Bonsoir ! Oui il est tard ! Oui nous avons accumulé beaucoup de retard et nous vous présentons nos excuses, fidèles lecteurs. Disons que nous avons chacune accumulée maladie et flemme en alternance. Et voilà le résultat. Mais ...ce chapitre 6 est vraiiiiment long, donc souhaitons qu'il justifiera son retard XD (*regarde ailleurs*)

! / Autre précision d'importance: le chapitre 7 risque d'être retardé lui aussi. Toutes nos excuses mais Ryokushokumaru éprouve quelques difficultés à écrire en ce moment et va donc faire une pause le temps que ça lui revienne.

Mais ne vous inquiétez pas, la suite se fera coûte que coûte, même si ça peut prendre du temps, espérons pas trop mais bon.

Sur ce bonne lecture et merci pour vos reviews !

Caradya:Merci beaucoup pour ta review ! Et oui je réponds toujours aux reviews ^.^ Oui Pauvre Phil qui a barboté dans la salle d'eau mais c'est qu'il est bruyant le petit xd Sherlock a effectivement provoqué le cauchemar ^^ c'est affaiblissant de se prendre autant de sortilèges amnésiques, le cerveau de John a été tout retourné. Il y a bien sur un lien avec la fleur ;) (pas suspect du tout xd) Nous te remercions de ton intérêt et aussi pour ta double review mdr la première était écrite étrangement :O L'histoire commence à se mettre en place ! Nous espérons que la suite va te plaire, miss


Chapitre VI

Souvenir et petit rapprochement

Pov Sherlock

Mycroft me donna un parchemin officiel qu'il marqua de son sceau.

« Fais ce que tu as à faire. »

Je bondis littéralement hors du bureau de mon frère, mon manteau battant sur mes jambes, s'enroulant à chacune de mes grandes enjambées pressées.

« Sherlock ? Où allez vous ? » hurla John. Approximativement dix mètres derrière.

« Il ne va pas nous attendre ! Remuez-vous ! »

Quinze mètres. Puis je l'entendis courir pour me rejoindre.

« Qui ? »

Sept mètres.

Je ne pris pas la peine de répondre. Moriarty évidement, qui d'autre.

« Grouillez-vous ! » râlai-je

« Mais où allez vous ? ! Ralentissez bon sang ! »

Six mètres.

Je ne ralentis pas. En fait j'accélérai.

« Département des Mystères ! »

Ralentir ne servirait à rien, l'ascenseur me forcerait à m'arrêter dans quelques mètres de toute façon.

Sauf si j'étais chanceux ….mais...non. Pas aujourd'hui. L'ascenseur n'était pas encore là.

John arriva finalement, pendant que je tapotais ma cuisse avec une impatience grandissante.

« Vous étiez vraiment obligé de marcher si vite ? Surtout pour vous arrêter juste après, quel est l'intérêt je vous le demande franchement ça n'a aucun... »

Je ne prêtai pas vraiment attention à ce qu'il disait, les yeux rivés sur l'indicateur des étages qui défilaient.

Je lâchai tout juste un grognement vaguement significatif en guise de pseudo réponse et qu'il se débrouille avec ça.

Enfin le petit tintement sonore retentit dans le couloir et les portes noires s'ouvrirent.

Je m'engouffrai dans la cabine, esquivant habilement les sorciers et sorcières qui en sortaient.

John arriva à son tour et réussit à se couler devant moi.

« Pourquoi doit-on aller là bas ? Je ne comprends pas. »

« Il faut aller là où tout a commencé. »

« Oh. Mais euh...pourquoi ? »

Je jetai un coup d'œil circulaire autour de nous. Les gens nous écoutaient peut être.

« Plus tard. »

« Et pourquoi je devrais venir avec vous ? »

« A vous de choisir. Je suis censé vous surveiller tout le temps donc c'est soit venir avec moi, soit vous restez à l'appartement avec interdiction formelle et totale de sortir. Et si vous le faites...je n'ose même pas imaginer ce que je vous ferai en représailles. »

Il n'osa pas dire autre chose pendant le temps que dura la descente.

Une fois hors de l'appareil, il reprit du poil de la bête.

« Bon maintenant qu'il n'y a que nous, vous m'expliquez ? Pourquoi aller ici? »

« Ça me semble plutôt évident pourtant...Mais bon pas pour votre petite cervelle vide apparemment...Bref. Moriarty n'aurait jamais pu connaître l'existence de la Fleur ni y accéder sans un complice de ce Département. Oh il doit en avoir d'autres bien sûr, mais le plus important est ici. »

« Pourquoi ici forcément ? »

« Les sorciers qui travaillent aux Département des Mystères ne sont pas surnommés « Langues de Plombs » pour rien. Ils ne révèlent jamais ce qu'ils font, personne ne sait vraiment ce qu'ils trafiquent entre ces murs. Un complice interne est donc incontournable. »

« Pas si « Langues de Plombs » que cela alors. »

« Il semblerait. Pour l'un d'entre eux au moins.»

Nous marchâmes dans l'unique couloir jusqu'à ce que nous arrivions à la porte noire.

Je l'ouvris et entrai dans la salle circulaire aux douze portes dont le sol lisse comme de l'encre faisait résonner nos pas.

Dès que cette première porte fut fermée, la pièce tourna sur elle même.

D'une efficacité redoutable pour désorienter les visiteurs.

« Et...on cherche quoi au juste ? »

« La Salle du Temps. »

Je n'avais aucune idée de quelle porte il s'agissait, bien sûr elles étaient identiques en tout point.

« Et...on la trouve comment ? »

« On cherche. Et n'entrez pas dans les salles. Ouvrez juste la porte. »

Il se dirigea vers l'une d'entre elle et je me plaçai à l'opposé de sorte à se rejoindre au milieu.

Et John me faisait un repère visuel avec son hideux pull beige dans tout ce noir.

J'entrebâillai la porte ténébreuse qui me faisait face.

Je tombai sur un énorme réservoir vert foncé dans lequel flottait toute une cohorte de cerveaux à tentacules. La si bien surnommée Salle des Cerveaux.

J'entendais John pester derrière.

« Mais pourquoi elle s'ouvre pas ! Bon sang ! »

Il s'acharnait dessus, tirant la poignée dans tous les sens. Il allait bien finir par repartir avec à ce rythme.

« Inutile. Cette porte là ne s'ouvre pas. Jamais. Les sorts et les objets ne fonctionnent pas sur elle. »

« …..Une porte qui ne s'ouvre pas...de mieux en mieux... »

Je haussai les épaules.

« C'est la Salle de l'Amour. Contenant soit disant la forme de magie la plus puissante au monde. »

Mon sourire narquois lui fit bien comprendre ce que je pensais de cette aberration. Une idiotie totale.

« Vous n'y croyez pas ? »

« Sans rire. C'est une des choses les plus dénuées de fondements que je n'ai jamais entendu. Pourtant c'est impressionnant le nombre d'âneries qui disent les gens mais celle là...vraiment...Comme si les sentiments étaient autre chose qu'une anomalie chimique. C'est une faiblesse, pas une puissance. De sombres crétins. »

Je refermai la pièce des cerveaux et passai à la suivante.

« Dîtes...à quoi elle ressemble votre Salle du Temps ? »

« Pas à celle là en tout cas, ça c'est la Salle des Planètes. »

En effet derrière John, je voyais Vénus qui voltigeait en compagnie de Mars par l'ouverture.

