Bonjouuur~
Je n'ai pas réussi à boucler ce chapitre hier. Pardon T_T
Et il est plus court que les autres. Re-pardon T_T
Mais vu ce qui s'y passe, je ne pense pas que vous m'en voudrez trop. 'Fin, j'espère.
La première partie du chap' a été écrite avec "Gimme More" de Machinae Supremacy - lol, encore des suédois, le pire c'est qu'au départ j'en savais rien - et la seconde avec "The Ballad of Mona Lisa" de Panic ! At the Disco. Une chanson comme "Get Out Alive" aurait peut-être été plus appropriée, maiiiis...mon cerveau n'a rien voulu savoir. 8D
P'têt que je vous donnerai plus souvent mes petites playlists pour les chaps, si ça vous plaît. Vu que j'écris toujours en musique...
Bonne lecture~
« D'accord, d'accord, tout le monde reste calme, c'est une coupure de courant, rien qu'une petite coupure de courant ! »
Amérique s'évertuait à faire comprendre ce fait à tous ses invités en le criant à tort et à travers dans toute la maison, accompagné d'un mégaphone, et ce depuis plus de dix minutes. Hélas, beaucoup étaient de nature nerveuse, et Alfred, bien qu'il fût certain d'avoir l'étoffe d'un héros, n'était en revanche pas sûr de pouvoir gérer la crise de panique mondiale dans son manoir.
Les pizzas commandées et quelques Nations de plus rapatriées chez lui, leur festin calorique avait commencé dans la joie, la bonne humeur et le bordel le plus absolu.
Iggy mangeait de bon cœur sans faire de référence à ses scones, Chine et Japon s'étaient munis de baguettes, avaient coupé leurs part en petits morceaux et se disputaient maintenant le plus gros sous le regard désapprobateur d'Allemagne et celui, beaucoup plus enthousiaste, d'Italie. Romano et Espagne n'étaient pas bien loin, l'italien souriant presque de bonheur en mangeant sa pizza et l'américain aurait juré qu'Espagne avait plusieurs fois tenté de nourrir Lovino de sa propre part de fromage-chorizo. Ce que l'espagnol avait tenté avait néanmoins été réussi par France, qui prenait un malin plaisir à donner à manger à Provence, aussi rouge que la sauce tomate dont était tartiné son repas. Saxe et Prusse semblaient passer un bon moment, riant comme des baleines en regardant la vidéo filmée par Gilbert un peu plus tôt – sans doute celle de la grossière reprise du lac des cygnes, quoique, il lui avait semblé entendre parler d'un certain "Dudule", mais il était certain d'avoir entendu Allemagne, en tout cas – et les Nordiques, accompagnés de Féroé, étaient une fois de plus restés entre eux, le regard de la rouquine se perdant de temps à autre sur les flocons virevoltant à l'extérieur. Tous les autres étaient plus ou moins répartis dans d'autres coins de la pièce, mais Amérique était pleinement satisfait d'héberger, une fois n'est pas coutume, une petite fête avec des amis.
Mais voilà. Il y a bordel et bordel, et celui aux lunettes savait que ce qui se passait dépassait de loin ses capacités.
La neige tombait fortement depuis quelques jours déjà sur la métropole – et manque de bol, les lignes électriques avaient fini par sauter dans les environs de sa propriété - en plein Manhattan, rappelons-le.
Autant dire que l'ordre ne régnait pas à l'extérieur non plus ; les sirènes des voitures de police résonnaient à intervalles réguliers, et des éclats de voix retentissaient parfois.
Amérique grinça une fois de plus des dents.
« C'est qu'une putain de coupure de courant…
- Accompagnée d'une tempête de neige, lui fit remarquer une voix dans son dos.
- AHHH ! Iggy, annonce-toi avant de parler ! »
L'anglais soupira et leva les yeux au ciel, une lampe de poche à la main, éclairant le visage de celui aux lunettes.
« Je me suis permis de fouiller un peu et j'ai trouvé huit lampes torches, pour l'instant. Prends-en un peu et séparons-nous pour en faire la distribution.
- Les lampes du héros seront toujours là pour sauver les gens !
- Je n'en doute pas…Ah, Alfred ?
- Oui ?
- Pense à en garder une pour toi.
-…Yeah, whatever. »
Il bougonna en saisissant l'objet tendu par Angleterre, l'alluma et recommença à crier de plus belle dans son mégaphone pour réunir les Nations.
La coupure avait pris tout le monde par surprise, et tous s'étaient dispersés pour trouver une quelconque source de lumière – ainsi que de chaleur, car le chauffage avait sauté avec la lumière et la température très basse du blizzard extérieur commençait à s'étendre à l'immense propriété d'Amérique.
