20 Un Serpentard entêté.

Les deux amants dormirent peu, pour ne pas dire pas du tout cette nuit-là. Ils firent l'amour plusieurs fois intensément, s'aimant au-delà du possible. Heath désirait Draco de plus de plus. A chaque fois qu'il se vidait à l'intérieur de lui il avait envie de recommencer aussitôt, un besoin impérieux de le faire sien encore et encore. Il l'aimait à en perdre son souffle et sa raison.

Le duc se rendit compte qu'il avait été crédule, mais si c'était à refaire il n'hésiterait pas une seule seconde à recommencer cette folie. Accepter de passer une nuit avec Draco équivalait à ne plus se le sortir de la tête. Son empreinte de peau, son goût, son corps, ses yeux brillants de désirs, comment pourrait-il oublier ça maintenant ? Pourtant il devait le faire pour la sécurité de son ange.

Draco savoura chaque instant, chaque étreinte, chaque pénétration de son amant fougueux. Ils s'embrassaient sans cesse, se caressaient du bout des doigts puis plus franchement, imprimant dans leur tête les courbes de leur compagnon. Ils étaient insouciants là dans ce lit, ils avaient le temps, pensaient-ils, pourtant le matin était déjà là et Draco avait envie de pleurer mais il ne le fit pas.

Le jeune homme connaissait le marché, une seule nuit. Et il savait que Heath ne faiblirait pas.

Le duc ramena le corps chaud de Draco contre le sien, il devait parler, expliquer ses gestes et ses craintes. Le blond attendit qu'il parle, il posa juste sa tête sur son tatouage et sa main sur son ventre. Le dragon de la marque de Heath lui chatouilla la joue.

-Tu dois partir, Draco, se décida à dire le duc. Je ne veux pas que tu restes ici.

Le sorcier tressaillit mais il opina le cœur lourd, il savait qu'il n'avait pas le choix.

-J'ai nié pendant des mois mon attirance pour toi, avoua l'homme qui trouvait qu'il était temps qu'il dise la vérité à Draco. Aujourd'hui quand je t'ai vu entrer dans ma chambre, j'ai su que je ne saurai pas résister à ton joli minois, mon amour.

Le fils de Lucius cessa de respirer puis releva la tête pour regarder Heath Phadraig.

-Depuis des mois ! S'exclama le jeune homme abasourdi.

-Depuis le premier jour où je t'ai aperçu serait plus exacte, mon cœur.

-Tu as menti tout ce temps ?

-Je ne t'ai jamais menti, sache-le, j'ai simplement gardé ça pour moi.

-Et maintenant, vas-tu me rejeter encore une fois ?

-Tu vas partir et nous ne devons plus nous voir, ni même correspondre jusqu'à ce que j'ai mis la main sur celui qui en veux à ma vie et à la tienne par la même occasion. Je ne sais pas si Cullen t'en veux vraiment, quoiqu'avec les liches qu'il a envoyé chez toi je préfère prendre des dispositions pour que tu sois à l'abri de ces hommes et de ce fou.

-Personne n'a attenté à ma vie, Heath !

-Si, mon amour, tu demanderas à ton père il te le dira.

-Je ne veux pas partir loin de toi, tu m'en demandes trop, et si jamais tu es de nouveau blessé et que tu as besoin de moi, comment feras-tu ?

-Je prendrais une des fioles de Braeden, et ne pense même pas que je ferai appelle à toi, c'est hors de question !

-Pourtant regarde, toutes les plaies se sont refermées instantanément, même le poison a complètement disparu quand tu as bu de mon sang !

-Draco je ne t' ai pas mordu pour ça, la morsure que je t'ai infligé te mettra à l'abri de mes semblables.

-Mais je croyais que tu voulais me mordre pour te soigner, s'étonna le Serpentard. C'est pour ça que je t'ai donné mon accord, je ne savais pas, moi.

-Crois-tu que je t'aurai fait souffrir pour refermer de simples plaies !

-Ben oui, sinon pour quoi d'autres ?

