4 Attaque au manoir.
Le souper se passait bien, il était déjà très tard et Draco, dont la journée avait été longue et épuisante, se leva de table et salua les deux hommes avant de quitter la pièce pour rejoindre sa chambre.
Le jeune sorcier ne prit pas garde qu'il ne croisa aucun elfe de maison alors que d'habitude ils circulaient sans cesse dans le manoir. Il ne prit pas garde non plus au silence qui régnait dans les couloirs, les tableaux semblaient inanimés et silencieux, trop silencieux, ce n'était pas normal alors que d'habitude ils discutaient à tout va.
Draco était dans ses pensées, il avait dû se rendre cette après-midi au clan de Heath Phadraig afin de discuter de plantes rares avec Braeden, le vampire guérisseur. Ils étaient devenus amis après qu'Harry les ait présenté l'un à l'autre. Le Gryffondor et le vampire se passaient de temps à autre des potions et des ingrédients, ils s'étaient rencontrés après l'ultime bataille contre Voldemort et c'est tout naturellement que Draco faisait aussi le passeur de plantes pour Braeden qui n'avait pas le temps de se déplacer aux quatre coins du monde pour renouveler son stock.
Ils s'entendaient tous très bien. A leur petit groupe c'était même mêlé un autre vampire, le valet du duc, un italien nommé Emilio Razi, qui avait une véritable passion pour la médicomagie.
Heath, chef de tous les clans des vampires d'Angleterre, ce fourbe, était bien tranquillement en train de draguer éhontément un jeune vampire, Draco l'avait aperçu dans un des salons du château quand il s'y était rendu. Ca l'avait rendu fou de colère sur le coup de voir un jeune dandy se coller contre lui, ça l'avait mis dans une fureur inimaginable. Que l'autre ne le désire pas et le lui montre, ok, mais qu'il affiche ses conquêtes jusque sous son nez pour le railler, alors ça non !
Puis Draco s'était calmé, après tout cet idiot ne lui devait rien c'est lui tout seul qui s'était mis des idées en tête. Il avait fait demi-tour en essayant de ne pas se faire remarquer, il ne voulait pas que l'homme le surprenne en plein matage. Peine perdue pour le blond, le chef des clans froid et fier l'avait aperçu et un sourire avait effleuré ses lèvres.
Voilà plus de six mois que Draco espérait quelque chose dans le secret de son cœur. Six mois où devant cet amour, ce désir brûlant et insensé, il se taisait, subissant les frasques de l'autre qui ignorait complètement qu'il en était amoureux. Bon c'est vrai que jeter son dévolu sur un vampire, sur le chef des clans surtout, il y avait mieux.
Draco n'avait pas choisi le plus facile comme le lui avait dit un jour, Harry, et il avait bien raison.
Mais Heath représentait beaucoup à ses yeux, il était sa vie, sa raison de vivre même si l'autre l'ignorait complètement. Le duc passait la plupart du temps devant lui sans le voir, c'était terriblement frustrant et s'il n'avait pas eu une super maîtrise de lui-même il aurait hurlé d'exaspération. L'homme aux charmes ravageurs le supportait dans son château pour ses transactions avec Braeden et puis c'est tout, il n'était pour lui qu'un sorcier parmi tant d'autres.
Le Serpentard souffla de déception, Heath Phadraig, aussi appelé duc de Solignac, était tout pour lui. Le seul homme pour qui il avait laissé tomber sa vie d'avant, le seul pour qui il resterait fidèle, pour qui il refusait de prendre un amant depuis des mois. Et voilà que ce foutu vampire ne le voyait même pas. Draco se faisait l'effet d'être invisible pour cet homme borné et aveugle mais si particulier.
Heath Phadraig, Un homme de trente-cinq ans, d'un mètre quatre-vingt-quinze, toujours habillé de cuir noir. Un homme splendide aux yeux verts lumineux et aux cheveux noirs aux reflets violines qui faisaient ressortir son teint pâle. Un homme séduisant qui respirait la sensualité et la virilité, un homme qui l'attirait de plus en plus. La preuve ! Il ne pouvait plus se passer de penser à lui chaque jour et chaque minute de son existence.
Comment se sortir de cet amour impossible ? Comment lui tourner le dos et faire comme s'il n'avait jamais existé ? Comment revenir en arrière et ne jamais avoir plongé son regard dans ses superbes orbes vertes la première fois où il l'avait approché ? Comment oublier simplement qu'il n'y aura jamais rien entre eux sans souffrir plus qu'il ne le faisait déjà ?