« Celle que je cherche est rempli d'horloges et il y a un oiseau sous une cloche en cristal. »

« Oh je la connais celle là. »

« Pendant votre ….petite escapade sans doute. Quand vous avez cru bon de faire une ballade clandestine à mes frais, nous offrant une magistrale démonstration de votre ignorance infernale. Même un bête babouin borgne aurait plus de jugeote. Mais vous n'êtes même pas au niveau d'un simple primate de toute évidence.» Dis-je avec une aigreur piquante.

Le reste de l'exploration se fit en silence. Silence rancunier.

Je poussai une énième porte. Soupir. Enfin la bonne.

J'appelai John et sans attendre qu'il me rejoigne, je rentrai dans la pièce.

L'habituelle clarté éblouissante courait sur les murs de la salle en résilles étincelantes.

Eau vive. Éclats de lune qui carillonnaient d'argent sur les murs.

Je ne me laissai pas distraire par les étincelantes spirales adamantines et fonçai directement vers le fond de la pièce.

John était béa devant le cycle de vie et de mort de l'oiseau.

Je l'attrapai par le bras et le traînai sans ménagement vers une étagère adossée contre le mur du fond.

Sur la rangée du milieu, quelques livres violets étaient posés là, semblant aussi neufs qu'au premier jour. Leurs titres gravés en lettres d'or brillaient légèrement.

Il s'agissait en fait du nom des responsables du Département.

Lequel était le responsable tout court ?

Ah oui, le -ou plutôt- la voilà.

Je tapotais la tranche de l'ouvrage portant le nom de

« Miranda Carter, Coordinatrice et Grand Intendante. »

Une porte apparut à quelques pas de l'étagère.

Je toquai et une voix autoritaire me dit d'entrer.

J'entrai dans le bureau, suivis de près par John.

« Bonjour Messieurs. Nous n'avions pas rendez vous il me semble ? »

« En effet non. Mais vous ne devez pas avoir tant de rendez vous que cela Mrs Carter. »

« Hummm et que me vaut cette visite ? Messieurs ? »

« Holmes et Watson. »

Je sortis un parchemin de ma poche et lui remis.

« Une Permission Extraordinaire ? »

Elle pinça les lèvres avec agacement, vérifiant si le document était authentique. Ne trouvant rien à redire-puisqu'il l'était-elle me le rendit avec un visage renfrogné.

« Bien. Nous voulons la liste des sorciers travaillant dans ce Département. »

Elle m'adressa une exclamation outrée et scandalisée à la fois.

« Enfin ! Jamais je ne ferais une chose pareille, cela pourrait compromettre nombre de travaux de la plus haute importance ! Je refuse.»

« Ce n'est pas négociable. » Dis-je, froidement.

« Mais je ne peux pas c'est contraire à tous nos principes de sauvegarde des secrets et- »

« Vous savez ce que signifie la Permission Extraordinaire n'est ce pas ? -je martelai mes mots- Cela signifie que j'ai un accès illimité à tout ce que je désire. Et je veux cette liste. »

Elle soupira.

«Je vais vérifier que vous ne mentez pas. Je connais votre réputation. »

Je levais les yeux au ciel.

« Mais faites faites. Perdons encore plus de temps. »

Elle jeta une poignée de poudre dans l'âtre de sa cheminée et passa la tête dans le feu émeraude pour parler avec Mycroft. Quand elle retira son visage de la cheminée, elle était encore plus courroucée.

Elle retourna s'asseoir à son bureau avec une lenteur qui mettait mes nerfs à vif.

« Je vois que je n'ai pas le choix. »

« En effet vous ne l'avez pas. La liste.»

Elle serra les lèvres mais ne fit pas de commentaire sur mon impolitesse. A la place elle nous demanda de sortir du bureau pour qu'on ne puisse pas voir où et comment était rangée la fameuse liste. Elle était bien protégée, je n'en doutais pas un seul instant.

« Que de secrets ces Langues de Plombs... »

Elle ne fit signe que nous pouvions re-rentrer.

Un parchemin était étalé sur la table. Miranda me prévins évidement que je ne pouvais pas emporter la liste et qu'il m'était interdit d'en faire une copie. Je consultais avidement la liste, gravant les trente noms dans mon cerveau. Un par un. Un nom en particulier me fit tiquer.

Moriarty le connaissait aussi.

« Sachez que j'ai confiance en chacun de mes employés, Monsieur Holmes. »

« Sans doute sans doute. Si vous voulez bien nous excuser. Et merci pour votre accueil chaleureux et aidant. »

Pour conclure lui adressai un sourire parfaitement hypocrite.

Sourire qu'elle me rendit avec les intérêts.

Dès que nous fûmes dans le couloir je fouillai dans mes poches et trouvai un morceau de parchemin, mais n'ayant ni plume ni encre...

« J'ai un stylo si vous voulez. »

Mon visage s'éclaira. Je griffonnais les noms.

« Mais...elle a dit qu'on avait pas le droit de recopier la liste. »

« Relax. Je la brûlerai quand on aura fini. »

« Humm...»

« Mais si mais si. »


John traînait mes pieds avec lassitude.

« Je vous en prie on peut pas arrêter là pour aujourd'hui ? C'est la huitième. J'en ai marre. »

« Un peu de persévérance. Et je ne dirais pas échec mais plutôt le huitième éliminé de la liste des suspects. »

« J'en ai marre. Et puis c'est qui ce Alan Mathesson ? Vous n'arrêtez pas de leur demander s'ils le connaissent. C'est qui à la fin? »

« Chut ! »

Je m'approchais du neuvième suspect.

« J'en ai marre marre marre. »

« Silence ! » ordonnai-je

Je me raclai la gorge :

« Bonjour Mr Greengrass. »

Je compris rapidement qu'il n'avait rien à voir dans l'affaire de Fleur mais il m'apprit qu'un autre sorcier du Département avait brusquement cesser de venir depuis une dizaine de jours, sans raison ni explication. Et c'était lui. Mathesson. Bingo.

Intéressant.

Une piste, enfin.

« Oui oui sans rien dire comme ça. Comme si on n'était pas plus amis. Je n'ai plus de nouvelles d'Alan. Plus rien. »

« Vous êtes allé chez lui ? »

« Non nous avons eu beaucoup de travail au bureau et enfin...Mais je lui ai envoyé des tonnes de lettres sans réponse. »

« C'est votre ami et vous n'allez pas le voir? » S'étonna John.

Greengrass s'agita, honteux.

« Je n'ai pas pu à cause du travail et...de mes enfants et ...de ma femme qui est malade et ...Alan est très à cheval sur le secret. Encore plus que nous autre je veux dire. Sans vouloir le vexer je dirais même qu'il est parano. »

Je souris. Ça ne m'étonnais pas, il l'avait toujours été.

« Vous pouvez nous donner l'adresse d'Alan Mathesson ? »


Je transplanai dans le jardin d'une petite maison de plein pied. Les herbes folles envahissaient le petit jardin en question et les volets auraient besoin d'un bon coup de peinture.

John tituba, le teint légèrement pâle.

« Décidément je déteste vos téléportations. Je ne me sens pas très bien. »

« Transplanages. Et si vous vomissez sur mes chaussures, soyez sûr ce sera la dernière chose constructive que vous ferez de votre vie. »

Après plusieurs minutes de silence pendant lesquelles je m'éloignais sensiblement de lui, il reprit la parole :

« ….Vous êtes sûr que c'est là ? »

« C'est la bonne adresse et il y a son nom sur la boite aux lettres. Donc je suppose que oui. »

« On dirait que la maison est à l'abandon. »

« On verra. Mais ça m'étonnerait. »

Il n'y avait pas de sonnette ? Je toquai donc. La porte s'ouvrit d'elle même en un grincement d'outre tombe à peine avais-je effleuré le bois.

