Attentats déjoués.

Quinze jours plus tard, après le départ de Draco. Heath Phadraig échappa à un autre attentat orchestré de main de maître. L'homme avait combattu avec acharnement et était arrivé à bout de ses assassins sans aucune difficulté.

Pas assez nombreux d'après lui, pour l'abattre et le mettre à mort. Ils allaient devoir faire mieux, souligna le chef du clan tandis que Braeden lui faisait boire une potion de régénération sanguine car les blessures étaient très importantes.

Augustus faisait les cent pas dans la chambre de son ami. Il grondait des menaces contre Eliezer, certain que c'était lui qui avait dirigé cette attaque ignominieuse.

-Je n'ai reconnu aucun de ses hommes, Augustus. Je ne pense pas que Mac Gowan fils soit dans le coup, je pencherai plutôt pour le père.

-Mais il n'est pas mort ce vieux fourbe ? S'exclama Braeden.

-Mort ! J'aurai bien aimé, rétorqua le bras droit du duc. Mais on a retrouvé nulle trace de son corps. Il a disparu bel et bien ça oui, mais comment a-t-il pu sortir de sa prison ? Cela reste un mystère.

-C'est vrai, approuva le chef du clan qui avait envoyé des guerriers pour le rechercher dans tout le pays. Je me demande où il a pu trouver un refuge, jusqu'ici mes hommes n'ont rien trouvé, et pourtant ils sont les meilleurs pour suivre une piste.

-Néanmoins il a réussi. Ce qui est sûr c'est que quelqu'un l'y a aidé et que certainement il ne se trouve plus en Angleterre, surenchérit Augustus Karloff en pensant au fils du vieux vampire.

-Mais là encore je ne pense pas qu'il s'agisse d'Eliezer, Augustus. Arrête de voir en lui tous les vices du monde, mon ami.

-Il ne m'a jamais donné la moindre occasion de croire en lui, Heath.

-Donne-lui une chance, soutiens-le, prouve-lui qu'il peut être digne de confiance.

-Pourquoi changer d'avis sur lui ? interrogea le guerrier. Je croyais que vous vouliez garder un œil sur sa personne.

-Au début oui, maintenant lis ce message, ajouta le duc en tendant à l'homme un parchemin plié en quatre.

Le guerrier qui faisait aussi office de bras droit rendit la missive au duc après en avoir prit connaissance.

-Je n'y crois pas, souffla-t-il étonné pour ne pas dire abasourdi. Jamais je n'aurais cru ça de lui, pourquoi avoir agi ainsi ?

-J'ai reçu ce message il y a trois semaines, après ta dernière visite à Eliezer, Augustus. Il me met en garde contre les agissements de son père, il soupçonnait sa fuite sans comprendre comment il allait s'échapper. Il n'a pas cru une seule fois qu'il allait mourir comme il le lui avait dit. Eliezer veut changer, mon ami, ne le méprise pas.

-Je ne le ferais pas, opina le guerrier. Disons que je vais lui laisser le bénéfice du doute.

-Je veux que tu retournes le voir et assure-le de mon soutien, il est très jeune encore, on peut l'aider et le soutenir. S'il désire quelque chose et si cela est dans nos moyen donne-le-lui, il faut nous en faire un allié pas un ennemi.

-Très bien je ferais comme vous voulez.

-Je veux que tu t'y rendes maintenant, il est à peine trois heures de l'après-midi. Tu as largement le temps, Augustus.

-Maintenant ! Mais et vous ? Vous ne devez plus partir seul, je voulais rester là et vous accompagner lors de vos sorties.

-Certainement pas ! Cela reviendrait à dire que je suis faible face à l'adversité et je perdrais le respect de mes contemporains. Non, Augustus, assigne-toi à la tâche que je t'ai donné. La prochaine fois sois certain que je ferais confiance à ma dague et à mon épée, elles seront toujours de fidèles alliées.

Braeden soupira et Augustus fit de même. Pas moyen de résonner le duc, rien de ce qu'ils diront ne le fera changer d'avis.

Dans le même temps dans un taillis situé sur une plage battue par les vents, Harry Potter tentait de s'approcher d'une sirène qui venait de s'échouer sur le sable. Il avait été appelé de toute urgence alors qu'il se trouvait dans le bureau du maître des potions.