Quand le Serpentard entraperçut une ombre furtive du coin de l'œil dans le couloir du manoir Malfoy, alors que ses pensées dérivaient, il sut qu'il était trop tard pour qu'il se défende. Draco eut juste le temps d'envoyer une alerte à son père avant de recevoir un rayon noir sur la poitrine et de s'effondrer dans les ténèbres. La douleur du sort qu'on venait de lui lancer était horrible, on l'écorchait vif ce n'était pas possible autrement.
Le jeune homme hurla dans sa tête, les sons ne voulaient pas sortir par sa bouche. Puis subitement plus rien, la mort approchait, lui semblait-il. Et si ce n'était pas elle et bien elle lui ressemblait drôlement, en tout cas quoi que ce soit, elle approchait à grand pas pour finir son œuvre.
En bas dans le salon Lucius sursauta et poussa un rugissement de colère en sortant sa baguette avec une vitesse surprenante, baguette qu'il avait toujours à portée de main depuis que les attaques avaient commencées.
-Ils sont dans le manoir, Severus, cria Lucius Malfoy. Ils ont eu Draco.
Snape les avait sentit à l'instant. Il se leva lui aussi baguette en main et tous deux se ruèrent à l'étage. Avertis, les deux Serpentards usèrent de prudence, ils n'étaient pas restés en vie sous les ordres de Voldemort en étant des enfants de chœurs. Snape et Malfoy savaient se battre, ils étaient même très fort pour ça !
Les ombres de la mort, pour une fois, durent s'avouer vaincu et battre en retraite sous l'assaut des sorts violents de Snape et de Malfoy qui utilisaient des incantations de magie noire implacables. Lucius avait l'impression que c'était surtout Severus qui les avait fait fuir, il ne savait pas pourquoi mais le fait était là.
Les assassins râlèrent de devoir déguerpir alors que les Serpentards étaient encore en vie. Cela n'empêcha pas le maître des potions de recevoir un sort sur le bas de son ventre qui remonta sur sa hanche, en voulant préserver Lucius. L'homme poussa un cri de douleur mais ça ne le fit pas flancher.
Lucius Malfoy se précipita vers son fils qui gisait au milieu du couloir, les meurtriers semblaient vouloir s'acharner sur lui. Snape, inquiet, surveillait les alentours le temps de mettre son filleul à l'abri en apposant autour eux un bouclier qui les protégea sommairement. Où allaient-ils aller ? Où allaient-ils trouver un abri sûr en à peine quelques secondes ?
En aucun cas ils ne pouvaient rester ici, beaucoup trop dangereux maintenant et même pas la peine de penser à se réfugier chez lui, au manoir Snape. Quoique ! Auraient-ils le cran de venir jusque là-bas ? Sans savoir il ne voulait pas prendre le risque.
-On ne peut pas rester là, Lucius ! Tu dois mettre Draco en sûreté, vous n'êtes plus en sécurité ici.
-Que proposes-tu ? Interrogea le blond qui, l'esprit alerte, savait que Snape avait raison.
-Suis-moi et ne pose pas de question ce n'est pas le moment, pas la peine de leur donner des indications, ils doivent encore traîner ici.
Malfoy, alourdi du corps de son fils qui perdait beaucoup de sang, se rapprocha plus près de Snape qui fit une grimace en sentant l'odeur du liquide rouge couler sur le sol. Tous deux coururent jusqu'au grand hall et après que le maître des potions ait posé sa main sur le bras de Lucius ils disparurent sans qu'aucun mot n'ait été prononcé, juste par la pensée du professeur. Ça aussi il avait appris quand il était espion et aujourd'hui ça s'avéra extrêmement utile.
Bon il faut dire aussi que c'était plus facile pour lui maintenant qu'il était un…..oui bon, pas le moment de penser à ça.
Les trois hommes arrivèrent dans une petite pièce faiblement éclairait d'une petite lampe située près du canapé. Lucius Malfoy poussa un hoquet de stupeur quand il aperçut Harry Potter assit dans un fauteuil, un livre à la main et qui les regardait complètement sidéré, jusqu'à ce qu'il aperçoive Draco inanimé dans les bras de son père et laissant des traces de sang s'égoutter sur son tapis.
D'un bond le Gryffondor se leva et fit poser son ami sur le canapé. Lucius ne songea pas à protester, il fallait qu'il pense à son fils d'abord, de plus il savait que les deux garçons étaient devenus de très bon amis, alors pas la peine qu'il monte sur ses grands hippogriffes, il pouvait attendre pour ça.
Harry déshabilla doucement le jeune Serpentard et ce qu'il vit ne lui fit pas plaisir et il grogna de colère.
