Bonjouuuuur !
Ahh, les vacances, c'est le pied, et c'était pas trop tôt !
Désolée, je publie à la bourre, mais ce chap est un peu plus long - et mieux vaut un chapitre en retard que pas de chapitre du tout, hum ?
Bonne lecture !
Playlist : Into the Night - Santana feat. Chad Kroeger
Miami 2 Ibiza - Swedish House Mafia
Campanella, remix - j'ai oublié l'artiste, YouTube, les gens, YouTube ! o/


« Je refuse d'accepter ça, tu entends ! »

Tempétueuse, Keira tournait comme un lion en cage d'une pièce à l'autre de la grande villa.

« C'est notre premier jour de vacances ici, et ça flotte !

- J'avoue qu'on s'est pris la chavane, soupira Louise en employant un terme typiquement provençal pour désigner la pluie diluvienne qui s'abattait alors.

- C'est l'été, bordel ! Il fait beau, il fait chaud, et on lézarde au soleil, en été !

- Je comprends ta frustration, mais crier ta rage à travers toute la maison et dans toutes les oreilles n'y changera absolument rien, lui fit remarquer France. Si ce n'est qu'en plus d'être coincée à l'intérieur à cause de la pluie, tu vas t'attirer les foudres des invités. Si je peux me permettre ce jeu de mot, honhonhon.

-…C'était nul, mon cœur.

- Je sais.

-…JE VEUX SORTIR ! »

Epuisée, elle se laissa tomber sur le canapé, son regard vert perdu sur l'immense baie vitrée qui était martelée par les petits soldats d'eau.

« …Hé, on se fait des paris sur les gouttes ?

- T'es vraiment désespérée, ma pauvre Keke.

- C'est ça, fous-toi de ma gueule…

- Elle est vraiment pas la seule, d'ailleurs, s'exclama Amérique en pénétrant dans la pièce. Je suis pour l'instant déçu de mon séjour !

- Tu es arrivé il y a deux heures, railla la saxonne.

- C'est de ta faute, Provence ! Fais sortir le soleil ! l'ignora-t-il en pointant du doigt ladite jeune femme.

- M-moi ? Mais je ne peux pas…

- Enfin, Alfred, elle ne peut pas…contrôler la météo, tu sais, sourit timidement Canada, aux côtés de son frère – qui ne le remarqua bien entendu pas.

- M'en fous ! Fais une danse pour faire sortir le soleil, ou un truc du genre ! »

Il éclata de son rire tonitruant peu après, retournant dans sa chambre – partagée avec Angleterre et Canada – suivi par Matthew qui désespérait de se faire entendre.

Islande se traîna silencieusement jusqu'au réfrigérateur, un casque audio flanqué aux oreilles laissant échapper quelques riffs enragés de guitare, ouvrit l'objet et resta planté devant quelques secondes, soupirant avec un soulagement évident à la fraîcheur. Sans rien saisir de son contenu, il le referma ensuite, et entreprit de regagner l'antre ombrée qu'était sa chambre, ignorant le thermomètre accroché à un des murs de la terrasse – visible à travers la baie vitrée – indiquant que les trente-cinq degrés étaient allègrement dépassés.

Sous les regards incrédules de ceux présents dans la pièce, il s'arrêta et lâcha :

« …Vous vous attendiez à quelque chose ? »

…Avant de continuer son chemin comme si de rien n'était.

« Ces Nordiques me tueront un jour, ricana Prusse en s'avançant dans le salon, après avoir croisé l'islandais.

-…Gilbert, qu'est-ce que tu fabriques avec tout ça ? »

Son intérêt piqué à vif par l'accoutrement de l'albinos, Saxe s'était redressée de façon à être assise en tailleur.

Il était vêtu de son caleçon de bain, et portait d'un bras sa serviette et son parapluie, ainsi qu'une bouée déjà gonflée.

« Ben, j'vais me baigner, pardi.

- T'es cinglé ! Avec les trombes qu'il y a dehors ?

- C'est pas ça qui va arrêter mon awesomeness, loin de là ! Il fait une putain de chaleur et je ne supporterai pas de rester ici, enfermé avec vos tronches moroses qui puent l'ennui ! »

Il traça sans un regard jusqu'à la baie vitrée tandis que la brune pesait rapidement le pour et le contre mentalement. Elle se leva comme une furie et arracha presque sa petite robe, révélant son maillot de bain. Elle attrapa prestement une serviette, et bientôt, elle se trouvait aux côtés du prussien qui souriait comme un maniaque.

« Tchüss, bande de nazes ! »

Et sur ces salutations, ils s'élancèrent sous la pluie, jusque dans la piscine, alors que Francis secouait la tête d'un air désapprobateur, amusé.

De l'autre côté de la maison, Japon s'acharnait sur sa console portable, à l'image du danois en face de lui, tous deux disputant une partie endiablée de Mario Kart, qui, miraculeusement, n'avait pas encore viré au pugilat.

« AH ! Prends-toi ma banane dans la face !

- Je suis désolé, mais je reviens en mode canon !

- Nooooon ! Pas le canon !

- Tu es dernier !

- Pour la peine, j'vais te prendre à coup de carapace bleue !

- Tu n'oserais pas ?

- J'vais me gêner ! BLÅ SHELL !

- Iie ! Iie !C'est de la triche, Matthias !

- Et je paaaaaasse la ligne d'arrivée !

- Je suis déshonoré…Le seppuku est fortement envisageable…

- On se fait la belle ? sourit Danemark fièrement, en tapant gentiment dans le dos du japonais déprimé.

- On se fait rien du tout », claqua une voix agacée depuis la porte de la pièce.

Elin gonflait les joues et croisait les bras, envoyant un regard noir aux deux jeunes hommes. Danemark déglutit bruyamment alors que Kiku se ratatinait sur place.

"…Elle a plus que maîtrisé sa Nordic Face…Elle a dû passer trop de temps avec Ber' hier soir", constata fatidiquement Matthias en observant l'air renfrogné de la rouquine, renforcé par ses lunettes.

