Cullen Mac Gowan.

Le duc, Severus puis Eliezer prirent les premiers la marche derrière le cercueil d'Ezékiel Mac Gowan. Les membres de la famille suivirent ainsi que tous les chefs de clan puis les invités ensuite. Tout se fit dans un silence de mort, pourrait-on dire.

-Severus est là, chuchota Harry à l'oreille de Braeden.

-Je sais, il accompagne le seigneur Phadraig.

-Pourquoi ? Il ne connaissait pas Ezékiel il me semble.

-Tu le sauras tout à l'heure, Harry.

Les personnes se rendirent dans le parc du manoir vers la crypte où le vieux vampire avait demandé à être enterré. L'endroit paraissait lugubre en pleine nuit, même si par-ci par-là Jasper avait installé des torches. Le froid était mordant et le sol gelé craquelait sous leurs pieds. L'un des hommes ouvrit le vieux portail qui grinça et regarda vers le trou béant qu'une porte en bois d'ébène laissait à peine entrevoir.

L'édifice était assez haut et de couleur sombre, comme si le mal s'était installé dedans. Au lieu d'un crucifix sur la porte il y avait un pentacle qui appelait les démons pour les défunts. Y avait-il une autre vie pour eux ? Les vampires morts ressuscitaient-ils à l'aide d'une magie macabre ?

Tous étaient là autour qui attendaient, mais quoi ? se demanda Harry en regardant les hommes et les femmes du clan Mac Gowan terriblement nerveux.

Le jeune homme n'eut pas à attendre longtemps qu'il vit se matérialiser devant le tombeau un vampire accompagné d'une trentaine d'hommes. Cullen Mac Gowan, chuchotèrent certains dans les rangs des invités. Il est venu voir si son frère est bien mort, parla celui qui était près d'Harry. Je me demande ce qu'il va penser du nouveau chef de clan, ce Severus Snape, le bâtard d'Ezékiel.

Harry sursauta, il savait parfaitement ce qu'était un bâtard de vampire, une sorte de fils adoptif de part une morsure. Si le vieux vampire avait reconnu Snape alors Cullen allait se venger et le tailler en pièce. Non mais quelle idée de venir ici au milieu de ces gens qui devaient le maudire !

Le duc, Snape et le fils de Cullen ainsi que Néhémiah se tendirent. Le maître des potions jeta un rapide regard vers le jeune sorcier aux yeux verts qui était inquiet pour lui, puis il scruta de ses yeux noirs le fauteur de trouble qui fanfaronna.

-Il n'est pas encore enterré, ce vieux barbon ! Cria-t-il pour que tout le monde l'entende, espérant choquer les plus récalcitrants de sa maison qui avaient refusé de le rejoindre dans son combat.

-Cesse cela sur le champ, Cullen, l'apostropha le duc en le toisant de toute sa hauteur. Laisse ton frère partir dignement.

-Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi, Phadraig, chef de tous les clans. Je suis mon propre maître maintenant que mon frère est défunt. Je suis venu m'enquérir de mon héritage et tu ne pourras pas m'en empêcher.

Severus s'avança d'un pas, Harry frémit et ses mains devinrent moites d'anxiété, Braeden le retint par le bras l'empêchant de s'élancer vers Severus.

-Je suis le nouveau chef des Mac Gowan, déclara Snape, et vous n'êtes pas le bienvenu pendant cette cérémonie, Cullen.

Le vampire félon rugit de colère et se rua dans la foule pour se jeter sur le maître des potions qui ne recula pas d'un pas. Heath Phadraig qui avait prévu le coup appela dans un ancien dialecte vampirique ses hommes qui transplanèrent immédiatement et restèrent à une distance respectable de la crypte.

-Tiens-toi tranquille, Mac Gowan, mes hommes sont prévenus, déclara le duc. À la moindre incartade tu auras à faire à eux. Je veux bien honorer la trêve qu'il y a lors d'un enterrement comme le veut notre coutume. Mais en aucun cas tu ne t'en prendras à l'un d'entre nous. Est-ce clair ?

-Vous ne perdez rien pour attendre, les menaça-t-il en faisant tenir ses vampires tranquilles. Nous allons nous affronter, messieurs, puisque vous voilà deux maintenant prenez garde à ce qui a le plus de valeur pour vous, ajouta menaçant Cullen en se retournant et en regardant Harry Potter droit dans les yeux.