Mauvais. Mauvais. J'échangeai un regard avec le moldu.

Il chuchota : « Je n'aime pas ça. Pas du tout. »

Je dégainai ma baguette.

« Vous ne voulez pas rentrer si ? »

« Si. »

« Vous êtes fou ! »

« Je croyez que vous étiez militaire ? »

« Mais pas sorcier ! »

« Chuuuuut. Restez derrière moi môssieur le militaire. »

J'entrai dans ce qu'il semblait être un salon. Avant. Je distinguais les objets dans la pénombre.

Tout était sans dessus dessous. John se rapprocha plus de moi.

Je lâchai un juron entre mes dents et allumai les lampes d'un coup de baguette.

La lumière souligna crûment l'ampleur des dégâts.

Le mobilier était entièrement cassé. Brisé.

Des éclats de verres et de débris divers jonchaient le sol. Je faillis marcher sur une lampe renversée.

Les coussins et les fauteuils éventrés vomissaient leur mousse blanche.

La table et les chaises étaient partiellement brûlées.

Des liquides tâchaient le sol d'explosions colorées. Pas de sang cependant.

Les étagères surchargées de livres et de produits de sorcellerie gisaient lamentablement sur leur sol, déversant leur contenu meurtris et piétinés en flots chaotiques.

Une mise à sac en règles.

Aucune trace d'Alan par contre.

Je fouillai dans les restes, glissant et dérapant selon ce qui roulaient sous mes chaussures.

A la recherche d'indice, n'importe quoi.

J'entendis John poussa un soupir de soulagement en disant

« Un canapé ! Enfin ! Je n'en peux plus. »

Je continuais à fouiller quelques secondes dans une commode.

Puis je jetai un vague coup d'œil. La canapé en question était dans le genre grand et moelleux. John s'y installa avec aise. Mais le sofa était bizarrement immaculé et -

« John ! Debout ! »

« Qu- »

« Debout, tout de suite ! »

Trop tard. Le sofa se convulsa brusquement. Il rua comme un cheval de rodéo, courut dans toute la pièce, essayant de faire tomber son passager.

Le dossier se pliait pour écraser John qui s'agrippait désespérément à un accoudoir pour ne pas se faire éjecter par les secousses.

Mais John tint bon. L'image du canapé se brouilla soudainement et John se trouva assis sur la panse dodue d'un homme de grande taille.

Instant de flottement.

Les yeux de John faisaient presque des bonds dans ses orbites.

Profitant de la surprise de son passager clandestin, l'homme se transforma encore en sofa et décrocha John au prix d'une violente ruade.

Il s'écrasa sur le sol avec l'élégance certaine d'un sac patates. Le sofa me chargea mais je le forçai à reprendre sa vraie apparence d'une formule.

Alan redevient humain aussitôt.

Il braqua sa baguette sur nous.

« Que voulez-vous ? Encore des démarcheurs à domicile ? Les intrus, je les flambe au Gin ! Dehors ! »

Je mis John debout en quatrième vitesse en gardant Alan en joue avec ma propre baguette.

Mais il leva la sienne d'un air important, pointe vers le plafond.

Une multitude d'explosions jaillirent en décalé un peu partout dans la pièce.

John m'entraîna le premier dans un slalom entre les débris et les morceaux d'objets.

Il marcha sur un débris piégé et se fit projeté en avant par la déflagration.

J'amortis sa chute d'un sortilège puis me retournai pour bombarder Alan de sorts défensifs. Pas d'attaque évidement.

Je le voulais vivant et d'un seul tenant. La tête reliée au buste de préférence.

Il les contra mais lui ne s'embarrassait pas de mes considérations et les traits magiques qu'il m'envoya étaient clairement destinés à nous faire roussir jusqu'à l'os.

Je m'apprêtai à lancer le charme du Bouclier quand John appuya sur ma tête et me força à m'accroupir derrière le dossier d'un fauteuil défoncé.

John poussa un sifflement quand le dit dossier fondit à moitié en grésillant méchamment sous la pluie de maléfices qui suivit.

« Quand il a dit qu'il flambait les intrus, je ne pensais pas que c'était au sens littéral. On fait comment ? »

« Restez derrière le dossier...ce qu'il en reste. »

Je levai ma tête. Un sort brûlant effleura aussitôt mes cheveux. Je me rabaissai.

« Sortez de votre cachette ! Pleutres ! »

« Monsieur Mathesson ! Vous ne me reconnaissez pas ? »

Je sortais la tête. Un sort siffla à quelques centimètres de mon oreille.

« Non ! »

« Sherlock Holmes. »

« Holmes ? Faites voir votre tronche ! Les mains en l'air. »

Je me levai prudemment. Lentement.

Il s'approcha. Je m'approchai. Il m'examina progressivement.

« Holmes. Il fallait le dire plus tôt. Vous avez bien changé au cours de l'année. Sortilège de vieillissement ? Il faut se méfier de ces trucs là.»

Je fronçai les sourcils. J'avais peur de comprendre.

« Vous êtes toujours aussi parano. Je comprends pourquoi ce canapé avait l'air si moelleux. On s'est un peu laissé aller hein. Toute cette graisse qui tremblote, votre penchant pour le chocolat sans doute. » Fis je désignant son ventre proéminent.

Alan eut un air absent d'un seul coup. Puis il revint à lui.

« Ce n'est pas comme cela que l'on parle à son professeur Holmes ! Le fait d'avoir toujours les notes maximales ne vous donne pas le droit d'être tellement insolent. »

Merde. Moriarty était passé par là. Encore un sortilège d'Oubliettes.

« Vous n'avez pas vu Moriarty récemment ? »

« James ? Non. »

Je posai encore quelques questions pour évaluer les dégâts. Qui étaient trop importants.

Alan se croyait encore au temps où il enseignait à Poudelard, ce qui expliquait cette soudaine absence au Département des Mystères, puisqu'il ne souvenait pas en faire partie.

J'enrageai. Moriarty me narguait. Il aurait pu faire disparaître Alan. Mais non. Un simple sortilège d'amnésie. Il se fichait de moi.

Il me narguait en ne prenant même pas la peine de mieux se dissimuler que ça.

Il me provoquait.

Il me disait qu'il se fichait royalement que je découvre comment il était entré dans le Ministère.

Il me disait que tout ceci n'était qu'une infime part de son plan.

Et pire que tout, il me disait qu'il était supérieur à moi.

Mais connaissant Mathesson, ce vieux renard avait certainement laissé un indice derrière lui pour nous mener à Moriarty et aux autres complices au Ministère avant de se faire lessiver la mémoire.

« Bon tu m'aides à ranger gamin ? On va pas rester dans ce foutoir jusqu'au réveillon. »

« Vous avez vraiment tout cassé avec une grande application. »

« Ça décourage les intrus. »

Nous nous mîmes dos à dos et en quelques mouvements de baguettes le salon était propre, rangé. Chaque choss réparée. Comme si l 'état précédente de la pièce n'était plus qu'un mauvais rêve.

Le salon retrouva son lustre cosy habituel.

Je fouillai ensuite un tiroir de bureau.

« Que faîtes-vous ? » S'enquit John.

