Décision difficile.

Le duc disparut dans la cheminée à la suite du guérisseur Braeden en emportant Draco dans ses bras. Il réapparut chez lui dans un grand hall où plusieurs paires d'yeux le dévisageaient étonnés. Jamais leur chef n'avait transporté quelqu'un dans ses bras et encore moins un sorcier aussi beau soit-il comme Draco Malfoy.

Voilà qui était inhabituel pour ne pas dire insolite pour ces hommes et femmes qui ne le quittaient pas du regard.

Le château était immense et sombre mais admirablement entretenu et bien agencé. Les vampires étaient nombreux à résider dedans, une véritable ruche où chacun avait sa place dans cette grande demeure que Heath dirigeait savamment. Chaque fenêtre était recouverte de tentures cramoisis et les murs étaient recouverts de bois ajoutant un peu de chaleur dans cet endroit ou vivaient des êtres de la nuit.

Les hommes et femmes baissèrent leur regard aussitôt que leur chef leur ordonna de vaquer à leurs occupations sans perdre plus de temps, en les toisant sévèrement, l'œil glacial.

Un jeune vampire plus téméraire que les autres, dernier amant en date, s'approcha croyant avoir les grâces de son seigneur. Bien mal lui en prit car d'un simple regard il recula d'effroi. Heath Phadraig était un chef de clan plutôt dur, il ne faisait pas bon lui désobéir, il ne revenait jamais sur un châtiment, quel qu'il soit si il était mérité.

Pour l'heure le duc monta à l'étage à grande enjambée pour poser son fardeau sur son propre lit. Peu après Harry arriva dans le grand hall suivit de Snape et de Malfoy. Lucius vit son fils disparaître à sa vue, le blond s'inquiéta et le Gryffondor se crispa quand il l'entendit appeler Heath d'une façon un peu cavalière.

-Je peux savoir où vous l'emmenez ? Interrogea le Serpentard aux yeux gris en levant la tête. Je suis capable de m'occuper de mon fils moi-même, monsieur.

Le duc continua son chemin sans répondre et disparut dans les étages du château.

Heath Phadraig déposa délicatement Draco sur le lit, le jeune sorcier semblait si pâle, si fragile, pourquoi était-ce lui qui avait payé pour les fautes de son père ? Cet homme n'avait donc aucun cœur, n'aurait-il pas dû mettre son fils à l'abri ? Protéger la chair de sa chair de la vengeance des liches !

Quel homme était-ce donc que cela ? Il n'était pas près de lui pardonner cette erreur.

-Braeden, appela le duc à voix basse.

Le guérisseur apparut dans la seconde dans un nuage écarlate au milieu de la chambre du seigneur Phadraig. Un lieu particulier où jamais personne ne mettait les pieds. D'ailleurs le guérisseur fut surpris de voir que Draco avait ce droit, il était le seul à sa connaissance car même les amants du duc n'entraient pas dans ce sanctuaire.

-Occupe-toi de Draco, ordonna-t-il. Je ne veux voir personne ici excepté Harry, est-ce clair ?

-C'est clair, seigneur, s'étonna Braeden qui pour le coup n'en revint pas. Mais si son père demande à le voir ?

-Non ! Cet homme n'a pas sa place ici, je ne tolérerais aucune désobéissance, rappelle-le bien à Harry, cette fois il ne me fera pas fléchir.

Le guérisseur opina en silence et s'approcha du lit.

-Je ne peux malheureusement rien faire de plus, seigneur, il faut attendre que les potions fassent effet. Tout ce que je peux faire c'est le déshabiller pour qu'il soit plus à l'aise et le glisser entre les couvertures.

-Non, je vais le faire moi-même, retourne en bas, je veux que tu loges nos deux……. Invités.

-J'y vais de ce pas, lui assura le jeune vampire.

Heath qui n'avait pas quitté des yeux Draco, soupira. Il avait tant fait pour éviter le jeune homme et voilà qu'il l'installait dans son lit, pas vraiment futé comme décision. Même ainsi, inconscient, il était magnifique, comment allait-il résister à la tentation de caresser ce corps sublime ? Pensa-t-il en retirant les vêtements du sorcier.

