Bonsoiiiiir !
J'ai été bloquée du dos toute la semaine mais j'ai tout de même eu le courage d'écrire le chapitre le plus long, à ce jour, de la fic ! Si c'est pas une preuve d'amour, ça, je ne sais plus ce que c'est ! °^° (Non, je ne suis pas allée en cours du tout, pour ceux qui se demandent. Dure ma vie 8D Mais bon, j'ai dû tout rattraper aujourd'hui et j'ai encore les devoirs à faire...BREFOUILLE.)
Réponses aux reviews et concentré de blabla inutile à la fin.
En espérant qu'il vous fera rire ! Bonne lecture !
D'abord, les lumières dansantes dans la brume du matin, si nombreuses, se rapprochant inlassablement ; puis, le choc entre les roues et le sol et enfin, l'autorisation de détacher sa ceinture.
Seigneur, qu'Elin adorait prendre l'avion. Surtout lorsqu'elle atterrissait dans un nouveau pays ; et que dans ledit pays, ses amies l'attendaient…
Matthias récupéra leurs bagages à main au-dessus d'eux. La rouquine saisit sa valisette à roulette et la traîna derrière elle, vérifiant que Danemark lui emboîtait le pas.
« Et maintenant, c'est toi qui me suis, lui indiqua-t-il en la doublant avec un sourire, sa propre petite valise derrière lui.
- Pourquoi ? bouda-t-elle. C'est toujours toi qui mène dans les aéroports.
- Parce que nous ne sommes pas dans n'importe quel aéroport, ma chère, nous sommes au Newark Liberty International, et que les Etats-Unis, c'est grand et c'est compliqué.
- C'est sûr que ça change du Danemark, ricana-t-elle.
- Ne m'oblige pas à te montrer quelque chose de grand et danois, susurra-t-il.
- …On parle toujours de territoires, là ? »
Il éclata de rire face à sa mine déconfite, lui tapa gentiment sur l'épaule et reprit sa marche.
Lorsque les bagages furent enfin récupérés et qu'ils eurent enfin réussi à sortir de l'aéroport sans se faire écraser par la foule, ils s'autorisèrent une pause. Elin sortit son parapluie de sa valisette ; la neige tombait furieusement et elle n'était pas sûre que son trench blanc ainsi que ses talons vivent très bien l'immersion dans l'eau. Elle pesta ; c'était bien la peine de s'être faite toute belle pour les retrouvailles avec ses amies si c'était pour arriver complètement gelée et trempée. Elle n'avait pas très bien prévu les choses, sur ce coup-là…
Elle entendit le blond qui l'accompagnait crier quelques insanités en danois à un taxi qui les avait une fois de plus ignorés – "S'ils savaient qui on est, ces couillons, ils se seraient battus pour nous emmener !" – et esquissa un sourire en coin.
« Tu veux bien me laisser m'en occuper ?
- Pourquoi faire ? Ils t'ignoreront autant que ce qu'ils l'ont fait avec moi…
- J'ai une arme secrète, sourit-elle avec un clin d'œil. Tu veux bien te décaler un peu et me garder ça ? »
Danemark obéit et récupéra les affaires de la rouquine, sceptique.
Elle sortit son miroir de poche pour vérifier ce qu'elle savait déjà ; ses cheveux étaient ramassés en arrière sur un côté à l'aide d'un petit nœud rouge et ses boucles acajou cascadaient jusque dans le milieu de son dos ; son maquillage était bien en place et son manteau propre ; bref, l'animé lui permettait d'être au mieux de sa forme. Satisfaite, elle rangea le petit objet et s'avança jusqu'au bord du trottoir, où attendait une dizaine de personnes dans le même cas qu'eux deux, dispersés sur tout la longueur.
Rayonnante, elle siffla le premier véhicule jaune qui arriva à sa hauteur ; celui-ci s'arrêta aussitôt. Avec un grand sourire, elle discuta rapidement avec le conducteur, en anglais et en prenant bien soin de laisser son accent étranger transparaître derrière ses propos.
La jeune femme revînt tout aussi prestement vers Danemark, triomphante.
« C'était un miroir, ton arme ? s'étonna-t-il avec un sourire amer en aidant le chauffeur à charger les valises dans le coffre, en prenant soin de parler en danois pour que ce dernier ne comprenne pas.
- Plutôt ce qui se reflétait dedans », répondit-elle, hilare, dans la même langue.
Il secoua la tête et plaisanta encore un peu sur le sujet, avant de s'engouffrer à l'arrière, laissant la place à l'avant à Féroé.
Celle-ci prit plaisir à discuter avec le conducteur, délaissant complètement le blond qui s'ennuyait à mourir. Il passa ses bras derrière son crâne et soupira bruyamment, tentant de se concentrer sur les mouvements de hanche de la poupée hawaïenne posée à l'avant, en plein milieu du tableau de bord de la voiture. Ses yeux dérivèrent bientôt sur le chauffeur ; la trentaine, les yeux marrons, la peau mate, discret, ses boucles brunes disciplinées par un béret qui, en obscurcissant son visage, lui donnait un air mystérieux. Il fronça les sourcils. Son total opposé, et pourtant, la jeune femme à ses côtés semblait apprécier sa compagnie, ressenti que l'homme paraissait partager…peut-être même un peu trop, à en juger les regards en coin ombragés que Matthias surprenait parfois via le rétroviseur. Il grogna. Elin se rendait-elle compte de l'attention que lui portait la gent masculine ? Vu son attitude à la sortie de l'aéroport, celle aux yeux gris se savait charmante et en jouait à son avantage, mais avait-elle saisi les ennuis que cela pourrait lui attirer ? Il sentit qu'il aurait dû s'asseoir à l'avant, quitte à ce qu'elle lui boude un peu, au lieu de laisser tout le loisir à ce fichu chauffeur de taxi américain de reluquer sa protégée.
Son regard bleu, plus perçant et sérieux qu'à son habitude, glissa ensuite, bien malgré lui, sur Féroé, suite à un éternuement de sa part. Elle s'excusa, gênée, puis reprit sa conversation, replaçant une boucle acajou derrière son oreille. Matthias, habituée aux attitudes de la jeune femme qui vivait avec lui depuis plus d'un mois, repéra cela dit le long frisson qu'elle tenta de dissimuler.
