Sortilège et potion.
Lucius et Severus Snape se rendirent directement au manoir Malfoy. Les ombres avaient disparu, du moins pour le moment, et le manoir n'abritait plus que les elfes de maison. Snape mit en place un peu de son pouvoir vampirique empêchant ainsi toute intrusion de ces démons en ces lieux.
Il n'avait pas envie d'être dérangé alors qu'ils devaient mettre au point, Lucius et lui, une stratégie afin de s'en débarrasser définitivement.
D'abord commencer par faire des recherches sur les liches. Comment les trouver et les combattre efficacement, comment les éradiquer définitivement. Il fallait qu'ils trouvent comment ces démons avaient repris vie, et surtout qui les y avait aidés. Comment les avaient-ils retrouvés ? Eux les anciens mangemorts.
Quelqu'un les avait-il mis sur leur piste ? Ou avaient-ils fait ça de leur propre initiative ? Non, il fallait un fil déclencheur, quelqu'un était derrière tout ça il en était certain. Mais qui ? Questions intéressantes mais dont il n'avait pas la réponse.
Les deux Serpentards ne perdirent pas une seconde et se dirigèrent vers la grande bibliothèque qui regorgeait de vieux manuscrits. Ceux-ci pourraient leur donner des indications intéressantes. Jusque-là tout le monde c'était accorder pour dire qu'il ne serait pas facile de s'en dépêtrer, pourtant il devait bien exister une solution !
Ils devaient trouver absolument, ils ne lâcheront pas prise tant que ces démons maléfiques traîneraient dans la nature à faire, Merlin sait quoi ! Snape s'impatienta, ses longues jambes tremblaient d'agacement, il aurait voulu que les recherches aillent plus vite. L'homme se fustigea silencieusement il ne servait à rien de s'énerver, il devait prendre les choses une à une avec méthode et circonspection.
Lucius Malfoy ouvrit à l'aide de sa baguette un passage secret entre deux pans de livres, et les deux Serpentards y plongèrent dedans, s'égarant dans un dédale d'ouvrages interdits et dangereux qui les conduiraient tout droit à Azkaban si seulement on soupçonnait juste leur existence.
Lucius Malfoy avait le chic pour détenir des objets illicites, il aimait trop ses possessions pour s'en débarrasser et ma foi Severus Snape ne pouvait lui jeter la pierre. Lui-même possédait de tels ouvrages qu'il gardait bien cachés dans ses appartements à Poudlard, et d'autres dans son manoir protégé par de nombreux sorts de familles inconnus du commun des mortels.
Méticuleusement les deux sorciers cherchèrent et ramenèrent dans l'autre pièce, beaucoup mieux éclairée, les bouquins maudits dont ils étaient friands. Ils travaillèrent toute la nuit puis le jour suivant, jusqu'à ce que Lucius Malfoy mette enfin le doigt sur une formule très ancienne de destruction des démons et des liches en particulier.
Le vieux manuscrit datait des années mille-sept-cent, était-il fiable dans ce cas de croire que la solution résidait dans une simple potion ? S'interrogea l'aristocrate. S'agissait-il des mêmes liches ? Ou était-ce une forme d'hallucination des sorciers d'autrefois ?
Snape pensa que oui, que les liches étaient les mêmes. Aucune raison que les anciens sorciers aient inventé pareille histoire juste pour le plaisir d'écrire quelque chose de sensationnel. Le maître des potions agacé, retira le bouquin des mains de Lucius qui restait, quand à lui, beaucoup plus septique quand à la véracité de l'ouvrage.
-Ce n'était pas des charlatans, Lucius, râla-t-il. D'ailleurs pourquoi crois-tu que tes ancêtres aient fait l'acquisition de ce livre ? Et pourquoi ton grand-père et ton père ont cru bon d'enfermer ces manuscrits dans une pièce protégée par autant de sorts ?
-Je sais ce que comporte cet endroit puisque j'en connais la plupart des livres, admettons que la potion soit réalisable, combien te faudra-t-il de temps pour la concocter ? Je ne veux pas te presser mais nous avons des liches sur le dos prêtes à nous dépecer vivants. Je me demande bien où elles sont en ce moment ?
Snape ignora la question, il promenait ses doigts sur la page parcheminée qui avait su garder, malgré les ans, un texte bien lisible. On voyait que le vieux bouquin avait été admirablement conservé. Le maître des potions évalua la difficulté de faire une telle mixture, et puis les ingrédients, quels étaient-ils ?
L'homme lut les apports qu'il allait devoir trouver.
« Deux ailes de chauve-souris, une peau de crapaud rouge, trois plumes de corbeau, un petit flacon de sang de dragon, » et ainsi continua la liste qui se voulait très longue.