-Ne tentez rien, Cullen, sinon je vous le ferais payer au centuple, invectiva Snape fou de colère.

-Nous partons, ricana l'autre en faisant signe à ses hommes. Bien le bonjour à Draco Malfoy, duc, il est tout à fait appétissant tu sais très bien choisir tes amants, finit-il en s'évaporant dans la nature.

-Cherchez-les ! Ordonna Heath Phadraig en s'adressant aux guerriers vampires. Je veux la tête de Cullen ! Envoies dix hommes où tu sais, Augustus, et renvoies les autres qu'ils ne quittent pas le manoir Malfoy jusqu'à ce que je sois là.

Augustus opina puis il s'en fut suivit des autres. Le calme revint, personne n'osait prononcer un mot, un Mac Gowan venait de proférer des menaces public contre le chef de tous les clans, l'affaire était grave pour certains et pour d'autres Cullen était fou ou inconscient.

-Il est au courant pour Draco et Harry, nous devons faire quelque chose après la cérémonie, Severus, sans perdre de temps, gronda le duc alors que le défunt était mis à sa place dans une alcôve où il reposera enfin pour toute l'éternité dans le calme et la sérénité.

En entendant ces paroles le maître des potions faillit soupirer de lassitude. Bien sûr qu'Ezékiel sera au calme dans cet endroit, ce n'est pas comme lui qui allait devoir se coltiner Cullen et compagnie.

Deux heures plus tard, après une légère collation servie dans des coupes que Jasper avait pris soin de préparer lui-même, les membres de la famille s'éparpillèrent et repartirent chez eux. Les chefs de clan avaient reformulé leur dévouement à Heath Phadraig, disant que Cullen était un fou qui paierait un jour pour ses crimes. Le duc était très respecté, n'était-il pas leur chef à tous après tout !

Emilio Razi salua les hommes avant de repartir à Hautefort-les-Wolves et promit de venir rendre visite à Draco un de ces jours, il fut déçu de ne pas l'avoir vu aujourd'hui. Quand Snape, Néhémiah, Heath, Braeden, Eliezer et Harry se retrouvèrent seuls avec Jasper ils purent commencer à respirer normalement.

-Ca aurait pu être pire, non ? Demanda Harry quand tout à coup ils entendirent un grondement retentir et une vingtaine de guerriers entrer dans la grande demeure et dégainer leur épées.

Personne ne s'y attendait, Cullen avait pris soin de laisser des hommes à lui cachés pas très loin de la maison. Ils avaient profité qu'ils se retrouvaient seuls pour les attaquer en surnombre comme des lâches.

La bataille fut rude, surtout dans une salle à manger. Le cliquetis des fers résonnait partout dans la maison, Harry était content d'avoir pris sa baguette pour se défendre, il ramassa malgré tout une épée qui traînait il n'était pas maladroit avec une telle arme, il savait très bien s'en servir.

Les guerriers de Cullen s'acharnaient sur Severus, l'homme était cerné et les autres guerriers faisaient un rempart pour empêcher quiconque de le rejoindre. Eliezer combattait avec acharnement, Braeden avait déjà tué deux hommes et le duc se défendait contre cinq assaillants, Néhémiah était aux prises avec deux autres guerriers mais il feintait adroitement.

Le jeune médicomage essaya de s'approcher du maître des potions, en vain. Il prit une estocade au bras et une autre à la jambe mais ne s'en soucia pas, pas en voyant Severus avec de multiples blessures qui faiblissait de plus en plus. Le jeune sorcier utilisa alors sa puissance magique et les repoussa violemment contre le mur mais il ne put éviter la dague qui s'enfonça dans le corps de Snape jusqu'à la garde.

Les vampires acculés disparurent dans un claquement soudain, comme si leur mission était terminée. Harry se précipita vers le professeur qui était à terre souffrant mille morts et essayant de retirer la dague de sa poitrine de ses mains souillées de son propre sang.

-Ne bougez pas, lui chuchota Harry en défaisant la chemise noire déchirée.

L'homme ne put protester, la douleur était telle quelle lui coupait le souffle.