« Après s'être fait poursuivre par un canapé de salon et faillis fondre derrière un fauteuil, je pense que l'on peut se tutoyer non ? Je n'aime pas les formalités. »

« ...c'est vrai, vous...tu n'as pas tord.»

« Tu cherches des indices. Je connais Alan. Il aura sans aucun doute laissé quelque chose derrière lui pour que l'on remonte à son agresseur. Même s'il ne s'en souvient plus. »

Le sorcier ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Je l'interrogeai pendant que John cherchait.

Ou essayait de chercher plutôt. L'empoté. Vraiment il ne servait à rien. A part m'exaspérer.

Il était même d'un talent remarquable pour cette dernier activité.


« Non John reposes ça, les bouteilles de whisky Pur Feu n'ont rien à voir dans l'histoire. »


« Cet abat-jour n'est rien d'autre qu'un abat-jour, John»

« Mais il est bizarre, toutes ces dentelles c'est louche.»

« Il est justement d'une laideur incroyable. Comme la serpillière qui te sert de pull. »


« Il y a une robe sur cette chaise ! C'est louche ! »

« C'est une toge. »

« Avec des petites étoiles ? C'est une robe. »

« Une toge ! Reposes la, on s'en fiche. »


« Wouhaie ! Je me suis fait mordre par une tasse de thé. »


« Une chaussette avec des dents m'attaque. »

« Qu'elle te tue alors. Tu seras sans doute moins bavard en steak tartare. Un vrai bienfait pour mes oreilles qui doivent supporter tes inepties ridicules.»


« C'est quoi ce truc gélatineux ? »

« mucus gastrique de centaure dysentérique. »

« …. »


« Et ça ? C'est louche ! »

« Tu ne sais pas ce qui est louche alors arrêtes de dire ça ! Et n'importe quoi ne veut pas dire n'importe quoi. Oh et puis arrêtes de m'aider tout court, tu m'aides pas. Restes donc confiné dans ton inutilité pathologique et laisses les grands travailler. »

Il arrêta effectivement.

Merci. Enfin le flot de ses paroles insignifiantes s'était tu. Enfin.

Je continuais d'interroger Mathesson, qui avait un vide de plus de dix ans dans la tête. Mais savait-on jamais. Si je sollicitais sa mémoire peut être que cela suffirait à réactiver les circuits neuronaux.

Ou peut être pas. Ça n'avait vraiment pas l'air suffisant.

Pov John

J'avais soif, très soif, et je commençais à en avoir ras le sac de devoir les écouter sur je ne savais quel sujet. Je soupirai fortement. Cet Alan Mathesson ne semblait absolument pas savoir pourquoi nous venions l'interroger.

Et moi non plus en fait.

Je me grattais le menton, attendant que la discussion se finisse. Mais Sherlock était bien trop curieux, et était persuadé de ce qu'il avançait.

Je soupirai une seconde fois.

Cette fois ci j'eus droit à un dévisageament suspect des deux hommes.

« John, pourrais tu t'ennuyer en silence ? »

« Si cela te fais plaisir Sherlock.. »

Je marmonnais dans ma barbe, mes mains croisées contre le torse, basculant d'un pied sur l'autre.

Mais cela agaça le sorcier génie qui me renvoya un regard lourd de sous entendus.

L'autre homme perdu, me regarda à son tour.

« Vous désirez boire quelque chose ? »

« Oui John, va t'occuper un peu.» Renchérit le brun en me faisant un signe de main pour déguerpir.

Je haussai les épaules et roulai des yeux.

« Je peux vous apporter quelque chose ? »

« Non il trouvera seul, n'est ce pas John ? »

« Salaud... » raillai-je à voix basse, en me dirigeant vers la cuisine sans dessus-dessous puisqu'elle n'avait pas été rangée en express. J'empruntai un chemin entre les bouteilles et les restes de la poubelle au sol.

L'odeur n'était pas franchement agréable, et la vue des détritus n'arrangeait en rien la situation.

Après avoir franchis avec bravoure la cuisine, je m'agenouillai devant le petit frigo.

Quand je l'ouvris, toutes les odeurs s'étaient mélangées et cela dégageait un parfum horrible.

Je grimaçai et saisit une bouteille d'eau qui traînait dans le coin.

Je sentais l'eau par précaution, méfiant dans cette ambiance sale.

Elle ne sentait pas trop fort et puis j'avais soif, je ne devrais pas mourir d'eau périmée.

Quoique.. j'étais dans le monde magique, tout était possible et surtout le pire.

Prenant un verre je versai un peu de liquide dedans, l'aspect était assez bizarre, une substance de couleur argentée, mouvante, à la fois liquide et gazeuse.

Je commençais vraiment à douter de cette boisson, mais j'avais vraiment envie de boire.

Je portais le verre à ma bouche, quand tout à coup je sentis quelqu'un dans mon dos.

Sa présence écrasant la mienne.

Il était grand, il devait forcément s'agir de Sherlock.

Et je ne m'étais pas trompé, quand une main se posa sur la mienne pour défaire mes doigts, et saisir le verre de son autre main.

« Mais qu'est ce que tu fais ? »

« Je sauve notre unique preuve, j'hésite entre te féliciter de l'avoir trouvé ou te remettre à l'ordre pour ne pas savoir faire la différence entre de l'eau et une substance magique. »

« C'est de la potion ?»

« Pas exactement. » Répondit-il en prenant le verre et le fond de la bouteille avec une grande minutie dans le salon. Je le suivis parce que j'avais soif, et parce que cela m'intriguait tout de même.

« Et qu'est-ce donc ? »

« Des souvenirs. »

« Des quoi ? »

« Souvenir John, substantif masculin évoquant quelqu'un, quelque chose ou encore un événement d'un passé plus ou moins lointain, mais qui peut aussi se lier à des lieux, par exemple les touriste achètent des souvenirs, je te croyais un homme de sorties, les souvenirs font fureur à Londres. »

« Merci Sherlock mais je sais ce qu'est un souvenir, ce que je ne comprends pas c'est comment une chose aussi abstraite peut rester dans une bouteille. »

« Que tu es stupide John – je grognais en lui donnant un coup dans les mollets, il fronça les sourcils, mais continua ce qui semblait être une explication- tu sais que, malgré ta petite cervelle de moineau, les souvenirs sont ancrés dans la mémoire. Or -ne me regardes pas comme ça, tu parais encore plus idiot ce qui est quand même un exploit -or nous ne pouvons pas tout stocker dans notre tête. »

« Sauf toi peut-être. » Le coupai-je en croisant les bras.

« Certainement, et nous savons aussi que les sorciers peuvent lancer des sortilèges d'amnésie. »

« J'ai pu le constater aussi. » Soufflais-je en me remémorant l'affreuse torture que j'avais subi.

« Notre suspect, qui est certainement le complice de notre assassin, savait qu'il oublierait, et par précaution il a enfermé ses souvenirs dans cette bouteille d'eau et l'a caché dans le frigo pour brouiller les pistes afin quelqu'un d'un brin plus intelligent que la moyenne ne le trouve. Et comme il boit rarement de l'eau il était sûr de la conserver quand il n'aurait plus toute ça tête. »

« Et moi alors j'ai trouvé la preuve ? » sifflais-je en tapant du pied.

« Toi c'était le hasard du débutant. »

Il semblait chercher quelque chose dans la pièce, marmonnant qu'il devait avoir quelque chose par ici, que c'était forcé.