« Je vous signale qu'on vous entend jusqu'à l'autre bout de la maison, et que Lukas, Arthur et moi tentons désespérément d'achever un rituel magique. Calmement. Je sais qu'on se monte facilement le bourrichon avec ce jeu, mais… »

Son expression s'adoucit et le cœur du blond rata un battement à son sourire. Elle était radieuse dans son débardeur rouge et son short en jean.

« …Est-ce que vous pourriez baisser le volume ?

- Tout ce que tu voudras, murmura-t-il, absent.

- Danemark, je ne veux pas t'embarrasser, mais tu baves, chuchota posément l'asiatique à l'attention de Matthias qui s'essuya la bouche rapidement dans un geste paniqué.

- Je vous remercie.~ Oh, encore une chose ! »

Elle se pencha vers eux – ils étaient assis à même le sol, le ventilateur, posé sur un tabouret, tournant à plein régime oscillait d'un coin à l'autre de la pièce – et murmura avec un air de conspiratrice, les yeux brillants :

« …J'en ai un peu marre de la magie pour aujourd'hui, Luke et Iggy sont de vrais despotes, ça fait, au bas mot, quinze fois qu'on reprend le même sort, et on n'en voit pas le bout, donc…Je pourrais vous rejoindre, après ? J'ai ma 3DS cachée dans mes bagages ! »

Ils acceptèrent avec enthousiasme, bien que, comme toujours, Japon resta plus mesuré dans sa réaction que le danois qui aurait pu sauter au plafond – Elin voulait passer du temps avec lui !

Elle leur fit un clin d'œil, posant son index sur ses lèvres pour leur intimer de garder le silence, et regagna au trot sa chambre et celle du norvégien alors que la voix agacée de l'anglais la rappelait à l'ordre.

« …Qu'est-ce que tu crois qu'ils essaient de faire ? demanda le japonais pour briser le silence qui s'était installé.

-…J'en sais rien. P'têtre qu'ils veulent chasser la pluie ? Oh et puis zut, j'm'en branle. On se fait le circuit du Manoir de Luigi ?

- Sois certain que je gagnerai cette fois. »

Trempés par l'eau de la piscine et de l'intempérie, Prusse et Saxe jouaient comme deux gamins dans l'eau. D'abord, ils avaient tenté un concours de plongeon ; l'albinos l'avait remporté, la brune s'étant explosée en un magnifique plat – qui lui avait valu quelques compliments de la part de Gilbert tant il était exceptionnel. Ensuite, ils n'avaient fait que nager et essayer de noyer l'autre, le tonnerre grondant au loin ne les encourageant nullement à rentrer. Ils courraient et nageaient d'un bout à l'autre de la grande piscine, se lançant parfois des frites ou la bouée à la figure – Keira avait tenté d'utiliser les lunettes de plongée en guise de lance-pierre – mais les deux riaient tellement qu'elle avait bien cru s'écrouler à un moment, si le prussien ne l'avait pas rattrapée.

Les choses s'étaient faites d'elles-mêmes, sans aucune hésitation et sans réellement y penser ; les bras de Prusse s'étaient resserrés autour d'elle, il s'était penché, elle avait entouré sa taille de ses jambes et ils s'étaient embrassés, le plus naturellement du monde.

Keira l'avait senti sourire à travers le baiser, et il la poussa jusqu'à la paroi la plus éloignée et invisible depuis la baie vitrée. Même lorsque la pluie se fit plus drue, celle aux yeux verts comprit rapidement qu'ils n'étaient pas près de rentrer…

En fin d'après-midi, le soleil s'était enfin décidé à pointer le bout de son nez, timidement d'abord, puis bientôt la chaleur se fit cuisante même à l'ombre des oliviers et des platanes.

C'est avec un amusement non dissimulé que Louise observait Suède et Finlande s'éventer mutuellement dans la cuisine autour d'un verre de thé glacé. Soudainement, celui aux lunettes la fixa sans mot dire, la mettant mal à l'aise et la forçant, malgré elle, à attraper nerveusement la manche de son petit-ami, assis à ses côtés, captivé par le film à la télévision.

« Louise, l'appela-t-il avec son fort accent.

- O-oui, Suède ?

- Berwald.

- O-oui, Berwald ? déglutit-elle, captant à peine le sourire encourageant que s'efforçait de lui envoyer Tino.

-…À quelle heure le soleil se couche-t-il ici ?

- O-oh, ça. Eh bien, les journées sont très longues. Mais c'est encore pire, chez toi, non ? Le s-soleil de minuit et tout ça… »

Il hocha gravement la tête alors qu'une goutte de sueur roulait dans le dos de celle au carré plongeant.

«E-enfin, pour répondre à ta question, le soleil a tendance à se coucher entre neuf heures et demie et dix heures. Il se lève tôt, aussi. Et la nuit, ça se rafraîchit à peine.

- Des conseils à nous donner pour éviter d'étouffer cette nuit ? s'enquit Finlande avec enthousiasme. On n'est pas du tout habitués à ça…

- Elin m'a dit que les températures dépassaient difficilement les seize degrés, acquiesça la provençale en ignorant le froncement de sourcils que Francis lui adressait.

- Chérie, j'essaie d'écouter mon film.

- Eh bien tu n'as qu'à monter le son, rétorqua-t-elle en haussant un sourcil à son tour.

- Tu vas monter la voix aussi.

- Ouh là là, tu es toujours là à me dire que je devrais être plus avenante, et lorsque que je me socialise, je t'ennuie ! Puisque c'est ça, venez, vous deux, on va discuter sur la terrasse avec un bon verre de pastis et des cacahuètes – c'est l'heure de l'apéro ! Laissons ce vieux grincheux devant son film. Je n'ai pas envie de m'encagner pour ça », cingla-t-elle en se levant du canapé.