Il sourit alors qu'il défaisait l'écharpe rouge parsemées de cœurs roses, qu'Elin elle-même lui avait offerte quelques jours plus tôt pour Noël. Il tapota doucement l'épaule de la rouquine, interrompant avec un plaisir non dissimulé le chauffeur, et lui tendit le vêtement.
« Tiens, si tu as froid.
- Merci, c'est trop aimable de ta part, mon Roi », pouffa-t-elle en passant l'écharpe autour de son propre cou.
Ce qui ne l'empêcha pas de continuer à l'ignorer en faveur de l'inconnu par la suite…
Danemark gonfla les joues, fortement agacé, et se surprit à penser qu'il aurait aimé avoir sa fidèle hache à ses côtés en cet instant.
Tant pis pour elle ; pour la peine, il allait se rincer l'œil, voilà !
Enfin, plus mentalement qu'autre chose, parce qu'avec le recul, celle aux yeux gris était bien couverte…seules ses jambes, à partir du genou, étaient visibles, couvertes de ce qu'il supposait être des collants ou bas transparent – ou "chair", comme disaient les filles. Il n'avait jamais remarqué à quel point Elin était couverte de grains de beauté ; il avait bien fait attention à ceux sur son visage, notamment celui sous sa bouche, à la gauche de la jeune femme, mais il constatait à présent que "l'invasion" concernait tout son corps. Elle en avait jusque sur les pieds ! Ils étaient en nombre correct, certes, mais assez nombreux pour être un détail remarquable de son physique.
Il nota mentalement de vérifier si elle en avait tout autant dans le cou, dans le dos ou au niveau de sa poitrine. Si sa tenue actuelle possédait un décolleté agréable, il n'en était pas le cas de la robe de soirée qu'elle avait prévue – et qu'il avait cru apercevoir lorsqu'il l'avait aidée à fermer sa valise – pour la fête prévue pour le soir-même. Cette fameuse robe, en revanche, avait l'air d'être un dos-nu ; enfin, il aurait tout le loisir de combler son regard lorsqu'elle serait apprêtée, dans quelques heures.
Il se demanda vaguement si Elin aimait autant boire que lui. Elle avait plusieurs fois sous-entendu qu'elle appréciait l'alcool, mais il n'avait pas eu plus de détails. Et si elle n'aimait pas la bière ? Sacrilège ! Matthias n'osait même pas l'imaginer. Comment se comportait-elle lors d'une fête ? Il ne la voyait pas faire sa sauvage – bien qu'elle ait, comme il l'avait constaté, besoin de ses moments bien à elle, et seule – et s'isoler dans un coin, mais il ne pensait pas qu'elle serait du genre à danser sur les tables. Elle avait sa fierté, bien qu'elle aimât s'amuser, se rendre ridicule ou se rabaisser au rang de "morceau de viande juste bon à écarter les jambes", pour la citer, ne semblait pas être sa tasse de thé.
Cela dit, elle adorait danser, ainsi que chanter. Elle avait ses petits moments de folie, ou alors, parfois, lorsqu'elle le croyait en bas, et qu'elle prenait sa douche, elle se faisait un petit karaoké sous l'eau chaude – tout autant de tics que Danemark trouvait tout bonnement adorables.
La voir se comporter en femme sûre d'elle, comme elle l'avait fait plus tôt, était assez nouveau pour lui, mais ce n'était pas une facette d'elle qui le dérangeait plus que ça…
Il fut ramené à la réalité par la main de la jeune femme en question sur son épaule, penchée en avant à travers la portière ouverte, un grand sourire aux lèvres.
« On est arrivés, feignasse.
- Ton expression ne va pas du tout avec tes mots », grommela-t-il en sortant à son tour de la voiture, mitraillant au passage du regard le chauffeur de taxi qui le regarda d'un air penaud.
L'aéroport, l'hôtel où ils logeaient – ainsi que les autres Nations – et le lieu de réunion, à savoir le siège de l'ONU, se trouvant tous à Manhattan, le trajet s'était avéré plutôt court.
« Je n'ai pas vu le temps passer, avoua Elin en payant le conducteur. Merci d'avoir bavardé avec moi. »
"Tu parles, une minute de plus dans cette bagnole à le voir te reluquer sans que tu le remarques, et je lui aurais explosé la face avec sa saleté de danseuse hawaïenne !" pensa le blond rageusement en sortant les valises du coffre.
Bien vite, un groom lui vint en aide et lui indiqua même qu'il se chargerait de tout monter. Matthias le remercia chaudement – quand on voyait le poids de la valise d'Elin, on comprenait pourquoi, il ne savait même pas comment elle avait tout fait rentrer – et rejoignit la rouquine qui s'extasiait du paysage autour d'elle.
La tête rejetée en arrière, elle n'avait de cesse d'admirer les gratte-ciels, tous plus hauts les uns que les autres ; elle prenait conscience du lieu où elle se trouvait.
« Tu n'en as pas marre de te tordre le cou ?
- Pourquoi dis-tu ça ? s'étonna-t-elle.
- Parce que tu me regardes de la même manière », ricana-t-il.
Elle lui donna un petit coup de poing dans l'épaule, histoire de lui rappeler qu'elle n'aimait pas qu'on blague de trop sur sa petite taille. Elle eut un dernier regard pour la métropole enneigée, et pénétra dans l'immense hôtel, à la suite du blond qui avait récupéré les clés. Leurs chambres étaient, à l'instar de celles de leur domicile habituel, voisines et communiquaient par une porte qu'Elin se jura de verrouiller la nuit.
Elle n'avait pu retenir son ravissement lorsque Danemark avait ouvert la porte, tout était si luxueux et inhabituel pour elle !
Bouche bée, elle s'était tournée vers lui et avait agrippé les manches de son t-shirt pour marquer son effarement.
« …Mais…Mais….Vous voyagez toujours dans des palaces du genre ? s'exclama-t-elle enfin.
- Ça varie du trois au cinq étoiles, mais ça tend plus vers le cinq, effectivement, répondit-il fièrement. Tu t'y habitueras aussi. Rare sont les personnes qui n'aiment pas le luxe et ces choses inutiles.
