuper de relancer la conversation, s'il-vous-plaît ? »
Elin hocha la tête, curieuse, et se dégagea de l'emprise des bras de Matthias, qui lui était boudeur.
« Elin…Est-ce que tu as remarqué des changements chez toi depuis ton arrivée ? Ou des choses étranges…que tu as du mal à t'expliquer ? »
La rouquine resta sans voix. Elle se remémora les instants précédant sa téléportation dans ce monde – qui lui semblaient si lointains et flous –, ce que sa vie avait pu être avant qu'elle soit une région, puis tous les événements qui s'étaient enchaînés sans répit. Pensive, elle fronça les sourcils. Les Nordiques se souciaient d'elle et de son bien-être ; qu'aurait-elle pu demander de mieux ?
Sentant qu'elle s'éloignait du sujet, elle reprit la parole :
« Il y a bien quelques petites choses…Hum…Déjà, mon physique…qui s'est…perfectionné…Mes cheveux ont complètement viré à l'acajou, mes yeux sont devenus gris et je suis pâle comme un c…un cachet d'aspirine, se reprit-elle avec un rire nerveux. Je suis capable de faire de la magie et de voir les créatures surnaturelles, chose tout à fait nouvelle pour moi…
- Et sur le plan psychologique ? » s'enquit le finlandais.
Les cinq blonds – et le mafioso-macareux – l'écoutaient attentivement, certains des faits énoncés confirmant leurs hypothèses.
« Hormis le fait que je sois traumatisée par l'entrejambe de France ?
- C'ÉTAIT DONC ÇA ! » s'exclama soudain Islande.
Un silence incrédule s'installa suite à la violente et soudaine intervention du plus jeune. Il rougit, croisa les bras et détourna le regard. Il marmonna quelques mots en islandais qu'Elin ne put saisir. Elle continua en souriant :
« Eh bien, hier, Keira est rentrée en symbiose totale avec Saxe…Elle parle et comprend couramment l'allemand et a assimilé toute l'histoire de chez elle, et ressent apparemment des douleurs étranges qui seraient liées à ce qu'il se passe dans sa région…Elle est très faible et est encore en convalescence pour l'instant.
- Ton point ? fit Norvège, sceptique.
- Je pense qu'il m'arrive un peu la même chose. J'ai très mal au crâne depuis hier, mais vraiment trèèèèès mal, et je me suis rendue compte que je comprenais le danois….Dingue, hein ?
- Et bien j'ai encore plus dingue pour toi, ricana Danemark.
- …Je crains le pire.
- Tu peux, parce que je t'annonce que depuis que tu es réveillée…
- Hum ?
- Tu parles en danois ! »
Une brique lui serait tombée sur le crâne et elle se serait écroulée – en éteignant la lumière avec elle – que l'effet aurait été le même.
« Tu te fous de ma gueule ?
- Ah, elle continue !
- Maiiiiiiis comment c'est possible, une chose pareille ? Je m'en rends même pas compte ! couina-t-elle en portant ses mains à sa bouche, choquée.
- C'est peut-être le temps que tu t'adaptes et que la symbiose soit complète, non ? proposa l'islandais. Une fois que tu seras vraiment Féroé…tu pourras à nouveau parler comme tu veux ?
- Pas très clair mais j'ai compris, pouffa-t-elle. Ah, j'ose plus parler…Mais rester silencieuse est assez dur aussi…Bon, c'est pas pour dire, mais moi, je vais me préparer afin d'être sapée et pomponnée décemment ! »
Sur ces mots, elle récupéra ses lunettes de repos et ses pantoufles et quitta la chambre, laissant les Nordiques entre eux.
« Je savais bien que j'allais bien m'amuser avec elle !~ rit Danemark en se levant à son tour.
-…Frérot, t'es bruyant », se contenta de répondre celui à la barrette en levant les yeux au ciel et en sortant à son tour de la pièce.
Vêtue d'un pull gris souris bien chaud, qui lui tombait sur les cuisses, et d'un slim rose pâle ainsi que de chaussettes épaisses, Elin avait chaussé ses grosses lunettes et s'activait dans la cuisine de Danemark, replaçant de temps à autre une mèche rebelle de son chignon lâche.
