Hey'

Voici (enfin) le premier chapitre. J'ai oublié, je m'en rend compte à présent, de préciser que le prologue posté est celui du livre I. Et de préciser qu'il y aura, probablement, quatre livres (oui, oui, vous avez bien compris, quatre ... je m'épate ... mais bon, ils ne seront pas non plus d'une longueur extrème).

M'enfin, maintenant, je me dois de dire que les personnages ne m'appartiennent pas, bien sûr, sauf ma création : Christanie Montes. Je tenais aussi à préciser que le livre I serait de son point de vue. Vous verrez bien pour les autres ...

Je ne serai pas là de la semaine (voyage à York oblige) donc le prochain chapitre n'arrivera très certainement que le 25 Mars au minimum.

J'ai assez blablaté comme ça, je pense. Ah ! Si ! Une dernière chose : si quelqu'un a besoin d'un bêta, il peut me contacter =)

Et maintenant ...

Enjoy'


Chapitre I : Le départ.

J'étais seule dans la pièce. Il était presque dix huit heures, à présent, et la nuit hivernale avait recouvert les vitres du centre de documentation et d'information d'une teinte sombre. Les élèves étaient tous partis, rentrés chez eux, certainement. Même le documentaliste s'était discrètement éclipsé pour se faire réchauffer un reste de café. Il faisait froid. Le vieux chauffage du lycée soufflait, râlait, suait, sans jamais réussir à maintenir la température à un degré acceptable. Je resserrai mon écharpe autour de ma gorge, néanmoins, pour moi, ce geste était plus une habitude qu'une nécessité. Parcourant les reliures des livres posés sur les étagères de mes doigts glacés, j'examinai chaque titre, à la recherche d'un ouvrage que je n'eux pas déjà lu, en vain. Je retournai à ma table, dépitée. La lointaine sonnerie de l'étage retentit, résonnant dans les longues allées vides d'élèves. Derrière moi, le documentaliste était revenu.

-Il vous faudrait partir, à présent, Mlle Montes.

Je souris et rangeai tranquillement mes affaires. Je souris à vieil homme en sortant, et passai les bornes antivol avant de m'engager dans les couloirs. Je portais des talons hauts, et le bruit de mes pas se répercutait sur les murs, autour de moi. Je descendis les escaliers sans entrain, et resserrai à nouveau l'écharpe autour de mon cou, simple geste mécanique, avant de pousser la lourde porte d'entrée et de m'engouffrer dans le froid. La lumière des lampadaires était visible, au loin, mais l'immense cour du lycée était plongée dans l'obscurité. J'enfonçai mes mains dans les poches de ma veste, plus pour vérifier que les clés de la maison étaient bien là, que pour les protéger de la morsure glacée de la nuit, et soufflai un grand coup. De la fumée blanchâtre sortit en cascade de ma bouche et s'évapora instantanément.

J'étais scolarisée dans un des lycées de Lille. L'établissement, qui comptait plus de deux mille élèves, était situé aux abords de la ville.. Dans cette foule, il était très facile de se faire discret, même si avec un physique comme le mien, ça n'était pas chose tout le temps aisée. Comme tous ceux de ma race, je possédais une peau extrêmement pâle, qui contrastait énormément avec mes cheveux corbeaux, longs et ondulés. J'étais, sans surprise, très attirante. Si, lorsque j'étais arrivée, les garçons avaient commencé à me tourner autour, ils avaient rapidement changé d'avis, et leur instinct y était pour beaucoup. Il sentait le danger, là où eux ne voyaient rien. Et puis, ils préféraient largement les filles qui s'intéressaient à eux. Néanmoins, il m'était arrivé, durant mes nombreuses scolarités, que certains, contrairement à toutes les personnes que j'avais rencontrées au cours de ma longue vie, eurent été assez fous pour m'approcher. Mais ce n'était pas arrivé, ici, et je m'en félicitai.

Etrangement, le ciel était clair, en ce soir de Janvier, ce qui était plutôt inhabituel, dans la région. Non, vraiment, pas de trace de pluie. Je passai le portail. Quelques élèves étaient encore devant l'établissement. Appuyé sur sa moto, l'un d'entre eux racontait apparemment une histoire. Un autre rétorqua :

-C'est bon, on a compris … il n'y a pas mort d'homme, non plus !