Francis grimaça dans son dos – notant au passage qu'elle avait encore utilisé une expression propre à son territoire – et se replongea dans son film. Ils se réconcilieraient sur le matelas, de toute manière, il le savait…
Ou il s'excuserait plus tard avec un bouquet de fleur. Elle ne résistait pas aux fleurs et à son sourire charmeur.

Elle offrit un sourire chaleureux aux Nordiques qui se liquéfiaient de chaud dans la cuisine ouverte sur le salon, et sortit ce dont elle avait besoin des placards, à savoir des gobelets et des assiettes en plastique – faire la vaisselle la tentait très peu, malgré la présence d'un lave-vaisselle – des serviettes, un paquet d'amandes, de chips et de cacahuètes, de petits toasts, du tarama, de la tapenade et de l'anchoïade, et, la dernière mais pas la moindre, une bouteille de pastis. Avec l'aide des deux blonds, elle déposa le tout sur la table de la terrasse et sourit avec bienveillance à Espagne et aux frères Italie qui s'amusaient dans l'eau de la piscine, un peu plus loin.

« Oh, c'est déjà l'heure ? s'écria Feliciano en les voyant s'installer.

- C'est l'heure passée ! répondit gaiement celle aux yeux noisette. C'est plus de six heures !

- Je me disais aussi que je commençais à me les peler un peu… marmonna Romano en croisant les bras.

- C'est qu'une petite brise s'est levée, haha, pouffa Antonio avant de replonger pour réapparaître derrière le précédent italien et de l'entraîner à son tour sous l'eau.

- Qu'est-ce que – CHIGIII !

- Ahhh, fratello ! »

Mi-figue mi-raisin, Finlande et Suède observait l'interaction entre ces pays et région du Sud qui étaient si familiers – et qui, au final, leur rappelaient un peu leur façon d'agir, entre eux Nordiques.

« Ahh, j'adore ces types, gloussa Lou en s'asseyant enfin, attachant en une petite queue de cheval ses cheveux brun avec un élastique qui était sur son poignet.

- Ils irradient la bonne humeur, constata Tino en hochant la tête.

- Hm.

- Même Lovino ? s'étonna-t-elle.

- La bonne humeur et la mauvaise foi, corrigea le finlandais avec un clin d'œil.

- Bien, on en était où ? Ah, et servez-vous.

- Chaleur, lui rappela Berwald en faisant une tartine de tapenade à Finlande.

- Oui. Pour ce soir. Déjà, la journée, je vous déconseille de tout laisser grand ouvert. Croisez vos volets, ou tirez vos rideaux – personnellement, je fais les deux – ça évitera à la chaleur de trop rentrer. Du coup, vous pouvez laisser la fenêtre ouverte, et les portes aussi : il s'agit de faire circuler l'air !

- Ber', on aurait dû apporter de quoi prendre des notes, réalisa Tino.

- Je note mentalement, Fin'.

- O-oh.

- Vous êtes adorables, rit-elle. Je vous le répéterai au besoin, il n'y a pas de souci. Ensuite, les ventilateurs, c'est bien, mais ça brasse l'air. Du coup, si votre air est chaud, il vous renvoie de l'air chaud ! Mon astuce, c'est de le poser sur le rebord de la fenêtre, le soir, comme maintenant, ou l'air se rafraîchit et la brise de la nuit se lève. D'ailleurs, le moment où le soleil se couche, c'est le moment où il faut tout ouvrir ! L'air, je vous dis, l'air ! »

Elle avait croisé les bras et hochait répétitivement la tête, habitée par ses propos. Suède et Finlande, quant à eux, la regardaient et buvaient ses paroles comme si elle était le Messie. Derrière elle, accoudés au rebord de la piscine, Espagne et les frères Italie écoutaient également, acquiesçant à certains de ses mots.

« Elle maîtrise son sujet, lâcha avec une once d'admiration Lovino.

- Survivre dans le Sud : un combat de tous les instants ! blagua le finlandais.

- Survivre dans le Sud en plein été, corrigea doucement la jeune femme. Et d'après ce que m'a dit Elin, chez vous, ce serait plutôt "survivre dans le Nord en plein hiver"…

- Il suffit d'y être habitué, dit le suédois en haussant les épaules.

- C'est pareil ici. Du moment qu'on a rien connu d'autre, tous ces petits gestes nous paraissent des évidences. »

Un silence un peu gêné s'installa et Feliciano ne put s'empêcher de rougir.

« Ben quoi ? C'est pas vrai ?

- Si…Si, justement, balbutia Louise, incrédule. C'est juste que…C'était tellement dit…sérieusement…que venant de toi…

- Ne me prenez pas pour un idiot ! »

L'italien gonfla les joues mais ne parut pas à paraître intimidant, à son grand dam. Espagne lui ébouriffa les cheveux, faisant regagner son habituelle expression naïve à Italie, et les trois hommes entreprirent de sortir de l'eau, puis de se sécher sur la terrasse alors que les trois autres continuaient de papoter autour d'un bon pastis, entourés par le chant incessant des cigales et le bruit, de temps à autre, du vent dans les branches des pins parasol.

Rapidement, la terrasse se remplit, à tel point qu'il fallut aller chercher une autre table et d'autres chaises pour que toutes les Nations puissent s'asseoir.

« Vé-moi ça ! s'exclama Provence. Toujours les mêmes sauvages qui restent enfermés. Francis, chéri, va les chercher. Ils ratent un bon moment.

- On entend vraiment son accent, maintenant, fit remarquer Angleterre à Alfred. Je ne comprends pas la moitié de ce qu'elle dit…

- Je te rassure, je ne pige pas la moitié de ce que tu racontes non plus, Iggy ! lui rétorqua celui aux lunettes en riant.

- Mais tout ce que tu voudras, ma petit Louise.~

- Oh, sache que je vois très clair dans ton jeu, monsieur Bonnefoy.

- Mais tu sais que tu aimes ça.~ »

Elle leva les yeux au ciel avec un pouffement, et le poussa des deux mains alors qu'il lui soufflait un baiser. Il était incorrigible.