Les Nordiques étant toujours à l'étage – elle ne tenait pas spécialement à savoir ce qu'il s'y passait – et vu qu'il devait être un peu plus de dix heures, elle avait décidé de mettre la table pour le petit-déjeuner. À force de tâtonner, elle avait fini par trouver où chaque chose se cachait – dans le placard de l'évier, celui au-dessus du plan de travail et tout le reste. Elle avait allumé la radio, les musiques, aussi bien connues qu'étrangères, s'enchaînaient sur les stations, la faisant sautiller sur place, chantonner ou esquisser un pas de danse à quelques reprises. Vérifiant le nombre de couverts et si elle avait bien mis tout ce qu'elle désirait, elle fronça les sourcils lorsqu'elle constata qu'elle avait oublié de sortir des céréales. Elle ne savait pas ce que chacun préférait, alors dans le doute, elle avait fait ce qu'elle espérait être un choix judicieux : tout sortir, et chacun se servirait.
Contrairement à ce qu'elle pensait, les placards de Danemark étaient assez bien rangés pour un célibataire fêtard et plutôt complets. Elle ouvrit la porte de celui où elle avait cru les apercevoir un peu plus tôt, et tendit la main pour les attraper. Malheureusement, sa petite taille la frappait encore de malchance. Elle jura et saisit une chaise, grimpa dessus et allongea une fois de plus son bras.
« J'y…suis presque ! À un centimètre près…Un peu plus et je…Aaaaargh, c'est pas vrai ! »
Elle tenta de nouveau de les atteindre mais ne parvînt qu'à pousser le paquet vers le fond. Alors qu'elle allait abandonner, une main lui passa sous le nez, emportant au passage les céréales.
« Qu'est-ce que…Oh ! Suède ! Merci ! sourit-elle en descendant de son perchoir et en le replaçant.
- Pas de quoi, marmonna-t-il en posant la boîte sur la table. Tu avais l'air d'avoir des soucis…
- C'est le moins qu'on puisse dire, répondit-elle embarrassée qu'il l'ait vue se démener. Euh…Les autres…
- Ils arrivent.
- Ah. Merci… »
Comme elle s'y attendait, la discussion n'était pas des plus entrainantes. Suède n'était pas si terrorisant que ça, mais la communication restait un point délicat pour lui.
« …C'est gentil d'avoir préparé le petit-déjeuner. On avait pas mangé non plus… »
"OH MON DIEU. Est-ce que Suède vient réellement d'engager la conversation avec moi ? Ahhh, je rends tout le monde OOC ! Mais alors, ça voudrait dire que Finlande serait cruel, Norvège rirait aux éclats, Islande serait pervers et Danemark…Danemark serait intelligent…"
Elle se mordit les joues pour ne pas éclater de rire face à celui aux lunettes, et tenta de répondre en gardant son sérieux :
« Y'a pas de quoi. Je me voyais mal faire la sauvage et manger toute seule…Et je ne savais pas ce que vous aimiez, donc bon.
- Hm. J'aime les céréales. Et ma femme aime les gaufres. »
"…Naaaan. En fait il m'aime bien, c'est tout. Je me disais aussi, Matthias, faire preuve de sagesse…Attends, il a dit quoi là ? Ma femme ? Il parle de Tino ? Alors ce n'est pas une légende !"
« …Ta femme ?
- Hm. Finlande.
- D'accord. Je prends note, pouffa-t-elle, sans préciser s'il s'agissait du sobriquet ou des goûts.
- Ohhhh les gens ! cria Danemark depuis le couloir, suivis d'autres bruits de pas.
- Vous discutiez ? sourit Finlande en regardant Elin puis Berwald.
- AWWW, à manger, fallait pas, les gars ! Allez, de toute façon c'est ma bouffe, asseyez-vous ! » indiqua Danemark en joignant le geste à la parole, un sourire idiot plaqué au visage.