- Wow. À t'entendre parler comme ça, on te croirait presque intelligent, le taquina-t-elle alors qu'elle commençait déjà l'exploration des lieux. Regarde-moi la taille de la salle de bain ! Ohhh, je vais me faire couler un bain d'ici ce soir !~
- Je pourrai te rejoindre ?
- Dans tes rêves, blondasse !
- Tu m'as appelé comment, là ? s'offusqua-t-il en se précipitant à sa suite. Répète ça au grand Viking que je suis, si tu l'oses, Féroé !
- Blondasse !
- Poil de carotte ! »
Elle sortit de la salle de bain avant qu'il ait pu s'y engouffrer également. Une veine palpitait sur son front, et elle le saisit par le col, visiblement vexée.
« Ne m'appelle plus jamais comme ça, persiffla-t-elle en le fixant dans les yeux. J'ai horreur de ce sobriquet, et tu ne voudrais pas faire plus ample connaissance avec le truc vert, huuuuum ? »
Il déglutit en songeant qu'elle avait appris trop de choses de Norvège et rétorqua avec un petit sourire moqueur :
« Je ne t'appellerai plus comme ça seulement si tu fais pareil. Et viens, avec ton truc vert, ma hache vous attend ! »
Ils se regardèrent avec sérieux pendant quelques instants encore, jusqu'à ce qu'Elin pouffe puis éclate de rire, bien vite rejointe par son interlocuteur. Elle se laissa tomber sur le lit deux places, et mit quelques minutes à se calmer. Danemark était allé se passer un coup d'eau froide sur la figure, incapable de s'arrêter. Elle roula sur le ventre et son regard glissa sur le réveil posé sur la petite table de nuit. Le couvre-lit en satin se froissa sous ses mouvements tandis qu'elle se rapprochait pour pouvoir y lire l'heure.
« Dix heures trente-cinq, lut-elle à voix haute. Dan, ta réunion est à quelle heure ? »
Il sortit de la salle de bain et vint s'asseoir à côté d'elle, pensif.
« Onze heures et demie. Je dois y être au plus tard à et quart…Tu survivras tout ce temps sans moi ?
- Oui.
- Méchante !
- 'Traîne pas trop quand même, on sait jamais, que tu me retrouves mourante… » flirta-t-elle en battant des paupières.
Il rit de nouveau, lui ébouriffa tendrement les cheveux sous les plaintes de la jeune femme et la laissa seule dans sa chambre.
Il y avait six heures de décalage horaire entre ici et le Danemark ; là où Elin devrait normalement prendre son goûter, elle se retrouvait à l'heure du petit-déjeuner. N'ayant pas eu de nouvelles de ses amies et se rendant compte à quel point la journée risquait d'être longue, elle décida qu'une petite sieste serait la bienvenue…
Elle fut réveillée parce qu'elle sentait que l'air lui manquait. Effrayée, elle ouvrit précipitamment les yeux pour rencontrer un regard vert et des cheveux bruns…beaucoup de cheveux bruns.
« Eliiiiiiiin ! Oh, tu m'as manquééééée ! T'es toujours aussi naine, c'est bon de savoir que tout n'a pas changé ! » s'exclama celle qu'elle avait reconnu comme Keira, avant de lui rendre avec tout autant d'ardeur son étreinte.
Quelle journée fantastique, dire qu'elle ne faisait que commencer ! L'avion, les Etats-Unis, les bons moments avec Danemark, retrouver ses meilleures amies…Décidément, elle terminait l'année en beauté !
Saxe lui expliqua qu'elle était arrivée à l'hôtel une demi-heure plus tôt, et que dès qu'elle avait fini de ranger ses affaires – Allemagne tenait à ce que la pièce reste propre – elle avait filé rejoindre la rouquine.
« J'ai ouvert des dizaines de portes avant de trouver la bonne, expliqua-t-elle. Tu comprends, cet abruti à l'entrée n'a voulu me donner que ton étage, et encore, j'ai dû le soudoyer. J'ai donc eu le bonheur de tomber sur les frères Italie…en train de se changer, pouffa-t-elle. Ahh, j'adore ma vie.
- C'est toujours toi qui t'éclate, grommela la rouquine en croisant les bras. C'est pas juste. Tu vois toujours tout le monde à poil…
- C'est vrai, j'ai vu Prusse à poil, aussi. Enfin, à barbe… »
Sous les yeux exorbités de son amie, elle commença à lui expliquer le coup du petit Papa Noël et de la dépression à la Francfort, puis son Noël qui s'était révélé plutôt calme, si ce n'est qu'elle avait mangé pour six et qu'elle avait dû faire la diète les jours suivants…histoire d'avoir bonne conscience. Allemagne lui avait offert un livre – traitant des chiens, et surtout de comment s'en occuper ou que leur donner à manger – et Prusse lui avait offert un bracelet à breloques, dont une représentant Gilbird. Quant à elle, elle avait offert à Ludwig, elle aussi un livre : Comment gérer son stress et ses colères, et à Gilbert deux jolis pulls qu'il semblait apprécier puisqu'il avait déjà portés les deux.
Elin lui raconta ensuite qu'elle avait fêté son Noël chez Norvège. Chaque année, les Nordiques se réunissaient mais l'hôte changeait régulièrement. Elle avait découvert la beauté des fjords, mais également l'impitoyable froid nordique encore plus rigoureux que chez Matthias. Les créatures magiques étaient légion chez le norvégien, et elle avait vu plus d'une fois Danemark la regarder comme si elle était une pestiférée tandis qu'elle parlait à un troll ou une fée. Ils avaient ensuite attendu que Finlande rentre de sa tournée, et avaient bu un ultime verre de lait de poule avant d'aller se coucher.
Elle avait reçu plein de petits cadeaux de leur part – leurs attentions l'avaient profondément touchée, après tout, ils venaient de se rencontrer – notamment une petite peluche de macareux de la part d'Islande pour tenir compagnie à Corben, ainsi qu'un très joli collier de la part du danois. La chaîne était fine et discrète, et le pendentif était une croix, d'une épaisseur moyenne, couverte de petit diamants fantaisie qui prenaient des reflets bleu, vert, violet ou rose selon la lumière. Le collier ne la quittait plus et elle se surprenait souvent à le triturer lorsqu'elle était pensive ou stressée.