Il fouilla la pièce sous les yeux ahuris de l'hôte tandis que je tenais un verre à moitié plein, et une bouteille presque vide.

« Sherlock bon sang tu pourrais m'expliquer. »

« Il me faut une pensine. »

« Une quoi ? »

« Une pensine John, la pensine est un réceptacle permettant d'entreposer ses souvenirs et de les consulter ultérieurement. »

« On collectionne ses souvenirs ?»

« Si on veut. »

« Vous êtes tous des fous... »

« Aides moi à chercher au lieu de jurer sur des choses qui te sont inconnues. » Soupira t-il en soulevant un vase dont les fleurs perdaient leur pétales.

Je fis la moue et commençait à chercher dans les placards, sous les meubles, derrières les portes.

« Je ne sais même pas à quoi ça ressemble.»

« Un réceptacle John, ce n'est pas si... C'est bon je l'ai. » Confirma le brun en sortant en effet un réceptacle d'un coffre assez ancien, des dessins gavés sur le bois.

« Et donc qu'est ce que tu vas en faire ? »

« Tu vas mettre utile pour une fois. »

« Euh non ? »

« Approches » Ordonna t-il en me faisant signe avec sa main. Je m'avançais et versais le liquide comme selon la demande du sorcier.

« Maintenant tu vas te pencher et plonger ta tête dans le souvenir. »

« Quoi mais je vais me noyer. »

« Si j'avais voulu te noyer je l'aurais fait depuis le début. Ta tête. Là dedans. »

J'obéis en plongeant la tête dans l'eau. Je me bouchai le nez mais en fait j'arrivais à respirer. Quand je rouvris les yeux, je n'étais plus dans l'appartement d'Alan mais de nouveau dans le ministère.

Nous étions dans ce qu'il semblait être un bureau. Petit le bureau.

Il était encombré d'une dizaine sorciers qui s'agitaient dans tous les sens.

Je me sentais perdu devant ce remue ménage.

Ou était passé Sherlock ?

Une sorcière au chapeau orange me bouscula.

« Excusez moi. »

Elle ne ralentit même pas. Ne me regarda même. Les papiers qu'elle lisait attentivement n'avaient même pas remué sous le choc. Un tour de magie sans doute.

Un sort collant ou aimanté ou un truc comme ça j'imagine.

Elle s'arrêta un peu plus loin, cependant, et cria en me regardant droit dans les yeux.

« Chris, le paragraphe B, alinéa 2...c'est quoi ce rapport de journaliste sportif ? »

« Mais je ne m'appelle pas- »

Une voix grave me coupa :

« Tu n'as qu'à le faire toi même, Maria ! »

Je me retournais, un effet un homme en colère répondait à la dite Maria d'aller se faire voir.

Ce à quoi Maria répliqua sur le même ton. Pour être poli et pour faire court.

Les termes exactes impliquaient une utilisation de la baguette magique pour un autre emploi que son application première.

Je me sentais inexistant, leurs regards glissaient sur moi comme si je n'étais pas là.

J'étais au milieu de leur querelle mais ils n'avaient pas l'air de me voir.

Une grande main froide se referma sur mon poignet, me faisant sursauter.

« Ah Sherlock ! C'est toi. »

« Sans blague. Qu'est ce que tu fiches à rêvasser ? C'est un souvenir, imbécile de moldu. Les gens ne peuvent ni te voir, ni te parler, ni t'entendre. »

Je me sentais stupide d'un coup. J'avais oublié que nous étions dans le souvenir d'Alan.

Tout était si réel. J'avais vraiment l'impression d'être dans le présent.

Ils allaient tous finir par me rendre fou.

« Pourquoi tu m'as laissé tomber aussi ? »

Sherlock claqua sa langue avec un agacement manifeste.

« Je n'ai pas atterri au même endroit. J'ai trouvé Mathesson. »

Je passai la main devant les yeux de quelqu'un pour vérifier. Pas de réaction.

Je commençai à lui faire les pires grimaces que je connaissais pour être sûr.

« John ! »

« Ouiii ? »

« Cesses de faire le pitre, tu es totalement ridicule. Tu n'es pas obligé de me prouver avec acharnement chaque minute un peu plus, que le chaînon manquant entre le singe et l'homme est sous mon nez. Et qu'il s'appelle John. »

« Veux-tu arrêter de m'insulter ? Je te traite de dégénéré psychopathe moi ? »

« Tu viens de le faire. » Dit-il froidement.

Il m'amena à Alan, ou plutôt il me traîna vigoureusement sur plusieurs mètres, manquant de m'arracher le bras malgré mes protestations.

« Arrêtes ! Je ne suis pas ton chien ! »

« Un chien aurait le mérite d'être obéissant. Silence maintenant ! »

« Nooon je ne suis pas obéissant. Je parle si je veux et tu ne pourras pas me faire taire- »

Il m'écrabouilla minutieusement le pied avant de filer vers Alan assit derrière une table.

Je serrai les lèvres en le rejoignant.

Alan venait de recevoir un hibou. Il décacheta une enveloppe. Déplia le parchemin.

Blanchit affreusement.

« Ça va Al ? » S'enquit un de ses collègues.

« Oui oui. Très bien. »

Il souriait mais même moi je pouvais voir que c'était faux.

Nous allâmes derrière lui pour lire par dessus son épaule. De la sueur brillait sur sa nuque et son visage. Ses mains tremblaient légèrement.

Sur le parchemin, une photo qui bougeait toute seule.

Quatre personnes se chahutaient avec de grands sourires heureux. Un homme et une femme qui se ressemblaient beaucoup et deux enfants.

La famille d'Alan. Sa sœur, son neveu et sa nièce étaient entourés de trois cercles rouges.

Un petit mot accompagnait la photo. L'écriture était penchée, fine et élégante.

« Bonsoir Al. Si vous voulez que votre petite famille chérie reste saine et sauve bien au chaud à la maison, venez au Ministère pendant la permanence de nuit. Les abeilles vous indiquerons la route. »

Le décor bascula brusquement. Comme une boule à neige que l'on reverse.

Nous étions dans un couloir. Toujours au Ministère apparemment.

Alan marchait devant nous à petits pas pressés. Regardant de droite à gauche avec nervosité.

Je me reprochai de Sherlock pour lui murmurer à l'oreille.

« Ça veut dire quoi « les abeilles vous indiquerons la route » ? Il y a des ruches ou un élevage au Ministère ? »

« ...Mais réfléchis un peu à ce que tu dis. Et pas la peine de chuchoter il ne peut pas entendre. »

Vexé, j'ajoutai avec mauvaise humeur :

« Comment savoir ? Il y a bien des moines volants, des cranes qui parlent, des mini planètes dans une pièce, alors pourquoi pas des abeilles ? Ou des choux en culottes courtes hein ? »

Sherlock réussit l'exploit de pouffer et de lever les yeux au ciel en même temps.

Alan erra encore quelques minutes quand un « pssss » insistant se fit entendre.

Une petite vielle toute voûtée derrière son chariot de produits d'entretiens l'appelait discrètement.

Alan s'avança vers elle, interrogateur. Il chuchota.

« Oui ? Je peux vous aider madame ? »

La sorcière de ménage détala aussi vite que son mal de dos le lui permettait. C'est à dire lentement. Elle détala lentement. Sans un regard pour son interlocuteur.

« Elle est terrifiée » Dit Sherlock.

Un morceau de parchemin était posé sur le sol, là où le chariot était positionné quelques instants plus tôt.

