29 Les catacombes.
Severus Snape et Heath, ainsi que Néhémiah, Lucius, Eliezer, Braeden et Hagrid, même Emilio Razi regardèrent le plan des catacombes de Paris. Snape en avait fait plusieurs exemplaires et les avait distribué à ceux qui en auraient le plus besoin. Hagrid, bien entendu, vu sa hauteur, ne pouvait entrer dans les galeries. Le duc décida donc de le laisser avec les gardes, personne ne passera devant le demi-géant, pensa-t-il avec justesse.
Dans les galeries, un homme qui se posait beaucoup de questions, celui-là même qui se nommait Lomlys, celui qui avait mis fin aux jours d'Augustus, se décida à aller voir les prisonniers que Mac Gowan avait interdit de voir, leur chef s'en réservait seul le droit, beuglait-il partout. Le guerrier commençait à avoir des doutes sur la santé mentale de son cousin, celui-ci perdait la tête et lançait des ordres complètement sans queue ni tête. Que lui arrivait-il ? Est-ce qu'il ne perdait pas les pédales ? Tout allait vraiment à vaut l'eau depuis quelque temps.
Lomlys et trois de ses hommes attendirent que Cullen soit dans une autre galerie pour se rendre dans la cellule qu'une seule personne gardait. Le vampire de la lune rouge était trop confiant ou alors il était insensé comme il le pensait avec justesse.
Quand l'homme fut mis hors d'état de nuire définitivement, la porte s'ouvrir sur Draco acculé dans un coin qui resserra un peu plus Harry contre lui en essayant de faire un rempart de son corps. Le blond voulait éviter à son ami des coups et des sorts supplémentaires. Le survivant, tout survivant qu'il était n'en supporterait pas davantage, Cullen l'avait affaibli considérablement et pendant des heures Harry avait appelé Severus puis il s'était arrêté en voyant qu'il ne viendrai pas et que peut-être il ne le verrai plus.
-Arrêtez, cria le fils de Lucius. Ne lui avez-vous pas fait assez de mal comme ça, il va mourir ! Laissez-nous tranquille ou alors finissons-en une bonne fois pour toute ! Qu'est-ce que vous attendez ? Abandonna le Serpentard très affaibli.
Les guerriers s'approchèrent et Lomlys, incapable de détacher ses yeux du carnage, s'agenouilla près des deux jeunes hommes et son cœur se souleva. Lui qui pourtant croyait avoir tout vu et bien il se rendait compte qu'il y avait des horreurs encore plus grandes.
Draco porta sa main devant son ventre pour protéger l'enfant quand il pensa que les hommes avaient été envoyé pour finir la basse besogne de l'autre. Il garda Harry bien pelotonné contre lui en leur criant de les laisser tranquille encore une fois, en sachant que ses cris étaient vains et que leur dernière heure était arrivée.
Lomlys posa sa main sur Harry et il frémit, comment son cousin en était-il arrivé là ? Comment avait-il pu torturer ces deux sorciers dont l'un était un calice et mettre en danger leurs enfants ? Toute cette cruauté gratuite, toutes ses blessures qui n'avaient servi qu'à faire mal pour un simple plaisir malsain, pourquoi agir ainsi alors que les garçons devaient juste servir de monnaie d'échange ?
Jamais, non jamais on ne faisait de mal à un calice et encore moins à des hommes qui portaient un enfant. Même dans le clan de la lune rouge on savait cela.
-Est-ce Cullen Mac Gowan qui a fait cela ? Interrogea le guerrier qui ne pensait sincèrement pas que son cousin perdrait la tête à ce point.
-Qui d'autre ! Répondit Draco avec un air de franche peur au fond des yeux. Mais vous le savez déjà, non !
-Non, répliqua le vampire. Nous ne sommes là que pour récupérer notre clan qui nous revenait de droit, mais vous ne pouvez pas comprendre cela. C'est une affaire d'héritage.
Lomlys tourna la tête de Harry sur le côté.
-Est-ce lui aussi qui a déchiqueté la gorge du calice et qui s'y est abreuvé ? Soupira le guerrier en entendant les hommes derrière lui frémir de dégoût.
-Oui, c'est lui aussi, et là Harry ne va pas bien du tout, depuis hier soir il n'a pas repris connaissance.
-Reilly, Sébastian, Emmett, vous êtes avec moi ? Gronda le vampire sans les regarder en sentant une colère sourde étreindre ses mains qu'il aurait bien passé au cou de Cullen pour lui arracher la tête.
-Nous le sommes, répondirent les trois hommes qui étaient fidèles au guerrier et qui n'avaient pas apprécier ce qu'ils venaient de découvrir dans cette cellule.