Comment allait-il faire pour ne pas le désirer autant ? Pour ne pas sentir cette chaleur le dévorer de l'intérieur quand ses yeux se posaient sur lui comme maintenant ? Il s'était étourdi dans un tourbillon d'amants pendant ces dernières semaines et cela n'avait servi à rien, il pensait toujours à lui.

Il voyait ses cheveux blonds et doux bouger autour de son visage quand il parlait à Braeden lors de ses visites. Il entendait son rire léger résonner quand les deux hommes plaisantaient. Ses yeux gris superbes et enjôleurs, son corps fin, son cou gracile, son caractère emporté parfois.

Heath Phadraig, appelé aussi duc de Solignac, était amoureux de Draco. Il le savait depuis des mois mais il voulait l'ignorer. Il n'avait pas le droit de ressentir ça pour lui, son seul véritable amour devait rester bien à l'abri de ses détracteurs.

Le chef des clans caressa les lèvres du Serpentard, il en apprécia la douceur et la chaleur. Il regarda le corps délicieux dénudé, il admira la peau légèrement dorée et les tétons qui le narguaient et cette blessure qui lui était douloureuse. L'homme ferma les yeux sous la déferlante d'émotions qu'il ressentit et qui assaillit son corps en entier. Enfin au prix d'un effort considérable il glissa Draco sous les couvertures puis il quitta la chambre avant de céder impitoyablement à ses envies charnelles en laissant une torche allumée.

Il n'allait pas céder aussi facilement aussi soit tentant le jeune homme. Il y avait dans ce château des hommes jeunes capables de le satisfaire, Draco Malfoy n'était pas pour lui, en aucune façon, il fallait qu'il s'en persuade sinon il allait perdre la tête.

-Tu changeras Draco de place aussitôt qu'il sera réveillé, Braeden, ordonna Heath quand il aperçut le guérisseur dans un salon. Et favorise une chambre qui ne soit pas au troisième étage, je ne tiens pas à le voir déambuler dans les couloirs, il risquerait de m'indisposer, as-tu compris ?

-Oui, monseigneur, il sera fait selon vos ordres, acquiesça le guérisseur en voyant l'homme disparaître dans le couloir.

Le vampire guérisseur n'osa protester. Heath Phadraig, le duc de Solignac, n'était nullement commode lorsqu'on contestait ses ordres. Il savait que Draco allait souffrir de cette décision mais qu'il ne dirait rien, une fois de plus. La question était, jusqu'où le Serpentard irait ? Jusqu'où sa patience allait arriver ? Pas très loin, hélas il le craignait.

Pourtant Braeden savait son chef plus que réceptif au magnifique blond, et ce, même s'il s'en défendait. Il l'ignorait indubitablement avec acharnement, sa haine contre les sorciers devait y être pour quelque chose, c'était certain ou alors il ignorait un fait important.

Dans une chambre située au deuxième étage, Severus Snape et Lucius Malfoy discutaient âprement. Les deux hommes avaient une divergence d'opinion et aucun ne voulait lâcher prise.

-Je veux sortir d'ici, s'insurgea Malfoy. Je veux retrouver ceux qui ont fait ça à Draco. Ils reviendront, Severus, je veux mettre mon fils à l'abri et le meilleur moyen est que je leur mette la main dessus le premier.

Snape rugit et balança une chaise violemment contre le mur en face de lui où elle se brisa en mille morceaux.

-Espèce d'inconscient ! Te rends-tu compte de la chance que tu as eue la première fois ? Si je n'avais pas été là tu y restais et Draco aussi.

-Tu n'en sais rien ! Doutes-tu de mes capacités à me défendre ? Je n'ai rien à t'envier quand il s'agit de me battre.

-Je veux que tu laisses Draco ici, Lucius. Ne prends pas le risque de le mettre en danger en le sortant de ce château.

-Tu veux que je le laisse avec des vampires ! Tu me prends pour un fou ? Tu as vu comment leur chef traite les sorciers ? Quand je pense que Draco voyait cet homme sans que je le sache, que me cache-t-il d'autre d'ailleurs, j'aimerais bien le savoir ?

-Je te le répète encore une fois, Draco est en sécurité ici ! Grogna Snape.

-Et moi je te dis que non, je le mettrais à l'abri avant de poursuivre ces ombres, après tout c'est moi qu'ils veulent.

-Lucius, si tu ne me laisses pas le choix je t'obligerais à partir sans lui et……….