« Reliez les sept. »

Décidément je ne comprenais pas.

« Relier quoi ? »

Sherlock me tourna un regard surpris.

« Comment tu n'as toujours pas compris ? Regardes, même Mathesson a pigé. »

Je roulai des yeux.

« Expliques au lieu de te faire mousser. »

« Les abeilles tu as compris non ? »

« ….non... » Avouai-je.

« C'est en référence aux abeilles, les travailleuses. Les travailleuses qui désignent le personnel d'entretien. C'est brillant. Qui les soupçonne. Donc il faut en suivre sept pour arriver jusqu'à Moriarty. »

Au bout d'un moment, le dernier membre du personnel nous conduisit à une petite porte, après un petit jeu de piste.

« C'est écrit... local technique... »

Sherlock avait l'air de trouver ça très drôle. Ses yeux pétillaient d'amusement.

Nous entrâmes dans le local technique sus nommé.

Il faisait noir. Très sombre. Seule une maigre bougie se consumait sur un coin de tonneau renversé.

Sa lumière vacillante projetait des éclats lumineux sur les dents d'un homme en costume, élégamment assis dans un coin.

Je mis un moment à le reconnaître à cause des ombres mouvantes qui dévoraient son visage.

C'était l'homme de mon rêve. L'homme du journal. Moriarty.

La respiration de Sherlock s'était accélérée.

Je ne m'étais pas rendu compte que je m'étais rapproché de lui. La pièce était vraiment étroite.

Un autre homme était debout au fond de la pièce mais la lumière était trop faible, on ne voyait que ses jambes.

Moriarty s'anima, leva une main pour inviter Alan à s'asseoir.

« Prenez place mon cher, je peux vous proposer un ravissant cageot pleine d'éponges magiques, un tonneau ou alors, comble du luxe, une corbeille pleine de bottes sales. »

« Que me voulez-vous ? Laissez ma famille tranquille ! »

« Qu'avez-vous pensé de mon petit jeu ? Pas mal non le coup des sorciers de ménage. Personne ne fait attention au petit personnel. Aux petits insectes qui s'agitent dans l'ombre. Il suffit de les corrompre -tout comme vous- et l'on a accès à tout. Ils connaissent les sécurités, les rondes de surveillances, les locaux comme leurs poches. Un coup de génie non ? Oh ! Mais je suis un génie c'est normal !»

Il éclata de rire. Ses dents luisaient férocement dans la pénombre.

« Laissez nous ! »

« Laaaa. Calmez vous, enfin. Vous ne voulez pas faire un brin de causette avant de passer aux hostilités ? »

« Allez vous faire foutre ! » Alan sortit sa baguette d'un air menaçant.

« A votre place je ne ferai pas ça. » Il désigna l'homme derrière lui, le visage dans l'ombre. Ce qui ne l'était pas en revanche, c'était la baguette tordue qu'il tenait dans sa main, pointée sur Alan.

« Ne touchez pas à ma famille ! »

« Personne n'y touchera si vous faîtes ce que je veux. Voyez-vous, j'ai besoin de quelqu'un de plutôt haut placé dans le département.»

« Je n'ai pas peur de vous. »

Moriarty sourit largement d'un air goguenard.

« Vraiment pas ? Quel dommage. Vous ne voudriez pas retrouver votre sœur dans un plat de lasagnes ainsi que votre neveu et votre nièce en pièces détachées, n'est ce pas ? Ou devrais-je dire en ...morceaux choisis ? Réfléchissez. »

Il pouffa, s'amusant apparemment beaucoup.

Il se pencha pour épousseter une de ses chaussures vernies et se mit à chantonner.

« Une tête dans les chaussons, un pied sur la plaque de cuisson, un œil avec les poissons, qui tournent, tournent, tournent en rond. Un doigt sur le guéridon, un tibia sur l'édredon, un intestin pour les cordes du violon. Un foie dans la soupe de Tonton, un cerveau dans l'infusion, un cœur pour décorer le balcon, des artères dans la ventilation. Le sang pour repeindre le salon. Et que voilà une belle maison. »

« Alors, mon ami ? Votre choix ? » S'enquit-il d'un ton badin et très aimable.

« Je...je... »

« Encore un peu de temps pour réfléchir ? Comme je suis un homme civilisé je vous l'accorde avec générosité. » Il reprit sa comptine affreuse.

« Que vois-je ? Ne serait-ce pas Angela ? Petite fille de dix ans. Étendue sur le sol, on dirait qu'elle a froid. Normal, morte depuis quelques temps, elle se noie dans son propre sang. Le visage de peur tout crispé, elle regarde son frère Joe, joyeusement éviscéré sur le plancher - »

« Assez ! » Hurla le pauvre homme, tremblant comme une feuille.

« Vous préférez quoi ? Refaire la décoration de votre intérieur version Nature Morte ou me rendre un touuuut petit service ? »

Ce type était terrifiant.

Sa voix pleine d'intonations changeantes était horriblement effrayante, dangereuse.

Tantôt onctueuse. Tantôt légère. Tantôt menaçante.

Chaque mot cachait son tranchant. Chaque son dissimulait un poignard.

Ses yeux durs comme l'onyx lançaient des éclairs inquiétants. Il ne plaisantait pas pour de vrai.

Il me faisait peur. Viscéralement peur. Il était fou. Vraiment fou.

Les épaules d'Alan s'affaissèrent et il admit, totalement décomposé :

« Je vous donnerai les informations que vous voulez. »

« Demandez ce que je veux, demandez ! »

« ...Que voulez-vous ? »

Moriarity se pencha en avant.

« Je veux...la Fleur de Feu. »

« ….Vous l'aurez. »


Après être retourné à la réalité, Sherlock s'éclipsait déjà sans même un au revoir.

Je soupirai, agacé par ce manque de politesse qui atteignait des sommets.

« Au plaisir de vous revoir. » M'excusai-je auprès du bureaucrate, rejoignant à petites foulées le sorcier.

« Tu aurais quand même pu le saluer Sherlock. »

« Foutaise. »

« C'était ton professeur. »

« Ah j'oubliais, toi tu devais être le petit chouchou qui venait discuter avec eux pendant les récréations. »

Je rougis me remémorant quelques souvenir d'enfance, où j'étais en effet très collant avec mes enseignants.

« Qu'est ce que disais. » Railla le brun, un sourire satisfait pendu aux lèvres.

« Et sinon que va devenir Alan Mathesson? » Annonçais-je pour changer de sujet.

« Ceci ne me concerne plus. »

« Qu'est ce que tu comptes faire alors, avec les informations que tu viens de récolter? »

« Je parlerai à Mycroft de son service d'entretien des plus défectueux. »

Je lâchai un grognement en le suivant dans les rues. Il était bien bruyant, marmonnant pour lui la ruse de Moriarty.

Il disait qu'il l'avait sous estimé et que cet homme avait du génie.

Qu'il avait enfin trouvé quelqu'un à sa taille, qu'il ne s'ennuierait pas.

Je n'aimais pas vraiment l'intérêt qu'il portait à cet homme malfaisant.

Une douleur vive me brûlait la poitrine, et mes dents s'entrechoquaient entre elles.

« Il te fascine, tu devrais lui donner rendez-vous. » Fis je agressivement en craquant les os de mes doigts ensemble.

« Patience John, c'est à son tour de jouer. »

« Il a déjà infiltré le ministère. »

« Et nous savons comment. »

Je lui lançai un regard incrédule, infirmant sa déclaration, il comprit vite et passa une main devant ses yeux, crachant un "ce que tu peux être stupide".