-Poison, Harry, l'avertit Braeden en respirant le bout ensanglanté de la dague que Harry venait de sortir et lui avait tendu. Ce n'est pas le même que celui qui a tué Ezékiel, celui-ci je ne le connais pas je dirais qu'il est plus virulent, Severus n'en a plus pour longtemps si on ne trouve pas une solution vite fait.

-Hein, quoi ! C'est pas possible.

-Sauvez-le, rugit Heath Phadraig près d'eux. Tu sais ce qu'il faut faire Harry, Braeden dis-le-lui il décidera.

-Pas la peine de me le dire, Heath, je suis médicomage je sais ce qu'il faut faire pour le sauver, et je suis prêt, assura Harry d'un ton sans réplique.

-Portons Severus dans une chambre, proposa le fils de Cullen. Il y sera mieux pour faire le rituel.

-Harry es-tu certain ? Demanda Néhémiah légèrement inquiet.

-Je ne vais pas le laisser mourir ça c'est hors de question, mon ami.

-D'accord, nous resterons en bas le temps que cela soit fait, mon frère fait revenir quelques guerriers pour plus de sécurité et personnellement nous allons veiller nous aussi. Ne vous pressez pas.

Le jeune homme opina.

-Tu sais comment cela va se passer, ne le repousse pas, Harry, et tout ira bien, le rassura Eliezer qui appuyait fortement sur un de ses bras blessé.

Heath et Jasper installèrent Severus à moitié inconscient sur le lit, ils regardèrent le médicomage entrer à leur suite puis ils sortirent en refermant la porte doucement derrière eux. Ils allaient attendre en bas pas question de les laisser seuls, les vampires prirent place et l'attente commença.

-Non, murmura faiblement le maître des potions en essayant de se relever. Vous n'êtes pas obligé de faire ça, Potter.

-Je ne me sens pas obligé et si vous refusez ce rituel vous allez mourir, est-ce vraiment ce que vous voulez ? Le seul moyen de vous sauver est de vous abreuver à un calice, je serai ce calice, allez-vous me repousser ?

-Non.

-Alors tout est dit, affirma le jeune sorcier en retirant sa propre chemise pour que le vampire puisse le mordre plus à son aise.

-Vous allez devenir mon calice pour la vie, Potter ? Ça ne vous dégoûte pas ?

-Même mourant vous continuez de débiter des sottises, Snape, croyez-vous que je serai dans votre lit si c'était le cas ? Rien venant de vous ne me dégoûte, mettez-vous ça dans la tête !

L'homme souffrait atrocement, il savait maintenant pourquoi Ezékiel buvait les potions que Harry lui faisait porter. La douleur aurait pu le rendre fou.

Le jeune sorcier jeta sa chemise sur une chaise, puis après avoir retiré ses chaussures il s'allongea tranquillement sur le lit près du maître des potions qui respirait de plus en plus difficilement.

-Allez-y je ne reculerai pas, s'enhardit le médicomage, ça ne sert à rien d'attendre !

-J'aurai voulu vous laisser le choix, Potter, murmura Snape en se levant pour se poser lourdement et difficilement sur l'ancien Gryffondor.

Harry mit sa main sur la poitrine de l'homme, sa peau froide était douce, il regarda intrigué le tatouage et sourit quand il vit le lys noir onduler sous ses doigts caressants. Le jeune homme enleva ses lunettes et les posa d'un geste de la main sur la table de chevet. Plus rien n'empêchait le maître des potions de le mordre alors pourquoi attendait-il ?

-Je vais vous faire mal, monsieur Potter, la première morsure est ainsi je n'y peux rien, précisa le vampire avant de respirer douloureusement l'odeur de Harry. Essayez de ne pas bouger, je ne veux pas vous faire mal plus que nécessaire.

-Je ne bougerais pas je vous l'ai dit. N'attendez pas, il vous reste peu de temps pour accomplir le rituel.

Snape le savait, il attrapa les mains du médicomage et les coinça sous les siennes, ses crocs sortirent et ses sens s'éveillèrent en sentant le sang qui l'appelait pulser dans la gorge tendre du morveux. Le vampire lécha la peau fine et entra ses canines profondément dans la carotide, le sang afflua immédiatement dans sa bouche et envahit ses veines comme une eau de jouvence qui lui redonnait vie et force.