Lucius venait lui-même de quitter ce bureau, il avait fallu le rassurer encore une fois quand à la fuite de son fils. Et finalement le blond avait décidé de laisser Draco vivre un peu pour lui. Il ne pourra pas toujours être derrière pour le protéger, il fallait lui laisser de l'espace pour respirer, il s'en rendait compte enfin. Il se demandait souvent pourquoi son fils avait préféré la fuite au lieu de venir vers lui. Pour le duc bien entendu, fut la réponse. Un vampire qui se moquait de lui et de ses sentiments.

Draco avait donc était blessé par son dédain et son indifférence à ce point ? Parce qu'il ne fallait pas se leurrer, il savait que son fils était profondément amoureux du duc et que celui-ci lui faisait du mal en l'ignorant et en le traitant comme un sorcier quelconque. Pour combien de temps Draco était parti ? Une semaine, un mois, beaucoup plus ? La maison semblait si vide sans lui, même les elfes de maisons l'agaçaient de traîner un peu partout.

Et quand il reviendra sera-t-il toujours amoureux de l'homme ? Bien évidement que ses sentiments n'auront pas changés, il connaissait Draco, quelle question idiote !

Toujours est-il que pendant que Lucius se posait un tas de questions Snape avait suivit Harry au bord de la mer. Les deux hommes avaient transplané ensembles et le spectacle qu'ils avaient devant les yeux les ravissait. Le professeur ne regretta nullement d'être venu avec le morveux.

Devant eux se trouvait une sirène, une de ces femmes poissons, magnifiques, aux longs cheveux verts et aux yeux jaunes éclatants. Les deux sorciers s'assurèrent qu'aucun moldu ne traînait dans le coin. Non, personne aux alentours, les aurors avaient bien fait leur travail.

Le médicomage s'approcha doucement, il ne voulait pas lui faire peur ni la rendre hargneuse. Elle regardait partout de ses yeux topaze, quand elle le vit elle le foudroya du regard. C'était clair, elle ne voulait pas qu'il s'approche d'elle. La sirène émit un genre de cri rauque repoussant, espérant ainsi le faire fuir.

Elle en fut pour ses frais, Harry n'avait pas peur, surtout à voir l'état de cet être de l'eau qui perdait ses forces et son sang. Elle serait incapable de lui tenir tête longtemps.

-Qu'allez-vous faire ? S'enquit Snape en restant à ses côtés, avançant petit à petit vers la créature allongée sur le sable froid et sous le vent soufflant en rafale en cette saison qui aurait dû être belle.

-Il faut que j'arrive à la rejoindre, ensuite il faut qu'elle arrive à me faire confiance, je pense que je vais y parvenir, répondit Harry sûr de lui. Elle souffre énormément, je crois qu'elle essaye de mettre au monde son petit et qu'elle n'y arrive pas, ou alors il y a un problème quelque part. Je dois voir ça sur place.

-Elle va vous massacrer, Potter, vous savez que les sirènes se cachent pour ce genre de chose.

-Si je ne fais rien elle va mourir, elle en a tout à fait conscience, croyez-moi.

-Après tout vous savez ce que vous avez à faire, je ne vais pas vous apprendre votre métier.

-Restez deux pas derrière moi et ne parlez plus, ordonna le médicomage.

L'homme ne répliqua pas et obéit sur le champ.

Harry, pas à pas, parvint près de la femme poisson. Elle cessa ses cris horribles aussitôt qu'il s'agenouilla près d'elle et qu'il posa sa sacoche sur le sable. Elle était épuisée et apeurée, elle jetait sans cesse des regards vers les aurors qui restaient au loin.

-Dites aux hommes de reculer, Snape. Dites-leurs de faire un périmètre encore plus grand et de ne pas se montrer, sous aucun prétexte.

Le professeur se leva et se dirigea vers leur chef, celui-ci opina à la demande et aussitôt ils reculèrent jusqu'à disparaître derrière les grands joncs qui se balançaient au gré du vent. Puis tranquillement le vampire revint prendre sa place près du médicomage.

-Comment va-t-elle ? demanda-t-il.

-Je ne sais pas encore, elle ne veut pas que je la touche.

-Pourquoi n'est-elle pas sous l'eau ? Ne font-elle pas comme ça d'habitude ?

-Si, seulement rester sous l'eau pour elle n'a aucun sens, elle devait sortir et demander de l'aide, seulement elle aurait dû se transformer en femme et non rester comme ça.

-Personne de son peuple n'aurait pu lui porter assistance ?

-Je ne sais pas, peut-être se trouve-elle loin de son peuple et elle n'a pas eu le temps de repartir chez elle. Elle a fait au mieux, Snape.