Je préférai ignorer cette remarque habituelle à mon égard, lui demandant un signe de main de m'exposer ses propos.

« Moriarty a construit un important réseau au sein même du ministère, sous le nez de ces imbéciles, n'est ce pas brillant? »

« C'est à dire que.. »

« Il a exploité le service ménager de nuit, il a mené par le bout de la baguette un homme haut placé, en utilisant ses sentiments familiaux. Quelle bonne idée! Il a abusé des points faibles John, et s'est dissimulé dans le décor pour mieux attaquer. Il connaissait les lieux, il avait tout prévu- »

« Sauf l'absence de la fleur » Le coupai-je.

« Exactement! »

« Tu crois que c'est pour cette raison qu'il a effacer la mémoire d'Alan ? »

« Non il l'avait déjà prévu. Il ne pouvait pas garder Alan très longtemps, trop dangereux. »

« Qu'est ce qu'on fait alors »

« On rentre, j'ai a parler à Mycroft » Il attrapa mon poignet entre ses fins doigts glacés, et nous entraîna dans une ruelle sombre pour nous téléporter chez lui. Pardon ….transplaner.


Enfin au 221B Baker Street, je me laissai tomber dans le fauteuil en cuir qui couina sous mon poids.

Je me plaignis de ses voyages magiques atroces qui me retournaient l'estomac à chaque fois.

Une main sur mon ventre, je grimaçai en tirant la langue.

« On ne pourrait pas prendre les transports en commun ? »

« Inintéressant. »

« Où marcher simplement à pied ?»

« Futile. »

Je tapotai des doigts sur l'accoudoir, ne cherchant pas à avoir le dernier mot avec lui.

De toute façon, personne ne pourrait le faire taire. Même son grand frère n'avait aucune autorité sur lui.

Je m'enfonçai davantage dans le fond du fauteuil, fermant les yeux, essayant de dormir d'un seule oreille.

J'entendais la circulation des voitures à l'extérieur, les braillements du Crâne que ma présence insupportait, et les insultes sur ma personne.

Le bruit de feu qu'on allume, le bois crépitant en étincelles dorées.

Et la bouilloire qui sifflait.

Pourquoi avait-t- elle été mise en route ?

J'ouvris les yeux, me retrouvant nez à nez avec mon colocataire du moment.

Mes joues s'empourprèrent aussitôt, je ne savais pas vraiment pourquoi, mais je le sentais un peu trop près.

Son souffle caressa son visage.

« C'est pour quoi ? » Demandai-je en croisant les bras, gardant un semblant d'ego.

« Thé ? » Réclama t-il simplement en s'éloignant de moi, s'asseyant toujours aussi gracieusement dans le canapé.

« Je ne suis pas aux services de Monsieur Holmes, payes-toi un homme de main ou un homme à tout faire, tu dois avoir les moyens. »

« Je suis déjà trop aimable de t'héberger. »

« Tu appelles ça héberger ! Je dors sur un canapé inconfortable, je porte les même vêtement depuis des jours, je n'ai pas pu prendre une seule douche depuis que je suis emprisonné ici. »

J'avais le cœur battant la chamade, des sueurs froides me traversèrent le dos, mes doigts s'enserraient autour du fauteuil. Sherlock me regardait calmement les mains jointes sous le menton.

Ses iris claires me fixèrent longuement, et il me dit toujours aussi posément.

« La seconde chambre est actuellement innoccupable, tu peux emprunter mes vêtements, la salle de bain est au premier tout de suite à droite, autre chose ? »

« Je suis désolé de m'être énervé... » M'excusai -je en baissant la tête honteusement comme un chiot pris en train de faire une bêtise.

« Thé. » Répéta le brun, ce qui me semblait être l'acceptation de mes pitoyables excuses.

Je me levai pour aller en préparer dans la cuisine entre les différentes expériences, entendant le feu crépiter plus fort, jusqu'à ce que la tête de Mycroft apparaisse entre les cendres.

J'écoutais d'une oreille discrète la discussion des frères, où Sherlock acclamait avec brio les devinettes de Moriarty, blâmait avec exagération le service de protection du Ministère, se félicitait d'avoir réussi sa mission etc etc.

Le thé prêt, j'en posais une tasse pleine sur la table basse à côté de Sherlock, en pleine discussion.

Je tirai une de ses mèches pour attirer son attention sur moi.

Ses yeux se tournèrent lentement vers moi, et je lui indiquai la tasse à ses côtés, je l'informai aussi de ne pas me déranger pendant la douche.

Il acquiesça en continuant son dialogue, qui commençait à dériver sur Mademoiselle Adler.

Je m'échappai très vite du salon, entendant le soupir du Crâne au dessus de la cheminée, ne pouvant pas se boucher les oreilles, obligé d'entendre un Sherlock furieux.

Sortant d'une douche bien chaude, je trouvai des habits dans la chambre de Sherlock, ne lui empruntant qu'une chemise, le pantalon étant trop grand.

En revenant dans le salon, je le trouvai assis en train de bouder, les jambes serrées contre son torse.

« J'espère que tu n'as pas dérangé mon classement de chaussettes. »

J'arquai un sourcil et lâchai en blaguant :

« Maniaque. »

Il pouffa tout de même, malgré ses yeux qui m'envoyaient des missiles.

Prenant place à côté, je remarquai qu'il avait déjà fini sa tasse.

Je lui lançai un regard curieux pour savoir s'il en voulait encore.

Il tourna la tête de gauche à droite, refusant.

« Tu t'es fâché avec ton frère ? » Demandai je m'inquiétant un minimum pour lui.

Ce qui me semblait plus naturel maintenant.

« Il n'a pas changé d'avis pour engager Irène ?»

« Il est vraiment stupide, elle ne ferra que nous ralentir. » Soupira Sherlock en passant une main lasse dans ses cheveux bouclées. « Elle sera là demain » Ajouta il boudant davantage.

« On pourrait... » Commençai-je, hésitant en me tordant les doigts.

Il se tourna vers moi, détaillant mon visage, il inclina la tête pour que je poursuive.

« Si c'est possible bien sûr, mais aller chez moi récupérer des vêtements parce que là... » Démontrai-je en montrant les manches trop grandes.

Le sorcier soupira, en roulant des yeux « Empoté » me dit il, en me remontant les manches de sa chemise. « Tu voudrais donc lui « poser un lapin » ? »

« En quelque sorte... »

« Enfin un brin d'intelligence John ! Nous irons chez toi dès demain, il faudra partir plus tôt, cette vipère serait capable de venir en avance. » Déclara-t-il en bondissant de son siège. « Nous partirons à pied, et prendrons le première taxi au carrefour. »

J'allais lui demander de se calmer, quand on toqua à la vitre.

J'aperçus un grand hibou noir, tapant son bec contre la fenêtre.

Sherlock lui ouvrit et l'oiseau vient se poser sur l'épaule du brun, ce dernier lui donnant un petit biscuit qui traînait dans sa poche.

« John, voici Kolh mon hibou. »

« Oh, il a l'air plus charmant que l'autre animal de compagnie » Me moquai-je en jetant un œil au Crâne.

Je m'approchai du volatile lentement, me rappelant m'être fait pincer par un aigle au zoo lors d'un de mes premiers emplois.

Je défis prudemment le nœud à sa patte, et pris le petit paquet qu'il transportait.