-Dans ce cas pas une minute à perdre. Reilly, aide celui qui est encore en état, porte-le dans mes quartiers, ordonna le cousin du maléfique Cullen. Nous ne pouvons pas les sortir des catacombes, les gardes sont trop attachés à Cullen, on se ferait arrêter et tuer sur le champ, vaut mieux les cacher le temps d'avertir les vampires de ces deux sorciers.
Lomlys attrapa lui-même Harry délicatement dans ses bras et il suivit ses amis qui prirent les devants pour éviter une rencontre fortuite et désagréable dans le dédale des galeries tantôt sombres tantôt éclairées.
-Sébastian, Emmett, Reilly, essayez de sortir et portez ceci à Heath Phadraig, dit l'homme en leur tendant un parchemin qu'il venait d'écrire une fois qu'il eut posé le survivant sur son lit. Dites-leur que je suis à leur entière disposition et que je m'acquitterai de ma dette pour mes fautes commises. Je veux que vous restiez avec eux, vous connaissez l'endroit vous pourrez les aider le cas échéant.
-Pourquoi ? Demanda Draco une fois qu'il se retrouva seul avec l'homme. Pourquoi faites-vous ça pour nous ? Ajouta-t-il tout en recouvrant chaudement Harry qui tremblait de froid et de fièvre alors que lui n'était pas mieux.
-J'ai eu un calice un jour, soupira Lomlys, un calice qui portait un enfant.
-Que lui est-il arrivé ? s'étonna le blond.
-Ils sont mort, souffla le guerrier avant de commencer à soigner un peu Harry. Nous ne pouvons pas faire grand chose, il faut que son vampire s'en occupe, mais le fera-t-il ? Ajouta-t-il pour lui-même.
-Si Severus ne le fait pas que se passera-t-il ? S'enquit le Serpentard.
-Il mourra, répondit le guerrier, et son enfant avec lui.
-Oh ! Harry est….
-Oui, pas de beaucoup, c'est pourquoi Cullen ne l'a pas senti.
-Harry non plus ne le sait pas, et je suppose que Severus n'en sait rien, j'espère qu'il ne va pas les abandonner, souffla le blond en serrant très fort la main du jeune homme inconscient.
-Et vous comment allez-vous ? Questionna le guerrier en scrutant les traits blafards de Draco.
-Je vais toujours mieux que Harry, il a…pris les coups à ma place, il disait que…Oh ! dieu, s'il ne s'en remet pas je ne pourrai pas me le pardonner, je ne pourrai plus me regarder en face, c'est horrible.
-Non, ce qui est horrible c'est que je n'aie pas réfléchi avant, j'aurai dû me douter que Cullen allait faire un coup comme cela, admit le vampire en fronçant les sourcils. La moitié des hommes ici ne savent pas vraiment ce qu'il manigance, nous pensions sincèrement qu'il voulait récupérer sa place au sein de son clan. Nous pensions qu'il voulait se servir de vous comme monnaie d'échange, nous n'avons pas imaginé ça. Désolé !
-En faite il voulait nous tuer, mais il voulait prendre son temps et nous faire souffrir.
-Vous êtes dans un sale état vous aussi, il nous faudrait un médicomage et au plus vite.
-Le seul que nous ayons sous la main c'est Harry, et là je ne pense pas qu'il soit opérationnel, ajouta Draco en se pliant subitement de douleur.
-Qu'avez-vous ? S'inquiéta Lomlys en voyant le blond plié en deux et une sueur abondante couler le long de son visage. le blond avait sentit une déchirure en lui, c'était affreux, il eut une pensée pour l'enfant juste avant de perdre connaissance.
Draco ne répondit pas à l'homme il n'en trouva pas le temps, il tomba près du survivant. Le Serpentard, d'une pâleur extrême, aux yeux cernés de violacés et marqué de plusieurs ecchymoses de plaies et de brûlures semblait absolument plus mort que vif. Le vampire pria pour que les secours arrivent au plus vite.
Les trois vampires que Lomlys Mac Gowan avait envoyé avaient réussi à sortir des souterrains. Enfin ils étaient plutôt en mauvaise posture mais le dénommé Sébastian eut le réflexe de tendre la lettre à l'un des guerriers de Heath qui porta la missive à son seigneur sans perdre de temps. C'est le duc et Severus suivit de Lucius Malfoy qui arrivèrent devant les trois hommes pour les interroger.
-Qui vous envoie ? s'enquit Heath d'un ton froid et accusateur.
-Lomlys Mac Gowan, répondit Reilly, il nous a demandé de vous remettre ce pli et de rester à votre disposition.
-Pourquoi nous vous ferions confiance ? Cracha Snape en levant sa baguette vers les trois vampires encerclés par les gardes.