Bien qu'elles ne l'apprendraient que plus tard, les fêtes de Lou s'étaient également très bien passées ; raffinement et gastronomie avaient été au rendez-vous et France avait pensé qu'inviter Espagne et les frères Italie ferait plaisir à la jeune femme qui semblait si bien s'entendre avec eux. Monaco leur avait également fait une petite visite le vingt-cinq, surprenant à la fois l'hôte et tous ses invités, et était accompagnée de Seychelles. Toutes deux s'étaient en réalité concertées et avaient décidé de faire une surprise à celui qui se considérait comme leur grand frère ; et puis, la nouvelle de l'arrivée des trois régions était parvenue jusqu'à leurs oreilles et les avait rendues curieuses.
La brunette avait à son tour été gâtée et s'était montrée toute aussi généreuse.
Keira donna des petits coups de coude à Elin lorsqu'elle eut finit de raconter ses fêtes et haussa les sourcils à plusieurs reprises de façon plus que significative, désignant du menton le pendentif.
« Hé, il t'aime bien le Denny, hein ?
- Enlève-moi ce sourire tout de suite, Keke. Ça veut rien dire, tu sais…
- Argh, tu vas pas t'y mettre aussi ! Je déteste ce surnom…
- Non, continue de l'appeler comme ça, ça vous fera penser toutes les deux à moi, bande d'ingrates ! »
Bouche bée, les deux jeunes femmes fixaient Lou dans l'entrée qui leur souriait en retour. Elle écarta les bras, comme si elle attendait une étreinte, et déclara, rayonnante :
« Alors, on attend pas Patrick ? »
Il n'en fallut pas plus aux deux autres régions pour se précipiter sur la brunette dans un câlin monumental.
Reprenant son souffle, Keira déclara avec engouement :
« Il est temps de fêter nos retrouvailles. Et j'ai ce qu'il faut ! »
Elle fouilla rapidement dans son énorme sac, et sortit l'objet de ses recherches avec un sourire diabolique.
« C'est l'heure de jouer à Just Dance », chantonna-t-elle en sortant la console qui allait avec.
« Gimme, Gimme, Gimme a man, after midnight !
- Si tu ne t'arrête pas de chanter ça tout de suite, je t'explose à coup de manette, menaça Keira en brandissant ledit objet vers Elin.
- Tu dis ça parce que t'as perdu. Encore, ricana la rouquine.
- On évite les bagarres dans la chambre, merci, intervînt Lou en avalant un Malabar de plus tandis qu'elle lisait son magazine. J'vous aiderai pas à ranger…
- Raaaah, j'en peux plus ! pleurnicha Saxe en s'affalant sur la méridienne du canapé, aux côtés de celle aux yeux noisette. Ça fait une heure qu'elle me défonce à coup d'ABBA !
- Ce sont les risques du métier, frima la plus petite en faisant tournoyer la manette blanche autour de son poignet avec la dragonne. N'empêche chuis crevée aussi. C'est dur d'exploser les gens…
- N'en rajoute pas, merci…
- Gimme, Gimme, Gimme a man, after midnight !
- Mais ferme-la ! grogna-t-elle.
- Quoi, tu préfères que j'essaie de te la chanter en féringien ?
- La ferme, répéta Keira, amorphe, le visage contre le coussin du canapé.
- Non mais parce que tu sais, avant ma symbiose, je savais déjà parler français, anglais, et je me débrouillais en espagnol – mais la grande nouveauté, c'est que je cause couramment le danois et le féringien ! Ou féroïen, comme tu veux. Brefouille. C'est pas épique, ça ?
- Awesome, en effet, soupira la méchée en comprenant que rien n'empêcherait plus son amie de déblatérer.
- J'm'ennuie, on fait quoi ? geignit soudain Louise en planquant son magazine contre ses genoux.
- Oh, vous savez quoi, le voisin de Finlande, c'est Russie, et du coup, il a pu me dire que Kol-man était couché avec une fièvre de cheval ! continuait inlassablement Elin en passant d'un sujet à l'autre sans transition. J'y ai pas cru sur le coup…Attendez, Russie, avec la crève ? C'est le début de la fin !
- Tu m'en vois également étonnée, commenta Keira en s'asseyant correctement. C'est deux heures de l'après-midi, les connaissant, la réunion n'est pas prête de se terminer bientôt…Et si on passait leur faire un petit coucou ?
- MAIS OUI, BIEN SÛR ! beugla soudainement Lou en tapant son poing dans son autre paume. Elin, tu as bien dit que Russie était malade ?
- Oui, bredouilla-t-elle, prise de court, mais où est-ce que tu veux en venir ?
- On a qu'à se déguiser en Russie à tour de rôle, et comme il n'est pas là, on pourra lui piquer sa place à la réunion !
- Owiii ! J'adore m'incruster ! Allez, il est temps pour moi de faire usage de ma magie ! Planquez-moi ! »
Elin s'engouffra dans la salle de bain et quelques secondes plus tard, une fumée étrange s'échappait de sous la porte.
« …Je ne te pensais pas si vicieuse, Lou.
- J'en ai juste assez d'être l'éternelle fille sage », gloussa-t-elle avec un clin d'œil à son amie.
Leur infiltration avait été tout sauf concluante. Keira y été allée en première, déguisée par les soins d'Elin et de ses capacités magiques, mais avait passé tout le quart d'heure où elle était restée à baver devant Prusse, planqué sous la table pour assister à la réunion, et s'était rapidement faite traîner dehors. Ensuite, Louise avait bien tenté sa chance, mais avait rapidement été terrorisée par Biélorussie qui la demandait sans cesse en mariage – mais dans quel genre d'enfer vivait donc le russe ?
Traumatisée, elle était partie d'elle-même et tremblait encore rien qu'en imaginant la blonde.
Elin avait pris son courage à deux mains, et à son tour, avait pénétré dans la salle. Seulement, Danemark avait éclaté de rire en la reconnaissant immédiatement, déclarant que Russie ne pouvait pas s'être tant tassé…
Elle avait tenu exactement une minute et trente-deux secondes !
« Lamentable, grogna-t-elle, de retour avec ses deux amies dans sa chambre d'hôtel. C'était lamentable. Et si on oubliait ces médiocres tentatives et qu'on allait plutôt se préparer, non ? »
Pour rajouter un effet dramatique, elle arracha rageusement un bout de réglisse de son rouleau déjà entamé. C'était bel et bien l'heure du goûter, après tout.