Il s'engouffra dans le long couloir menant aux chambres et un sourire diabolique étira ses lèvres lorsqu'il entendit les cris de rage s'élevant de l'une des chambres. La porte étant déjà ouverte, il s'appuya en croisant les bras sur l'encadrement.

Dans la chambre de Kiku, ce dernier, Elin et Matthias n'avaient pas bougé depuis le début de l'après-midi et s'enrageaient toujours autant dans leur course de voiture virtuelle. Dans un coin de la chambre, Ludwig installait ses affaires depuis sa valise en soupirant de temps à autre à l'immaturité des insultes qui fusaient entre les trois joueurs.

Elin avait remonté ses lunettes sur son crâne, allongée par terre mais les jambes remontées sur le rebord d'un des deux lits, la tête à l'envers par rapport au point de vue de Francis. À côté d'elle, le danois était complétement affalé au sol, un coussin sous sa tête, qu'il nota au passage être proche de celle de la féringienne. Les deux échangeaient de temps un temps un regard compétitif voire des coups pour déconcentrer l'autre.
Seul Japon, assis plus loin en seiza, restait calme et concentré, quelques exclamations rageuses lui échappant lorsque, Francis le devina, il se faisait doubler.

« Hé, on attend plus que vous pour l'apéro.

- J'arrive, marmonna l'allemand. J'ai été éjecté de la chambre par Prusse et Saxe, donc je range…

- Pourquoi ? s'étonna France.

- Ils ont passé l'après-midi au pieu, intervînt Danemark sans pour autant quitter l'écran des yeux.

- Ah, lâcha le barbu en comprenant. Tant mieux pour toi alors, dans un sens.

- La compagnie d'Allemagne m'est de plus très agréable, commenta Japon en appuyant frénétiquement. L'accueillir dans la chambre qui m'a été attribuée ne me dérange absolument pas…

- Mouais, ils t'ont pas trop laissé le choix non plus, Kiku, fit la rouquine avant de donner un coup de coude au blond à ses côtés.

- Vous ne pouvez vraiment pas mettre en pause le temps de passer un bon moment en société, vous trois ? railla France lorsqu'Allemagne quitta la pièce pour se rendre sur la terrasse.

- Nan. Ça pue, la société, ricana Matthias en rendant son coup à la jeune femme.

- Dan, je t'aime beaucoup, mais dégage tes putains de cheveux de mon écran !

- Tu sais que tu les aimes, mes cheveux, pas vra – HÉÉÉÉÉ ! Kiku, putain, pourquoi t'as coupé la communication ! J'allais gagner ! »

Les deux nordiques continuèrent de chouiner bruyamment auprès de l'asiatique pendant quelques instants encore sous le regard amusé de Francis – le japonais justifiant son acte en leur faisant remarquer qu'ils avaient passé l'après-midi à jouer et qu'il ne sentait plus ses jambes – puis, vaincus, les trois finirent par rejoindre les autres Nations sur la terrasse.

France soupira bruyamment en passant une main dans ses cheveux, avant de toquer à la porte des deux autres germaniques.

« Dégage ! lui répondirent-ils en même temps.

-…Vous nous rejoindrez au moins pour le barbecue ?

- Oui, oui ! cria la jeune femme.

- Maintenant laisse-nous, on est occupés !

- J'avais cru comprendre », grommela le français en retournant sur la terrasse à son tour, en ignorant le bruit que faisait le matelas en craquant.

L'extérieur était tout autant animé si ce n'est plus. Louise avait sorti plus de bouteilles et de quoi grignoter, et les rires autant que les insultes fusaient dans tous les sens. Francis sourit, attrapant Provence par la taille alors qu'elle allait faire un aller-retour de plus entre les tables et la cuisine, et posa un chaste baiser sur les lèvres de la jeune femme, qui rosit de gêne et plaisir. Il la laissa ensuite repartir, regagnant sa chaise qui n'avait, par miracle, pas été occupée par quelqu'un d'autre.

« Il manque encore des chaises, remarqua celle au carré plongeant en posant une bouteille de martini et en observant les trois jouant précédemment, encore debout et en grande conversation autour des scores.

- Je vais chercher les chaises pliantes dans le garage, se proposa Féroé.

- Elin, viens t'asseoir sur moi, plutôt, objecta Norvège en tendant la main à la rouquine depuis sa place.

- C'est gentil, mais il manquera toujours des chaises pour Japon et Danemark, donc quitte à prendre les leurs, j'en prendrai une pour moi aussi, refusa-t-elle en souriant, ses boucles acajou suivant le mouvement de sa tête tandis qu'elle la secouait.

-…Très bien. Comme tu voudras, ma chérie… »

Islande faillit s'étrangler sur son Panaché, premièrement, en entendant son frère donner un petit surnom à la féringienne tout en gardant son expression impassible, et deuxièmement en voyant le grand sourire qui ornait les traits du danois suite au refus d'Elin. Il soupira bruyamment, se leva de sa chaise – tout en vérifiant bien de laisser des affaires lui appartenant dessus, histoire de marquer son territoire – et fit signe à l'autre blond de le suivre un peu plus loin.

« Espèce d'idiot. Ne fais pas tout foirer ! Lukas sait très bien que tu as encore des vues sur sa petite-amie, et déjà qu'elle a préféré passer l'après-midi avec toi plutôt qu'avec lui…Il va finir par s'imaginer des choses.

- Génial !

- Mais non ! Ça créerait des ennuis à Elin, alors qu'elle n'a rien fait ! Je t'ai dit de rester dans la subtilité. Sub-ti-li-té ! Histoire de ne pas refaire le coup du distributeur…

- Avoue quand même que c'était un sacré coup d'éclat ! clama-t-il fièrement.

- Est-ce que tu imagines l'idée qu'elle a dû se faire de toi après ça ? Le plan, c'était de la rendre jalouse, pas de lui montrer que malgré tes sentiments, tu étais capable de te tirer toute une ribambelle d'inconnues !