-Tu n'oserais pas ! S'exclama le blond dont les yeux gris devenaient aussi glacials que la banquise.

-Tu paris ? Et quoi que tu en penses j'aurai le soutien du chef de ce clan si je lui demande, et à mon avis comme il ne te porte pas dans son cœur j'aurai gain de cause, Lucius.

-Evidemment ! Entre vampires vous vous serrez les coudes.

-Ah ! Lucius, je t'en prie, ne me fais pas une scène, tu sais que je suis un vampire depuis que je me suis fait mordre il y a cinq ans de cela. Alors ne soit pas aussi blessant, je te prie.

-Désolé, s'excusa le blond. Je suis en colère, bien sûr que tu n'y es pour rien.

-Alors vas-tu redevenir raisonnable ? En profita Snape un peu perfide.

-Si ta question est, pars-tu encore, et bien la réponse est oui.

-Dans ce cas je t'accompagne, nous aurons plus de chance à deux. Et même si je suis à l'abri grâce à mon statut particulier je ne te laisserais pas tomber, ajouta le maître des potions. Je veux autant que toi éliminer les liches.

Le blond s'agita, il n'avait pas besoin que quelqu'un sacrifie sa vie pour lui. D'accord Severus était un vampire et en principe il était immortel, ce n'était tout de même pas une raison pour l'embarquer dans cette aventure scabreuse et hasardeuse.

-Nous partons demain soir, décida l'aristocrate. Le temps de préparer quelques affaires et des renseignements.

-Très bien je serais prêt, tu n'auras qu'à me faire signe et nous partirons, approuva le professeur qui trouva que Lucius avait capitulé un peu trop vite à son goût.

Compte dessus, songea le Serpentard blond. Quand le soir sera tombé je serais déjà loin de ce château et j'emmènerais Draco avec moi.

Snape sortit de la chambre, il ne faisait pas confiance à Lucius. Il devait le surveiller, son ami avait toujours été malin pour tromper son monde mais il oubliait parfois que le maître incontesté de l'espionnage c'était lui, Severus Snape.

-Alors ? Demanda Harry en voyant Braeden le rejoindre dans un des salons du deuxième étage, là où avaient été logés Snape et Malfoy.

-Tu avais raison encore une fois, il va le rejeter.

-Putain ! Plus tête de mule tu meurs !

-Comme tu dis, pesta le guérisseur du clan en activant le feu dans la grande cheminée.

-Et pas moyen de le faire changer d'avis, n'est-ce pas ? S'enquit Harry en dardant son regard vert sur le vampire.

-Non, et même pas la peine d'essayer, le seigneur ne cédera pas, Harry.

Quand Snape entra dans le salon il était furieux, sa nature d'habitude plutôt calme était exacerbée par sa part vampirique. Il fulminait littéralement de voir Lucius le prendre pour un débutant, croyant vraiment qu'il allait le laisser partir comme ça. Toujours furieux il regarda le mobilier délicat et les tentures pourpres puis s'installa en face des deux hommes qui le regardaient en souriant.

-Quoi ? Interrogea le Gryffondor. Encore un problème, professeur ?

-Lucius est un imbécile, il va finir par me rendre chèvre, accusa Snape en lançant un regard noir vers les deux guérisseurs.

-Qu'a-t-il encore fait ? Ricana Braeden en faisant apparaître un plateau avec deux coupes et une aiguière remplit d'un liquide rouge écarlate.

-Il veut quitter les lieux et emmener son fils avec lui, il dit qu'ici Draco n'est pas en sécurité, il ne fait pas confiance au chef du clan pour le protéger.

-Hors de question ! Tempêta Harry alors que Snape prenait la coupe que le guérisseur lui tendait avec un sourire gourmand. C'est le seul endroit justement où il est à l'abri, à quoi pense donc Malfoy ? Ça ne t'inquiète pas ? Demanda le jeune homme en voyant Braeden déguster son verre avec lenteur en fermant les yeux de plaisir.

-Malfoy père peut faire ce qu'il veut, il ne mettra pas la main sur Draco, lança tranquillement le vampire.

-Pourquoi ça ? S'étonnèrent les deux hommes.

-En ce moment notre jeune ami est dans l'appartement privé du seigneur. Personne, et je dis bien personne, ne peut entrer là sans l'autorisation formelle de notre chef.