-Qu'en penses-tu, réalisable ?
-C'est faisable, oui, nous allons nous rendre immédiatement chez Potter, il a un laboratoire et je ne doute pas qu'il ait tout ce dont j'aurai besoin.
-Quoi ! Potter détient certains de ces ingrédients, mais la plupart sont interdits ! s'exclama le blond qui lisait par-dessus l'épaule du professeur. Comment ce gamin peut détenir ça ? A Poudlard en plus !
-Et alors c'est toi qui dis ça ! Je te signale que ton manoir regorge de choses encore pire que des ingrédients insignifiants, Lucius. Et puis le travail qu'il fait et vu les personnes qu'il doit soigner il lui faut bien ça et je te défends de parler de ça à quiconque !
-J'en reviens pas, ricana le blond en haussant un sourcil. Tu défends le morveux, et je suis sûr que tu es dans le coup pour les ingrédients, Severus, pas vrai ?
-Je lui donne un coup de main quand l'occasion se présente, oui et alors ! Ça te dérange ? Vociféra le maître des potions mécontent en relevant la tête de son livre pour quelques secondes pour gratifier Lucius de son regard noir.
-Non, mais j'aimerai bien savoir comment vous vous êtes procurés toutes ces plantes et ces racines et autres………babioles ? Dirais-je. Je me doute que vous ne les avez pas trouvés dans un commerce bien sous tout rapport à Pré-au-lard.
-N'en as-tu pas une petite idée, Lucius.
-Je ne suis pas un idiot, Severus, Draco bien sûr est votre complice. Voilà pourquoi il disparaissait souvent quand nous partions en voyage d'affaire à l'étranger, il allait à la recherche de vos demandes. Je savais qu'il fabriquait quelque chose de louche, mais je ne savais pas exactement quoi. Maintenant me voilà au parfum et de ce fait un de vos complices. Très excitant tout ça !
-Oui, bon là on n'a pas le temps de parler de ça, ronchonna Snape. Tu es prêt ? Nous partons immédiatement.
-Quoi ! J'aurais aimé me doucher et me changer avant et…….
-Ce n'est pas le moment de penser à ta petite personne, tu feras ça chez Potter.
-Je doute que le gamin apprécie que l'on envahisse son espace vital, Severus. Avec son caractère de cochon il va hurler au scandale.
-Il n'est pas chez lui en ce moment, dois-je te rappeler qu'il est toujours chez les suceurs de sang !
-Ce que tu n'es pas, ironisa le blond, bien sûr !
-Ce n'est pas pareil, je ne me vautre pas chez eux, moi !
-Comme Potter tu veux dire ?
-Oui, on se demande ce qu'il leur trouve, renifla l'homme aux longues robes, un peu irrité d'avoir lâché cette phrase sibylline.
-Houlà ! Ne serais-ce pas un peu de jalousie qui poindrait sous tes paroles, mon cher ami ?
Lucius Malfoy referma la pièce secrète en pouffant pendant que Severus prenait le livre sous son bras. Après un regard noir assassin envers l'aristocrate qui l'exaspérait, les deux hommes transplanèrent chez Harry à Poudlard.
Il était deux heures de l'après-midi, ils passèrent cependant inaperçus aux yeux des autres mais Snape savait qu'Albus Dumbledore savait d'ore et déjà qu'ils étaient là, chez le morveux. Le professeur se dirigea vers le laboratoire avec le précieux livre et demanda à Lucius de faire une liste des mangemorts susceptibles de devenir des ombres de la mort.
-Comment veux-tu que je sache qui ils sont ! Pesta le blond. Y a-t-il un paramètre pour les définir ou peuvent-ils tous se changer en ces démons infâmes ?
-D'après ce que j'ai pu lire sur l'ouvrage, il faut deux options pour pouvoir devenir une liche.
-Et quoi donc ? S'enquit Lucius Malfoy. Avoir des os bien solides et le sens de l'humour ?
-On ne rigole pas avec ça, Lucius ! Il paraît qu'ils sont irascibles.
-Ben voyons ! Des squelettes susceptibles, manquait plus que ça !
-Oui bon tais-toi, laisse-moi relire ce passage, grogna Snape. Bon si je lis bien il faut que les soumis aient fait couler le sang d'un innocent… et avoir l'esprit vengeur…..
-Nous en sommes tous là, Severus, le coupa le Serpentard aux yeux gris.
-Laisse-moi continuer et retient ta langue ! Rouspéta le maître des potions.
Malfoy se tut, son ami s'agaçait et un vampire en colère était toujours instable.