Keira et Lou eurent un sourire entendu, et filèrent chercher leurs affaires dans leurs chambres respectives, tandis qu'Elin sortait les siennes de sa valise ô combien remplie. Les Nations n'avaient qu'à bien se tenir !
Il avait été convenu au préalable que les invités rentrent rapidement à l'hôtel après la réunion, histoire de se changer, avant d'aller chez Amérique pour la fête – de plus, le domicile d'Alfred ne se trouvant pas très loin, le trajet en taxi s'avérait assez court. Elin ne tenait plus en place ; les régions, n'ayant pas d'obligation au niveau des horaires étaient arrivées un peu plus tôt que les autres via un taxi, et avaient trouvé Amérique en plein branle-bas de combat, courant d'un côté à l'autre de son immense propriété, soit pour se préparer lui-même ou pour fignoler les préparatifs de la fête. Les filles avaient proposé leur aide – plus de force qu'autre chose pour Keira qui refusait d'abîmer sa tenue – mais le blond avait décliné en éclatant de rire :
« Un véritable héros peut se débrouiller tout seul ! Et je me sentirai vraiment mal de vous faire bosser, vous avez dû mettre du temps à vous préparer, non ? »
Son regard avait glissé d'une fille à l'autre avant d'ajouter avec un petit sourire satisfait :
« Quoique, la classe, c'est naturel chez vous. »
Il avait ensuite disparut dans un des nombreux couloirs de la maison, laissant les trois jeunes filles discuter au bord de la piscine – gelée à cette époque de l'année – dans la partie arrière du jardin.
Louise regardait les ballons dans la salle où les tables et le buffet étaient arrangés d'un air rêveur, la musique à un volume pour l'instant convenable, lorsque les premiers invités commencèrent à arriver. Tous étaient sur leur trente-et-un, c'était le cas de le dire !
Ses yeux se posèrent ensuite sur elle et ses amies. Elles s'étaient surpassées, et pas qu'en maquillage ! La jeune femme était persuadée qu'elles en imposaient et que quelques regards se perdraient pour sûr sur elles trois.
Lou portait un pantalon noir en toile, taille haute, des escarpins de la même couleur et un haut beige transparent, ample, à manche bateau, ainsi qu'un bandeau blanc sous son haut pour rester décente. Ses cheveux étaient laissés libres mais elle les avait badigeonnés de laque à paillettes.
Elin, avait joué sur l'atout qu'étaient ses jambes fuselées et portait une robe rouge, colle-au-corps qui lui arrivait à mi-cuisse. Les manches étaient longues, et le col qui lui montait jusqu'à la clavicule était largement compensé par le vertigineux dos-nu qui descendait jusqu'au creux de ses reins, agrémenté de quelques breloques à paillettes. Elle avait mis des talons compensés noirs un peu plus hauts que d'ordinaire et avait complètement lissé ses cheveux – mais on ne fait pas la fête tous les jours, hm ?
La transformation la plus spectaculaire des trois était sans doute Keira. Elle portait une longue robe noire bustier, et sa taille était marquée par une ceinture blanche. La robe était ouverte sur toute la longueur de la jambe droite, et l'ouverture était agrémentée de frous-frous noirs en tulle. Ses cheveux bruns étaient remontés en un élégant chignon, seules sa mèche teintée et une anglaise faite en ce but étaient laissées libres.
Fière de son apparence et de celle de ses amies, Louise se leva et épousseta son pantalon, prise d'une confiance nouvelle. Elle désigna d'un coup de tête la salle qui commençait à se remplir de l'autre côté de la baie vitrée.
« On y va ? Nous sommes attendues, je crois.~
- No, the party don't start 'till I walk in !~ chantonna Elin en rythme avec la chanson jouée à cet instant-là, pénétrant à l'intérieur à la demande de son amie.
- C'est le meilleur jour de l'an de toute ma vie », s'écria Keira en rentrant à son tour.
Louise pouffa et ferma la fenêtre derrière elle, cherchant Francis du regard.
« Je vous laisse, souffla-t-elle, on se retrouve plus tard… »
Sans attendre de réponse, elle commença à se diriger vers le blond qui sirotait déjà un verre de champagne, mais trébucha sur le pied d'une chaise et s'étala de tout son long au sol. Rouge de gêne, elle chercha rapidement une solution pour ne pas avoir l'air ridicule. Avec un peu de chance, la musique avait étouffé le bruit de sa chute…Mais, oui, la musique ! Elle se mit alors à onduler, imitant une carpe, comme si elle avait tout prévu depuis le début. Avec un peu de chance, Francis n'y verrait que du feu ! Elle entendit un léger "ohh" provenant de la salle. Elle avait sauvé son image ! Tant et si bien que quelques secondes plus tard, le français, ayant compris son manège mais se passant de tout commentaire, vînt faire la carpe à ses côtés.
« C'est la meilleure entrée qu'elle aurait pu faire », gloussa la rouquine.
Keira haussa les épaules et se dirigea vers le buffet ; Elin nota avec amusement que son amie prenait soin de marcher lentement, presque provocatrice dans la manière dont elle roulait des hanches. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Les Hetaliens étaient bien trop séduisants pour leur propre bien ! Mais pour une fois, Féroé avait abandonné ses complexes et se sentait sûre d'elle. Elle ne doutait plus de sa place et de celle de ses amies dans ce monde-là. Décidant d'agir, tout comme Keira, de façon un peu plus sensuelle juste pour ce soir-là, elle rejoignit celle aux yeux verts qui était face au plus grand dilemme de sa vie.
« …Elin, tu crois que je prends quelle bière ?
- Commence par le champagne tant que tu n'es pas encore complètement défoncée, ça fait plus classe. Tu t'attaqueras à la bière après, ricana la rouquine en passant une main dans ses cheveux lisses.
- Eh bien, eh bien.~ En voilà des jolies frau !
- Bonsoir, Prusse », susurra Keira.
"C'est l'occasion ou jamais ce soir de le séduire ! J'ai jamais été aussi sexy de toute ma vie, et mein gott, qu'il est beau ! Allez, Keke, plan drague n°207, en route !"
Amérique, à cet instant, fit retentir le dos de son couteau contre son verre pour attirer l'attention de tous ses invités. Il se racla la gorge et commença son discours de bienvenue.