Keira, Elin et Louise s'étaient réunies dans leurs recherches ; la rouquine avait réussi à créer une petite sphère lumineuse à l'aide de sa magie, qui leur permettait d'avancer sans se prendre les meubles ou les murs. Néanmoins, elle sentait qu'il faudrait qu'elle trouve rapidement une source de lumière qui n'épuiserait pas ses forces – elle était encore incapable de faire de magie sur la longue durée, son corps n'y était pas habitué.
« Cette maison est super grande, grogna Keira en se prenant l'angle du couloir dans le nez.
- Ça ne m'étonnerait pas qu'on soit perdues, confia Louise en soutenant la méchée, un peu sonnée.
- Essayons au moins de trouver un briquet, des bougies ou même une boîte d'allumettes, faute de mieux, soupira celle aux yeux gris.
- Et des couvertures. Je me les pèle sévère…
- Y'a que toi et le chien de Philippe, grimaça Provence.
- C'est impressionnant, souffla Elin en s'arrêtant devant une fenêtre. On entend le vent d'ici…Je crois qu'aller demander de l'aide à l'extérieur n'est pour l'instant pas envisageable…
- Sauf si tu veux finir en bonhomme de neige, pouffa celle au carré plongeant en portant une main à sa bouche.
- Remarque, ce froid pourrait être utile, au final.~ Ça nous donnerait une bonne raison d'utiliser la chaleur corporelle pour ne pas se frigorifier sur place !
- Keira, je ne sais pas si tu es diabolique ou absolument géniale.
- Ma chère Elin, je ne t'apprends rien en te disant que les plus grands génies sont des incompris, hum ? rétorqua non sans fierté celle aux yeux verts.
- Mouais. Les autistes aussi », railla Louise.
Féroé leva les yeux au ciel et reprit sa marche, les deux autres jeunes femmes s'énervant l'une après l'autre derrière elle. Elle pénétra dans une pièce de plus, et comme dans les précédentes, elle entreprit de fouiller dans le bureau, l'armoire, la commode, sous l'oreiller, mais sa recherche s'avéra une fois de plus vaine.
Louise, songeant à l'endroit où elle-même cachait le journal de Francis, souleva avec curiosité le matelas. Après tout, elle ne devait pas être la seule tordue à planquer des livres entre deux lattes.
« Bingo, sourit-elle en sortant ce qui ressemblait à une mallette de secours. Regardez qui s'est préparé pour une éventuelle fin du monde !~ »
Elle brandit fièrement sa découverte et la posa sur le bureau, l'ouvrant dans la foulée. Elle y trouva de l'eau, des barres énergétiques, un briquet et des allumettes, une lampe torche et un objet bien plus étrange que Keira s'empressa de remarquer puis de saisir avec soin.
« …C'est un flingue.
- Merci, Captain Obvious, répliqua la rouquine.
- Pourquoi garder un pistolet avec des affaires de survie ?
- Ben, pour la survie, justement, répondit Keira à celle aux yeux noisette.
- La vraie question, c'est de savoir s'il est chargé ou non », fit remarquer Elin en désignant du menton l'arme dans les mains de la brune.
Un blanc suivit sa déclaration. Lou finit par trouver quelques balles et douilles de plus au fond de la mallette en fouillant un peu plus, tandis que la rouquine décida de s'éloigner du flingue en question, pour éviter toute malencontreuse réaction entre la poudre et la sphère magique.
Keira réfléchissait à toute allure, observant l'arme meurtrière sous toutes ses coutures. Elle avait continué à s'entraîner avec les frères germaniques, mais n'avait en revanche jamais manié d'arme, encore moins à feu. Un rictus étira son visage, alors qu'elle se tournait vers le mur à l'opposé de ses amies.
« Il n'y a qu'une seule façon d'être sûre de sa charge, susurra-t-elle. Bouchez-vous les oreilles… »
Roumanie n'était pas à l'aise. Déjà, les créatures mystiques se faisaient rares chez l'américain, il n'avait donc personne avec qui discuter. Angleterre courrait de tous les côtés avec Amérique, tentant de calmer les foules et de trouver une solution à leur énorme problème – la coupure de courant – qui en entraînait bien d'autres à sa suite. D'abord, le manque de lumière, donc l'impossibilité de se déplacer correctement. Ensuite, la température chutant à toute allure à travers le manoir, impossible à remonter sans l'aide de couvertures, briquets, allumettes et autres ustensiles impossibles à aller chercher dans le noir. Enfin, le dernier mais pas des moindres, cette méfiance constante entre les individus liée à l'obscurité, ainsi que cette peur naissante qui soufflait à qui voulait bien l'entendre qu'ils allaient mourir coincés par le blizzard dans ce manoir, frigorifiés avant que le courant ne revienne.
