Je suis désolée désolée désolée ...
Comme vous pouvez le voir, non, je ne suis pas morte ... enfin, pas pour l'instant. J'ai donc un nouveau chapitre pour vous. Et je m'excuse encore une fois platement, et implore votre pardon à genoux pour ce retard.
R.A.R :
lisou :Mouah que j'aime ta review. Oui, le baiser qu'ils ont échangé était irréfléchi. mais sincère ^^. Elle est ... tiraillée.
Disclaimer : Rien n'est à moi. Et pis zut.
Enjoy'
Chapitre III : Demetri
Je m'installai dans mes nouveaux quartiers. L'appartement était aussi grand que la maison que je possédais à Forks. Les grandes baies vitrées laissaient entrer le soleil italien de midi, qui éclairait le studio entier et faisait briller ma peau pâle. Il ne me manquait rien, mais Aro avait tout de même envoyé deux de ses hommes de main en Amérique, où ils récupèreraient mes affaires, mes meubles, et ma voiture.
Oui. J'avais accepté.
Je me laissai doucement tomber sur le sofa beige qui trônait dans le salon. J'y était. Enfin. Ma vie serait calme, à partir de maintenant. Je me pris à sourire. Les prochaines années ne ressembleraient pas au paradis, certes, mais elles ne seraient pas non plus un enfer. J'étais ici chez moi, je le savais, et le monde entier en était désormais tout aussi conscient que moi. Bien entendu, je n'étais plus totalement libre de mes mouvements. Néanmoins, c'était bien peu comparé à la sécurité que me conférait mon statut de Volturi. Malgré tout, entrer dans cette noble famille exigeait quelques sacrifices, et pas des moindres. Mon prochain repas (et je le savais proche) en serait la preuve la plus flagrante. Pour la première fois depuis des centaines d'années, du sang humain, et non animal, soulagerait la brûlure intenable de la soif dans ma gorge.
Quelqu'un avançait vers ma porte. Presque aussitôt, des coups retentirent sur le battant de bois. Je murmurai au visiteur d'entrer. La poignée tourna.
-Bonjour Chris'. Ravi de te revoir ici.
Je me levai, lentement, en toisant le vampire debout devant moi.
-Demetri, saluai-je finalement.
Il eut une moue étonnée, puis faussement vexée.
-Tu ne viens pas m'embrasser.
J'aurais pu ne pas m'exécuter. Néanmoins, je savais qu'à ce jeu-là, je perdrais. Je n'avais jamais gagné contre Demetri. Il était bien trop rapide, et trop puissant pour moi. Je pouvais me retrouver avec un seul bras sans avoir pu l'en empêcher. Pourtant, j'essayais. Ainsi, j'allai jusqu'à lui et déposai un rapide baiser sur l'un de ses joues, puis, très vite, je m'éloignai.
-Tu étais tellement impatient de profiter de ma présence que tu n'as pas pu attendre la réunion de ce soir?
Il rit.
-Pas exactement.
Il flâna quelques secondes dans mon salon, et me fit remarquer :
-C'est sympa. Ouais. Mais un peu impersonnel.
Je souris, et rétorquai :
-Laisse-moi m'installer, et … par pitié ! Ne te mêle pas de la décoration de mon appart.
Il laissa échapper un rire, pour la seconde fois. A nouveau, je souris. Nous nous entendions plutôt bien, lorsque nous ne nous prenions pas la tête. L'éternel problème, c'est que nous étions tout le temps en train de nous disputer. Je sus qu'une énième prise de bec allait arriver lorsque je le vis soupirer.
-Alors? Pourquoi tu es là? Relançai-je.
-Aro a décidé …
-Il a décidé quoi?
-Ton partenaire.
-Ah. Et ? Demandai-je.
-Il veut te mettre avec James.
Je fronçai les sourcils et répétai :
-Et?
-Tu devrais refuser.
Je soupirai.
-Quel est le problème, exactement?
-Ce mec est … passe-moi le vocabulaire, mais c'est un salaud.
J'éclatai de rire.
-C'est toi qui dis ça !