- Mouais, c'est vrai…Je m'en suis tenu à tes conseils, après. Et regarde ! Ça marche ! Si j'avais su qu'un jour, c'est toi qui allais me donner des conseils au niveau des filles…

- Il n'est jamais trop tard pour apprendre, idiot.

- Efface-moi ce sourire satisfait tout de suite, Emil.

- C'est trop jouissif de savoir que tu dépends de moi pour ça.

- Tu es le digne frère de Norge, s'esclaffa-t-il. Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu faisais tout ça pour moi, d'ailleurs… »

Le regard de l'islandais se fit plus lointain et il croisa les bras.

« Je ne le fais pas pour toi. Je le fais pour Elin…et mon frère.

- Je trouve ça contradictoire. Rappelle-moi, notre but c'est bien de séduire Elin ? Et donc de briser leur couple, par extension ?

- C'est pour leur bien à tous les deux. Et c'est vrai qu'au final, tu y gagnes aussi…Mais je ne peux pas tout t'expliquer. Pas maintenant.

- Comme tu le sens. Je ne tiens pas à mourir idiot, cela dit, donc explique-moi un jour.

- Je t'expliquerai…même si je ne suis pas sûr que ça t'aide à réduire ton idiotie.

- Hé !

- Oww, Emil, Matthias ! J'ai ramené des chaises ! Manque plus que votre cul pour se poser dessus ! lança gaiement Féroé, ignorant absolument tout ce qu'il se passait.

- On arrive !

- Et donc, le plan, pour maintenant ?

-…Être gentil avec elle. Attentionné. Et se montrer patient. Lui montrer que tu es un chic type.

- Pas besoin de toi et tes conseils pour ça. Je ferai n'importe quoi pour qu'elle me regarde comme elle regarde Lukas…

- OH ! Bougez-vous ! leur cria Amérique. Ne venez pas pleurer si vous passez la soirée debout, après !

- Francis, chéri, envoie les braises !

- Ton souffle sur les braises de mon cœur les a transformées en un incendie de passion à ton égard, mon amour ! répliqua-t-il.

- Moi aussi je t'aime, et c'est très mignon, mais on veut tous bouffer, alors envoie le barbecue !

- Tout de suite, mon aimée ! Ta viande est la moitié manquante au barbecue de mon cœur !

-…Ou alors, je pourrais peut-être… commença Danemark envers Islande.

- Non. Oublie la drague lourde.

- En attendant, il sort avec la fille qu'il aime, lui…

- Ça ne marche qu'avec les français. Quand ça marche… »

Pleurnichant, il regagna sa chaise, à l'instar du plus jeune qui reprit son Panaché là où il l'avait laissé, sous le regard curieux du norvégien. Son petit frère soutint les prunelles bleutées remplies de doute, ses propres yeux criant qu'il n'avait rien à cacher. Norvège finit par se désintéresser d'Emil pour chuchoter des mots doux à l'oreille de la rouquine qui attrapa sa main dans la foulée, gloussant comme une adolescente.

Le reste de la soirée se déroula dans la candeur et la légèreté. Gilbert et Keira – sûrement attirés par l'odeur de nourriture – avaient fini par sortir de leur chambre, et Ludwig avait dû les rappeler à l'ordre plus d'une fois pour éviter qu'ils ne se grimpent dessus en plein milieu du repas. Les frères Italie avaient ensuite installé de la citronnelle un peu partout pour chasser les moustiques qui, apparemment, désiraient également un bout de steak, et lorsqu'enfin la viande avait commencé à cuire – après un faux départ de la part des braises de l'amour de Francis – le repas s'était transformé en troisième guerre mondiale. C'était à celui qui attrapait son bout de gras le premier, et Elin avait fini écroulée de rire sur l'épaule de Lukas lorsqu'Amérique et Danemark s'étaient fait un duel de fourchettes qui avait fini avec l'anglais pansant la main ensanglantée d'Alfred, dans laquelle le danois avait fini par planter les dents de son couvert – et dans l'histoire, c'était Japon qui avait mangé l'andouillette destinée au vainqueur…

Arrivés au dessert – à savoir glace pour tout le monde – Keira s'était soudainement levée, et avait crié :

« BAIN DE MINUIT ! »

Avant de se déshabiller et de se jeter en sous-vêtements dans la piscine, rejointe par son amant, mort de rire, et Elin, qui avait réussi à entraîner Norvège par un subtil stratagème. Bientôt, Espagne et Feliciano, ainsi que France, Danemark et Finlande pataugeaient à leur tour, les autres ayant soit trop froid, soit faim, soit la flemme.

Deux heures du matin étaient dépassées lorsqu'enfin, toutes les Nations eurent gagnés leurs chambres.
Elin se laissa tomber avec bonheur sur le lit, les cheveux encore trempés, vêtue d'un débardeur et d'un shorty, et surtout rafraîchie par le ventilateur au bord de la fenêtre, seule source de bruit en dehors des grillons. Elle pouffa, un peu pompette après l'apéro et le repas qui avaient traîné en longueur, et s'étira comme un chat.

Elle offrit un grand sourire à son petit-ami lorsque celui-ci, sortant de la douche, pénétra dans la pièce et s'assit à côté d'elle.

« …Tu es bien, ici, Lukas ?

- Oui. Il fait chaud, mais je suis bien.

- Tant mieux. Parce que moi aussi. »

Il sourit doucement, et s'allongea à côté d'elle après avoir éteint la lumière. Il passa une main dans ses boucles mouillées, et l'embrassa.

« Bonne nuit, Lukas.

- Bonne nuit… »

Ils se lovèrent l'un contre l'autre, mais bien vite, se trouvèrent dans l'incapacité totale de dormir.

« E-Elin…Ce bruit…

- C'est soit Bébert et Keke qui ont remis le couvert, soit Francis et Lou qui se réconcilient sur le matelas. Soit les deux, ricana-t-elle à sa question informulée.