Mais bien sûr. En plein Manhattan. Comme si c'était possible…
Enfin, Vlad n'irait pas tenter le diable non plus. Vaguement réchauffé par une boule d'énergie semblable, bien qu'il n'en sache rien, à celle produite par Elin bien plus loin dans la propriété, il observait avec un amusement manifeste les différentes réactions des Nations face à cette situation précaire, une canine pointue dépassant insolemment de son sourire.
Une violente détonation mit fin à toutes les discussions. Un pesant silence s'installa, des murmures horrifiés s'élevant bientôt. Vlad sourit lorsqu'il croisa le regard dénué d'émotion de son ami norvégien, un simple hochement de tête leur suffisant pour se comprendre. La nuit s'annonçait longue et très prometteuse…
Danemark pesta ; voilà plus d'une demi-heure que la coupure était survenue, et autant de temps qu'Elin et les autres avaient disparu. Il avait fouillé tout le rez-de-chaussée, accompagné de Lukas, mais n'avait trouvé aucune trace des jeunes femmes. Gilbert, Ludwig et Francis, quant à eux, s'étaient attaqués à la majeure partie du premier étage, mais étaient revenus bredouilles et incapables d'aller plus loin sans source de lumière. Allemagne avait ensuite regagné les côtés de Feliciano, complètement terrorisé et depuis accroché au bras de l'allemand, tremblotant, l'empêchant de se déplacer.
Parés de lampes torches et de leurs manteaux et blousons, ils avaient décidé d'approfondir leurs recherches afin de les rendre concluantes, une bonne fois pour toute.
« …J'ai un mauvais pressentiment », murmura Norvège en s'engouffrant dans la cage d'escalier, illuminant le couloir d'une sphère magique.
« Au moins, on est sûre de pouvoir se défendre en cas d'invasion zombie, constata Louise en examinant le trou dans le mur, là où l'impact avait eu lieu.
- La balle a traversé la cloison, déclara Elin avec un sourire narquois. Félicitations, Keke, tu as l'étoffe d'une tueuse.
- Je me sens puissante, d'un coup », lâcha platement la méchée en rangeant l'arme dans un étui, qu'elle attacha à sa ceinture.
Elles reprirent leur chemin, Elin ouvrant la marche avec le briquet en main, Louise avec la mallette de secours sous le bras et Keira restait aux aguets à l'arrière.
"On se croirait dans un RPG…" songea Féroé avec un sourire.
« Y'a peut-être des couvertures chauffantes là-dedans, indiqua Saxe en désignant un placard dans le mur. Ou des manteaux en plus.
- Je n'ai pas l'impression qu'Amérique se serve beaucoup de cet étage…
- En même temps, plus haut, c'est le grenier, Louise…
- Oui, mais est-ce que vous avez vu l'épaisseur de la couche de poussière sur certains meubles ? Et les toiles d'araignée ?
- A-a-araignée ?... O-où ça ?... trembla la rouquine en se retournant brusquement, entrant en collision avec Provence.
- Ne me dis pas que tu as toujours peur des insectes ? grommela cette dernière en massant son nez endolori.
- Elle stresse même à cause des mouches…, ricana Keira.
- C-c-ce n'est pas drôle du tout ! À chacun ses phobies, d'accord ! Toi, tu as une peur panique du sang, et c'est pas pour autant que je me suis moquée de toi lorsque tu t'es évanouie dans les toilettes, la première fois que tu as eu tes règles et qu'il a fallu te changer !
- Tu n'es pas obligée de ressortir ce genre d'informations confidentielles susceptibles d'être réutilisées contre moi maintenant ! s'offusqua Saxe en rougissant.
- Ben voilà. Pour ces saletés d'insectes, ça marche pareil. J'en préférerais presque l'hiver, pour le coup…
- Pourquoi ? s'étonna Lou.
- Parce que la plupart de ces saloperies crèvent avec le froid.
- Oh.
- Elle est vraiment remontée contre eux… » chuchota la méchée à l'attention de Louise.
Féroé haussa les épaules, mettant fin à la conversation. Elle s'approcha du placard en question, un frisson courant le long de son échine à mesure qu'elle avançait.
« Quelque chose me dérange à propos de cette porte », murmura-t-elle en fronçant les sourcils.
Elle eut l'impression de marcher dans une flaque, et baissa le regard. Ses ballerines étaient rendues poisseuses par un étrange liquide rouge à moitié sec. Son cœur s'emballa ; ceux de ses amies aussi. L'odeur métallique vint chatouiller les narines de Keira, qui s'accrocha fermement à celle au carré plongeant. Celle-ci lui lança un regard compatissant, mais sentait ses jambes trembler sous elle. Elle avait comme une idée de ce qui se trouvait dans ce placard, et ça ne lui plaisait pas du tout.