Il montra les dents et je me tus. Je n'étais pas venue ici pour me faire exploser contre un mur dès mon arrivée.
-Tu n'imagines même pas ce qu'il est capable de faire … de te faire, bien entendu.
Je haussai les sourcils. Je commençais à comprendre.
-Tu peux détailler? Demandai-je avec courtoisie.
-Il va servir de toi !
Je fus brusquement prise d'un fou rire.
-Je vois ! Tu es ja-loux !
-Chris' ne … commença-t-il.
Mais je ne le laissai pas terminer sa phrase.
-Il doit être un sacré traqueur, pour que tu te sentes à ce point menacé.
L'une des plus grandes fiertés de Demetri était qu'il m'avait presque tout appris. Aro l'avait en grande estime pour cela. Mais il y avait une chose qu'il n'avait jamais réussi à m'inculquer : l'art de la traque. Si jamais James arrivait à faire de moi une traqueuse à peu près correcte, Demetri perdrait probablement sa place au profit de l'anglais.
Pas le moins du monde gênée par le fait d'être un simple moyen pour les deux vampires d'arriver à leur fin, je me détournai et regardai le paysage par l'une des baies vitrées de mon salon. Les rayons lumineux et chauds du soleil me frappèrent de plein fouet, m'arrachant un soupir de plaisir. Les bras en croix, je laissais mon corps s'abreuver du soleil. Lorsque Demetri reprit la parole, je l'entendis à travers une brume de félicité.
-Il est nul, lâcha-t-il avec amertume.
Je ne répondis pas tout de suite. Je préférai inspirer profondément. Les senteurs des la ville, en dessous de mon appartement, emplirent mon esprit et mes poumons de parfums colorés. C'était, pour mon plus grand plaisir, un jour de marché dans la cité. Je m'égarai. Seule une pensée, infime, presque insignifiante, accrocha mon âme vagabonde. Je me rappelai vaguement de la présence très lointaine de Demetri, derrière moi, ainsi que de ses derniers mots.
-Tu mens, murmurai-je.
La baie vitrée claqua brusquement, et tout s'évanouit. J'ouvris les yeux et mon regard tomba sur le visage furieux du vampire. Ses cheveux blonds, alors qu'il s'était approché de moi, menaçant, brillaient sous l'éclat du soleil. Ce seul détail attira toute mon attention, alors que bien d'autres parties de son corps auraient pu la mériter tout autant.
Ses cheveux étaient de la même couleur que ceux de Jasper. Non, pas tout à fait, rectifiai-je de moi-même. Ceux du Cullen étaient un peu plus cuivrés. Dès lors, ce ne fut plus le visage du Volturi que je vis. Je m'avançai vers lui d'un pas, presque sans le savoir. J'élevai ma main à hauteur de son visage.
C'était Jasper.
C'était …
Le visage d'Alice s'imposa à mon esprit. Elle riait avec le blond, et lui tenait tendrement la main.
Je revins à Volterra, et grognai. Il fallait que cette malsaine obsession cessât. Tout de suite. Je me détournai d'un Demetri pétrifié par ce que j'avais failli faire, et déclarai froidement :
-Nous nous verrons ce soir.
-Pardon?
Le regard du traqueur se fit dur.
-C'était quoi ça?
-Rien, rétorquai-je, ferme.
-Rien?! Tu as voulu …
-Ce n'était pas à toi que je pensais ! Laissai-je échapper, exaspérée.
Il se raidit, et murmura :
-Je l'espère bien.
Enfin, il sortit, probablement outré de la manière dont j'osais le traiter.
Il me restait deux heures, deux longues heures, avant la réunion. Je devais absolument me changer les idées, pour mon propre bien. J'étais décidée à sortir, mais vu le soleil éclatant qui planait au-dessus de la ville, ne pas attirer l'attention devenait un exercice plus que périlleux. A moins, bien sûr, d'enfiler la tenue des Volturi.