- Oui. Bien sûr…Et donc… »

Il remercia l'obscurité de masquer le léger rougissement qui s'était emparé de ses joues.

« Nous sommes le seul couple à ne pas avoir…enfin…

- O-oh. Oui, je comprends ce que tu veux dire, murmura-t-elle. Est-ce que tu veux… ?

- N-non ! Enfin, si, je t'aime et tu es très belle, mais, je ne veux pas forcer les choses, si tu…ne veux pas…

- Je…je ne sais pas, Lukas, la dernière fois, on était encore en février, et…enfin, tu es bien roulé, mais je ne suis pas sûre de…Ah, oublie ce que je viens de dire ! C'est juste que…Oh, et puis zut, qu'est-ce qui me retient, au fond ? »

Il sourit au dilemme s'emparant de la jeune femme, et caressa distraitement sa hanche. Il se pencha vers elle, et souffla dans son oreille, la laissant frissonnante :

« …Laisse-moi t'aider à te décider, alors. »

Alors que les choses se faisaient plus intimes, l'alarme incendie retentit lourdement dans toute la villa.

« Et merde ! jura le norvégien en se levant brusquement pour voir ce qui l'avait encore stoppé dans son élan.

- L-Lukas, fais attention ! » glapit la féringienne en remontant le drap sur son corps partiellement dévêtu.

Il hocha la tête et traça jusqu'à la cuisine d'où venaient des éclats de voix.

« …Qu'est-ce qui se passe ?

- Francis a mal éteint les braises, expliqua Kiku.

- Et il a laissé la fenêtre de la cuisine ouverte, compléta Canada. La fumée a déclenché l'alarme et…Norvège, est-ce que ça va ? Tu as l'air tendu…

- Tu veux la réponse honnête ?

- Euh…Oui ?

- Non, ça ne va pas. Ça fait maintenant deux fois que j'essaie de coucher avec Elin, et à chaque fois, le karma s'acharne sur nous. Je suis comme qui dirait…frustré, cingla celui à la barrette, une aura noire l'entourant.

- A-ah, oui, c'est…embêtant, en effet, rougit-il.

- Bien, ne m'en voulez pas, puisqu'il n'y a rien de grave, je vous laisse. J'ai une demoiselle à satisfaire…

- Euh…Bien sûr…Bonne nuit… »

En cet instant, Canada se jura de ne plus avoir de conversation nocturne avec un norvégien.

Le lendemain, Louise les leva tous à l'aurore pour les traîner à la plage, clamant que le soleil de l'après-midi était très mauvais et que s'ils voulaient pouvoir s'installer correctement, il fallait partir très tôt. Autant dire que la majorité des portes lui avaient été refermées au nez aussi sec…

« Comment est-ce que tu peux être aussi énergétique de bon matin, et après t'être faite tirer toute la nuit ? avait grondé Keira en ouvrant la porte.

- Je ne vis que d'amour et d'eau fraîche, pas de sommeil ! » lui avait répondu Provence avec un grand sourire.

La saxonne avait levé les yeux au ciel, fermé la porte et s'était laissée retomber sur le lit.

Louise était donc partie à la plage accompagnée de Francis, Espagne, les frère Italie et Japon, les seuls ayant eu le courage de se lever parmi les invités. Et lorsqu'ils étaient rentrés, pas la moitié de ceux restés n'était levée.

Ils s'étaient ensuite amusés dans la piscine, enchaînant bêtise sur quiproquo. Matthias n'oubliait pas pour autant que son but était de conquérir le cœur d'Elin, ainsi, pendant qu'Islande servait de diversion auprès de Lukas, le danois s'était installé sur le transat voisin à celui de la féringienne. Il la regarda rapidement dans son intégralité, souriant légèrement à la vision non-familière qu'était Féroé en bikini.

« Hej.

- Hej.

- Ça cogne, tu trouves pas ?

- Oui, mais ça fait du bien. La pluie d'hier me pesait…

- Le seul qui devait s'en réjouir, c'est Ludwig, regarde-le, il est plein de coups de soleil, le pauvre, il est en mode écrevisse…Du coup, moi, je me suis tartiné de crème, blagua-t-il.

- Ah, j'ai oublié la crème ! s'exclama-t-elle en se relevant et en attrapant le tube posé au pied du transat.

- Je peux te la mettre si tu veux », fit-il innocemment en lui flashant un sourire lui faisant trois fois le tour du visage.

Elle rougit, pesant le pour et le contre, et finit par hocher la tête.

« …Juste la crème, hein… murmura-t-elle.

- Oui, bien sûr, pourquoi – oh », rosit-il à son tour en comprenant ce que sa tournure de phrase aurait pu impliquer.

Il ne put s'empêcher de ricaner ensuite, et elle secoua la tête, désapprobatrice, souriant elle aussi.

Et mentalement, Islande – de loin – et Danemark fêtaient leur petite victoire.

En revanche, le soir, ils étaient tous allés aux Lecques, sur lesquels se déroulait une fête – avec de la musique et des rafraîchissements, et puis, "la plage de nuit, c'est le bien", pour citer la provençale. Ainsi, ils avaient mangé chacun de leur côté, en petits groupes, dans des restaurants en bord de mer et s'étaient donné rendez-vous à une heure précise devant Popol, le fameux glacier qui faisait baver Elin rien qu'à l'énonciation de son nom tant ses glaces étaient bonnes – même si leur prix pouvait parfois la décourager…

Après s'être cassé le ventre à coup de pizza, Keira s'était précipitée sur le sable encore un peu chaud, et avait dansé, accompagnée de son petit-ami. Ensuite rejointe par Elin et Lou, les trois entreprirent une danse censée chasser définitivement le mauvais temps, bien qu'il s'agissait plus d'un prétexte pour faire les andouilles en public qu'autre chose. Cela ne sembla choquer personne, pourtant, puisqu'il ne fallut pas longtemps avant que la majorité des Nations dansent à leur tour sur la musique digne d'une rave party.