Doucement, Elin ouvrit le placard, mais n'eut pas le réflexe de se décaler lorsqu'une masse inerte s'échoua sur son corps frêle. Avec un cri d'horreur à moitié étouffé, elle tomba au sol sous le poids du cadavre.
« AHHHHHH ! » furent les derniers mots de Saxe avant qu'elle ne tourne de l'œil, vaguement rattrapée par Louise. Celle-ci, terrifiée, ne savait plus où donner de la tête. Elle posa la méchée au sol et s'approcha du mort et de son autre amie, qui s'extirpait tant bien que mal de sa prison, le visage d'une pâleur extrême.
« …Bordel, mais qu'est-ce que c'est que ça ! ragea-t-elle en se remettant sur ses deux pieds.
- U-u-un m-mort.
- UN PUTAIN DE MORT !
- I-i-il est vraiment mort ?
- Vu qu'il m'a couverte de la moitié de son sang, oui, répliqua la rouquine en observant avec dégoût sa chemise autrefois blanche, sa jupe et ses collants tâchés d'hémoglobine. Quoique la véritable question, c'est… »
Son regard glissa avec terreur sur le cadavre, et elle s'accroupit pour l'observer, essuyant d'un revers de main agacé un peu du sang qui lui couvrait la figure. Un homme blanc d'une trentaine d'années, devina-t-elle. Une grande partie du sang avait déjà coagulé – mais cela ne signifiait pas grand-chose, au vu de la quantité astronomique qui couvrait le sol et l'intérieur du placard. Son buste avait été transpercé à plusieurs reprises, mais seules quelques plaies avaient visiblement saigné. Le trou dans son crâne, dû à une balle, semblait être la cause de la mort, ce qui signifiait qu'on s'était acharné sur lui, même après son décès. Mais pourquoi ? Et surtout…
« …Qu'est-ce qu'un macchabé fait chez Alfred ? »
« …C'était quoi, ça ? sursauta Danemark.
- Des esprits vengeurs venus arracher tes cheveux un par un, rétorqua platement le norvégien en continuant d'avancer.
-…Norge, tu peux pas être sérieux, pas vrai ? rit-il nerveusement. Hein, Norge…Pas vrai ?
- Il se fout de ta gueule, mec, grogna Prusse en lui donnant un coup de coude.
- Je me demande quand même ce qu'était ce bruit sourd, au fi–»
France fut coupé dans son élan par un hurlement terrible. D'un accord tacite, les quatre hommes se mirent à courir dans la direction d'où le cri venait, à savoir deux étages plus haut.
« La vache, souffla Matthias, c'est grand, ici…
- Et c'est aussi très vieux et très sale. On dirait que personne ne vient jamais ici, constata Gilbert en passant un doigt dégoûté sur une meuble, avant d'essuyer la poussière sur le danois.
- Hey, je suis pas un torchon !
- Par contre, tu es bruyant, frérot, soupira Lukas. J'entends des voix par là-bas…
- Comme d'habitude », ricana Matthias avant que le norvégien lui mette une claque derrière le crâne.
Ils continuèrent à avancer prudemment, jusqu'à ce que quatre silhouettes, dont deux allongées au sol, soient en vue.
Gilbert s'apprêtait à les interpeller bruyamment, mais Francis lui plaqua la main sur la bouche pour le faire taire, secouant la tête de façon sérieuse, tandis que Norvège faisait disparaître la sphère.
« Tu n'es même pas sûr de qui c'est, chuchota-t-il, restons prudents au lieu de nous attirer inutilement des ennuis, hm ?~ »
L'albinos grommela, vexé de s'être fait reprendre en plein moment d'awesomeness, mais les hommes furent pris de court par la voix tremblante de Louise :
« Q-qui est là…?
- C'est France, ma petite Louise !~ Et d'autres personnes inutiles, aussi.
- Dit-il alors que c'est moi qui vous ai guidés jusque-là…
- Mon cher Norvège, je t'apprendrai qu'une chose magique appelée lampe torche est également à ma disposition. Nous souhaitions juste économiser des piles, voilà tout.
- On préfère t'user à la place, railla Prusse.
- L'avantage avec les norvégiens, c'est qu'un peu de hareng, et hop ! Ça repart ! continua Danemark en gloussant. Alors que pour recharger des piles….
-…Ne m'obligez pas à faire exploser cette maison et vous avec.
- T'exploserais au passage, remarqua Gilbert.
- On parie ?