-Hey ! Répliqua-t-il. On ne sait pas si Formier va s'en sortir.

-Qu'est ce qui s'est exactement passé ? Demanda une fille, avide.

-Et bien … Formier se baladait, avec Gorgeon. Il était à peu près 15 heures, hier. Ils avaient fini les cours, tous les deux, et il pleuvait comme le poing. Ils sont passés par le centre ville, pour aller chez Gorgeon. Sauf que Formier a bousculé un mec. Ce gars portait un long manteau noir, avec une capuche. Formier s'est excusé, et là, le type a souri. Et ensuite, enfin, c'est ce que raconte Gorgeon, il s'est jeté sur Formier. Ca a été super rapide. Le mec s'est retourné et a regardé Gorgeon. Et il avait les yeux rouges. Puis il s'est volatilisé. Et Formier était par terre, vidé de son sang.

-Tout ça c'est que des conneries ! S'exclama un gars.

-Que dalle ! Va à l'hosto, et tu verras. Même que les docteurs pensent à faire interner Gorgeon. Apparemment, il aurait été mordu. Les médecins sont sceptiques. Ils ne lui donnent pas beaucoup de temps.

-Merde, murmura un autre élève.

Le silence se fit. Je connaissais Formier. Un élève, plutôt doué, du genre beau gosse. Mais cette histoire était vraiment inquiétante. Je quittais rapidement la place et traversais le rond point d'un pas pressé. Devais-je croire cet élève ? Après tout, cette histoire n'était peut être qu'un énorme mensonge destiné à rendre croustillant l'accident d'un camarade. Néanmoins, alors que je passais devant la ruelle que j'empruntais habituellement, je ne bifurquai pas. L'hôpital devait être à une bonne heure de marche du lycée, aussi décidai-je de prendre le bus. Je patientai une bonne dizaine de minutes, avant d'entendre le grondement lointain du véhicule. Une dame d'un certain âge, à mes côtés, regardait sa montre en se dandinant sur ses petites jambes. Je soupirai d'ennui, et elle me lança un coup d'œil agacé. Je n'étais pas d'humeur, aujourd'hui, et je ne me sentais pas de jouer avec les nerfs de la pauvre femme. Je lui jetai un regard noir. Elle sursauta, et glapit comme un chiot effrayé avant de s'éloigner de moi à petits pas pressés. Lorsque le car amorça son freinage, et que les portes s'ouvrirent, je sautai sur le marchepied. Le chauffeur jura, effrayé par mon imprudence, sans doute. Je lui fis un sourire ravageur en laissant tomber une pièce sur le comptoir. Il me tendit un billet, que je compostai immédiatement. Après quoi, je m'installai au fond du véhicule. Il redémarra, et je pris mon mal en patience. J'eus l'impression que nous mîmes des heures à arriver, peut être parce que je savais que si cette histoire se révélait véridique, je perdrais ma tranquillité, et peut être même ma vie. Je descendis le plus rapidement possible, et pénétrai l'établissement à grand pas. L'odeur du sang humain m'agressa les narines, mais, habituée, je n'eus que peu de réaction. J'avançai jusqu'aux ascenseurs et appuyai sur le bouton d'appel. Ce ne fut que lorsqu'il arriva que je me rendis compte que je ne connaissais pas le numéro de la chambre du malade. Je bifurquai donc, laissant l'ascenseur s'ouvrir, vide, et me dirigeai vers les escaliers. Ils n'étaient que peu fréquentés, aussi me permis-je de courir pour atteindre le premier étage. J'ouvris ensuite la porte, et écoutai, l'air de rien, les murmures des personnes dans les couloirs. Je savais qu'avec un cas comme celui que je cherchai, je n'aurais aucun mal à trouver. Je répétai le stratagème plusieurs fois, avant d'enfin tomber sur le bon étage. On ne parlait que de cette affaire, et mon oreille perçu rapidement de faibles râles de douleur. Je sillonnai le couloir, l'air de rien. Une fois que je fus sûre que j'avais trouvé la bonne chambre, j'ouvris rapidement la porte, et la refermai tout aussi vite. Une infirmière était là. Elle me regarda avec un air ahuri, mais le temps qu'elle réagît, je m'étais déjà approché du malade. Il était agité de convulsions, et ses yeux se révulsaient. J'aperçus la morsure et grimaçai. Je ne pouvais rien faire. Si Formier survivait à sa transformation, il serait aussitôt tué, je le savais. Il me fallait partir, maintenant. L'infirmière criait déjà lorsque je sortis, mais je disparu avant qu'elle pût donner une alerte sérieuse. Je pris les ascenseurs, cette fois ci. J'appelai un taxi pour rentrer, et effectuai le trajet inverse comme dans un rêve, ne reprenant conscience que lorsque je déverrouillai ma porte d'entrée. Je savais ce qu'il me restait à faire. Demain, cette affaire ferait la une de tous les journaux, et avec une description aussi précise que celle de Gorgeon, nul doute qu'ils allaient rapidement se déplacer. Mes amis italiens allaient venir faire le ménage, c'était sûr. Et je n'avais aucune envie d'aller voir les Volturi.

