Bonjour chers lecteurs,
Voici un nouveau chapitre. Le dernier du livre III. Mais pas le dernier de la fic ;). Il est plus court que les autres. J'espère que vous apprécierez.
Disclaimer : rien n'est à moi.
R.A.R. :
Anan : Merci beaucoup =).
Enjoy =)
Chapitre VI : L'Apocalypse
L'air était saturé de senteurs que mon esprit sans âge n'avait aucune peine à reconnaître. Elles évoquaient à la fois des souvenirs lointains et paisibles, et des tourments, des douleurs sans fin. Elles m'assaillirent avec une telle vivacité qu'il me fut difficile de ne pas m'y abandonner totalement, de ne pas me laisser entraîner par elles, à l'infini, à jamais, loin du monde réel.
Mais, alors que ma conscience s'éloignait de cette terre, je sentis une main enfermer mon épaule dans un étau de fer, et, agissant à l'instinct, je grognai et tentai de bondir sur mon assaillant. Demetri me maîtrisa très facilement avant de me lâcher.
-Si on ne devait compter que sur toi, jamais nous ne trouverions ce satané clan, maugréa-t-il en me lançant un regard noir, avant de s'enfuir rejoindre James, qui avait pris une avance considérable.
Je n'avais pas besoin d'avoir un don spécifique pour savoir que cette mission était bien plus que ce qu'elle paraissait être, tout du moins pour les deux traqueurs. C'était devenu une course, une terrible course. Et le vainqueur deviendrait probablement le préféré d'Aro. Voilà pourquoi James et Demetri étaient tous deux si acharnés à la tâche.
Alors que les deux traqueurs se fixaient d'un air menaçant, le coup d'oeil exaspéré que me lança Felix, comme pour me prendre à témoin, me conforta dans l'idée que je m'étais faite de cette mission. Elle était l'espoir d'une nouvelle vie pour moi, et celui d'une consécration pour eux.
Les yeux des deux tueurs étaient noirs. Ils se laissaient totalement guider par leur instinct, au mépris de toute logique, de toute humanité. Ils était tellement noyés dans leur animalité que si l'un des deux venait à bousculer l'autre par inadvertance, ou s'ils trouvaient un sujet de désaccord, je n'avais aucun doute quant au fait qu'ils se battraient dans une lutte à mort, que ni Félix ni moi ne pourrions arrêter.
Tout se passa bien, cependant, et bientôt, nous touchâmes au but. James et Demetri avaient localisé le clan ennemi en même temps, et je crus bien voir une lueur de déception dans leurs yeux à tous les deux. Mais j'avais d'autres problèmes à régler, de mon côté. Au fur et à mesure que les mètres qui me séparaient de mon devoir étaient moins nombreux, je pensais de plus n plus à faire demi-tour …
La vie est étrange, n'est-ce pas? Certains humains aiment l'imprévu : c'est pour eux une source bienvenue d'aventure qui les libère agréable de la routine du quotidien. Je n'étais pas humaine, certes, mais j'appréciais le fait que ma vie ne fût pas un long fleuve tranquille. Par contre, je n'étais pas tout à fait enthousiaste à l'idée que les déchets venant polluer le cours paisible de ma vie plutôt calme ces dernières années fussent les Volturi. Autant vous dire qu'aller les rejoindre de mon plein gré m'arrachait le coeur – métaphoriquement parlant, bien entendu, étant donné que, s'il me restait un coeur, il était toutefois évident qu'il ne battait plus depuis longtemps, et que l'arracher serait tout à fait inutile.
Je savais dès le départ que mon retour parmi la caste italienne ne passerait pas inaperçu, mais je n'avais quand même pas imaginé recevoir une promotion, si l'on pouvait appeler le geste d'Aro ainsi. Elle aurait du m'enchanter, dans un sens. Elle me garantissait après tout un pouvoir et une tranquillité que mes pairs n'avaient pas et qu'ils ne pouvaient pas me contester étant donné qu'ils m'avaient été attribués par les rois de Volterra. Mais voir le nom Volturi accolé au mien me faisait le même effet que si j'avais épousé Aro. Il ne me procurait aucune fierté, mais plutôt un dégoût profond. Néanmoins, je me faisais une raison, ou tentais du moins de m'en faire une : j'avais une bonne position au sein d'un système que je connaissais bien, un partenaire agréable, et pas de Cullen dans les pattes. Même s'ils me manquaient. Terriblement. Plus qu'ils n'auraient du le faire, dans un sens.
Naïvement, j'avais pensé, en réintégrant la maison italienne, que tout redeviendrait comme avant. Sauf que, maintenant que j'arrivais à destination, je me devais de me rendre à l'évidence. Tout avait changé. J'avais perdu l'habitude de tuer.
C'était à moi, en tant que membre le plus haut de notre petit groupe dans la hiérarchie des Volturi, d'ouvrir la marche. En tête, et encadrée par mes camarades, je me rendis jusqu'à la maisonnette que les vampires avaient investie. Ils nous avaient sentis arriver, bien entendu, mais, habitant en rase campagne, ils ne pouvaient pas s'enfuir sans être vus, et préférèrent rester chez eux. Ils nous regardèrent donc arriver, pétrifiés, sachant déjà que c'était sans espoir. Notre vêtement, célèbre à travers le monde entier, connu de tous les vampires, parlait pour nous. Ils s'inclinèrent simplement lorsque nous arrivâmes à leur niveau.
Ils avaient l'air heureux, amoureux, remarquai-je. Ainsi, alors que Demetri et James se jetaient sur le mâle et que Felix immobilisait la femelle ; alors que, sans un bruit, sans un soupir, le premier s'évanouissait en cendres ; alors que je saisis la tête de la seconde entre mes longs doigts fins ; alors que je l'arrachai d'un coup sec en ignorant le craquement désagréable que ce geste produisait ; alors que je lançai un briquet sans prendre la peine de déchiqueter le corps ; alors que je regardai le cadavre s'embraser et disparaître très rapidement, je sus une chose : le bonheur se paye. Que ce soit le bonheur insolent de Bella Cullen, qui avait tout ce qu'elle voulait, et ce qu'aucun vampire n'avait jamais eu – des parents encore présents dans sa vie, un enfant -, ou que ce soit mon bonheur chanceux, et arrogant – survivre à travers les âges et attirer la foudre et le malheur sur les autres sans jamais en touchée directement -, tout se paye un jour. Bella n'avait pas encore payé. Moi non plus. Mais nul doute qu'un jour viendrait où nous règlerions notre dû. Ce jour arriverait tôt ou tard, et peut-être même plus tôt que tard. Ce jour-là, elle payerait pour les risques que tous avaient pris, pour les règles que tous avaient enfreintes, pour elle. Ce jour-là, je payerais pour tous les vampires que j'avais tués, pour avoir abandonné Carlisle, pour avoir embrassé Jasper, pour avoir attiré les Volturi à Forks. Et de la même façon que je savais que nous allions payer, je savais que ce jour-là serait l'Apocalypse.
Review?
