26 Un calme tout relatif.

Dans la nuit Eliezer sauta depuis la fenêtre de sa chambre du manoir Malfoy, et atterrit souplement dans l'herbe quelque deux étages plus bas. Ses longs cheveux noirs revinrent en place et encadrèrent son beau visage fin à l'allure décidée. Pour le jeune homme ce n'était pas difficile de faire ça, un jeu d'enfant !

La nuit était éclairée par un croissant de lune et il faisait doux, bonne soirée pour une chasse. C'était aussi une bonne idée pour fuir Lucius Malfoy pendant quelques heures. Les deux hommes s'étaient regardés en biais toute la soirée et là vu leurs auras chargées de désir il préférait prendre l'air.

Pas qu'il avait peur du blond, mais il savait que l'homme avait été marié à une femme. Cela voulait donc dire qu'il n'avait aucune accointance avec les hommes, dommage, il le trouvait vraiment à son goût ce Serpentard musclé aux yeux gris attirants, et au corps viril qu'il aurait bien mis dans son lit afin d'en profiter outrageusement. Quoique là il pensait que c'était plutôt l'aristocrate qui allait profiter de lui et il n'avait rien contre ça, il avait toujours préféré être le soumis dans ses relations avec d'autres hommes. De toute façon il voyait mal Lucius Malfoy se faire prendre par un autre mâle sans que celui-ci ne se reçoive un doloris.

le vampire alla à la rencontre des siens qui restaient autour de la grande demeure pour protéger les habitants du manoir. Les vampires guerriers de Heath étaient invisibles aux yeux des autres, on ne les entendait même pas, on ne soupçonnait nullement leurs présences, ils se devaient d'être discrets pour surprendre des fauteurs de troubles.

Les grands yeux sombres d'Eliezer les repérèrent immédiatement et facilement dans la nuit, normal, lui savait comment ils agissaient puisqu'il était l'un des leurs. Le seigneur Phadraig, prudent, avait placé là ses hommes depuis que Cullen avait proféré des menaces très explicite contre le fils de Lucius. Le jeune homme les salua et s'installa avec eux le temps de discuter un moment et de prendre quelques nouvelles.

Ses frères vampires le taquinaient souvent car ils n'ignoraient pas qu'Eliezer tentait un rapprochement sur le maître de céans, le dénommé Lucius Malfoy. Un magnifique blond au corps puissant et à la langue acérée qui avait la particularité d'être parfois imbuvable mais terriblement sexy, plaisanta un de ses amis. Les nouvelles allaient très vite dans les clans, se moqua le jeune vampire.

-Il ne voudra jamais de toi, le provoqua l'un des buveurs de sang un peu jaloux de voir qu'Eliezer avait ses entrées dans la demeure, et qu'il aurait bien osé, lui, un rapprochement envers Eliezer mais qu'il craignait de se faire rabrouer vertement, car tout le monde savait que le protégé du duc était très exigeant dans le choix de ses amants.

-Tu paris quoi ? répliqua le fils de Cullen en souriant vicieusement à l'homme face à lui.

-Ne paris pas avec lui, clama un autre homme. Il gagne toujours.

Les hommes rigolèrent de bon cœur et sur ces belles paroles Eliezer partit chasser une proie dans le monde moldu. Après s'être nourri au cou délectable d'un jeune blanc-bec, le vampire déambula dans la capitale. Malgré que la nuit fut tombée depuis longtemps il régnait dans la ville un monde nocturne très hétéroclite et abondant.

Le jeune homme flâna dans les rues pendant plus de trois heures puis rentra au manoir aux petites heures du jour en saluant ses amis au passage.

Eliezer allait repasser par la fenêtre en grimpant le long du mur et pénétrer directement dans sa chambre quand il changea d'avis au dernier moment. Il voulait vérifier une petite chose. Les regards du blond ne trompaient pas, et si malgré tout il avait un petit faible pour lui ? Ne serait-il pas normal qu'il s'en assure ? Logique non ! Surtout s'il voulait tenter une petite aventure avec lui.

Lucius Malfoy s'était levé au aurore, impossible de dormir, une angoisse l'étreignait, il ne pouvait se départir d'un mauvais pressentiment. L'aristocrate blond debout devant sa cheminée buvait une tasse de thé revigorante quand il vit surgir à la fenêtre de sa chambre un jeune vampire qui le regardait d'un air goguenard, en lorgnant sur son torse dénudé.

Le blond allait prendre sa baguette et lui apprendre les bonnes manières quand il vit le vampire prendre son essor.

Eliezer ouvrit la fenêtre sans aucun problème et entra en sautant souplement sur le sol de la chambre du mangemort. Sans quitter des yeux Lucius Malfoy il se redressa. Des yeux noirs magnifiques, envoûtants et profonds sondèrent le regard du blond qui frémit imperceptiblement, pourtant cela n'échappa pas au vampire.

Le Serpentard ne bougea pas, il reposa juste sa tasse lentement sans faire voir son étonnement et subjuguer par la beauté sauvage de son vis-à-vis il attendit une explication.