-Arrête, Severus, ordonna le duc. Nous avons le pouvoir, tous les gardes sont désormais des hommes à nous, ils ne peuvent plus s'échapper.
-Où Lomlys a mis nos compagnons ?
-En sécurité dans ses quartiers, près de la salle des sculptures. L'un des deux jeunes hommes est très mal en point c'est pour cela qu'il nous a envoyé vous prévenir.
Le duc frissonna de peur et Snape faillit se ruer à l'intérieur pour exterminer toute la vermine qui s'y trouvait.
-Lequel est au plus mal ? Questionna Lucius Malfoy qui se faisait un sang d'encre pour les deux jeunes hommes, alors qu'Eliezer lui jetait un regard en coin.
-Celui que vous appelez Harry Potter, il a besoin de son vampire au plus vite, sa santé est précaire. Le jeune homme blond est très faible aussi, nous venons juste de les découvrir et les avons sorti de leur cellule. Lomlys veille sur eux jusqu'à votre arrivée, nous devons faire vite et arrêter ces palabres inutiles, monseigneur , répondit Reilly en se tournant vers Heath Phadraig, chef suprême de tous les vampires.
Lucius retient un grincement de colère. Pour qui ? Pensa Eliezer, Draco ou Harry ?
Braeden qui voyait l'état fébrile de Severus sortit une potion de sa poche et la donna à l'homme qui repoussa sa main d'un geste nerveux.
-Tu ne peux pas te permettre de refuser, Severus, tu crois que je ne sais pas que cela fait six jours que tu ne te nourris pas !
-Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué je n'avais plus de calice, répliqua le Serpentard en fronçant les sourcils de mécontentement.
-Tu bois ça avant de rentrer là-dedans, ordonna le guérisseur. Crois-moi cela te sera bien utile.
L'homme prit la fiole d'un geste sec et la vida d'un trait.
-Te voilà satisfait, je suppose ?
-Ce que tu viens de boire te permettra de tenir le coup jusqu'à ce que tu retrouves Harry et que tu t'abreuves à sa gorge.
-Si je le retrouve vivant, Braeden.
-S'il ne l'était plus tu l'aurais senti immédiatement, il est fort, il tiendra le coup jusqu'à ton arrivé, tu le connais il est têtu le môme !
-Très bien, capitula le duc de Solignac sous l'urgence de la situation. Nous allons lancer l'assaut. Severus, tu prends les devants, va jusqu'au cimetière des innocents avec quelques hommes, n'oublies pas, la magie sorcière ne marchera pas dans ces tunnels.
-Il me reste ma propre magie vampirique, affirma le maître des potions en s'éloignant suivit de quelques-uns des guerriers de la lune rouge de son clan qui lui étaient restés fidèles, et qui l'avaient rejoint pour en finir avec Cullen qui déshonorait leur clan et leur nom.
-Lucius et Eliezer, prenez le secteur des Gobelins, faites attention il y a deux galeries ne vous faites pas surprendre, continua Heath en leur montrant la direction à prendre. Braeden, Emilio, vous prenez le passage des druides, il est étroit, une épée sera malaisé, armez-vous de poignard ainsi que les hommes qui vous accompagnerons. Néhémiah, va place d'Italie et rejoint la rue du banquier, nous les tiendrons en tenaille. Moi je prends la salle des sculptures.
Ainsi débuta l'une des plus grandes batailles sanglantes dans les catacombes de Paris. Les troupes de Heath se firent immédiatement repérer, d'ailleurs ils n'avaient nullement eu l'intention de se cacher, l'heure n'était plus à la finesse du combat mais à l'attaque brutale. Il y eut une cohue terrible et le choc entre les clans s'ensuivit de suite, pas le temps de penser, pas le temps de s'y préparer, il fallait riposter si on voulait vivre.
Cullen Mac Gowan fila se mettre à l'abri après avoir constaté la disparition des morveux. L'un de ses hommes l'avait trahi, il hurla d'une rage meurtrière qui résonna entre les galeries. Trop tard pour tuer les gamins, il n'aurait pas dû s'amuser avec eux. Bordel ! Quel espèce d'irresponsable les avait délivré ?
Des cris atroces résonnèrent sous les voûtes de pierres des catacombes qui étaient d'habitude si silencieuses. Du sang éclaboussa les murs et les crânes dans les carrières de la tombe Issoire qui avait déjà vu tant de monde passer sur son sol. Snape se battait comme un damné pour gagner du terrain, les autres faces à lui étaient déterminés à ne pas céder le moindre mètre mais lui l'était encore plus.