Assoiffée, Louise quitta l'étreinte de Francis et la compagnie de ses amies pour aller chercher un gobelet d'eau fraîche. Le gobelet se transforma en un deuxième, puis troisième, jusqu'à ce qu'elle soit chassée par l'un des serveurs. Elle tenta de rejoindre les visages qui lui étaient familiers mais constata rapidement, et avec angoisse, qu'elle était incapable de retrouver qui que ce soit. Se disant qu'ils avaient dû regagner le restaurant, elle chaussa de nouveau ses chaussures et de dirigea, seule, jusqu'à l'endroit.

Inquiète d'être seule de nuit, elle n'entendit pourtant pas les pas derrière elle qui la suivaient…

« Louise a disparu, constata Elin avec horreur. Il ne faut pas tant de temps que ça pour boire un ou deux verres d'eau !

- Je vais la chercher, fit froidement Francis en se précipitant à la recherche de sa compagne.

- Je vais t'aider ! lança Danemark. Je vais par là. »

Le français hocha la tête à son égard, et Féroé et Saxe continuèrent de chercher sur la plage leur amie, mortes d'inquiétude.

Le cri qu'elle voulut lâcher fut étouffé par la main qui se posa aussitôt sur sa bouche, et elle eut beau se débattre, l'homme l'entraîna dans une ruelle sombre. Les larmes d'impuissance coulaient à torrent sur ses joues. Elle tenta de mordre son agresseur, en vain, tout comme lorsqu'elle balança son coude dans ses côtes. La respiration de l'homme fut coupée quelques instants, avant qu'il ne la plaque violemment contre un mur, l'assommant au passage.

"C'est fini, je vais mourir. C'était trop beau pour durer…" songea-t-elle tristement alors que tout devenait noir autour d'elle.

L'homme, souriant comme le fou qu'il était, arracha le sous-vêtement de Lou, mais avant d'avoir pu finir d'ouvrir sa braguette, se retrouva allongé au sol par le poing d'un blond. Il grogna, passant une main sur sa tempe ensanglantée après avoir heurté le sol, et le pied de Danemark s'abattit avec violence contre son visage, le maintenant au sol. Le danois entreprit ensuite de lui donner plusieurs coups de pied dans le ventre, pour être sûr qu'il ne se relève pas de sitôt, avant de s'accroupir et de l'attraper par le col.

« C'est fou comme la roue tourne, hein, mon salaud ? »

L'agresseur lui donna ensuite un coup de tête, le faisant basculer en arrière, et sortit un couteau qu'il lui mit sous la gorge, son rire grinçant et dément heurtant les oreilles du blond, qui sentait le sang couler de son nez endolori.

« Ouais, c'est dingue ! »

Danemark remonta son genou de façon à ce qu'il rencontre violemment l'entrejambe de l'homme, qui couina de douleur et lâcha son arme. Matthias s'en saisit immédiatement, et à l'aide d'une clé de bras, plaqua l'étranger contre le mur, la tête la première, toute retenue disparue alors que son regard se posait sur la pauvre Louise qui n'était plus inconsciente, et qui s'était recroquevillée contre le mur, observant avec horreur la scène, ayant eu le réflexe d'appeler la police avec son portable.

Danemark appuya la lame du couteau contre la nuque de l'homme qui glapit de peur.

« Et maintenant, tu vas rester sage jusqu'à ce que la police arrive, compris ? »

Deux minutes plus tard à peine, les gyrophares éclairaient la rue. Les menottes passées autour de l'homme, Matthias se précipita sur Louise, attendant impatiemment que le policier ait fini de récupérer sa plainte et son témoignage.

Il ouvrit les bras et elle s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage, secouée par des sanglots désespérés. Il lui rendit son étreinte, faisant des cercles apaisants dans son dos.

« Chuuut, c'est fini, tu vas bien, ils l'ont arrêté. On va aller retrouver Francis, et tu vas rentrer, d'accord ? Tout va bien. »

Alerté par les gyrophares, Francis s'était à son tour dirigé vers le lieu où se trouvaient Louise et Matthias, et, à bout de souffle, il se jeta sur sa petite-amie, que le danois avait aussitôt libérée lorsqu'il avait aperçu l'autre blond. Alors qu'il embrassait le crâne de Lou et la serrait le plus fort possible dans ses bras, Francis hocha la tête en direction de Matthias, ses lèvres formant silencieusement le mot "merci", et celui aux cheveux défiant la gravité lui rendit son mouvement de tête.

C'est épuisés physiquement et émotionnellement qu'ils rentrèrent tous à la villa. Sans un mot, ils s'étaient tous retirés dans leurs chambres, Louise accrochée à Francis comme si les meubles même risquaient de l'attaquer.

« Je ne comprends pas, murmurait-elle. Je n'ai rien fait de mal, ma robe n'était ni trop décolletée ni trop courte ni transparente, je n'ai pas dansé comme une pétasse…Alors pourquoi moi ? Il n'y a pas de fous, d'habitude…

- Tu étais au mauvais endroit au mauvais moment, ma petite Louise. C'est de sa faute à lui, pas de la tienne. Ce qui s'est passé n'altère en rien ta valeur en tant que femme ou être humaine, au contraire. C'est sa faute, tu entends ? »

Elle se contentait d'hocher la tête muettement, et il se contentait de l'embrasser pour la réconforter. Seul le temps pourrait complètement la rassurer.

Matthias grommela lorsqu'il lui fallut se lever une fois de plus en pleine nuit. Demain, il irait voir un médecin pour son nez, au moins pour prendre des antidouleurs dignes de ce nom. En entendant, il se voyait obligé d'alterner les Nurofen et autres Doliprane. Quelle ne fut pas sa surprise de voir qu'il n'était pas le seul insomniaque !

Féroé était assise autour de l'îlot de la cuisine, un verre plein de Doliprane en effervescence face à elle. Elle massait ses tempes et ses yeux étaient fermés de façon crispée.