Une vilaine blessure, très large sur la poitrine, probablement lancée par un sort puissant, saignait abondamment. Il ne connaissait pas exactement ce genre de sort qui laissait de telles traces. Il n'avait jamais vu ça de ses propres yeux, pourtant cela lui rappela certaines images et récits qu'il avait vu, il n'y avait pas si longtemps, dans un vieux grimoire alors qu'il cherchait un remède pour les harpies malades.
Harry savait que seule quelque chose d'horrible avait pu jeter ce sortilège. Les liches, appelées aussi les ombres de la mort, provoquaient de telles blessures. Oui aucun doute, ce sort avait été lancé par une ombre de la mort.
Comment était-ce possible ! S'interrogea le médicomage en soignant la plaie avant quelle ne s'infecte et en épongeant le liquide poisseux. Ce n'était que légende tout ça, non ! Personne n'en n'avait jamais vu, personne de vivant pour le raconter tout du moins, jusqu'à maintenant.
-Ca va aller, Snape ?
-Oui, je me retiens, difficilement, mais j'y arriverai, répondit l'homme qui se contenait difficilement à la vue du sang qui s écoulait.
-Que lui est-il arrivé ? Répondez ! Comment a-t-il pu se laisser surprendre ? C'est incompréhensible, Draco est si prudent d'habitude.
-Dites-nous comment il va d'abord, ordonna Lucius qui était toujours debout et qui, maintenant, soutenait Snape qui visiblement souffrait énormément. Il ne va pas mourir n'est-ce pas ? Interrogea le blond anxieux et inquiet de l'avenir de son fils.
Le survivant se retourna vers les deux hommes qui attendaient son verdict.
-Il s'en sortira, cependant ce sera long, ce n'est pas un simple sort que l'on pourra soigner d'une simple potion. Seul un ami à moi à cette fiole spéciale, je lui demanderai de venir après, laissons Draco reprendre d'abord un peu de couleur et aussi le temps qu'il arrête de saigner, on ne peut rien faire avant ça.
-Quel ami ?
-Venez vous mettre ici, Snape, demanda Harry sans répondre à l'aristocrate blond qui n'allait peut-être pas apprécier de voir, lesdits amis de son fils et les siens arriver, et surtout de voir ce qu'ils étaient. Vous êtes blessé et vous saignez trop pour que cela soit anodin.
-Je me soignerai moi-même, gronda le maître des potions. J'ai l'habitude de le faire seul, Potter, je n'ai besoin de personne pour ça, je sais exactement quoi faire pour ça.
-Je sais espèce d'entêté ! Mais puisque je suis là autant que je m'occupe de vous, alors arrêtez de faire votre grognon vous ne me faites pas peur, ce temps est révolu. Et puis je vous signale qu'ici vous ne trouverez pas une source pour vous régénérer, depuis combien de temps n'avez-vous pas bu ?
-Potter, vous m'agacez à la fin ! Vous n'avez pas à me donner d'ordres, et restez discret, que diable ! Il pourrait y avoir des curieux dans cette pièce.
-Il n'y a que nous, ne soyez pas paranoïaque. Et puis si vous voulez que je vous dise qui vous a attaqué vous avez intérêt à obtempérer, essaya de ruser Harry. Et je suis médicomage vous savez, Snape. Ou alors vous avez peur de me faire voir cette partie de votre anatomie qui a été malmenée ?
L'homme voulut protester une fois de plus mais Malfoy ne lui laissa pas le choix et l'aida à s'appuyer contre la table.
-Sale traître ! Ronchonna Snape à l'oreille du blond.
-Je suis sûr que tu es ravi que ses mains touchent ton corps, Severus, souffla Malfoy dans l'oreille du Serpentard aux yeux noirs.
Celui-ci envoya un regard outré et rageur vers le blond puis s'assit sur le rebord de la table attendant que Potter soigne au plus vite cette blessure située près d'un endroit qu'il n'avait pas envie de voir exhibé. Une blessure horriblement douloureuse d'ailleurs. D'habitude il aurait cicatrisé en quelques secondes mais aujourd'hui il n'avait pas eu le temps de s'abreuver à une gorge délicieuse.
Harry retint un sourire coquin en voyant l'homme ainsi installé à la portée de ses doigts. Il s'approcha et, habile, avança ses deux mains devant l'homme pour écarter sa robe et déboutonner son pantalon puis descendre la braguette. Snape grogna mais ne bougea pas, il serra juste les dents de devoir se laisser faire, être entre les mains de Potter n'avait rien de dégradant, bien au contraire ! Et c'est justement ça qui le perturbait le plus.