-Je me suis trompé de chambre, s'excusa piètrement le vampire en rejetant ses cheveux en arrière dans un geste de défi et de sensualité mêlé.

-Pourquoi il me semble que vous venez de proférer un énorme mensonge, monsieur Mac Gowan ?

-Peut-être parce que c'en est un, admit Eliezer en frottant négligemment son pantalon de cuir noir en se baissant légèrement.

-Dans ce cas pourquoi mentir si c'est pour me l'avouer par la suite ? S'énerva l'aristocrate. Me prendriez-vous pour un imbécile ? Ou alors vous vous êtes dit ce matin que vous aviez envie de m'ennuyer et de me rendre de mauvaise humeur ?

-Non, disons que j'avais envie de voir à quoi vous ressembliez le matin sans vos robes, répliqua le jeune homme à un Lucius qui ne s'attendait pas à cette réponse.

-Et ?

-J'avoue que je vous trouve encore trop vêtu, monsieur Malfoy. Je ne peux pas juger de ce que je ne vois pas.

Le blond rigola, il ne s'attendait pas à une telle répartie franche et directe.

-Je suis sincèrement désolé, la prochaine fois j'attendrais que vous soyez là pour me lever dans le plus simple appareil.

-Donc vous espérez que je revienne ? interrogea Eliezer malicieux en approchant d'un pas.

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, c'était ironique, je ne veux pas que vous confondiez ma chambre avec la vôtre alors que je ne vous y reprenne plus sinon…..

-Sinon ? Que me ferez-vous ? Questionna le vampire en s'approchant encore de Lucius jusqu'à le toucher et enfin poser sa main fine sur le torse du Serpentard en levant la tête.

-Vous faire sortir d'ici au plus vite et vous interdire le manoir, ça me semble un bon début, vous ne pensez pas ?

-Mouais… c'est une solution, cependant je connais une punition beaucoup plus agréable, moi.

-Je n'en doute pas et je ne désire pas la connaître, maintenant sortez de la pièce je vous prie, monsieur Mac Gowan.

-Oh pas de souci je vais sortir, murmura le vampire aux yeux sombres. Mais avant, ajouta-t-il en mettant son visage contre celui du blond. Je vais vous embrasser.

Lucius n'eut pas le temps de riposter qu'une bouche douce et délicate se posa sur la sienne. Son reflexe fut de repousser le jeune impudent qui avait l'audace de prendre des privautés avec lui, mais quand il sentit une langue mutine forcer ses lèvres, il se laissa aller au désir de rendre le baiser au jeune homme qui avait passé ses mains autour de son cou.

Le Serpentard loin d'être déçu finalement attrapa Eliezer par la taille et le rapprocha encore plus près de lui. Sa langue gourmande fouilla l'antre chaud, et ses dents mordillèrent la chair tendre des lèvres froides du magnifique vampire qui ne le laissait pas indifférent. Le baiser s'éternisa, le blond n'avait jamais connu un tel délice, c'était si fabuleux et étrange en même temps.

Pendant un instant fugace Lucius entrevit Harry là entre ses bras l'embrassant furieusement, il se secoua et retira cette vision dérangeante de sa vue. Il ne voulait pas penser à lui en ce moment, il devait se l'enlever de la tête et au plus vite, bien qu'il savait pertinemment que c'était impossible.

A bout de souffle les deux hommes se séparèrent pourtant Lucius ne desserra pas ses bras, il tenait toujours la taille fine du vampire contre lui. Ses yeux s'assombrirent de désir, le gris passa presque au noir.

-Conquis ? demanda le jeune homme en levant la tête.

-Là je dois dire que oui, soupira l'aristocrate en le sondant de son regard troublé. Cependant je ne pense pas que ce soit une bonne idée, jeune vampire.

-A quoi voyez-vous ça ?

-Le moment est vraiment mal choisi, Eliezer, avec tout ce qui se passe dans nos vies.

-Et moi je dirais que justement c'est le bon moment, Lucius, pourquoi toujours attendre que tout aille bien pour avoir un peu de bonheur et de plaisir. Nous sommes deux hommes tout à fait consentants, n'est-ce pas ? Alors pourquoi retarder l'inévitable ? Je ne demande pas un serment éternel n'ayez aucune crainte de ce côté, je sais faire la part des choses.

Lucius regarda le vampire, ce qu'il venait de dire était bien vrai. Attendri le sorcier caressa sa joue et quémanda un autre baiser qui fut encore plus sulfureux que le premier. Eliezer sut à l'instant qu'il avait bien fait de passer par cette chambre et que Lucius Malfoy l'acceptait dans sa vie pour un long ou court moment, aucune importance le chemin qu'il feront ensembles du moment qu'ils le fassent.

-Tu es fatigué, tu devrais aller te reposer, proposa le blond. Je crois que tu as passé la nuit dehors.

-Me laisseras-tu dormir dans ton lit ? demanda le jeune homme amusé mais très sérieux.

le blond acquiesça, pour maintenant pas la peine d'ignorer l'attirance que les deux hommes éprouvaient l'un pour l'autre se serait pure hypocrisie.