« Bonsoir ! Merci à vous d'être venus à ma super New Year's Party ! Il y aura des jeux, de la musique – d'ailleurs je crois que Provence et France ont hâte que tout le monde vienne les rejoindre pour faire la carpe – et je vous rappelle qu'un buffet est à votre disposition ! »
Il jeta un rapide regard à la nourriture en question, avant de reprendre avec un sourire en coin :
« Enfin…Si Saxe daigne bien nous en laisser, bien sûr. »
Cette dernière se drapa dans le peu de dignité qui lui restait, la tête haute, reposa l'amuse-gueule à la saucisse qu'elle s'apprêtait à déguster, et se rapprocha de l'albinos à ses côtés, l'air de rien, alors que des éclats de rire emplissaient la pièce. Alfred termina sa tirade sur cette touche d'humour et les invités reprirent leurs activités.
Elin s'éloigna en constatant que son amie était bien trop occupée à faire du gringue à Prusse – et que celui-ci lui rendait – et se contenta de récupérer une verrine à la fraise Tagada – l'alcool le ventre vide, c'était très mauvais – qu'elle alla déguster aux côtés de Suède, qui venait d'arriver.
« …Tu en veux une ?
-…Non, merci.
- Où sont les autres ? Ils t'ont quand même pas laissé seul chez Amérique ?
- Ils sermonnent Danemark…
- Pourquoi ?
- Pour qu'il évite de faire n'importe quoi. Et qu'il laisse un peu d'alcool aux autres.
- Mouais, ils limitent les dégâts.
- Bonsoir, Féroé, lança Norvège en s'approchant à son tour. Suède.
- Hm », grogna ce dernier en retour, avant de se diriger vers le buffet pour prendre à manger pour lui et Finlande avant qu'il n'y ait plus rien.
Un silence pesant pour la rouquine s'installa alors, jusqu'à ce que le norvégien dirige son regard vers Angleterre puis Roumanie, hoche la tête d'un accord tacite et marmonne quelques mots dans sa langue, que celle aux yeux gris reconnut comme une incantation. Elle crut apercevoir les deux autres blonds faire de même, et Lukas lui glissa un bout de papier dans la paume.
Comprenant ce qu'il attendait d'elle, elle sourit et psalmodia la formule en question. Les lumières s'éteignirent alors dans la maison, avant que des sphères multicolores s'élèvent dans les airs, accompagnés chacune d'une agréable odeur différente selon leur couleur et de lucioles. Emerveillée, Elin ne savait plus où donner de la tête.
« C'est nous qui…avons fait ça ? »
Il hocha la tête.
« Angleterre a éteint les lumière, j'ai créé les sphères, Roumanie les a parfumées et tu as fait apparaître des lucioles. Félicitations », expliqua-t-il avant de quitter la rouquine pour se diriger vers ses amis magiciens.
Cette dernière pouffa et se déplaça vers les boissons alcoolisées où elle avait repéré les cheveux en bataille de Matthias. La soirée pouvait commencer…
Louise commençait à avoir mal au ventre à force de manger des sucreries. Le buffet avait été depuis longtemps vidé, mais elle se félicitait d'avoir fait sa petite réserve au préalable. Francis se prenait actuellement le chou avec Angleterre, la laissant aux bons soins de Monaco, Belgique et Seychelles. L'accent créole de cette dernière était d'ailleurs terrible, la brunette avait bien cru devoir lui faire répéter chaque mot qu'elle prononçait mais s'accrochait tant bien que mal à ses propos – Seychelles était adorable, qui ne voudrait pas passer du temps avec elle ?
Keira était bien trop occupée à se déhancher sur la piste pour se soucier d'autre chose que du regard brûlant de Prusse qui pesait sur elle, alors que la musique était tellement forte qu'elle avait l'impression que son cœur et le tempo étaient calés sur le même rythme. Le prussien avait bien vite compris que la méchée aimait autant faire la fête que lui, celle-là était d'ailleurs déjà plus que pompette et l'avait grandement aidé à vider le stock de bière…
Saxe se décida enfin à faire une pause, laissant Gilbert au milieu d'autres Nations dansantes – Angleterre était devenu comme inhumain, alternant entre une rapide lampée de sa boisson actuelle avant de retourner se déchaîner comme un malade sur la piste – pour chercher Féroé. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance d'entraîner Louise dans son délire sans faire une scène, et puis de toute façon, cette dernière n'était certainement pas assez imbibée pour ne pas se soucier de l'image qu'elle renvoyait aux autres.
Elle trouva la rouquine en pleine discussion avec Pologne, à sa grande surprise. Les deux échangeaient des opinions passionnées sur la mode et les tendances à venir pour cette nouvelle année. Keira ricana intérieurement lorsqu'elle remarqua les regards furtifs mais incessants que son amie lançait à l'égard d'un certain blond.
« Désolée, je te l'emprunte pour une durée indéterminée certainement très longue ! s'empressa-t-elle de justifier son kidnapping soudain en entraînant Elin dans un coin de la salle.
Cette dernière, remise de sa surprise, lui offrit un grand sourire, les plans de son amie lui étant encore inconnus. La méchée eut un rictus diabolique en songeant aux prochaines chansons qui allaient être diffusées – elle avait gratté l'amitié à Canada, qui s'occupait de la musique, pour les connaître – et qui seraient parfaites pour ce qu'elle prévoyait, les morceaux étant dans l'ordre Slave 4 U, Rich Girl, Va Va Voom, No Beef, et Cannibal.
« Tu peux pas te passer de moi, hein ?
- Non, tu viens danser avec moi, du coup ?
- Euh…Je ne sais pas…J'ai peur de me vautrer en fait, je suis pas sûre que ce soit le bout de mes pieds, là…Donc danser…
- Ecoute-moi bien, Elin Winstol ; tu vas venir remuer ton petit cul avec moi sous les projecteurs et sous le nez de tous les invités sans faire d'histoire, et sans complexe, pour les cinq prochaines chansons et sans t'arrêter. Et tu sais pourquoi ? »
Elin secoua la tête. La tournure que prenaient les évènements l'inquiétait légèrement mais lui plaisait bien, au final…L'alcool commençait-il réellement à lui faire tourner la tête ?