« 'Lut, marmonna-t-elle en entrouvrant l'un de ses yeux en l'entendant arriver. Tiens. Prends le mien. Ton nez avant tout. »

Il secoua la tête lorsqu'elle lui tendit son médicament presque prêt, et entreprit de s'en préparer un.

« T'es bête. Tu vas avoir mal plus longtemps, prends-le.

- C'est le tien et tu as mal aussi. Je me sentirai mal de faire ça. »

Il s'assit sur le tabouret voisin au sien, attendant que l'effervescence se termine à son tour, un silence gênant s'installant entre les deux.

« …Symbiose ?

- Yep. Cette saloperie ne me laissera jamais tranquille.

- Courage, sourit-il en ébouriffant tendrement ses cheveux. Tu n'as pas besoin de sortir l'excuse du mal de crâne à Lukas, pour le coup, ahah. On voit tout de suite que tu souffres.

- …Je n'ai pas besoin de la lui sortir de toute façon.

- Hein ?

- Il ne s'est rien passé de…physique, entre nous, Matthias. C'est pas faute d'essayer pourtant, mais…On dirait que quelque chose nous l'interdit…

- O-oh. Je vois. Désolé…Ça ne me regarde pas, de toute façon. Je voulais juste…Détendre l'atmosphère, blaguer…Tu sais. Ce genre de choses-là.

- C'est gentil. C'est pas la peine.

-…Ton cachet est prêt.

- Ah. Merci. »

Elle le but d'un trait, grimaçant au goût âcre et il ne put s'empêcher de sourire à cette mimique qu'il connaissait si bien, comme toutes les autres, avant de jeter un coup d'œil à l'horloge digitale, qui indiquait trois heures du matin passées. Elle allait sûrement aller se recoucher – aller rejoindre Norge. Il était déçu ; il aurait aimé passer un peu plus de temps avec elle, juste tous les deux, mais la journée avait été longue pour tout le monde. Il soupira avant de boire son propre Doliprane. Il saisit le verre vide d'Elin qui restait assise à fixer l'objet d'un air distant et le mit au lave-vaisselle en même temps que le sien. Il se rassit et observa les traits fatigué de sa protégée.

« …Tu devrais aller te recoucher, Elin. Tu vas être fatiguée, lui conseilla-t-il à contrecœur.

- Je…n'ai pas envie. Le troll de Lukas ronfle. Lukas ronfle. Il fait chaud et y'a ces saletés de moustiques – et de toute façon, je sais que je n'arriverai pas à dormir.

- Comme tu veux.

- Et toi, tu retournes pas te coucher ?

- Nan. Islande m'a chassé parce que je tournais trop dans mes draps et que ça le réveillait. Il n'a eu aucune pitié pour moi et mon pauvre nez – en fait, je pensais finir la nuit sur le canapé.

- Dans ce cas je vais finir la nuit sur l'autre canapé », sourit-elle en se levant pour aller s'affaler sur le meuble en question.

Il ne put retenir le grand sourire qui étira ses lèvres et s'installa à son tour.

« Ça te dérange si j'allume la télé ? Ça me berce…

- J'allais te poser la même question, alors vas-y, pouffa-t-il.

- Matthias, l'appela-t-elle.

- Oui ?

-…Merci pour Louise. Merci infiniment. »

Il lui fit un signe de la main, signifiant que ce n'était rien, et lui sourit tristement, une légère once de fierté se devinant tout de même dans son regard bleu.

« Je ne supporte pas qu'on traite une reine comme ça. C'était du normal. De nos jours, les gens ont de moins en moins la notion de respect envers un autre individu… »

Elle hocha la tête, ses yeux ensommeillés criant sa fatigue, et le danois s'autorisa à fermer les siens uniquement lorsqu'il fut sûr qu'elle dormait paisiblement.

Parce qu'au fond, il aurait fait n'importe quoi pour sa Reine.


Chère Tomo-chan, je t'avais bien dit que tu serais obligée d'aimer DAN. (Et pas Den. uwu)
MOUHAHAHAHAHA !

Brefouille, ce n'est pas cool ce qui arrive à Louise, mais si jamais vous allez à St-Cyr, n'ayez crainte, vous n'avez pas à vous montrer plus prudents qu'ailleurs, je n'ai jamais entendu parler de fou furieux XD
Ils mènent la belle vie sinon. Je suis jalouse. OwO

Il n'y aura pas de chapitre le week-end prochain, puisque je pars à Toulouse jusqu'au dimanche inclus. Peut-être un chap dans le courant de la semaine, entre deux devoirs à terminer. Je ne sais pas...L'avenir nous le dira.
Et je suis déçue ! Vous n'avez pas polémiqué sur les voix. Méchants lecteurs, méchants !
Nan, je blague. Faites ce que vous voulez. XD

Idrill01 : Merci pour le commentaire et les favs - c'est bien de toi, hein ? Hein ? ._.
Je suis ravie que quelqu'un ait réagi à cette phrase - parce que c'était le but. J'ai eu mal en l'écrivant personnellement...
Et je suis également contente d'avoir fait saigné son nez en plus de ton coeur~
Ne te vide pas de ton sang quand même. XD
A bientôt~

Ty : J'avais dit écrire trois chapitre sur ce mois de vacances, maiiiiis...Je pense que celui d'après devrait finir le truc. Désolée TwT
C'est profond ce que tu dis là, et je suis d'accord. C'est une forte attirance et une idéalisation. Mais je l'ai rendue incapable de répondre pour d'autres raisons ;D
Je veillerai à faire apparaître Ludwig un peu plus, alors. Il manque d'amour dans cette fic, au fond, surtout pour quelqu'un qui vit 24/7 avec Prusse, Keira et les chiens. Le pauuuuvre ! :O
J'aime tes commentaires, ils sont toujours bien construits et complets *^*
A plus~

Sur ce, après avoir eu des difficultés à surmonter la page blanche que j'ai eue pour ce chap, je vais finir ma valise o/
Bonne vacances à ceux qui le sont comme moi et...Bon courage aux autres XD