Suède hocha la tête en réponse à Tino, puis tous les autres s'installèrent. La rouquine se retrouva assise entre Danemark et Finlande – qui voulaient absolument l'avoir à côté d'eux – et en face d'Islande.
« …C'est irréel, murmura-t-elle pour elle-même. Cette scène est irréelle…
- Je sais, je sais, nous sommes extraordinaires ! Surtout moi d'ailleurs.~ La nourriture, elle, par contre, est bien réelle, et si tu ne manges pas, je m'en chargerai ! la charria celui aux épis blonds.
- Ferme-la et mange ta tartine, Denny. Avant que je te l'enfonce de force au fond du gosier.
- T'es pas drôle !
- T'inquiète, ça va venir, c'est le matin…
- Elin, et si tu nous parlais un peu plus de toi, maintenant que nous sommes au calme ? proposa Finlande, enjoué. L'autre jour, au Sommet Mondial, c'était le branle-bas de combat…Et pour qu'Angleterre vienne nous parler de toi en personne, c'est que tu dois être spéciale !
- Mes amies aussi sont spéciales, comme tu dis, remarqua-t-elle en remontant ses lunettes.
- Oui, mais c'est toi que cet idiot héberge, objecta Norvège.
- Bon…Qu'est-ce que vous voulez savoir ? rechigna-t-elle en trempant un cookie dans son bol de lait.
- Tout ce que tu voudras bien nous dire, gloussa le finlandais.
- Hm, intervint Suède entre deux cuillères de céréales.
- Enfin, après, officiellement, rien ne t'y oblige, commenta Islande. Mais Puffin me serine avec toi depuis la dernière fois, donc je commence à être curieux aussi.
- En fait, ce qui nous intéresse surtout, c'est plein de petits détails privés et embarrassants, ricana Danemark. Comme ta taille de soutien-gorge, ou la première fois que tu as embrassé un garçon.
- Oh, pitié. Tu as acheté mes sous-vêtements avec moi hier, ne me fais pas croire que tu n'as pas regardé. Et j'avais treize ans, pour le garçon, au fait. »
Danemark la regarda bizarrement, les joues un peu rougies, puis s'affaira à finir sa tartine. Elle rit, triomphante, et lui donna un gentil coup de poing sur l'épaule.
« Je pensais qu'il en fallait plus pour choquer le Roi de l'Europe du Nord. Me serais-je fourvoyée ?
- Attends, j'essaie de me souvenir de ce que j'ai vu sur l'étiquette… »
Elle leva les yeux au ciel et se tourna vers les autres, qui les regardaient, amusés.
« Donc, est-ce que vous, vous avez de vraies questions ?~ »
Il avait été convenu que Suède, Finlande, Norvège et Islande repartiraient le lendemain au soir. Ainsi, Elin pourrait profiter encore un peu du Nordic 5 au complet, à sa plus grande joie.
Il devait être deux heures de l'après-midi et elle s'était retirée dans sa chambre juste après le déjeuner, fatiguée, une migraine atroce martelant son crâne. Elle avait fermé sa porte à clef, et avait juste fixé le plafond blanc, les écouteurs flanqués aux oreilles et Corben serré contre elle.
Les images défilaient sous ses paupières, et elle savait sans le vouloir ce qui s'y produisait.
C'était la fameuse symbiose. La sienne était longue et chaotique.
« Rien n'a jamais été facile pour moi, de toute manière… » soupira-t-elle en se levant.
Elle arrangea ses cheveux et vérifia que son maquillage était bien en place – de toute manière, elle ne craignait plus grand-chose pour son apparence depuis son passage à l'animé, c'était bien connu, tout le monde était parfait ou presque – et redescendit dans le salon. Là, elle y trouva Islande et son macareux, assis sur le canapé. Elle se posa à son tour, à l'opposé du blond, et le regarda fixement.
Ses traits étaient fins, ses cheveux brillaient à la lumière. Elle nota à quel point ils étaient clairs – presque blancs, tirant sur l'argenté – et la façon dont ils encadraient son visage faisait ressortir ses prunelles bleu violet. Puffin murmura quelque chose à l'oreille de l'islandais qui prit une teinte pivoine et grommela quelques mots, faisant ricaner l'oiseau.