- Je vous signale que nous sommes toujours là, et que nous avons de sérieux problèmes ! » fulmina la rouquine en séparant le nordique du prussien, qui menaçaient d'en venir aux mains.
"Qui aurait cru qu'une telle tension régnait entre ces deux-là ? Quel genre de tension, après, j'en sais rien…" pensa-t-elle avec ironie.
Les deux hommes reprirent contenance, s'éloignant manifestement l'un de l'autre – enfin, c'est ce qu'elle supposait, il n'y avait plus aucune source de lumière.
« Ah, d'ailleurs, Féroé, il n'y avait pas une quatrième personne avec vous ? s'étonna Francis.
- Et pourquoi est-ce que Keira larve au sol ? s'enquit à son tour Prusse.
- Elle ne larve pas, pour une fois, elle s'est évanouie à cause du…du…
- Louise ?
- Euh…Elin, explique-leur ce qui s'est passé, je…je ne m'en sens pas capable. »
La rouquine soupira et croisa les bras, fronçant le nez à cause de l'odeur âcre du sang au sol et de celui qui avait imprégné ses vêtements – elle était d'ailleurs loin d'être la seule, mais les Nations se passèrent de tout commentaire.
« …Allumez la lumière », indiqua-t-elle simplement.
Norvège créa une fois de plus une sphère de lumière, révélant l'étrange scène.
« Ohhh mon Dieu – Féroé, tu l'as tué ? s'écria Danemark en reculant.
- Je sais que les apparences ne jouent pas du tout en ma faveur mais…
- Mais c'est génial ! Finalement, tu as aussi l'étoffe d'un Viking ! Que dis-je, d'une Valkyrie ! Je sens qu'on va pouvoir faire quelque chose de toi sur un champ de bata… »
Norvège lui mit son poing dans la figure pour le faire taire, et s'avança silencieusement jusqu'au cadavre, qu'il retourna sans ménagement d'un coup de pied.
« …C'était un quidam.
- Qu'est-ce qui s'est réellement passé, dans ce cas ? demanda France en fronçant les sourcils, inhabituellement sérieux.
- Disons qu'on est passés du RPG basique au Cluedo – ou au Survival Horror, la suite des évènements m'aidera à choisir… »
Avec l'aide de la faible voix de Louise, troublée par l'incident, celle aux yeux gris entreprit de retranscrire le plus fidèlement possible le déroulement de leurs mésaventures.
« …Vous pensez qu'Alfred est au courant qu'il y a un mort dans un de ses placard ? fit Matthias en regardant quelques instants le pauvre homme.
- Mais un mort n'arrive jamais seul. Surtout lorsqu'il s'agit d'un meurtre, comme ici, continua Prusse, la tête de Keira reposant sur ses genoux, assis au sol.
- Dans ce cas, qui est le meurtrier ? Et surtout, où est-il ? trembla Provence, broyant la main de France dans le processus.
- On devrait prévenir la police, reprit celui aux épis blonds en hochant la tête. Avant d'avoir des ennuis. Je veux dire, Elin est couverte de son sang, et pour le peu que le calibre du flingue autour des hanches de Saxe corresponde au trou dans son crâne…
- Il faudrait aussi le dire à Amérique. Le problème, c'est que si le meurtrier est toujours présent… nous sommes tous en danger. Il n'y a aucun moyen de quitter le manoir, avec ce blizzard, et il sera dur pour la police également d'y accéder, dit France dont la circulation sanguine était coupée dans l'une de ses mains. Il vaut mieux veiller au grain pour l'instant.
- Tu veux dire, mettre quelques autres personnes de confiance au courant, et patrouiller toute la nuit pour protéger tout le monde ? Ça me paraît difficile, objecta Elin.
- Difficile mais faisable, remarqua Lukas. N'oublie pas que nous sommes quatre magiciens dans ce manoir, Elin. D'ailleurs, laisse-moi au moins nettoyer ta figure avec la magie…
- Je pense qu'il vaudrait mieux économiser nos forces pour des choses plus ardues et importantes que de faire de la lumière ou du nettoyage. Surtout si la tempête dure pendant plusieurs jours, soutînt-elle, frissonnant alors que l'enchantement de Norvège faisait effet.
-…Elle a raison. »
Tous sursautèrent lorsque la voix rauque de Keira s'éleva soudainement des genoux de Prusse – ce dernier n'aurait pas eu l'air plus surpris et horrifié si le cadavre un peu plus loin était revenu à la vie.
« Tu ne peux pas te réveiller d'un coup comme ça ! Tu veux tous nous rendre cardiaques, ou quoi ?