-Je sais, je demandais c'est tout.

Harry avança lentement et posa sa main sur l'épaule de la sirène. Il essaya de lui expliquer par des gestes ce qu'il était, pas facile mais finalement elle sembla comprendre et se décrispa légèrement. Délicatement il la mit en confiance puis il sortit de son sac une fiole d'une belle couleur outre-mer et la présenta à la sirène.

-Elle ne peut pas se métamorphoser, cette potion va l'y aider, chuchota Harry à l'adresse du maître des potions.

-Je vois que nos heures dans le laboratoire à confectionner ses fioles sert à quelque chose, énonça Snape en ébauchant un sourire.

-En doutiez-vous, Snape ? Vous avez cru que je venais vous voir dans votre labo pour m'amuser ou vous tourmenter ?

-On ne sait jamais avec vous, Potter, renifla le professeur.

Les deux hommes arrêtèrent de chuchoter. La femme poisson avait attrapé de ses longs doigts fins la fiole et la but entièrement puis la rendit au jeune sorcier en émettant un léger cri.

Il fallut attendre un quart d'heure avant que la transformation soit finie. Un quart d'heure d'angoisse pour savoir si la potion serait suffisante. Puis le médicomage allongea la femme avec douceur sur sa cape et ensemble, avec patience et volonté, l'enfant put naître normalement et mis à l'eau sans perdre de temps.

C'est Snape qui se chargea de ce travail délicat. Harry lui avait planté le bébé dans les bras avant qu'il ne puisse dire non.

-Mettez-le dans l'eau, il doit y plonger aussitôt sa naissance quand il naît à l'air libre, expliqua Harry. Ses poumons ne supporteront pas longtemps la pression de l'air.

L'homme alla au bord de l'eau et plongea l'enfant déjà muni d'une queue argentée, dans la mer. Snape resta près de lui, il semblait si petit, si fragile. Comment allait-il survivre dans cet océan remplit de prédateurs ?

Le médicomage finit de soigner la sirène qui s'impatientait, elle voulait rejoindre son petit et il sourit de la voir si empressée. Ses yeux jaunes brillaient de fierté. Elle avait mis au monde un fils, un fils de l'eau, un fils de Neptune.

La femme se leva, puis avec l'aide d'Harry elle regagna le rivage et rejoignit son fils. Sa transformation commença aussitôt que ses pieds touchèrent l'eau. Elle s'immergea alors et revint prendre dans ses bras son enfant puis fatigué mais heureuse elle les regarda l'un après l'autre, Snape et Harry, puis elle partit en plongeant dans les profondeurs de l'océan.

-Hé bien voilà un travail qui fut rondement mené, monsieur Potter, je vous félicite. Vous voilà presque le parrain de cet enfant.

Harry rigola, il était ravi de sa journée. La naissance d'un enfant était toujours quelque chose de beau, surtout quand ça se passait bien.

-Retournons au chaud, soupira Harry, il fait glacial dans cet endroit, ajouta-t-il en ramassant sa cape après qui lui ait jeté un sort de propreté.

De retour à Poudlard les deux hommes se séparèrent. L'un avait des cours à préparer et l'autre devait voir si quelqu'un l'avait demandé pour une autre urgence.

-Potter ! N'oubliez pas ce soir, nous avons une potion à quatre mains. Soyez là à vingt heures trente.

-J'y serai, je ne vous ai jamais fait faux bond jusqu'à maintenant, Snape.

L'homme ne répondit pas, et s'en alla rejoindre ses cachots. Sa cape flottant au vent.

Harry serait bien resté avec Snape mais celui-ci ne lui proposa pas sa présence pour l'immédiat. Il en fut désolé et attristé surtout que le professeur n'avait jamais abordé le sujet du baiser qu'ils avaient échangé. Un jour peut-être verra-t-il qu'il représentait à ses yeux plus qu'un simple collègue. Enfin avec Snape il en doutait fortement même si parfois ses gestes étaient ambigus.

Le jeune homme fut heureux de voir qu'aucun hibou n'attendait sa venue. Il allait rendre visite à Hermione à Sainte-Mangouste et s'assurer de son état. Jusqu'à présent tout allait bien, il lui tardait même de sortir et de reprendre ses études. Ron en avait levé les yeux au ciel de tant d'empressement de retourner étudier.

-Elle est folle, lui avait-il soufflé dans l'oreille un jour où il était allé les voir.