-Tu portes ma morsure et de ce fait l'odeur d'un vampire puissant, expliqua le duc. En aucun cas tu n'es mon calice, pour cela il aurait fallu que tu boives de mon sang et que tu portes ma marque. Ce que je t'ai fait t'évitera une agression des miens, que cela soit ici en Angleterre ou dans un autre pays. Chez mon peuple nos lois sont universelles, n'oublie pas ça.

-Si je comprends bien tu me marques mais tu ne veux plus me voir ?

-Prends-le comme tu veux, Draco, mais dorénavant tu seras livré à toi-même. Je ne dois pas mettre la puce à l'oreille de mes détracteurs avec ta présence à mes côtés. Je suppose également qu'ils ne savent pas exactement qui tu es sinon ils se seraient acharnés sur toi, cela doit continuer ainsi.

-Ne t'inquiète pas pour moi, je saurais me débrouiller, répliqua le blond qui n'était pas très enchanté de voir que Heath l'abandonnait bien volontiers après la nuit qu'il venait de passer ensemble.

-Il est l'heure de se lever, dit le duc en voyant qu'il avait fâché son Dragon.

-Oui, j'ai besoin d'une bonne douche, avoua le fils de Lucius en se dirigeant vers la salle de bain tout en ramassant ses vêtements épars sur le sol de la chambre.

-J'ai des ordres à donner, nous devons faire vite tu dois quitter le château avec Braeden. Il te conduira chez ton père, murmura le duc en voyant le corps nu de Draco se diriger vers la salle de bain.

-Je suis assez grand pour aller là-bas seul, Heath, rétorqua le sorcier avant de refermer la porte en la claquant derrière lui.

Le duc se leva en soufflant, il se rendait compte qu'il faisait du mal à Draco mais il n'avait pas, hélas, le choix. Le seigneur de Lochlain-Blood appela le guérisseur en qui il avait toute confiance et lui expliqua la situation.

Draco, dans la salle de bain réfléchissait. L'eau chaude s'écoulait sur lui, elle l'entourait complètement, descendant le long de son corps endolori. L'apaisant en quelque sorte. L'eau avait ce pouvoir de tranquilliser, disait-on.

L'ancien Serpentard décida subitement qu'il n'allait pas repartir, huit mois de voyage, même s'ils avaient été bénéfique pour lui avaient été plus que suffisant. Qu'irait-il faire ailleurs alors que sa vie était ici, en Angleterre ! Il n'avait besoin de personne pour savoir ce qu'il voulait faire et ce qu'il devait faire. Heath n'avait rien à y redire puisqu'il ne voulait pas faire parti de sa vie il ne voyait pas pourquoi il lui obéirait.

Le duc allait se mette en colère mais il savait qu'il aurait le soutien de son père. Et puis d'ailleurs il allait continuer de vivre comme avant son départ, c'est-à-dire faire quelques voyages éclairs pour les affaires et ramener des plantes et des racines pour Harry et Braeden. Si quiconque émettait une objection tant pis ! Il ne changera pas d'avis, c'était à prendre ou à laisser.

Fort de sa décision Draco finit sa douche et le calme revint dans son esprit. Le jeune homme s'essuya tout en admirant la grande pièce toute de bleue décorée, avec les robinetteries recouvertes d'or. Sur un des murs il y avait une fresque représentant le monde aquatique magique, une pure merveille de finesse et de détails.

Draco planta ses orteils dans l'épais tapis de bain et sourit, il se sentait si bien d'un seul coup, si heureux. Le sorcier regarda ses vêtements un peu froissés, il leur lança un sort de repassage puis il les enfila et revint dans la chambre où l'attendait Heath. Draco voyait à travers les tentures sombres le soleil rutiler en ce mois de janvier, étrange pour la saison, pour une fois que son humeur qui venait de passer du sombre au clair était en accord avec le temps !

-Braeden va t'accompagner chez ton père, personne ne trouvera bizarre que tu sois avec lui puisque vous étiez souvent ensembles avant ton départ.