« …Parce que nous sommes des jeunes femmes sexy, sûres d'elles, avec un déhanché d'enfer – autant toi que moi, tu t'es déjà vue, tu ondules – et que ce soir, on va se mettre Gilbert et Matthias dans la poche ! »
Il n'en fallut pas plus à la rouquine pour laisser le peu de retenue qui lui restait derrière elle et les brumes des quelques bières qu'elle s'était envoyées, et elle entraîna Keira avec elle en plein milieu de la piste.
Ç'avait été les minutes les plus longues et les plus courtes de sa vie. Longues, à cause des lumières, de la proximité des autres autour d'elle, et de la fatigue à force de danser – ça crève, être sensuelle, finalement – mais également trop courtes car elle ne s'était jamais autant amusée, sentie aussi libre et à sa place, appréciée de tous, voire désirée par certains. Les deux jeunes femmes semblaient avoir ameutée plus de monde car la piste se remplit soudainement, et même la timide Lou se décida enfin à venir danser à leurs côtés, de façon certes plus retenue, et il avait tout de même fallu que Francis l'encourage fortement…
« C'est l'heure du décompte ! beugla Amérique en sortant de nulle part. Dix ! Neuf !
- Huit ! Sept ! reprirent d'autres personnes en cœur.
- Six ! Cinq ! Quatre !
- Trois ! Deux ! Un !
- BONNE ANNÉE ! » cria la salle tout en chœur, parfois dans des langues différentes, alors que les étreintes, baisers et autres vœux fusaient déjà.
La fête battait son plein, et jamais Provence n'avait vu ses deux amies aussi déchaînées ; gênée, elle finit par aller prendre l'air. Danser en étant autant collé à l'autre et flirter n'étaient pas vraiment sa tasse de thé, contrairement aux deux autres régions qui prenaient apparemment un malin plaisir à faire tourner les têtes.
Bah. C'était un soir dans l'année.
Retrouvant sa place au bord de la piscine, elle sentit ses paupières se faire lourdes. Il ne devait pas être plus de trois heures du matin à présent ; mais la journée, avec le décalage horaire s'était avérée longue. Elle regarda la neige doucement tomber dans le reste du jardin, recouvrant toute la ville d'un manteau blanc immaculé.
Elle frissonna. Elle n'était pas couverte, mais le peu d'alcool qu'elle avait ingéré – en comparaison à ses amies et Francis – lui donnait l'impression d'avoir atrocement chaud. Louise songea avec nostalgie au peu de souvenir qu'il lui restait de sa vie humaine, qu'elle ne désirait plus du tout regagner. Était-ce vraiment la peine qu'Angleterre continue ses recherches, au final ? Si elles avaient été oubliées là-bas et que leurs souvenirs s'amoindrissaient, à quoi bon y retourner ? Ne valait-il pas mieux continuer cette vie, qui serait longue, avec la jeunesse éternelle, l'argent, le bonheur et le pouvoir à portée de main ? Oui…leurs responsabilités, en tant que Régions, étaient moindres. Ce monde était maintenant le sien…le leur, et comme le reste de la ville enneigée, la page qui succédait à celle tournée en entrant dans le monde Hetalien était vierge. Elles étaient maîtresses de leurs vies et de ce qu'elles désiraient en faire.
Louise se jura de ne plus jamais autant boire. La philosophie la déprimait…
Elle s'abandonna au sommeil, appuyée contre un pilier de la terrasse…et ne sentit pas les bras du français qui la soulevaient délicatement pour la ramener à l'hôtel.
« Fais de beaux rêves, ma petite Louise, murmura Francis. En espérant que j'y figure… »
Keira, de son côté, s'autorisa enfin une pause et se laissa tomber sur une chaise. Elle avait depuis longtemps détaché son chignon, qui avait commencé à se défaire de lui-même une bonne demi-heure plus tôt. Gilbert s'assit à côté d'elle, admirant une fois de plus la jeune femme et sa classieuse robe. Son regard rubis se posa sur l'ouverture de sa cuisse, qui remontait un peu plus haut à cause de sa position assise. Là, juste au-dessus de sa jarretière noire, se trouvait un tatouage à moitié effacé d'un cœur avec écrit "TROLOLO" à l'intérieur.
« Err…Keira…le cœur, sur ta cuisse…
- Oh, ça ? On s'est fait un fight de Malabar dans l'après-midi, l'informa-t-elle en sirotant sa boisson. Troisième guerre mondiale, quoi.
- D'aaaaccord… »
Il éclata de son rire étrange et passa un bras autour de ses épaules.
« On partage ? sourit-il en désignant la petite bouteille verte dans les mains de la méchée.
- Même pas en rêve. Tu t'es cru dans une pub Kinder Bueno ou quoi ? »
Vexé, il croisa les bras avant de pouffer légèrement face à la répartie de Saxe. Il aurait dû s'en douter…la bière était une chose sacrée, après tout.
Assise à table avec les Nordiques, un énième verre d'eau descendu plus tard, Elin avait chaud. Très chaud. Elle s'était secouée toute la soirée aux côtés de son amie brune, et ne s'était jamais autant amusée. Mais alors que cinq heures du matin sonnaient, elle se sentit légèrement vaciller, et comprit que son corps lui indiquait qu'elle devrait rapidement trouver un lit. Ou un canapé. Ou quoi que ce soit, du moment qu'elle pouvait y dormir.
Ses manches étaient depuis longtemps retroussées jusqu'au coude, et elle s'épongea le front d'un revers de poignet, avant de se gratter frénétiquement l'avant-bras, déjà rougi.
« Mais vas-tu donc t'arrêter de t'arracher la moitié du bras ? grogna Puffin au bout d'un moment.
- Ouais, c'est vrai ça, t'as passé la soirée à te gratter, qu'est-ce t'as encore fait ? » railla Islande, le visage appuyé sur sa main.
Le plus jeune avait pris ses aises avec la rouquine depuis son arrivée, à force que celle-ci le sollicite en permanence pour une discussion, et s'était surpris à apprécier sa compagnie. Il se permettait donc plus de choses en sa présence.
« Malabar, grommela-t-elle. J'suis allergique à ces foutus tatouages, mais bien sûr, elles ont rien voulu entendre et j'ai dû frotter comme une malade avec le gant pour le faire partir. Et depuis, ça me démange.