Dans ma chambre, une grande armoire trônait, imposante. Je l'ouvris. Une unique robe était pendue : celle, règlementaire, que tous les vampires de la cité portaient. Je l'ôtai de son cintre, et l'observai longuement, sans bouger. Longue et pourpre, elle était taillée de façon à dissimuler la plus infime parcelle de peau à tous les yeux, qu'ils fussent ceux d'un vampire, d'un humain, ou du soleil. Je la déposai lentement sur mon lit, sans la quitter des yeux un seul instant, une seule seconde, fascinée par les souvenirs qu'elle ramenait à la surface de mon esprit, des souvenirs que je croyais enfouis pour longtemps, des souvenirs que je ne voulais pas voir revivre, avant.
J'entrepris de me dévêtir, avec des gestes lents, mais sûrs et précis. je n'hésitais pas, non. je prenais mon temps. ce moment était tout à fait symbolique. Je revenais au départ, la boucle était bouclée.
Mes vêtements, un jean et un débardeur noir que je portais depuis mon départ de Forks, tombèrent au sol un par un. J'enfilai enfin la robe. Un sentiment d'étrange bien-être s'empara de moi, sentiment qui, je le savais, n'avait vraiment rien à voir avec la sensation de la douce étoffe sur ma peau. Ainsi vêtue, je me tournai vers le miroir installé en face du lit, qui soit dit en passant, était tout à fait inutile.
L'image que j'eus de moi-même me frappa. Je n'avais pas changé. Vraiment pas. Ainsi, j'avais l'impression que tout ce qui s'était passé entre mon départ de l'Italie, et mon retour ici, en ce jour précis, n'avait servi à rien, était d'une utilité désolante. Je revoyais Carlisle, derrière moi, me murmurer que j'étais belle, m'embrasser le cou, me caresser de ses mains, en détachant les lacets de ma tenue. Ce souvenir m'emplit de mélancolie, et pour la première fois, je me dis que je regrettais vraiment de l'avoir abandonné. La révélation fut comme une balle en plein cœur. Je fermai les yeux. je l'aimais et l'avais toujours aimé, malgré tout ce que j'avais pu lui faire endurer, malgré mon éloignement, malgré le temps.
Je me détournai de mon image, dégoûtée. Carlisle. Jasper. J'étais une véritable girouette. Il fallait que j'arrête tout, tant que c'était encore possible. Je haletai. De désir, de frustration, et de colère. Avec rage, je remontai la capuche de ma tenue, pour cacher mon visage aux yeux de tous. J'éprouvai un sentiment qui m'était totalement inconnu : j'avais honte de moi-même.
La population qui noyait la ville entière était difficile à éviter. Néanmoins, je retrouvai sans problèmes les sentiers à l'écart que j'avais, jadis, l'habitude d'emprunter. Je ressentais à nouveau les sensations familières qui faisaient mon quotidien, des années auparavant. J'aurais presque pu penser n'être jamais partie, si l'environnement autour de moi n'avait pas tant changé. J'observai en conséquent tout ce qui m'entourait avec minutie. Je redécouvrais totalement la cité. Elle était plus bruyante. L'air empestait l'essence : la faute aux voitures qui avaient, au fil du temps, modifié le paysage de Volterra. Mais l'ambiance de la ville italienne restait la même. Les habitants se hélaient toujours avec le même entrain, la même exubérance. Une paire de lunettes de soleil sur les yeux, les hommes sifflaient les femmes qui passaient. On avait l'impression qu'une immense fête était en perpétuelle préparation.
Je me baladais, discrète, et invisible. Au cours de mon périple, j'apercevais parfois, au loin, un homme en tenue pourpre. Son regard vermeil se fixait sur moi, intrigué par la présence nouvelle qui venait de sentir. Mais avant qu'il eût le temps de faire un geste, je tentais de disparaître, peu désireuse de me mêler si tôt à mes semblables. Je n'avais aucun mal, ici, à éviter ceux que je voulais éviter, et à trouver ceux que je voulais trouver, et ce, grâce à Demetri qui, s'il n'avait pas réussi à me donner un niveau décent dans l'art de la traque, m'avait rendue plus discrète et plus agile que je ne l'étais déjà.
J'étais en paix lorsque je rentrai à l'appartement. Les dernières lueurs du soleil mourraient à l'horizon. La nuit avait repris ses droits. La réunion allait bientôt commencer.