Emil semblait avoir une musculature plutôt sèche et Elin devait se l'avouer ; en voir plus ne la gênerait pas, même si elle devait avoir bien trois ans de plus en apparence – et plus récemment, mentalement, elle s'était sentie mûrir – que lui, depuis son arrivée dans le monde Hetalien. Alors que le regard de la rouquine se faisait encore plus insistant, Islande commença à trépigner sur place, visiblement mal à l'aise. Il finit par se tourner vers Féroé, qui arborait un sourire faussement innocent.
« …Tu veux quelque chose ?
- Mec, elle te reluque depuis tout à l'heure, évidemment qu'elle veut quelque chose, remarqua ironiquement Mr. Puffin.
- Je ne le reluque pas, je l'observe attentivement, nuance, corrigea Elin avec un petit rire. En fait… »
Elle prit un air hésitant et délicat, un léger rose aux joues.
"Elle est adorable. Je ne sais pas si je dois m'inquiéter pour elle ou pour Dan, finalement", songea l'islandais en sentant son rougissement s'intensifier.
"Je suis une trop bonne actrice, il ne marche pas…il court", pensa la rouquine en constatant l'effet qu'elle avait sur le blond en face d'elle.
« J'ai toujours eu envie de…
- Oui ? s'impatienta Emil en sentant une goutte de sueur perler sur son front alors que la jeune femme se tordait les mains, gênée.
- De…de faire un câlin à…ton macareux…
- AH ! Encore une fois, elles tombent toutes dans mes bras ! s'écria Puffin en bombant le torse.
- Puffin ? Tu es sérieuse ? »
Emil arborait une expression qui criait clairement "WTF". Il devait avouer que l'espace d'un instant, il s'était imaginé des choses…et que la chute le rendait un peu amer.
"Oui, Dan devrait commencer à s'inquiéter. Elle est redoutable…"
« Euh, je n'y vois pas d'inconvénient…enfin…fais attention quand même…Il est…
- Pervers ? Je sais. C'est ce qui le rend génial. Il a l'air adorable mais c'est un mafioso refoulé, en fait.
- C'est un bon résumé des choses.
- À moins-ce qu'il ne représente ta face cachée ? ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
- Non.
- Rooh, on est tous pervers…Sauf que certains le cachent mieux que d'autres !
- Ta théorie plairait à Danemark, je pense.
- Je pense aussi. Lui, par contre, c'est le genre de personne qui l'a écrit au marqueur sur le front…
- Ça me rassure que tu t'en sois rendue compte.
- Tu t'inquiétais vraiment pour moi ? »
Elle semblait étonnée. Islande détourna le regard, et jura dans un souffle. Elle ne lâcherait pas l'affaire.
« Je m'inquiéterais pour n'importe qui vivant avec Dan. Surtout une femme…
- Tu me vois comme une femme ?
- Pourquoi, tu es un homme ?
- Non, gloussa-t-elle – venait-il juste de faire un trait d'humour ? – en mettant ses lunettes sur sa tête. C'est juste qu'on me qualifiait plutôt de "fille", jusqu'à présent… »
Il attrapa son macareux qui jusqu'alors se lissait les plumes et le fourra de force dans les bras d'Elin. Celle-ci laissa échapper un rire ravi, et Islande se leva. Elle caressa quelque fois la tête du macareux comblé par son emplacement contre la jeune femme – à savoir en plein milieu de "la vallée" – et le regarda.
« Attends, où tu vas ?
- …Prendre l'air.
- Mais j'aime bien discuter avec toi, moi… » bouda-t-elle.
Il leva les yeux au ciel, puis sourit d'un air contrit.