-Je te permets, moi je dois descendre du travail m'attend, nous nous verrons plus tard.

Lucius Malfoy alla dans sa salle de bain où il finit de se vêtir puis il descendit à la salle à manger où un petit-déjeuner copieux lui fut servi par les elfes de maison. Là il devait avouer que le petit corps d'Eliezer contre le sien lui avait fait un drôle d'effet. Et penser qu'il était en ce moment complètement nu dans son lit ne rendait pas les choses faciles. Foutue journée où ses affaires avaient besoin de lui !

Ce que le père de Draco ignorait c'est que là-haut en ce moment même dans la chambre de son fils, un vampire assis sur un lit attendait le réveil d'un blond tout à fait craquant. Heath Phadraig venait se faire pardonner, il ne pouvait plus rester loin de son amant c'était au dessus de ses forces.

Draco avait cette force tranquille de lui faire faire n'importe quoi finalement. Le sorcier avait su se faire une place dans sa vie, il en était fou amoureux et jamais il ne pourra se passer de lui et encore moins lui faire du mal. Il savait qu'il avait eu tort de le brusquer, surtout maintenant que ces hormones étaient bouleversées, et puis le voir ainsi endormi, hum ! Il était tout simplement désirable et il avait une forte envie de faire l'amour avec lui, d'ailleurs il…..

Le Serpentard ouvrit un œil puis deux quand il sentit une main caresser son épaule et passer sur son torse que le drap ne recouvrait plus. Il sut immédiatement que Heath était là près de lui et que celui-ci avait mis sa fierté de côté pour venir le voir. Le jeune homme eut un sourire heureux.

-C'est moi qui te fais sourire ? Demanda le duc alors que son corps s'éveillait des caresses qu'il donnait à son ange.

-Tu es venu ! Alors oui c'est toi.

-Comme tu vois j'avais envie de te voir, tu m'as manqué Draco, désolé pour la dernière fois je crois que j'étais encore fâché après toi.

-Plus de disputes ni d'ordres à donner ?

-Nos querelles sont inutiles, passons à autre chose veux-tu !

-Quoi par exemple ? interrogea le jeune homme en se retournant complètement vers son vampire, le regard encore ensommeillé mais un sourire rayonnant sur les lèvres.

-Que dirais-tu si je restais avec toi la journée entière !

-Je dirais que tu as une magnifique idée, Heath, affirma Draco en ouvrant les draps pour que le duc le rejoigne et se réchauffe au contact de son corps.

L'homme ne se fit pas prier, il se déshabilla en un tour de main et se coucha près de son dragon qui se colla près de lui l'entourant de ses bras et de ses jambes.

-Tu joues à la sangsue, amour, tu sais que je reste là n'est-ce pas ? murmura le duc en soupirant de satisfaction.

-Je sais, mais j'ai besoin de sentir ton corps contre le mien, c'est tout ce que je demande pour le moment, un peu de ton temps, un peu de tes caresses, être juste avec toi.

-Ah bon ! Parce que moi j'avais une autre idée en tête, genre caresses plus approfondies et réchauffement de nos deux personnes. Une fusion de nos deux corps, un tête à tête amoureux qui te montrerai à quel point je suis passionné et épris de toi.

-Heath ! soupira Draco en se lovant encore plus près du vampire. Tu essayes de me rendre fou là ?

-Non, juste excité, avoua le duc décidément très repentant. Laisse-moi te savourer, te donner du plaisir, mon corps te réclame j'ai besoin de toi, mon ange.

Draco ferma les yeux, ces mots il les attendait depuis si longtemps, il les avait désiré si ardemment et maintenant Heath les prononçait sensuellement près de son oreille et c'était si beau, si merveilleux de les entendre que son cœur battit la chamade.

-Je t'aime, lui souffla le duc en plongeant son regard vers le sien. Si fort que tout me fait peur quand il s'agit de toi et que des menaces pèsent sur ta tête. Mais tu as raison sur une chose, mon amour, cela ne doit pas m'empêcher de t'aimer, nous ferons face à deux même si parfois je tremblerai pour toi, même si parfois je crierai de te voir prendre des risques et de voir la tête de cochon que tu es me tenir la dragée haute.

-Tu peux parler toi ! tu crois que tu es facile à comprendre ?

-Non peut-être pas mais je suis ainsi, je n'y peux rien.

-Tout comme moi alors !

Heath ne répondit pas, il posa sa main sur le ventre de son ange et lui sourit radieux.

-Voilà un cadeau merveilleux, lui susurra-t-il contre la bouche. Nous allons tout faire pour que ce petit démon reste bien au chaud dans le ventre de son papa, ajouta le duc en prenant les lèvres du blond dans un baiser matinal époustouflant.

L'heure qui suivit fut empli de souffles erratiques et de cris de plaisirs. Draco fut plus d'une fois comblé, le duc fut doux et sauvage à la fois, il le désirait tellement son ange, et là à l'intérieur de son corps allant et venant encore et toujours il éjacula en s'agrippant aux épaules d'un Serpentard aux sens exacerbés qui hurla de satisfaction.