- Désolée…En fait, non, vos têtes valent de l'or. Dommage que j'aie pas mon portable sur moi pour les immortaliser en photo. »
Elle ricana encore un peu, posa son regard sur le mort, s'arrêta aussitôt, pâlit, tourna de l'œil à nouveau et s'écrasa sur les jambes de Prusse avec un bruit sourd.
« Merci de ton intervention mémorable, Keke, pouffa Louise.
- Bien, redescendons dans le salon. Il n'y a plus à rien à tirer de cet endroit – et je ne tiens pas vraiment à voir le grenier », soupira Norvège en ouvrant la marche, avant de s'arrêter brutalement, les autres évitant de peu la collision.
Il lançait des regards méfiants autour de lui, ses yeux brillant d'un bleu anormalement clair dans la pénombre, signe qu'il était prêt à lancer un sortilège.
« Nous ne sommes pas seuls, souffla-t-il. Vous avez vu ça ? »
La seule à hocher la tête fut Elin, sa voix refusant de s'élever à cause de la peur. Keira, toujours inconsciente, était sur le dos de Prusse, qui la soutenait par les cuisses, et si Louise, déjà agrippée au bras du blond, avait pu s'accrocher à la tête de Francis à la manière d'un chat, la rouquine était sûre qu'elle l'aurait fait. Ses jambes, ses mains, puis tout le reste de son corps se mit à trembler au fur et à mesure que la tension s'épaississait autour d'eux. À son tour, elle se prépara mentalement à utiliser sa magie, un petit tourbillon de vent s'élevant bientôt de sa paume. Danemark, remarquant son trouble, lui flasha un petit sourire encourageant, ébouriffa ses cheveux et lui souffla quelques mots réconfortants en danois. Elle répondit pauvrement à son sourire, inspira profondément pour reprendre contenance et avança jusqu'à être à la hauteur du norvégien.
« …Ce n'est pas humain, pas vrai ?
- Cet Alfred doit vraiment être idiot pour ne pas avoir senti qu'un être maléfique avait élu domicile ici. Et qu'il y stockait ses victimes…
- …Je ne veux pas mourir, lâcha-t-elle, des larmes au coin des yeux. Personne ne doit mourir.
- Et personne ne mourra, répondit-il doucement. …N'aie pas peur, d'accord ? »
Elle hocha très lentement la tête, dans un état second alors que le premier sortilège fusait vers cette ombre monstrueuse, à forme vaguement humaine et dont seuls les yeux, deux points lumineux, se distinguaient du reste.
"Je suis en plein délire. C'est pas possible autrement…J'ai peur. J'ai peur. Je ne dois pas avoir peur, mais j'ai peur. Je ne remettrai plus un pied dans cette fichue maison ! Enfin...Si j'en sors…"
Lorsqu'ils avançaient de trois pas, l'ombre les en faisait reculer de deux. Norvège enchaînait sort après sort, utilisant tout ce qui était à sa portée, mais restait surtout dans la magie élémentaire, lançant parfois une chaise enflammée à la figure du monstre ; Féroé, quant à elle, utilisait de violents courants d'air qu'elle maniait comme une multitude de fouets géants, tous deux réussissant à éloigner progressivement l'ombre du groupe qui progressait tant bien que mal. Essoufflée et affaiblie par l'effort que lui demandait d'utiliser autant de magie en si peu de temps, alors que la sueur commençait à peine à perler sur le front du nordique, elle s'écroula au sol, à genoux.
« Elin ! »
Le cri avait échappé à celui à la barrette, et déconcentré de sa cible pendant quelques secondes, celle-ci en profita pour lui donner un coup de tentacule dans l'estomac, l'envoyant valser contre le mur. Il grogna de douleur, tenant son épaule endolorie alors qu'il se relevait tant bien que mal. Danemark soulevait le poids inerte qu'était devenue la rouquine, passant un bras dans son dos et l'autre sous ses genoux. L'autre blond se reconcentra sur son combat, souffla fortement, et lança à la cantonade, préparant un nouvel enchantement :
« Prusse, France, emmenez Saxe et Provence au salon, rejoignez les autres et dites à Amérique ce qui se passe ici. Danemark, descend avec Elin jusqu'au sous-sol – il faut rétablir les plombs ! »
Le danois jeta un regard par la fenêtre la plus proche ; en effet, les maisons et immeubles alentour étaient illuminés.
« …Et toi ?
- …Je vous rejoins dès que possible. Allez-y ! »
Une dernière explosion retentit derrière eux alors que le groupe s'engouffrait dans la cage d'escalier.
« Idiot !
- Excuse-moi, y'avait un truc invisible en train de bomber la face à Norge, tu étais évanouie, Prusse, France et les filles ont tracé, donc NON, je n'ai pas récupéré de lampe torche !