-Ensuite, poursuivit le professeur. Quelqu'un doit les appeler ou les contraindre à sortir de leur tombe, je n'ai pas fini, Lucius, tais-toi !
Le blond ravala ses paroles en croisant les bras de mécontentement, ce n'était pas un paramètre ça.
-Celui-ci doit user d'un sortilège récité en vieux gaëlique et les ombres lui obéiront, finit-il en regardant Lucius.
-Donc quelqu'un les a sorti de leur trou et leur a ordonné d'exterminer les mangemorts encore vivants, c'est bien ça ?
-Exact, Lucius. Je pense que nous avons un ennemi qui nous en veut assez pour vouloir notre mort, mais ça nous le savions déjà. Bon pour la liste fais ce que tu peux, nous verrons par la suite.
-Ouais ! Mais on ne savait pas que nous avions un manipulateur derrière tout ça, une petite idée peut-être ?
-Rien qui me vient à l'esprit. En tout cas je pense que cela n'est pas aussi simple que ça, je pense que nous risquons d'avoir des surprises, Lucius.
-Qu'est-ce qui te fait penser ça ?
-Rien, une intuition, un sixième sens si tu préfères.
-Bon, et la solution est ?
-La potion bien sûr, et réciter le sortilège à l'envers, en gaëlique évidemment.
-Aussi simple que ça ? Alors qu'attendons-nous !
-Réciter le sortilège à l'envers, ce que tu devras faire, moi je serai occupé avec la potion, Lucius. En gaëlique bien sûr, devant les liches, sans arme ni baguette, continua vicieusement Snape alors que le blond devenait de plus en plus pâle. Seulement vêtu d'un pantalon en signe de soumission, voilà c'est tout, je crois que je n'ai rien oublié. Tu vas bien Lucius, tu me sembles bien blême là.
-Mais ils auront le temps de me tuer cent fois !
-Pas si je les maintiens éloigné de toi avec mon pouvoir vampirique, tu sais qu'ils ne nous aiment pas. Cependant tu devras faire vite, je suis tout à fait conscient qu'il y a du danger, mais il n'y a que cette solution, cependant si tu en connais une autre je suis tout ouï.
-Je le ferai, prépare la potion et je vais apprendre ce foutu sortilège à l'envers mais j'en ai au moins pour des jours, gémit Lucius Malfoy.
-Non, le temps presse, tu as deux jours, Lucius, pas plus !
Malfoy prit un parchemin et à l'aide de sa baguette il fit se retranscrire le texte sur le papier vierge. Il y avait sept lignes, et il allait devoir les déchiffrer. Pas question qu'il répète bêtement un texte de magie noire, même à l'envers. Il voulait savoir dans quoi il s'engageait. On n'était jamais assez prudent avec ces petites choses-là.
Snape quand à lui prépara ses ingrédients, et comme il l'avait bien pensé il trouva tout ce dont il avait besoin dans les armoires du morveux. L'homme ne perdit pas une seule minute de plus et alluma le feu sous son chaudron. Il ajouta l'eau puis il attendit quelle frémisse avant d'y ajouter un par un, et scrupuleusement, les composants de la potion.
Lucius Malfoy frotta ses yeux fatigués quand la nuit tomba. Il sursauta et faillit éparpiller ses papiers quand il vit apparaître deux plateaux sur la table face à lui. L'un des deux embaumait la pièce par son odeur alléchante de nourriture, le blond se rendit compte qu'il avait très faim pour le coup.
L'autre plateau comportait une carafe et une coupe, pour Severus certainement. Lucius ne préféra pas savoir ce que contenait la carafe, très peu pour lui ça.
Le Serpentard appela le maître des potions, puis avoir écarté son parchemins il s'attaqua à son dîner de bon appétit.
-T'aurais pu m'attendre ! Bougonna l'homme en noir en sortant du laboratoire embaumant l'air d'une affreuse odeur d'herbe pourries.
-Trop faim.
-Alors tu t'en sors avec le texte ?
-Oui, j'ai déjà mémorisé toutes les phrases, demain matin je le saurais par cœur. Aussi bien à l'endroit qu'à l'envers, et toi ta potion ?
-Finie, elle doit reposer jusqu'à demain midi, ensuite hé bien je crois qu'il sera l'heure de nous mettre en route. Je vais prendre une douche, murmura Snape plus pour lui-même en reposant son verre qu'il avait apprécié à sa juste valeur. Et ensuite quelques heures de repos, tu devrais faire pareil, Lucius.
-Pas le temps je veux finir ça d'abord. Par contre je prendrais une douche ça me détendra.