« …J'imagine que je pourrais rester encore un peu, alors. »
"Elle n'est pas si terrible que ça, finalement. Elle est même sympa. Un peu extrême par moments, mais…On dirait qu'elle sait comment se comporter avec chacun de nous. C'est agréable…"
Après avoir discuté encore une heure avec Islande, celui-ci récupéra son macareux domestique et monta dans sa chambre, appelé par Norvège – soi-disant, Féroé quant à elle n'avait rien entendu, mais était heureuse qu'Islande ait accepté de passer du temps avec elle. Elle espérait qu'il s'était amusé comme elle, ou du moins, qu'elle ne l'avait pas traumatisé.
Attirée dans la cuisine par une odeur de brulé, elle s'y rendit, curieuse, pour trouver un Finlande complétement paniqué.
« Ahhh, les gâteaaaaaaux ! » scandait-il en sortant lesdites pâtisseries du four, d'où s'échappait une épaisse fumée noire.
L'odeur âcre lui fit froncer le nez et elle s'avança à la hauteur du blond, sans pour autant le gêner dans ses allers-retours entre le four et le plan de travail.
« Ahem, Finlande ?...
- Oh non ! Je savais que je n'aurais pas dû aller aux toilettes le temps qu'ils cuisent !
- Finny ?
- Oh, les cookies de bienvenue d'Elin ! J'ai gaspillé de la farine !
- Tinoooo ?
- Je n'aurai jamais le temps d'en refaire avant qu'elle ne s'en rende compte…
- Je suis touchée mais…
- Perkele !
- SUOMI ! »
Le blondinet sursauta et plaqua ses mains sur sa bouche, horrifié et surpris. Il fronça ensuite les sourcils.
« Depuis quand es-tu là ?
- Un peu avant le "j'aurais pas dû aller aux toilettes", je crois. Je peux t'aider ?
-…Ça devait être une surprise, mais au point où j'en suis, oui, un peu d'aide serait la bienvenue. »
Elle gloussa et entreprit de ranger un peu la cuisine et de nettoyer le four, tandis que Finlande ressortait les ingrédients nécessaires pour une nouvelle fournée – la première étant bonne à jeter.
Elle mit également la main à la pâte, discutant avec le finlandais. Il était juste trop gentil, trop adorable pour ne pas cacher un côté sombre, elle en était sûre. Mais chaque chose en son temps…
Lorsque les cookies nouvellement cuits furent sortis sains et saufs du four cette fois-ci, Finlande semblait expérimenter un moment de bonheur pur.
« Merci beaucoup, Elin ! Cuisiner avec toi fut très agréable !
- J'espère que je n'ai pas rendu les cookies toxiques… blagua-t-elle.
- Mais non. C'est moi qui ai fait la majeure partie de la pâte de toute manière.
- Bah. On les fera goûter en premier par Danemark. Comme ça, même s'il s'écroule au sol en convulsant, nous, on aura survécu ! »
Elle partit ensuite dans un grand fou-rire, rapidement suivie par Tino, rien qu'en imaginant Matthias au sol s'agitant comme une carpe. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que le danois en question écoutait depuis un moment, caché derrière le mur, et qu'il soufflait fortement, agacé.
Féroé essuya une larme de rire et laissa Finlande, qui lui avait assuré qu'il pourrait tout remettre en ordre seul. Elle fut bientôt stoppée lorsqu'elle s'écrasa contre le torse de Norvège, qui lui n'avait pas bougé d'un poil.
« Elin.
- Lukas, répondit-elle du même ton grave en massant son nez endolori.
- Tu fais de la magie, n'est-ce pas ?
- Oui. Tu m'as vue en faire, en plus.
- Bien. Suis-moi. »
Il l'entraîna vers l'entrée. Ils passèrent la double porte qu'elle avait remarquée à son arrivée et débouchèrent sur le sous-sol.
Une étrange lueur brilla dans le regard mauve de Norvège tandis qu'il fermait la porte derrière eux.
« Bien… Tu n'as plus de grimoire, n'est-ce pas ?
- Non, avoua-t-elle. Je l'ai rendu à Angleterre…Et je ne sais pas faire de magie sans.
- C'est précisément ce que je vais t'apprendre. Et crois-moi, avec moi comme professeur… »
Il souleva son menton pour qu'elle le regarde dans les yeux, et ses lèvres s'étirèrent en un très léger sourire supérieur.