Je soupirai. Je n'aimais pas ce que je devais faire. D'autant plus que j'allais encore devoir déménager.

J'avais déjà sillonné la France entière. Je connaissais la Russie par cœur. Il n'était pas question que j'allasse en Italie. L'Alaska ne me tentait pas vraiment. En réalité, j'avais déjà écumé tous les coins nuageux du monde. J'essayai de faire l'inventaire de ce que j'avais vu. J'avais commencé par l'Amérique. Oui, c'est ça. Forks, un bled paumé, et une réserve d'hommes à moitié loups, les Indiens Quileutes. Je n'avais jamais eu de soucis avec eux. Alors, pourquoi ne pas y retourner ? Après tout, ça faisait bien cinq cent ans que je n'y avais pas mis les pieds. Mais avant de partir, j'avais une dernière chose à faire. J'entrepris de ranger mon appartement. Je vidai mon dressing, entassai tous les bibelots et mes affaires diverses dans des cartons, et appelai un déménageur. Malgré l'heure tardive, il répondit, très certainement parce que j'avais utilisé son numéro privé. Quand il comprit de quoi il en retournait, il grogna, jura, jusqu'à ce que je lui fisse un prix. Lorsque je raccrochai, il était déjà en route. Il était plus de minuit. L'homme arriva quelques minutes plus tard. Je lui indiquai la marche à suivre, et m'éclipsai au volant de ma voiture. Dans le coffre, un bidon d'huile, et dans ma poche, un briquet. Je roulai sans interruption jusqu'à un kilomètre de l'hôpital. J'entrai discrètement dans le terrain, et tournai autour du bâtiment. Lorsque j'eux repéré le mur de la chambre de Formier, j'entrepris d'escalader le mur, le bidon avec moi. Je ne me souciais pas vraiment de ne pas faire de bruit. Il valait encore mieux que je fisse ce que je voulais faire là, plutôt que mes amis s'en chargeassent. Je brisai la vitre. Je n'avais que peu de temps, à présent. Je m'approchai du patient, et débranchai les machines. Il n'avait pas besoin de tout cet attirail. Le bruit avait dû attirer du monde, aussi ne m'attardai-je pas. Je pris simplement le temps de murmurer quelques mots à Formier.

-Si tu pouvais, tu me remercierais. Crois-moi, ce que je t'offre là, c'est la délivrance. Ce que tu aurais vécu dans quelques heures aurait été bien pire. Sans parler de ceux que tu aurais pu tuer, si par hasard ils n'arrivaient pas à temps.

Je n'attendais pas de réponse. Les convulsions continuaient toujours. Je vidai une partie du bidon autour du lit, avant de jeter le reste sur le patient. Je repartis à la fenêtre, sortis, et me retournai une dernière fois. C'est à ce moment là que je jetai le briquet. La pièce s'embrasa. L'alarme se mit en route. Formier ne cria pas. Non. Ce qu'il endurait intérieurement était déjà bien pire, après tout. Je sautai et m'éloignai. Je croisai les pompiers sur le chemin de l'aéroport.