Snape but un second verre sans en laisser une seule goutte puis prit la direction de la salle de bain du morveux. Après une complète relaxation, après avoir essuyé son corps pâle et puissant il regagna la chambre complètement nu puis il se glissa entre les draps. Sans se préoccuper de savoir si ça allait plaire à Harry, Snape s'endormit avec, sous le nez, les effluves d'un certain jeune homme aux yeux verts tentateurs.
La nuit passa lente et studieuse pour Lucius et reposante pour le maître des potions qui se réveilla en pensant à Harry. Ses pensées en ce moment allaient souvent du côté du médicomage. Pourquoi diable pensait-il à lui sans cesse ? Pourquoi au nom de Salazar, ne pouvait-il pas se l'ôter de la tête ? C'était à n'y rien comprendre !
À chaque fois que celui-ci passait à proximité il humait son odeur comme un assoiffé, il la recherchait même ! Comme s'il en était devenu dépendant.
Il avait envie de le toucher, de le protéger, il en devenait fou, il se surprenait à le dévorer du regard sans cesse, c'était perturbant. Il cachait ça aux yeux de tous mais il soupçonnait Lucius d'avoir compris bien des choses.
Snape regarda autour de lui, il faillit sourire quand il vit le vert prédominer dans la chambre, cependant il fit la grimace devant les tentures rouges du lit. Malgré tout il se sentait bien dans cette pièce, Potter l'avait faite reposante, il y avait un épais tapis sur le sol, une cheminée de marbre blanc, un fauteuil à bascule, une grande armoire et une autre plus petite. L'homme se leva à regret, du travail l'attendait.
Harry partit chez lui pour récupérer quelques bouquins, lui aussi voulait faire quelques recherches sur les liches. Braeden avait bien insisté pour le suivre mais quand il vit l'air grognon de Harry il n'insista pas. Heath pouvait bien aller se faire voir, il n'avait pas besoin de protection.
Le jeune homme vit tout de suite que quelqu'un était entré chez lui, pas difficile de deviner alors que deux hommes s'activaient dans sa petite maison.
Le survivant fut surpris de voir Severus Snape le nez dans ses bocaux de plantes avec un sourire aux lèvres, apparemment il avait trouvé ce qu'il était venu chercher. Lucius Malfoy avait quand à lui le nez planté dans un parchemin.
-Bonne pioche ? S'enquit le jeune homme en refermant la porte derrière lui.
-Je ne savais pas que vous deviez rentrer, Potter, rétorqua le maître des potions sans aucune gêne. J'avais besoin de votre labo pour faire ma potion, excusez-nous si nous ne vous avons pas prévenu, pas le temps.
-Avez-vous trouvé la solution ?
-Nous l'avons trouvé effectivement, mais je vous serez gré de n'en parler à personne tant que nous n'avons pas agi.
-Je ne dirais pas que je vous ai vu si c'est ça qui vous dérange, assura le jeune homme. Maintenant excusez-moi je suis venu chercher un livre, je vous laisse, messieurs, j'espère que vous réussirez dans votre entreprise et si vous avez besoin de moi vous n'avez qu'à m'appeler.
Le Gryffondor pénétra dans son salon et sursauta quand Snape y entra juste derrière lui.
-Je ne veux pas que vous vous mêliez de cette histoire, Potter, avez-vous compris ?
-Pourquoi je vous prie ? répliqua Harry en se tournant vers lui avec un air d'agacement sur le visage.
-Je n'ai pas besoin d'une personne supplémentaire à sauver des griffes des liches, restez donc au clan vous y serez en sécurité.
-Je ferai ce que j'ai envie de faire, Snape.
-Non pas cette fois, rugit l'homme en attrapant le garçon par les bras. Pas besoin de mettre votre vie en danger, perdez cette habitude de toujours vous mêler de tout, je m'occupe de cette histoire avec Lucius et cela se fera sans vous.
-Ma vie vous importe donc tant que ça ? Interrogea Harry avec une lueur d'espoir dans le regard.
Le vampire ne répondit pas, il enveloppa le corps du jeune homme de ses bras et il prit sa bouche avec avidité, l'embrassant sans lui laisser une seule chance de refuser le baiser. Harry n'avait aucune intention de le repousser, il entrouvrit ses lèvres et l'homme y inséra sa langue pour venir caresser celle du Gryffondor qui répondit immédiatement.
Les souffles se mêlaient et les mains se pressaient contre les corps enfiévrés puis subitement tout s'arrêta et Snape disparu de la pièce. Harry savait qu'il ne servirait à rien de le poursuivre ni de le faire parler ni avouer pourquoi il avait agi ainsi. Désireux de ne pas troubler l'homme avant d'affronter les liches, Harry attrapa son livre et repartit pour le château en transplana depuis son salon.