- Tu as conscience que j'arrive à peine à tenir debout seule – donc ne parlons même pas d'utiliser la magie !
- Je peux te porter si tu veux.~
- Garde tes forces pour quelque chose de plus utile ! Comme défoncer cette fichue porte ! »
Elin tambourina avec rage sur l'unique porte refusant de s'ouvrir. Ils avaient déjà exploré le reste du sous-sol, et il n'y avait aucune trace d'un panneau d'alimentation. Sachant que la cave couvrait toute la surface du rez-de-chaussée, autant dire qu'ils cherchaient en vain depuis un bon moment…
La rouquine se mordit la lèvre inférieure en réalisant que cela faisait autant de temps que Norvège n'avait plus donné signe de vie. Elle ravala quelques larmes d'impuissance alors que la voix de Danemark se faisait lointaine. Elle attrapa la manche du nordique pour attirer son attention, et il arrêta aussitôt de déblatérer ; elle sentit son regard azur peser sur elle plus qu'elle ne le vit dans la pénombre.
« Est-ce que tu crois…que Lukas va bien ?
- Non.
- Hein ? Tu es horrible ! J'ai peur, j'ai froid, je m'inquiète pour un ami qui, si ça se trouve, est…mort, et toi, toi, tu n'essaies même pas de me réconforter… ! »
Il prit son visage en coupe et soupira, reprenant avec un sourire dans la voix.
« N'oublie pas de qui tu parles. Norvège était un redoutable Viking – le plus violent de nous, en fait. C'est un excellent magicien qui sait se servir de ses méninges. Le supposer mort est une insulte à son honneur. Alors non, je ne crois pas que Lukas aille bien. J'en suis certain. »
Il recula et ébouriffa une fois de plus les boucles acajou de la jeune femme qui pleurait à ce stade.
« Aie confiance en lui. Il nous a promis de nous rejoindre, et têtu comme il l'est, il le fera. Donc sois patiente et attends son retour. »
Elle hocha silencieusement la tête, et remarqua à quel point elle était épuisée ; cette porte ne s'ouvrirait pas et elle était incapable d'utiliser sa magie – la défoncer s'avérerait aussi difficile. Elle se laissa glisser contre le mur.
« Je me repose juste les yeux », indiqua-t-elle à mi-voix.
Elle entendit Danemark ricaner puis une autre porte que celle bloquée s'ouvrir ; à nouveau sur ses gardes, elle se releva péniblement.
« Qui va là ? gronda le blond.
-…C'est moi, espèce d'idiot. »
Toujours aussi froid que d'ordinaire et fidèle à lui-même, Lukas avait ensuite tenté d'étrangler Matthias – mais celui-ci profita de l'obscurité pour éviter l'autre blond. Essoufflé par son précédent combat qui l'avait quelque peu vidé de ses forces, il abandonna rapidement et croisa les bras.
« …Où est Féroé ?
- Près du mur, vers là-bas, répondit le danois en pointant dans la direction où Elin se trouvait précédemment.
- Pauvre débile, siffla celui à la barrette, je n'y vois rien, il fait noir et… »
Il arrêta sa tirade agacée lorsqu'il sentit des bras frêles s'enrouler autour de son buste et la tête de la jeune femme tremblante reposer contre son dos. Il soupira, se détendit un peu et posa une de ses mains sur celles de la rouquine.
« Je suis tellement…contente que tu ailles bien, articula-t-elle entre deux sanglots étouffés.
- C'est fini. J'ai détruit l'entité, il n'y plus aucun danger, Elin… Il faut remettre le courant, maintenant », murmura-t-il en se défaisant lentement et à regret de son étreinte.
Il leur expliqua qu'il avait été long car il avait fait un détour par le salon où Amérique était en crise et avait décidé, au final, de garder cette affaire sous silence – toutes les preuves qu'il y avait eu un meurtre surnaturel seraient effacées par un certain groupe de personnes, la famille de la victime contactée – bref, il se débrouillerait, même s'il restait sceptique. Il avait d'ailleurs laissé échapper que ce n'était pas sa première mésaventure du genre…
Il s'excusa de plus de ne pas avoir pris de lampe torche ou de ne plus pouvoir utiliser la magie, mais Elin le rassura en lui indiquant qu'aucun d'eux deux n'y avait songé non plus et qu'elle était dans le même cas que lui.
« J'ai récupéré la clef de cette porte, au fait. Ne me dites pas que vous n'y avez pas pensé ? dit-il en secouant la tête.
- Ben…Tu nous as dit de t'attendre ici…Alors…on est restés là…Bêtes et disciplinés, quoi », rit nerveusement Matthias en se grattant l'arrière du crâne.