Le survivant fut accueilli à bras ouverts par son amie qui était debout. Oui vraiment elle avait retrouvé toutes ses forces, elle avait entièrement récupéré du sortilège, un vrai miracle. Chaque jour qui passait Harry se félicitait d'avoir persévéré et il remerciait Snape d'avoir cherché dans ses vieux grimoires une solution et de l'avoir mise en pratique.

-Comment te sens-tu, Hermy ? Pas trop épuisée ? Pas de malaise, pas de début de dépression ?

-Non, je ne sens super bien et j'ai hâte de sortir d'ici pour recommencer une autre vie, sourit la jeune femme. Tu sais que je suis dans cet hôpital depuis plus de trois ans !

-Je sais, mais maintenant tu vas pouvoir en sortir. Je suppose que Ron est parti travailler ?

-Oui, pourquoi ?

-Je viens de signer ton bon de sortie. Tu peux rentrer chez toi, mais pas seule, c'est pourquoi je te demandais où se trouvait Ron.

-Je peux sortir ! Vrai ?

-Oui, tu vas bien et je ne vois pas pourquoi tu devrais rester encore ici. Tu peux poursuivre ta convalescence ailleurs, expliqua le médicomage. Mais attention pas trop d'effort et tu as encore du poids à reprendre, donc une nourriture saine.

-En faite Molly voulait que j'aille chez elle, et puis je te trouve bien généreux de conseils alors que tu ne les suis pas toi-même. Tu sembles tellement fatigué qu'on a l'impression que tu vas t'écrouler d'une seconde à l'autre, le réprimanda Hermione. Depuis quand n'as-tu pas fait un véritable repas ? Alors dis-moi !

-Pas le temps en ce moment, enfin pas autant que je le voudrais. J'ai beaucoup trop de travail pour ne serait-ce que m'assoir quelques minutes.

-Harry, prend le temps de t'occuper de toi tu es………

-Fatigué, je sais. Bien je te laisse, je vois que tu as retrouvé tes anciennes habitudes. Je vais dire à la secrétaire d'appeler Molly pour toi, qu'elle vienne te chercher dans une heure, ça te va ?

-Parfait ! Il me tarde de respirer l'air du dehors et de voir tous les changements qu'il y a eu pendant mon absence.

-Tu ne vas pas être déçue, rigola Harry en déposant sur la joue de son ami un baiser sonore avant de quitter la chambre.

La journée n'était pas finie pour l'ancien Gryffondor. Arrivé chez lui il vit deux hiboux attendre bien sagement sur le vieil arbre situé sur le côté de la maison.

Harry remplit son sac de fioles et de baumes puis il repartit en direction du nord, au bord d'un lac exactement. Un strangulot avait attrapé la fièvre des marais et ses congénères l'avaient fait fuir à coups de cris et de piques pour éviter qu'il ne propage la maladie.

Un médicomage déjà sur place et plus téméraire que les autres, avait placé la créature dans un lac artificiel à l'abri des regards curieux des sorciers et des sorcières fascinés par le spectacle.

-Bonjour, Sam, salua Harry en arrivant près de l'homme. Comment va-t-il ?

-Bien mieux depuis que je l'ai séparé des autres, cependant il a une forte fièvre et sa peau a viré au vert foncé et gris par endroit.

-Ce n'est pas la fièvre, Sam. Regarde comme il respire lentement, énonça le survivant après deux minutes d'examen.

-Qu'est-ce qu'il a alors ?

-Je pencherais pour un parasite, La maladie de velours, précisément.

-Tu crois !

-Oui, il y a eu un rafraîchissement des eaux ces jours-ci, il me semble. De plus les strangulots vivent dans un lac, donc de l'eau douce.

-Oui mais….

-Regarde sa peau gris jaunâtre, elle ressemble bien à du velours, non ? Et regarde-le se frotter contre les pierres de son bassin artificiel.

-On peut le soigner ?

-Oui, mais il faudra décontaminer les autres aussi, donne-leur de l'algue rouge et dis-leur de remonter dans des eaux plus chaudes pour quelques jours.

-Cela suffira, Harry ?

-Oui, je dois te laisser je suis appeler autre part, tu te débrouilleras j'en suis certain. Tu es doué avec les strangulots, rigola Harry qui vit Sam faire la grimace.

-Et tu pars où cette fois encore ?

-Dans les montagnes, au col de l'ours, je te raconterai, ajouta Harry avant de disparaître pour un autre sauvetage.