Hey !

Cinquième chapitre, déjà =). Cinquième chapitre du livre I. Un chapitre qui n'était pas censé exister au départ, et qui est un peu plus court que les autres. Je remercie tous les lecteurs, et les reviewers. Ca fait vraiment plaisir. Car après tout, la review, c'est le salaire, que dis-je, le chocolat, que dis-je, l'oxygène ! de l'auteur.

R.A.R :

Amy : Merci de ta fidélité, Miss. Christanie est comme ça pour une bonne raison. Bonne continuation à toi, j'espère que ce chapitre te plaira.

Lisou : La suite maintenant =)

Léa : OMG ! Que ça me fait plaisir de te voir ici, Miss =). Le fait que Christanie réfléchisse très vite n'est pas un don, c'est plutôt, comme tu le dis si bien, "l'expérience des années". Merci de me donner tes hypothèses. Mais, comme tu dois t'en douter, je ne te dirai rien, juste pour le plaisir de te voir revenir :D. B'sous =)

Enjoy'


Chapitre V : Ca ne s'arrête jamais ...

Je m'appuyai contre la porte et soupirai. Ils étaient partis. Il ne leur avait pas fallu bien longtemps pour déguerpir, à vrai dire. Et je me retrouvais seule. Comme toujours, pour être franche. Je balayai ma nouvelle maison du regard. Le plus simple aurait encore été de prendre mes affaires et de partir comme j'étais venue : sans que personne le sût. Mais j'avais acheté cette demeure, à quelqu'un qui ne voulait pas la vendre. Je me devais de m'en occuper. Oui. Je n'avais qu'à la retaper, et ensuite, je m'en irais.

Je m'attelai donc à la tâche, pendant toute la nuit. Cette activité me permit d'oublier mes problèmes les plus récents, sans compter les vieux démons qui ressurgissaient, et aussi de fuir l'immobilité et l'ennui de l'obscurité. Durant des heures et des heures, j'abattis des cloisons, je détapissai et repeignis des murs. J'installai mes meubles, portant un canapé à bout de bras, jonglant avec mon matelas pour monter les escaliers qui menaient à ma chambre. Lorsque je m'appuyai sur le nouveau bar de ma cuisine, il était à peine cinq heures du matin. J'avais terminé.