- J'ai de la crème dans mes bagages pour ce genre de choses, l'informa gentiment Tino. Je t'en passerai demain. Enfin…plus tard. Tu as la peau fragile, pas vrai ? »
Elle hocha la tête, des milliers de petites étoiles venant peupler sa vision. Elle cligna rapidement des paupières pour les chasser.
« Ça se devine à tous tes grains de beauté », confirma Danemark en hochant la tête, un rire idiot s'échappant de sa gorge à la fin de la phrase.
Plusieurs regards amusés se posèrent sur lui, avant qu'il finisse par comprendre sa bêtise et se reprenne, rouge :
« Enfin…c'est pas comme si j'y avais tant fait attention que ça, hein…
- Frérot, tu es débile, lui rappela Norvège.
- Hm.
- Hé, mais c'est sa faute aussi, elle se balade avec des mini-jupes, des décolletés et des dos-nus, forcément, j'imagine des choses, moi ! Je suis un homme et j'ai des besoins charnels ! » explosa-t-il.
Un grand blanc s'en suivit à la table – comment réagir face à cette énième bêtise sortie par Matthias ? – , avant que le rire cristallin et un peu trop hystérique d'Elin brise le silence. Aucun doute possible, elle avait l'alcool joyeux – et un peu affectueux, aussi, ahem…
« Non mais tu exagères ! À t'écouter, on croirait que je cumule tout ça d'un coup ! C'est ou l'un ou l'autre, je me trimballe pas à poil, hein…Bon, sur ce, moi, je rentre, je suis crevée. À plus tard ! »
Elle récupéra son manteau après que les blonds autour de la table ainsi que Keira l'aient une dernière fois saluée – Louise était déjà rentrée depuis belle lurette – et regagna la rue. Avant qu'elle ait pu sortir son portable pour appeler un taxi, une main se posa sur son épaule. Elle releva le nez, voyant flou à cause de l'alcool – et puis, ça faisait un moment qu'elle n'avait pas mis ses lunettes – mais reconnut les grands yeux bleus de Matthias.
« Je rentre avec toi. Hors de question de te laisser partir toute seule, dans New York, de nuit et aussi bien habillée.
- Les tordus sont partout, hein ? Ah, d'ailleurs, je me demandais combien de temps tu mettrais avant de me rejoindre.
- Un roi veille toujours sur sa reine », sourit-il avec un clin d'œil.
Trop fatiguée pour relever cette nouvelle tentative de flirt – elle avait passé sa soirée à faire ça, de toute façon – elle s'engouffra dans le taxi quelques minutes plus tard, à l'arrière. Alors qu'il allait s'asseoir à l'avant, elle lui fit signe de venir avec elle. Il obtempéra avec un sourire satisfait qui en disait long, et la dernière chose dont Elin se souvînt avant de s'endormir profondément, ce fut ses beaux yeux bleus et la chaleur qui se dégageait de son corps tandis qu'elle se blottissait contre lui.
Keira et Elin se transforment en chaudasses le temps d'une soirée. Pardon C:
Nan, en fait, je regrette rien.
J'ai écrit, à part dans un cahier, la scène du premier baiser entre Elin et Dan. Awww. Je n'ai qu'un mot à dire : CHAUD ! XD
Pensez au sondage si ce n'est toujours pas fait~ Il est toujours sur mon profil~
Petites questions : Est-ce que ça vous dérange si je mets les dessins en ligne sur le forum (HetaliaWorld, le lien est aussi sur mon profil) dans un futur proche. Vu que le site ne garde pas les liens T_T
Et la plus importante ! Dans quel ordre aimeriez-vous voir les couples se former ? Aimeriez-vous du drama - genre un peu de jalousie dans l'air de la part d'autres garçons (ou fille ?) que celui avec qui elles seront évidemment casées, du fluff, du lime ? C:
Mais ce qui m'intéresse surtout, c'est l'ordre, en fait. XD
Nakamura Tomoyo : Je carbure, je carbure o/ En fait c'était surtout parce que je voulais arriver rapidement au présent chapitre, j'avais tant de choses à y caser :'D
Gil et Keira sont un duo de pure awesoness. Ludwig est totalement owned. 'Nuff said. (FRENGLISH POWAAA)
Les chiens ? Maiiiis ils sont mon outil principal niveau humour chez Doistu ! T^T C'est eux qui décontractent l'atmosphère de par leur relation privilégiée avec Keke *keur*
Zoubis et au prochain commentaire/chapitre, Tomo-chan~
(Tu es rebaptisée ! *paillettes*)
Lyasaki : Ravie d'avoir pu égayer ton cours d'histoire, ma chère. Il n'y a jamais assez de quiproquo Hetaliens en ce bas monde 8D
Les souvenirs s'effacent - oui, ça paraît terrible - peu à peu. Je n'avais pas prévu de leur faire oublier qu'elles avaient été humaines avant ça, mais qui sait, peut-être que je le ferai...Je ne sais pas trop. Mais n'oubliez pas la petite Céleste qui refera d'autres apparitions très prochainement qui aura un rôle à jouer en rapport avec tout ça. N'oubliez pas ce qu'elle a tenté de leur dire avant que Chewbie se pointe !
Je ne juge pas pour Canada. Je suis incapable de me souvenir de sa capitale. *facepalm*
Merci du commentaire :3
Hiru76 : Il n'y a pas de mal à commenter un peu plus tard. C: Quoique, je pourrais faire comme l'une des membres du forum et décider de te fouetter avec des pâtes. Qui sait ?
J'avoue que le chapitre 5 était dans une ambiance guimauve, bon enfant et rêveur. Disney me semblait donc bien adapté à tout ça :P
Elle en a pas fini, ni avec les chiens ni avec les altères. Les chleuhs ne lâcheront rien ! Bientôt elle se traînera à leurs pieds pour une série de pompes, mouhahaha !
...Ou pas. Enfin, sauf s'il faut qu'elle passe par là pour plaire à Gilbo...
Kichu ! *smouack*
Je me disais, est-ce que vous préféreriez que je vous réponde via MP, pour celles qui ont des comptes ?
Et n'oubliez pas de me dire l'ordre des couples, j'y tiens ! °w°
Brefouille, farvel, mes petits lecteurs.~