-Heath….commença le blond pour faire part de sa décision au duc qui ne le laissa pas finir.

-Non, ne dis plus rien, le coupa Phadraig en le tirant vers lui pour le blottir entre ses bras. Tout a été dit, Draco.

-Comme tu veux, soupira le fils de Lucius.

-Braeden t'attend dans le salon, je veux que tu le rejoignes et que tu restes éloigné de ce château quoi qu'il arrive.

-Hein ! Et si tu es de nouveau blessé ?

-Je vais faire attention maintenant.

-Pourquoi seulement maintenant ?

-Disons que j'ai une raison supplémentaire qui va me faire raccrocher à la vie, si je puis dire.

-Oh ! Oui, et peut-on savoir quoi ou qui. S'enquit le vilain Serpentard qui en profita pour passer une main sous le peignoir de son vampire.

-Toi, mon amour, et retire ta main de là, Braeden est dans la pièce d'à côté. Tu ne voudrais pas qu'il entende tes supplications et tes cris de désir ? Susurra le duc en souriant.

-Mais je n'ai jamais crié ! S'offusqua le blond indigné qui savait très bien qu'il émettait un énorme mensonge. Il se rappelait même qu'il avait supplié et gémit, quelle honte.

-Ma nuit a été extraordinaire, Draco, avoua le duc. Tu es le seul qui m'ait fait découvrir des sensations que je ne connaissais pas. Et n'oublie pas ta promesse, tu es à moi et rien qu'à moi.

-Je n'oublie pas et je n'oublierai pas cette nuit, Heath.

Après un dernier baiser qui embrasa encore leur corps ils durent se séparer à regret. Draco rejoignit le guérisseur qui lui lança un regard ironique. Les deux hommes sortirent de la pièce mais avant le blond jeta un dernier coup d'œil au duc qui ne l'avait pas quitté des yeux. Son regard vert intense était si beau, il avait tellement envie de courir vers lui et ne plus le quitter. Sentant probablement venir la faiblesse de son amant Heath Phadraig ferma la porte sur lui pour ne plus voir la silhouette de Draco.

L'homme se rendit compte qu'il avait été déraisonnable, mais il n'aurait pas fait autrement si c'était à refaire, se redit-il. Il aurait fini par perdre Draco et ça ce n'était pas une option possible, déjà qu'il n'arrivait pas à se pardonner les coups que Pierce lui avait fait subir, alors !

Le sorcier blond et le guérisseur allèrent directement au manoir Malfoy. Draco aurait aimé aller voir Harry mais Braeden demeura intraitable, il devait le mener au manoir et pas ailleurs, ordre du seigneur.

Alors qu'il descendait du grand escalier pour aller prendre son petit-déjeuner, Lucius Malfoy fut agréablement surpris de voir son fils apparaître même s'il était accompagné de son ami le vampire. L'aristocrate sans se préoccuper de la bienséance serra Draco entre ses bras ce qui étonna grandement le jeune homme que son père se dévoile ainsi devant Braeden qui était un peu un étranger pour lui.

-J'ai eu si peur, murmura Lucius en tenant Draco à bout de bras pour mieux le regarder. Et même pas un parchemin pour me rassurer, ajouta le père. Tu te rends compte du mauvais sang que je me suis fait ?

-Je sais, père, j'avais besoin de temps, je devais remettre mes idées en ordre.

-Moi je vous laisse, décréta le guérisseur que les deux blonds avaient oublié. Du travail m'attend.

-Je vous remercie de l'avoir ramené, monsieur .

-Draco est revenu de son plein gré, je n'ai aucun mérite, monsieur Malfoy, précisa le vampire avant de disparaître.

-De ton plein gré ! S'étonna Lucius en se dirigeant vers la salle à manger suivit de Draco. Alors pourquoi es-tu allé chez le duc et non ici chez toi, directement ?

-Comment pouvez-vous savoir que j'étais chez le duc ? Questionna le fils. J'aurai pu être chez Severus ou chez Harry !

-Etais-tu chez l'un d'eux ?

-Heu ! Non.