Harry s'était retenu de crier, la morsure était désagréable pour ne pas dire horrible, les mains de Snape avaient accentué leur prise mais le sorcier ne bougea pas comme promis. Il sentit le liquide vital s'écouler hors de son corps, il sentait Snape reprendre des forces, il se sentait faible, de plus en plus, puis il ferma les yeux en même temps que la douleur de la morsure s'atténuait.

Snape s'arrêta de boire quand il sentit Harry partir dans les vapes, il referma la plaie puis se coupa le poignet avant de la porter à la bouche de son futur calice.

-Encore un effort, monsieur Potter, buvez, ajouta-t-il en maintenant le menton de Harry afin qu'il se nourrisse du sang de son vampire.

Quelques minutes plus tard le professeur referma sa propre plaie puis reposa Harry qui s'était endormi. Le vampire savait qu'il allait être ainsi pendant deux jours entiers, cependant il ne voulait pas rester dans cette maison. Il allait emmener Harry chez lui, dans les cachots, plus à l'abri et dans un endroit que le jeune homme connaissait déjà.

Le maître des potions regarda d'abord si Harry avait bien sa marque, il la trouva sur la hanche douce du morveux, une lune rouge et un lys noir. Un tatouage comme le sien, un peu plus petit mais sorcier. Le lys se mouvait comme sous une brise légère. Snape espérait que le jeune sorcier ne verrait pas cela comme un lien honteux mais bel et bien un lien de vampire à calice. L'homme en profita pour soigner le survivant qui avait quelques blessures sans gravitées

Une heure plus tard il leva en pleine forme, le poison avait complètement disparu de son organisme. Snape se sentait ragaillardi, d'ailleurs c'est fou ce que le sang d'un calice pouvait être régénérant, mieux que le sang humain, aucune comparaison possible. Le tout maintenant était de savoir comment ils allaient arriver à vivre ensemble ? A vrai dire il ne savait pas il avait été seul toute sa vie, comment faisait-on ? Bah ! Il verra le moment venu pas besoin de s'alarmer, hein !

Le maître des potions enveloppa un Harry endormi dans son manteau, et descendit rejoindre les autres en bas en portant le médicomage entre ses bras.

-Comment-a-t-il supporté le rituel ? demanda Braeden en se rapprochant inconsciemment de Harry pour le toucher et vérifier s'il allait bien.

Le maître des potions gronda violemment, et exhiba ses canines imposantes envers le guérisseur prêt à le déchiqueter s'il s'approchait trop près de son calice.

-Braeden ! Recule, lui intima Heath alors qu'Eliezer souriait de voir Severus Snape si possessif envers Harry.

-Oui bon j'avais oublié, je voulais juste voir si Harry allait bien, décidément Severus tu es très exclusif, mon ami.

-J'emmène Harry chez moi à Poudlard, répondit le maître des potions à peine hargneux en rétractant ses crocs. Le rituel n'est pas fini, j'attendrai qu'il se réveille pour le finaliser.

-Tu en as le droit, l'approuva le duc. Tu as une semaine pour ça et je suis content que tu aies pensé à lui avant de penser à toi.

-Je ne suis pas insensible, pesta Snape.

-Monsieur, S'enquit Jasper en s'adressant à son nouveau maître. Que dois-je faire en attendant votre retour ?

-J'ai un manoir, le manoir Prince, pouvez-vous vous rendre là-bas ? Je crois qu'en effet vous y serez plus en sécurité, Cullen risque de revenir ici et s'en prendre à vous.

-C'est exactement ce que je me suis dit, monsieur, et que devrais-je faire au manoir Prince ?

-Voilà des années que je n'y aie pas mis les pieds, Jasper. Je crois que vous allez être débordé, les elfes de maison vous obéiront. Faites les changements que vous jugerez nécessaire, Harry aime les couleurs, dit à contrecœur Snape qui déjà pensait aux goûts bizarres de son compagnon.

-Je ferais de mon mieux, monsieur, et j'ajouterai que je remercie monsieur de la confiance qu'il me donne.

-Ezékiel vous appréciait, Jasper, si vous ne me décevez pas je ne vois pas pourquoi nous ne nous entendrions pas dans l'avenir.

Sur ces bonnes paroles Snape disparut avec son fardeau et les autres suivirent, il n'y avait plus rien à faire ici.