« …Tu vas devenir une magicienne hors pair en un rien de temps. »
« Encore une fois ! Tu y es presque ! Ne lâche pas maintenant ! »
Tortionnaire – voilà comment elle aurait décrit Lukas en cet instant. Elle devait avoir passé deux heures enfermée avec lui dans cette cave – le concept pourrait paraître intéressant au début, mais le sensuel norvégien lui avait bien vite donné l'envie de prendre la poudre d'escampette – à recommencer encore et encore des sortilèges. Si ses nouvelles capacités lui plaisaient d'autant plus car Norvège lui soutenait qu'elle était douée, elle commençait à fatiguer. Elle essuya son front avec le revers de son poignet, les manches de son pull depuis longtemps retroussées, et lança un regard désolé vers le blond à la barrette.
« …J'en peux plus. J'ai la tête qui tourne et les jambes qui flageolent…Ce serait dommage que tu aies à remonter un poids mort jusqu'au salon, non ? ironisa-t-elle.
- Dommage en effet. Arrêtons-nous là, dans ce cas. Tu t'en sors bien. »
Il ouvrit une boîte posée sur une des vieilles tables de la pièce et tendit un vieux livre à la rouquine. Curieuse, elle s'en saisit et feuilleta les premières pages.
« C'est…
- Un grimoire. Oui. Avec quelques formules et potions de base. À toi de le compléter selon tes avancements…
- Norvège…Merci. » sourit-elle, en serrant l'ouvrage contre elle.
Le blond hocha la tête et quitta les lieux. Guillerette, elle monta rapidement déposer le grimoire dans sa chambre, en lieu sûr, c'est-à-dire sous son oreiller. Elle l'étudierait dès qu'elle serait couchée ce soir-là.
Elle regagna ensuite le salon, où elle trouva Matthias occupé à poutrer du zombie sur sa console. Elle se laissa tomber à ses côtés avec un soupir d'aise et le regarda évoluer avec aise à travers le niveau. Il restait silencieux, concentré sur l'écran, ses cheveux voletant autour de son visage lorsqu'il s'acharnait sur les boutons de la manette – et sur un zombie à l'écran, par extension.
« Alors, quoi de beau ? s'enquit-elle, joyeuse.
- Je joue.
- Je vois ça.
- Alors pourquoi tu demandes ?
- Tu boudes, Dan ?
- Non.
- Si, tu boudes.
- Non, je joue.
- T'es nul quand tu joues. »
Il mit sa partie en pause, et se tourna vers Elin qui avait remis ses lunettes sur son nez.
« Je suis pas nul, je suis contrarié.
- Tu vois que tu boudes, le taquina-t-elle.
- Tu as passé l'après-midi avec tout le monde ! Tout le monde sauf moi ! C'est moi, le Roi de l'Europe du Nord, qui t'héberge ! Pas eux ! Et tu ne m'as pas adressé un regard ! » lâcha-t-il sans préavis avec un trémolo dans la voix.
"…Il me fait une crise de jalousie ? Parce que je ne lui ai pas accordé assez d'attention ? Aww, il est craquant. Pire qu'une biscotte."
Alors que Danemark continuait de geindre son mal-être, un détail à l'extérieur attira l'attention de la rouquine.
« …OH, IL NEIGE !
- Et tu ne m'écoutes même pas !
- Matthias, il neiiiiige !~ Oh, c'était tellement rare chez moi ! Viens, on va dehors !
- Mais j'ai la flemme…
- Juste cette fois ! »
Il soupira, vaincu, et éteignit sa console ; il enfila ensuite le manteau et l'écharpe pendus à l'entrée, et tout ce qui lui semblait nécessaire pour aller dehors. Elin redescendit aussi vite qu'elle était montée dans sa chambre, couverte d'une couche de vêtement épaisse. Elle gloussait et irradiait la bonne humeur.
Elle traîna le blond à l'extérieur et s'affaira à commencer un bonhomme de neige. Elle adorait les bonhommes de neige…Elle adorait la neige. Cela restait quelque d'exceptionnel là où elle avait grandi, donc chaque flocon lui était précieux.