Je sortis de la maison et, sans un regard en arrière, flânai pendant de longues minutes le long de la route. Je laissai les différentes senteurs environnantes m'envahir, à l'affût d'un gibier qui pût me convenir. Une petite forêt longeait la route qui sortait de Forks. J'accélérai l'allure et m'y enfonçai. Mes narines captèrent l'odeur alléchante d'une biche pleine de santé. Je me mis à courir. Mon téléphone sonna, mais, mes instincts animaux ayant pris le dessus, j'émis un grognement sourd et ignorai le vibreur qui faisait trembler la poche de mon jean. Mon gibier était là, à présent. Il sentit ma présence, et s'enfuit. Ravie, je menai la chasse. J'étais une excellente traqueuse, d'une part parce que j'avais vécue très longtemps seule et livrée à moi-même, et d'autre part parce que côtoyer les Volturi pendant de nombreuses années avait perfectionné mon entraînement. D'accord, vous pouvez vous dire que je sais tout faire, que je suis imperméable à tout. Mais c'est faux. Il est sûr que je sais traquer, que je sais me battre, que je suis végétarienne, que je peux figer le temps, et qu'en plus, je contrôle suffisamment mes pensées pour qu'un télépathe comme Edward Cullen n'y ait pas accès. Mais tous ces pouvoirs sont le résultats de nombreux moments de souffrance, d'entraînements acharnés, sans aucun repos pour mon corps ou mon esprit. Imaginer vous traquer des jours et des jours, sans relâche, une seule et unique proie, et devoir faire abstraction de toutes celles autour de vous. Imaginez vous traquer un sanglier qui, fuyant, s'approche d'un village rempli d'humains alors que vous n'avez pas mangé depuis plus d'une semaine et que vous n'avez qu'un contrôle approximatif sur votre soif. J'avais vécu des moments terribles dans ma vie, aussi pensai-je mériter ces capacités que je détenais. Je sautai enfin sur la biche, qui expira sans un couinement. Néanmoins, un grognement d'avertissement me fit relever la tête. Un loup, babines retroussées, se tenait immobile devant moi. De accroupie, je me retrouvai debout, solidement campée sur mes jambes. Cet animal n'était pas un loup ordinaire. Il était bien trop musculeux, bien trop grand, bien trop imposant, pour cela. C'était un membre de la meute, à n'en pas douter. Allai-je devoir me battre? Sans doute. Peu habituée à être soumise aux différentes règles qui faisaient en sorte que la gué-guerre stupide entre vampires et modificateurs ne vire pas à l'apocalypse, je n'avais pas prêté attention à la limite des deux territoires. Et vu l'attitude menaçante de mon presque-ennemi, j'étais sans nul doute en terre franchement hostile. Je fis un pas prudent vers la droite, sans relâcher mon attention. La bête mu suivit des yeux. Lentement, je reculai d'un bon mètre. Il avança de la même distance. Alors, avec un regard de défi, je me détournai de lui. Un grondement sourd monta de sa gorge. Je me mis à courir. Enragé, il se mit à ma poursuite. Durant quelques centaines de mètres, je le laissai faire. Néanmoins, il était un peu plus rapide que moi, et il commençait se rapprocher dangereusement. Brusquement, je grimpai à un arbre. Il tenta de me suivre mais, le prenant de vitesse, je lui sautai dessus. Le choc lui fit perdre l'équilibre et nous roulâmes au sol. Mon visage se retrouva à quelques centimètres de la gueule écumante du molosse. Il tenta de mordre, mais je me jetai en arrière. En moins de quelques secondes, il fut sur moi. Mon pied s'éleva, et s'abattit sur sa mâchoire. Un craquement lugubre résonna dans la forêt et le loup gémit. 1. 2. 3. Éberlué, il me regarda m'enfuir. Son être entier désirait me poursuivre pour me faire payer l'affront que je venais de lui faire, mais il ne pouvait pas. Je l'en empêchais. Il se lança à ma poursuite seulement quelques secondes après mon départ, mais j'arrivai à la frontière suffisamment tôt pour qu'il ne pût pas m'attraper. Sans un regard en arrière, je filai.

Je me débarrassai de mes vêtements dès que je rentrai. Je puais le loup. C'était écœurant. Lorsque je retirai mon jean, mon portable tomba de ma poche. En sous vêtements, je me baissai pour le ramasser, et remarquai que j'avais un message. Je me souvins brièvement, par flash, du vibreur sur ma cuisse. Je haussai les épaules et pressai longuement la touche 1. La voix familière de la messagerie m'arriva aux oreilles sans que j'eus à approcher le téléphone. Lorsqu'elle récita le numéro de l'appelant, je tressaillis. Je connaissais ce numéro. Un peu trop bien, même.

Bonjour Chris'. Je ne te dérange pas, j'espère? Enfin, je suppose que si tu n'as pas répondu, c'est que c'est le cas. Une partie de chasse peut être. Bref. Nous passerons te voir, moi, et quelques amis. A ce qu'il paraît, tu es dans une bourgade nommée Forks. Nous arriverons dans quelques jours.

Je n'avais prévenu personne que j'étais venue ici. Comment avait-il su? Thibault était perspicace, mais pas à ce point. Il faisait partie, étant humain, d'une bande du genre dans laquelle ses amis s'intéressaient énormément à moi. Je devais être la seule fille du lycée, à l'époque, à ne pas fantasmer sur son corps de rêve. Voilà pourquoi il ne m'avait jamais appréciée. Je l'avais transformé une centaine d'années auparavant, alors qu'il venait de se faire tabasser à mort. Ne voulant pas le laisser courir dans la nature, je l'avais pris avec moi, et nous étions partis. Mais nous ne nous entendions pas, aussi, après cinquante ans de vie commune tumultueuse, nous nous étions séparés. Une seule chose était sûre, en tout cas : Je n'avais pas envie de le revoir.


Reviews? =)