Le pantalon gorgé de sang descendit doucement le long de ses jambes et le satané gamin commença à retirer son caleçon imbibé et collant lui aussi, lentement, trop lentement. Snape baissa la tête légèrement et avisa le morveux qui passait un doigt délicat sur le bas de sa hanche pour estimer la profondeur de la plaie. Celle-ci d'ailleurs allait du bas de son aine en passant par la hanche en rejoignant presque les côtes.
Le Serpentard frémit devant la scène d'un Harry Potter agenouillé devant lui, son corps allait le trahir misérablement, mais surtout pas maintenant. Salazar ! Faites qu'il ne se rende compte de rien surtout devant Lucius qui allait en faire une syncope s'il voyait son membre s'ériger alors que les mains du gamin étaient sur lui.
Harry, troublé, fit venir à lui une bassine et une éponge puis commença à nettoyer le sang qui continuait de couler le long de la jambe. Snape tremblait énormément et le sang coulait sans interruption, il devait le faire tenir tranquille il n'y arrivera pas comme ça, pas question qu'il lui fasse mal plus que nécessaire s'il pouvait l'éviter.
Le jeune sorcier dut poser sa main sur le bas ventre de l'homme, juste sur la toison noire, pour le faire tenir tranquille. Un souffle surprit lui appris que Snape n'avait pas tellement apprécié et il dut s'en excuser avant que l'autre ne songe à l'envoyer au fond de la pièce, furieux.
-Ne bougez pas, Snape, je dois refermer cette plaie et ce n'est pas en bougeant autant que je vais y parvenir. La blessure saigne de plus en plus à cause de vos tremblements, je dois contenir cela.
-Enlevez votre main de là ! Murmura le professeur en grinçant des dents.
-Pas question ! Soyez patient j'ai bientôt terminé, ajouta le Gryffondor. Je vous empêche de vous vider en faisant ça, il est vital pour vous d'arrêter ce sang. N'en prenez pas ombrage, je sais que vous souffrez et le cacher ne servira à rien.
L'homme se tut, et puis à quoi bon discuter avec Potter, c'était perdu d'avance. Severus Snape tenta d'arrêter ses tremblements qui s'apaisèrent petit à petit. Il entendit le guérisseur chuchoter un sort de cicatrisation puis la douceur d'un baume qui calma la brûlure qui le piquait atrocement.
Sous les doigts d'Harry, Snape se détendit et ferma les yeux. Le mal reculait, ses frissonnements cessèrent et la main posée sur son bas ventre le caressait sans le vouloir, enfin c'est l'impression qu'Harry voulait donner. L'érection du maître des potions qui pourtant s'était contenue jusque là arrivait à son apogée sous le bien-être ressenti.
Alors là l'horreur était à son comble, hurla le ténébreux homme en lui même alors que son regard se posait sur la main du morveux. Comment allait-il se sortir de cette galère sans perdre son honneur ? Il avait été trahi par son propre corps sous une simple caresse ! Non parce que quand même on parle de Potter là, forcement il allait le narguer et se foutre de sa gueule jusqu'à la fin des temps de savoir qu'il avait perdu le contrôle.
Snape ferma les yeux pour se reprendre et sentit après une dernière caresse que Potter, d'un accio, avait fait venir une cape qu'il avait posée sur ses épaules et lui avait tendu, par la même occasion, un pantalon propre ainsi qu'un boxer qu'il avait fait venir de sa chambre et qu'il avait ajusté à sa taille. Le morveux avait fait disparaitre son autre pantalon et son boxer, le fichu gosse excitant !
-Vous avez une chambre à gauche, professeur, au fond du couloir. Si vous désirez prendre une douche ne vous gênez pas, et prenez votre temps, je vais préparer du thé pendant ce temps, suggéra le survivant troublé au-delà du possible. Vous en avez besoin tous les deux, moi aussi d'ailleurs, quoique je me demande si je ne préfère pas un grand whisky tout compte fait !
Snape lui jeta un énième regard noir où se mélangeait un peu de carmin et fit demi-tour dignement puis disparut dans le couloir pour se doucher et se revêtir convenablement.
Harry se versa un verre en tremblant, Snape avait réagi dans sa main, il avait eu une érection magnifique, son membre lourd et plein s'était durci pour lui. Merlin ! Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi sensuel, d'aussi beau. Là il se sentait un peu dans le même état et il allait falloir qu'il se calme, surtout que Malfoy avait un sourire qui ne lui plaisait pas beaucoup.
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Désolé, pas eu le temps de répondre aux reviews. Néanmoins je vous remercie toutes et tous de vos commentaires encourageants. Je pense que l'histoire devient interressante alors je continue. Bonne lecture à tous, sorcière noire.
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