Mais Matthias en avait décidé autrement. Il lança une boule de neige qui atteignit la jeune femme en plein visage. Offusquée d'être ainsi interrompue dans sa noble tâche, elle répliqua par un de ses lancés – et l'équivalent de la troisième guerre mondiale, en encore plus vicieux, débuta.
C'est épuisés et pantelants qu'ils regagnèrent la chaleur de l'intérieur de la maison, trempés, gelés, mais heureux.
« Voilà, tu l'as eu ton moment privilégié avec moi, mon Roi.~
- On recommence ça quand tu veux !
- Si ça te plaît de te faire laminer…
- C'est ça, tu sais bien que j'ai gagné !
- Je me retiens de tout autre commentaire parce qu'on m'a appris qu'il ne fallait pas briser les rêves innocents d'un grand enfant », sourit-elle.
Elle ricana face à sa moue faussement contrariée et s'installa à côté de lui. Ils étaient assis à même le sol, près de la cheminée qui crépitait.
« Ahh, chaleuuuur.~ », souffla-t-elle avec aise.
Il se leva soudainement, un sourire idiot plaqué au visage et revînt quelques instants plus tard avec deux tasses fumantes.
« J'ai de quoi te réchauffer encore plus », indiqua-t-il avec un clin d'œil en lui tendant son mug.
Elle le remercia, rougissante suite à cette petite attention qui voulait dire beaucoup pour elle. Alors qu'elle trempait les lèvres dans son chocolat chaud, Elin songea qu'elle aurait voulu que cet instant ne se termine jamais…et qu'elle espérait revivre souvent des journées comme celle-là.
Voilà, j'arrive à la fin de ma réserve de chapitres écrits à l'avance, donc la publication risque - va - devenir bien plus erratique et irrégulière à partir de maintenant...En espérant que ça ne vous décourage pas trop et que continuiez à suivre les déboire de mes trois boulets !
Ah, et avant qu'on me fasse la réflexion - totalement justifiée d'ailleurs : oui, ce chapitre tourne autour d'Elin. Le prochain sera centré sur Lou et celui encore après sur Keira, donc patience ! L'histoire reprendra un cours plus général ensuite, mais on n'y est pas encore, hm ? ;D
Des dessins des filles faits par mes soins ne devraient pas tarder à arriver, j'ai juste la flemme de les uploader. Pardon D:
Un petit sondage juste pour le plaisir et en rapport avec cette fic est disponible sur mon compte, ce serait gentil si vous y participiez. Merchi =w=
Hiru76 : Mouahahaha, j'ai converti tout mon entourage à la "Danoisie", comme dirait une amie. Ce n'était qu'une question de temps o/
Et ma présumée folie a tendance à être contagieuse, je sais. C:
Et merci beaucoup pour le compliment, je ne voyais pas mon style d'écriture être si bon que ça :') *câlin*
Nakamura Tomoyo : Méchant ffnet qui boycotte la mise en forme sur Word ! Méchant ! Parce qu'en plus de traits de séparation, il y avait des sauts de ligne qui ont eux aussi complètement disparu ! Dx
Me voilà obligée de vérifier avant publication, maintenant...M'enfin, merci de m'avoir prévenue, ç'a dû gêner d'autres lecteurs que toi.
Et que les fangirls viennent s'amuser à trucider mes bébés, je suis une fangirl aussi - cette fic n'existerait pas sinon -, et je les attends de pied ferme. C:
Par contre, de la guimauve, il va y en avoir. (Romance est l'un des thèmes de cette fic hein.) Pas que, parce que j'aime développer les relations de façon plus ou moins réalistes, mais voilà, je ne peux pas renier ma nature profonde XD
Merci à vous deux d'avoir commenté, et si jamais le miracle que j'attends - à savoir de l'inspiration et ma guérison - n'arrive pas, et bien, bonnes fêtes à vous, mes lecteurs.~
(Qu'est-ce que je parle pour rien, quand même.)