-Sinon quoi ? S'inquiéta Harry.

-Il ne vivra pas assez longtemps pour le raconter, nous devons empêcher coûte que coûte Malfoy de se rendre là-bas où il pourrait le regretter amèrement et pour l'éternité.

-Ah oui ! Et comment tu vas faire ça, ironisa le guérisseur aux yeux verts. Malfoy veut, donc Malfoy prend c'est bien connu !

Le maître des potions ricana de la réflexion.

-Je vais voir cet imbécile, gronda Harry. Je vais lui dire ma façon de penser.

-Certainement pas, monsieur Potter, laissez-moi m'occuper de ça.

-Et comment allez-vous vous y prendre ?

-J'ai ma petite idée, je sais comment fonctionne Lucius. Ce que je vous demanderai c'est de prendre soin de Draco une fois que nous serons partis, et j'espère que le chef de ce clan ne vous fera pas payer le prix fort pour notre escapade.

-Pourquoi ferait-il ça ? S'enquit le survivant interloqué.

-Harry, répondit Braeden exaspéré de l'innocence de son ami parfois. Le duc ne va pas aimer que deux invités quittent ce château s'en l'avoir préalablement prévenu. Il n'admet aucune désobéissance que ce soit des gens de son clan ou autres, il sera impitoyable avec eux.

-Je sais qu'il est très strict, avoua Harry. Mais de là à être cruel, je crois que tu abuses Braeden.

-Tu verras par toi-même, Harry, et ne viens pas dire que je ne t'aurai pas prévenu. Le seigneur à plus de mille-cinq-cent sujets, ce château n'est pas le seul qu'il dirige, il y en a six disséminés dans toute l'Angleterre, tu le sais puisque parfois tu y es demandé.

-Oui ça je sais, je les connais.

-Le duc doit faire face à des conflits, des rivalités, des luttes intestines, des jalousies et j'en passe. Un chef de plusieurs clans se doit d'être dur et intraitable. Ses coups de gueule sont légendaires et ses châtiments ne sont pas pris à la légère, surtout pour celui qui les subit.

-Oui bien sûr je me doutais que ce n'était pas facile pour Heath, je le comprends, même si je ne suis pas d'accord avec sa méthode.

-Voilà pourquoi j'ai choisi d'être mon propre maître, rétorqua Severus Snape. Un seul m'a suffit, je n'ai pas la protection d'un clan mais je ne m'en plains pas. Je vis ma propre vie et cela me va amplement.

-Snape, si vous suivez Malfoy faites attention à vous, ces liches sont dangereuses et cruelles. Je ne sais même pas s'il est possible de s'en débarrasser.

-Je fais toujours attention à moi, Potter.

-Oh ! Je vous en prie, hein, vous et moi savons que cela n'est pas vrai !

-Je ne risque rien, même les ombres ne peuvent rien et Lucius n'y arrivera jamais seul.

-Votre immortalité ne vous protège pas de tout, la preuve, elles vous ont déjà blessé.

-Partez maintenant, lui conseilla Braeden. Le seigneur sera en conseil, il ne sera pas averti de suite de votre disparition cela vous donnera le temps de quitter la zone sécurisé. Il vous faudra aller au-delà des bois et ensuite vous pourrez transplaner.

-Et pourquoi pas par les cheminées ?

-Impossible ! Elles sont étroitement surveillées, vous seriez interceptés avant d'avoir pu donner votre destination et immédiatement conduit dans une cellule.

-Que comptez-vous faire exactement, Snape ? Interrogea Harry, savez-vous par où commencer au moins ?

-Faire des recherches, Potter, ça me paraît un bon début, ironisa le maître des potions. Ensuite nous nous mettrons à la poursuite de ces liches.

-Ouais ! Si elles ne vous trouvent pas avant.

-C'est un risque que nous devons courir, Lucius et moi. On ne peut pas se lancer dans cette aventure si nous ne savons pas dans quoi nous nous engageons. Et puis je sais par où commencer, je ne suis pas un néophytes en magie noire, rien de nouveau là-dedans.

-Pas la peine de mettre votre vie en danger pour prouver votre valeur, je pense que votre courage pendant la bataille a parlé pour vous, se fâcha le brun.