Les hommes du Serpentard aux yeux noirs le suivaient sans se poser de questions, ils le trouvèrent implacable, sans pitié, mais ils se rendirent compte que leur nouveau chef savait se battre et qu'ils pouvaient en être fier. Ils avaient trouvé un guerrier, un de ceux qui ferait parler de lui et que l'on respecterait partout et qui ramènerait l'honneur sur le nom des Mac Gowan de la lune rouge.
Le maître des potions se rapprocha de plus en plus de la salle où se tenait son calice. Il ne jeta même pas un œil sur les ossements répandus sur le sol ni ceux qui étaient entassés contre les murs taillés à même la pierre. L'endroit était vraiment morbide, combien de personnes étaient entassées là dedans ? Depuis combien de temps étaient-ils là ? Les Français avaient vraiment de drôles d'idées.
Snape fit volte face quand il sentit des vampires arriver en grand nombre derrière eux. Il hurla de rage et balança son épée dans le tas en décapitant quelques têtes de plus. Ses mains ruisselaient de sang, son visage faisait peur à voir, l'homme s'était transformé en un terrible combattant et nul ne résistait quand on s'avisait de lui barrer le chemin.
Heath Phadraig était dans le même état que Snape, en fait ils étaient tous ainsi, inondés du sang de leurs ennemis. Severus, Braeden, Lucius et Néhémiah sentirent qu'ils étaient aussi dans le même état d'esprit, un esprit de vengeance et de revanche pour tous les soucis endurés. Les têtes continuèrent de tomber sur le sol et les corps de se désintégrer. Les épées continuaient de pourfendre et entaillèrent mortellement les deux camps adverses.
Lucius et Eliezer côte à côte rendaient coup pour coup. Malfoy avait jeté sa cape qui l'encombrait considérablement en entravant ses gestes. Il fallait de la dextérité et de la place pour les mouvements pour combattre ces hommes qui s'acharnaient à vouloir les détruire. Même Eliezer n'était pas à l'abri de la folie de son propre père.
Le pouvoir rendait fou, pensa Lucius, il en savait quelque chose. Et le père d'Eliezer avait la folie ancrée en lui. Le Serpentard espérait que le fils de Cullen n'ait pas à souffrir de la folie du père, il ne méritait pas ça. Depuis qu'il était avec le jeune vampire sa vie avait tellement changé ! Pendant un moment il avait pensé sincèrement que eux deux ça ne marcherait pas, il avait trop souvent un certain brun aux yeux verts dans la tête.
Maintenant il ne pouvait pas dire qu'il ne pensait plus à Harry, mais disons qu'il voulait penser à autre chose. Eliezer l'aidait considérablement même s'il l'ignorait. Les sentiments des hommes étaient si étranges parfois ! Lucius pensa avoir trouvé son compagnon en la personne d'un petit vampire coriace et belliqueux, un petit jeune homme avec qui il s'entendait merveilleusement bien.
Anton, derrière Severus Snape, se battait avec courroux et hargne, il n'en revenait pas de voir Snape se battre ainsi, lui qui pensait qu'un maître des potions était plutôt du genre pacifique, et bien il en fut pour ses frais. Evidemment aussi quand on avait été mangemort tout s'expliquait !
Le sang coula encore et encore dans les galeries souterraines. Et enfin Heath, Severus, Néhémiah, Braeden et Lucius, Emilio, Anton et Eliezer se retrouvèrent devant l'endroit où se trouvait Harry et Draco. bien sûr rien n'aurait pu être simple, devant eux se trouvait, dans une grande salle toute en voûte, les vampires de Cullen.
Enfin ça c'est ce qu'ils crurent jusqu'à ce que l'un deux s'avance et s'agenouille devant Heath en signe d'allégeance et que tous les autres imitèrent en mettant eux aussi un genou à terre tout en baissant la tête en signe de soumission.
La bataille était enfin finie, une bataille qui avait fait des dizaines de morts bien inutiles, et tout ça à cause d'un fou que personne n'avait encore trouvé et abattu.
Severus posa sa lourde épée et regarda les dégâts, il vit plusieurs blessures sur lui et pourtant il ne se rappelait pas avoir été touché. Anton le regardait en souriant, le jeune guerrier avait été fier de combattre aux côtés d'un homme tel que lui.
Le duc ordonna à ses hommes de reconduire les vampires au dehors et de les garder en respect sans leur faire de mal. Ils s'expliqueront plus tard.
Le principal maintenant était de revoir Draco et Harry et surtout de mettre la main sur l'autre dégénéré qui devait se terrer dans un coin pour frapper un bon coup. Son dernier coup car là Heath et Severus ne lui feront pas de cadeau, l'homme mourra aujourd'hui de la main de l'un ou de l'autre.