Norvège grommela quelques mots à propos d'un "abruti dénué de tout sens critique" et déverrouilla la porte. Il allait de nouveau falloir chercher à tâtons, et celle aux yeux gris grogna. Les villas de riches n'étaient-elles pas censées être équipées de générateurs de secours ?
Le noir était une fois de plus complet dans cette pièce démesurément grande – elle n'était même plus sûre d'entendre les pas ou la respiration des deux hommes qui l'accompagnaient, et elle ne savait pas dans quelle direction ils avaient bien pu aller.
Dans le silence le plus total, elle sentit la main d'un des nordiques doucement attraper son épaule pour la retourner, avant que l'autre main se niche sur sa nuque et l'attire vers lui. Des lèvres se posèrent sans un mot sur les siennes, et surprise, elle n'émit pas un son, fermant les yeux et répondant timidement, posant ses mains sur son torse. Elle entrouvrit la bouche et aussitôt le blond approfondit le baiser, passant une main envieuse dans ses boucles acajou, avant de se reculer avec un certain regret et de poser un doigt sur les lèvres de la rouquine.
"Tais-toi ; c'est notre secret", devina-t-elle en reprenant ses esprits après cet interlude aussi étrange qu'agréable.
Une quinzaine de secondes plus tard, Danemark émit un cri triomphant et activa dans la foulée le levier, qui permit à lumière d'à nouveau fonctionner – ainsi que le chauffage. Elin, un peu plus loin que les deux hommes debout côte à côte près du panneau d'alimentation, garda les yeux fermés le temps de s'habituer à la luminosité, la sensation de ces lèvres chaudes contre les siennes flottant encore dans son esprit.
Alors, elle réalisa en regardant les deux nordiques se féliciter.
Elle n'avait aucune idée de qui avait bien pu l'embrasser.
Amérique avait proposé d'héberger les Nations le temps que le blizzard se calme ; la plupart, ignorant ce qui s'était déroulé au troisième étage, acceptèrent sans hésitation. Elin, Keira – nouvellement réveillée mais complètement traumatisée, et qui voyait des cadavres danser partout en plus des extra-terrestres Dragibus, dans son délire – et Lou partageaient donc une chambre au premier étage, ne tenant pas spécialement à mourir congelées après avoir échappé à un démon digne d'Ao Oni. Lorsque Keira daigna enfin quitter la salle de bain, Louise s'y engouffra, la chaleur du chauffage caressant avec délice sa peau alors qu'elle se déshabillait pour aller dans la douche, lassée de sentir le guerrier tchétchène. Elle s'apprêtait à rentrer dans la douche lorsque le reflet dans le miroir attira son attention.
Elle y voyait sa silhouette fine, élancée et longiligne, mais c'était les quelques lettres griffonnées entre ses omoplates qui capturèrent son regard, qu'elle reconnut comme étant le message secret du jeu d'action-vérité joué plus tôt, écrit par Francis. Tordue en deux pour voir son dos, elle se rapprocha du miroir et laissa échapper un petit cri de surprise lorsqu'elle parvînt enfin à lire, les jambes tremblantes et les joues rougies.
Là, l'écriture déliée du français avait marqué la peau de Louise de trois mots : "Je t'aime".
Que dire de plus ?
VIVE LES CLIFFHANGERS \o/
Je sens que je vais me faire caillasser demain au collège par une Arekushia très en colère après moi pour avoir coupé ICI. :'D
Sondage popularité persos - lien profil à moi.~
Z'avez vu ? Moi parler bien France. :DD
Et l'éternelle question : Team Danmark ou Team Norge ?~
Y'a la polygamie, sinon. Mais je suis pas sûre que ce soit légal...Donc ce n'est pas une option. :')
Et je suis restée soft dans la scène du baiser, même si j'aurais aimé plus détailler, mais ça s'est fait en cachette, donc rapidement...bleh.
Un jour, il y aura un roulage de pelle digne de ce nom dans cette fic. *^*)b *motivée*
C'a fini par être plus sérieux que ce que je pensais O_O
Promis, il n'y aura plus trop de chaps comme celui-là. Si certains sont dark, ce sera niveau psychologie. Plus de macchabée D:
Et oui, jusqu'à la fin du chap, Elin est couverte de sang. 'Fin, Norge lui a nettoyé le visage et les cheveux, quand même. XD
Merci à tou(te)s de vos commentaires qui me font extrêmement plaisir C:
Je répondrai dorénavant aux personnes ayant un compte par MP. Et celles ou ceux que je connais IRL - qui se reconnaîtront ;3 - auront droit à un gros câlin et une réponse en live /shot
A bientôôôôôt~