-Je suis un vampire, Potter, ma vie ne sera plus jamais la même qu'avant. Des dangers je risque d'en rencontrer encore, alors pas la peine de faire semblant de vous faire du souci pour le bâtard que je suis.

-Hey ! Je n'ai jamais dit que vous étiez un bâtard, foutu Serpentard !

-Ah non, pas même lorsque vous étiez élève ? Demanda sournoisement Snape.

-Ca ne compte plus, nous ne sommes plus dans ce cas-là, même si par moment vous êtes encore insupportable et que des noms d'oiseaux traversent mon esprit. Faut avouer que vous n'êtes pas d'un caractère facile.

L'homme renifla et reposa sa coupe après avoir bu un deuxième verre de ce liquide carmin si bénéfique pour lui.

-Je sais des choses que les sorciers ne savent pas, je connais des sorts dont vous n'avez pas idée, susurra le professeur. Je connais des écrits qui vous ferez froid dans le dos, alors vous voyez je saurais très bien me défendre ne me prenez pas pour un archange. Voyez-moi plutôt comme un démon, Potter.

Harry n'ajouta rien, Snape était décidé à partir, et qui était-il pour le lui interdire ? Il n'aurait servi strictement à rien qu'il lui demande de rester, et dire qu'il s'était rapproché amicalement de lui et que là il allait disparaître avec Malfoy ! Surtout que maintenant qu'il connaissait mieux l'homme il aurait bien voulu un autre genre de rapprochement, mais bon ça c'était pas gagné !

Bordel de vie ! Bordel de Lucius Malfoy ! S'il arrivait quelque chose à cet idiot de Snape, Malfoy allait s'en mordre les doigts. Le maître des potions lui rirait certainement au nez s'il lisait ses simples pensées.

Le professeur sourit. Potter étalait ses sentiments comme d'autres étalaient leur richesse.

-Je ne vais pas disparaître, fichu Gryffondor, gronda l'homme.

Le jeune homme regarda le vampire, son regard se troubla devant celui de Snape. Des yeux noirs et profonds plongés dans les siens, légilimencie, évidemment.

Braeden eut un petit rictus et nullement gêné suivait la conversation, très intéressante d'ailleurs d'après lui.

Snape fit un pas puis un autre, Il avait tellement envie de le toucher, d'embrasser cette bouche insolente et captivante. Harry ne bougea pas d'un pouce, il leva légèrement la tête pour ne pas quitter ce regard fascinant qu'il aimait tant.

-N'êtes-vous pas dégoûté de ce que je suis ? Me voir boire du sang où savoir que je pars à la chasse dès la tombée de la nuit ne vous horrifie pas ?

-Je le sais depuis des années, Snape, répondit le sorcier.

-Vous n'étiez pas sensé l'accepter aussi facilement, monsieur Potter.

-Qu'est-ce que vous auriez voulu que je fasse ? Pouffa le jeune homme. Que je pique une crise ? Que je devienne hystérique ? Que je vous frappe ou que je vous plante un pieu dans la poitrine et que je me promène avec des gousses d'ails autour du cou ?

-Cela n'aurait eu aucun effet sur moi, morveux, ce sont juste des superstisions d'idiots qui ne savent pas quoi inventer pour se débarrasser de nous.

-Il est l'heure, Severus, annonça Braeden, vous devez partir, maintenant.

L'homme aux onyx ténébreux détourna son regard d'Harry et après avoir salué les deux hommes il partit rejoindre Lucius. Le travail n'allait pas leur manquer dans les heures à venir. Le vampire ne se retourna pas, pourtant il sentait que le morveux venait de passer à autre chose avec lui. Il ne le devrait pas c'était impossible eux deux, trop de choses les séparaient dans ce monde toujours disloqué.

Pourtant Merlin qu'il en rêvait de se rapprochement entre leurs deux corps brûlants, il les imaginait sur un lit l'un sur l'autre se mouvant langoureusement. Il voyait le visage du Gryffondor se tendre sous le désir et le plaisir et ses cris se répercuter sur les murs de la chambre. Bruits divins, gémissements enchanteurs, crispations sous l'assaut des coups de hanches, baisers enflammés et tellement d'autres choses qu'il aimerait lui faire connaître.

Mais là tout ce qu'il devait faire c'était encore combattre, il y aura toujours des ennemis à fuir ou à éradiquer, pas de repos pour lui, ni maintenant ni jamais.