-Alors tu vois, j'avais raison, tu étais chez ce vampire, jubila Lucius Malfoy. Puis-je savoir pourquoi ta première visite a été pour lui et non pour ton père ?

-Il a été pris dans un attentat, il était blessé, je voulais juste demander de ses nouvelles ! Pas de quoi en faire une maladie, père.

-Des nouvelles ! Ben voyons ! Juste ça ?

-Par politesse, précisa Draco qui s'enfonçait de plus en plus. Et puis je suis là maintenant, non !

-Et tu crois que je vais avaler la couleuvre que tu me sers sur un plateau là ? Est-ce que tu crois vraiment que je suis né de la dernière pluie ?

-D'accord, s'écria Draco un peu agacé du ricanement de son père ? Qu'avez-vous encore imaginé ?

-Moi rien, mais j'aurai aimé que tu me dises que tu es amoureux du duc, il faut toujours que je devine tout et c'est lassant à la fin, tu agis comme Severus parfois, tu le sais ?

-Arrêtez de me confondre avec Severus, impossible de l'égaler de ce côté, rigola Draco qui prit place à table alors qu'un thé bien fumant et odorant à souhait arriva et se posa sur la belle nappe blanche.

-Draco je ne plaisante pas là, tu dois faire attention, fréquenter le duc est dangereux, je veux que tu restes loin de lui.

-C'est ce qu'il m'a dit aussi, et il insiste aussi pour que je n'éloigne de l'Angleterre, soupira le jeune sorcier en soufflant sur son breuvage.

-Il a raison, ceux qui en veulent à sa vie en veulent aussi à la tienne.

-C'est ce qu'il m'a appris, oui, pourtant ils ne peuvent savoir que nous sommes ensembles, lâcha Draco sans penser que son père, lui, n'était pas encore au courant de ce fait.

-Quoi ! Répète, que viens-tu te dire ? Tu es avec le duc !

-Que…Aie, je crois que je viens de faire une gaffe énorme, avoua Draco en serrant sa tasse dans sa main alors que Lucius le regardait d'un air mécontent.

-Tu t'es mis en danger sciemment, et lui il a pensé à quoi en faisant de toi son amant ? Non mais ça vous arrivent de réfléchir avant de faire n'importe quoi !

L'homme envoya valser tout ce qui se trouvait sur la table. Lucius Malfoy était furieux, non seulement Draco était encore plus en danger qu'avant et maintenant il allait devoir s'éloigner de lui encore une fois.

-Je ne pars pas, père, articula lentement le jeune blond comme s'il avait entendu les pensées de son père. Et vraiment ce n'était pas la peine de tout jeter par terre, ricana Draco que les excès de son père n'impressionnaient plus. Les elfes vont devoir recommencer.

-Aucune importance, dis-moi plutôt ce qui t'est passé par la tête ?

-Vous voulez la vérité ?

-Naturellement, fils !

-J'aime Heath Phadraig…..

-Oui, hé bien ce n'était pas la peine d'aller aussi loin, vous auriez pu attendre que diable !

-Je lui ai donné l'occasion de profiter de mon corps pour la nuit, et il n'a pas refusé, dit Draco en replongeant son nez dans sa tasse qu'il avait gardée entre ses doigts. Je ne pense pas qu'il veuille de moi sérieusement vous savez.

-Alors ça cela m'étonnerait ! Tu vas partir, tu dois te mettre à l'abri, Draco, répondit Lucius sachant que si son fils avait fait cela c'est qu'il était vraiment amoureux du vampire et qu'il en était de même pour le duc.

-Non, et rien ne me fera changer d'avis, je veux reprendre ma vie d'avant. Et vous n'y pourrez rien, père, ni vous ni les autres.

Les deux Malfoy se jaugèrent du regard, Lucius capitula, malgré lui. Cette fois il n'arrivera pas à faire plier Draco. le jeune homme avait pris sa décision et il allait rester fermement campé sur ses positions quitte à lui rendre la vie impossible s'il le faisait changer d'avis.