« Un piège ? » Demandai je au sorcier, qui haussa les épaules, lisant la petite lettre qui accompagnait le lot.

« Cher Monsieur Holmes, voici un petit cadeau en gage de vos services »

Sûrement un ancien client, qui voulait le remercier.

Ce que je trouvais assez fou en fait.

Je le déposai sur la table, le regardant curieusement.

« Que vas-tu en faire ? »

« Tu peux tout manger. » Répondit-il un grand sourire trop suspect accroché aux lèvres.

Cette fois ci, j'allais me servir des petits bonbons et dragées roses dans la panier quand le hibou fonça sur moi.

Surpris je paniquai aussitôt et m'abaissai aussitôt.

« Mais ça va p- »

Tout à coup l'animal noir se colla contre moi, et frotta sa grande tête plumeuse contre la chemise de son maître.

« Tu...Tu crois qu'il te confond ? »

« Non il ne me fait jamais ça. » Dit il un peu surpris.

Un peu apeuré je caressai la tête du rapace, prenant un bonbon à la couleur orange.

Je le mis en bouche, il avait bon goût quand soudain il me piqua légèrement la langue.

Me fit tourner la tête, mes oreilles sifflèrent.

Je pensais que cela n'était pas réel, quand je sentis un souffle dans mes oreilles et que j'observais mon reflet rouge vif.

« Sherlock qu'est ce qui m'arrive ! »

« Un bonbon John.. »

« Un bonbon ? Tu te fous de ma gueule ! »

Il me sourit encore plus, avant que je lui envoi une dragée à la tête. Il le rattrapa avant qu'il ne se la prenne dans son front et me le renvoya.

« Aieeuuh ! »

« Ça t'apprendra. »

Il me tourna le dos et s'éloigna un peu. Je pris un autre bonbon et touchai sa nuque. Il gémit de douleur me regardant furieusement.

« John ! »

Je pris le paquet sous le bras en m'éloignant le plus possible du sorcier. Il retira ses chaussures et marchait plus vite vers moi.

« Je connais cette maison dans les moindres détails, tu ne m'échapperas pas »

Je gloussai en m'échappant à l'étage, armé d'un paquet de bonbon magique.

Derrière moi, il montait les marches à toutes jambes, j'accélérai, j'accélérai.

« Je te rattrapes ! Hé oui c'est ça d'avoir des petits jambes ! » Il jubilait en plus. Grrrr.

Je courrais et ce qui devait arriver arriva.

Je glissais sur le plancher et m'écrasais à la dernière marche. Le sachet de bonbons s'envola et tomba dans le couloir, un peu plus loin. Même pas le temps de me relever qu'une main se posa sur ma tête et appuya dessus pour m'empêcher de me lever.

Sherlock me piétina et me dépassa mais je n'allais pas le laisser faire.

Je lui fis un vicieux croche pattes et il tomba à son tour dans le couloir.

Je me levai et le dépassai avec un grand sourire mais il attrapa ma cheville et me tira en arrière.

Je basculai encore, le plancher tapa durement contre ma poitrine.

Je tirai Sherlock en arrière par la cheville à mon tour mais il venait de s'accrocher à un pied de meuble et il résistait. Nous luttâmes, à plat ventre sur le plancher, incapables d'avancer l'un comme l'autre.

Un ululement strident se fit alors entendre ainsi qu'un bruit de plumes. Le hibou de Sherlock attrapa les bonbons dans son bec et s'envola. Je jurerais qu'il venait de nous adresser un regard moqueur. Nous nous relavâmes en même temps et nous nous précipitâmes au bas de l'escalier en nous bousculant comme des gosses, épaules contre épaules.

Khol se posa sur un fauteuil du salon avec fierté, son trophée au bec.

Sherlock leva son bras en l'air avec une expression supérieure et appela son hibou. Qui ne vint pas.

Là encore je cru voir une étincelle d'amusement dans son regard doré.

Agacé, le sorcier s'avança.

« Khol ! »

Le hibou inclina sa tête à droite. A gauche. Puis il décolla ….vers moi et se posa sur mon épaule. Très stressé de sentir ses serres tranchantes sur mon épaule, j'étais rigide comme du béton.

« Il ne va pas te dévorer ou te lacérer avec ses serres. Il est dressé. Assis toi sur le fauteuil au lieu d'avoir cette tête de constipé. » Dit Sherlock d'une mauvaise grâce évidente.

Je m'assis précautionneusement, comme une mémé. Sherlock roulait des yeux.

Finalement après plusieurs minutes, le rapace poussa ma main avec instance et laissa tomber le sachet sur mes genoux. Il continua à pousser ma main.

« Qu'est ce qu'il fabrique ? »

Le brun serra les lèvres.

« Il veut que tu le caresse. Stupide John. »

Je dissimulais un sourire mais il le vit et me foudroya de son regard électrique.

Il était jaloux que son hibou lui fasse des infidélités.

« C'est quoi comme hibou ? »

« C'est un Bubo Bubo de la famille des Strigidés. »

« Quoiii ? »

Il soupira d'un air blasé.

« Un Hibou Grand Duc. »

Je caressai le plumage du hibou qui de contentement serra et desserra ses griffes sur mon épaule à la manière des chats.

« Stupide animal » Bouda le brun.

Un peu plus à l'aise, voyant que Khol ne voulait pas me picorer l'oreille j'ouvris le sachet sur mes genoux.

« A ta place j'éviterai. »

« Pourquoi ? J'ai envie de goûter. Ils ont l'air bons. »

Il haussa les épaules. Un fin sourire joua sur ses lèvres.

« A tes risques et périls. Mais ne viens pas te plaindre après. »

Je haussais les épaules à mon tour et croquai dans une dragée.

Sherlock se pencha vers moi, suspicieux, guettant ma réaction.

« Alors ? »

La saveur explosa dans ma bouche.

« Humm mais c'est super bon ! Fraise ! »

« Quoi ? T'as eu fraise, c'est pas possible ?! » Il semblait étrangement dépité et abasourdi mais il se reprit avec dédain.

« La chance du débutant ! »

« Tu veux faire un concours ? » Lui proposai-je. Je pensais qu'il pourrait aimer.

Il se redressa sur son siège.

« Je vais t'écraser. Ta chance ne dura pas éternellement. »

Il se leva et en choisit un. Il grimaça.

« Sardine. »

A mon tour.

« Tarte aux pommes ! »

« …..Dentifrice. »

« chocolat ! »

« Mais tu triches c'est pas possible ! ….Tripes. »

« Melon ! »

« …Huile de foie de morue. »

« Ohhh pain d'épices ! »

« Je te déteste... »

« ….C'est bizarre ça à un goût de...de...moisi. Beuuuuh. »

Il éclata de rire

« Ahah la chance tourne ! …..piment. »

« …..Cire de bougie. »

« …..Scarabée. »

« ...Viande crue. »

Et là je tombais sur le pire goût du monde. Manquant de vomir je lâchais un léger et sobre : « Poubelle. »

Il partit dans un grand rire.

« Ahhh c'est toi qui l'as eu. Pas de chaaaance. »

Par dépit je fouillais dans le sachet et en tandis un orange à Khol.

« Noooon pas celui là ! »

Le pauvre oiseau se mit à siffler comme une locomotive, de la fumée sortant en grande pompe de ses oreilles.


Voilààà ^^ Une review pour ce chapitre ô combien long ? XD

Dans l'espoir ne pas trop vous faire attendre pour la suite, mais ma collègue fera comme elle pourra ^^.