31 Désespoir et contrecoups.
Dans la pièce on entendait pas une mouche volée, Draco était sur des braises ardentes mais il ne le montra pas, enfin pas de suite. Son cœur battait à cent à l'heure et Heath qui l'entendait lui serra la main pour l'apaiser avant qu'il ne perde son sang froid.
Le jeune Serpentard se noyait dans un maelstrom de sensations douloureuses, son père ne pouvait être là en train de mourir devant ses yeux, impossible !
Harry ne quittait pas Lucius Malfoy des yeux, il voulait le voir reprendre connaissance, il voulait le voir revivre et se remettre debout. L'homme n'était plus un imbécile pour lui, il était devenu plus important, quelqu'un sur qui on pouvait compter et il venait bien de le prouver de la façon dont il s'était joint au groupe pour les sauver Draco et lui.
Eliezer paniqua, et Draco qui avait vu le regard incertain du jeune vampire s'agita un peu trop fort au goût de Heath qui eut peur pour son compagnon, son cœur battait encore trop vite, il n'allait pas tenir le choc dans ces conditions.
-Si tu n'arrêtes pas je t'emmène loin d'ici, gronda le duc.
-Mon père ne revient pas à lui, Heath, pourquoi est-ce si long ? Demanda encore Draco pour qui l'attente devenait stressante.
-Donne-lui le temps, tu crois que transformer quelqu'un en vampire se fait aussi facilement !
-Non, heu, à vrai dire je ne sais pas , moi ! Et puis tu m'excuseras si je m'inquiète pour lui, ce n'est que mon père après tout, hein ! Un vulgaire sorcier comme tu le dis si bien.
Braeden leva les yeux au ciel, ces deux-là allaient recommencer leurs bêtises et le jeune Serpentard n'avait pas besoin de ça. Même Emilio secoua la tête, le dragon n'allait pas se laisser faire cela promettait des moments forts à l'avenir à Lochlain-Blood, heureusement qu'il ne sera plus là pour voir ça. De toute façon il devait finir ses études de médicomagie que le clan de Néhémiah prenait en charge, dans deux ans il les aura finies et il pourra enfin travailler et soigner les siens.
-Comment va-t-il ? S'enquit le maître des potions qui revenait des galeries et qui s'arrêta près de Lucius et d'Eliezer.
Le jeune vampire jeta un regard vers Snape que l'homme compris aussitôt. Eliezer ne savait pas si Lucius allait revenir, il aurait déjà dû voir un signe et là rien ne se produisait.
-Nous rentrons chez nous, ajouta Severus en se dirigeant vers Harry et en le prenant dans ses bras sans aucun effort malgré sa fatigue évidente. Nous ne ferons rien de plus ici.
-Nous te suivons, agréa le duc pas mécontent de voir que Severus avait pris une bonne décision.
-Je reste ici, se défendit le jeune Serpentard en foudroyant son vampire de ses yeux gris coléreux. Pas question de le laisser seul dans cet endroit !
-Tu devrais partir, Draco, Heath et Severus ont raison, approuva Eliezer. Je ramènerai Lucius au manoir Malfoy dans dix minutes, promis !
-Alors je vais là-bas moi aussi ! S'entêta le blond.
-Draco, je ne crois pas que….
-Ou tu m'amènes au manoir Malfoy ou j'irai seul, Heath Phadraig !
-Pas la peine de le contrarier, grogna Braeden qui voyait Draco s'agiter plus que nécessaire. S'il veut aller au manoir il peut y aller, mais il doit promettre de faire ce qu'on lui dit et obéir en tout point et surtout de rester allongé, c'est important.
-Je promets, cria Draco avant que le duc ne donne son avis que le blond n'aurait pas suivit de toute façon.
-Très bien, soupira le duc, allons-y nous avons assez perdu de temps.
Le chef de tous les clans espérait que Lucius allait se relever, n'empêche ! Il aurait déjà dû être debout, que ce passait-il avec lui ? Pourtant Eliezer avait bien fait le rituel et l'aristocrate avait bien avaler le sang que le vampire lui avait fait boire en très petite quantité, juste de quoi refermer la plaie que l'épée de Cullen avait laissé pour l'aider à reprendre vie, alors ?
Quelque un quart d'heure plus tard les catacombes se vidèrent. Seuls les morts restèrent sur place, ou plutôt leurs cendres qui s'éparpilleront au fil du temps pour ne laisser que des échos d'une bataille sanglante. Des cris résonneront encore longtemps entre ces murs tâchés et ces sols souillés du sang des deux camps, ni vainqueurs ni vaincus, des morts restaient des morts.
Après un transplanage pénible pour nos deux blessés chacun put repartir chez lui, prendre une douche rapide et se reposer dans un bon lit douillet que Harry et Draco apprécièrent à leur juste valeur.
Seulement voilà ! Le lit avait beau être bon Harry ne pouvait fermer l'œil, il s'inquiétait, c'était plus fort que lui.
-Tu ne veux pas y aller ? Demanda-t-il en regardant Severus de travers.
-Aller où ?
-Au manoir Malfoy, ou d'autre ! S'énerva-t-il.
-Et j'y ferai quoi ? Rouspéta le maître des potions qui n'avait pas envie de quitter son calice maintenant qu'il venait de le retrouver.
-Prendre des nouvelles de ton ami par exemple !
-Et depuis quand t'intéresses-tu à ce qu'il peut advenir de Lucius ? Je croyais que vous ne vous aimiez guère !
-Puff ! Je peux quand même changé d'avis, non ? Et je te signale que tout a changé depuis des mois, et si tu ne veux pas y aller, j'irai moi !
-D'accord, si tu essaies de dormir quelques heures je veux bien m'y rendre.
-Je n'arrive pas à fermer les yeux, et arrête de me donner des ordres, tu sais très bien que j'y suis allergique, par Merlin ! S'agaça Harry qui n'était pas à prendre avec des pincettes.
L'homme bougonna prêt à répliquer mais il s'évanouit de la petite maison de Harry et arriva au manoir Malfoy où rien n'avait bougé semblait-il. Lucius était toujours inconscient pour ne pas dire mort. L'aristocrate reposait sur son lit, tranquille et magnifique. Le jeune vampire qui le veillait venait de descendre au salon après avoir pris une bonne douche.
Le blond était d'une pâleur extrême, cela paraissait si irréel de le voir ainsi lui qui semblait indestructible. Draco devait souffrir de savoir son père ainsi, s'il le perdait le jeune Serpentard ne s'en remettrait pas, ou alors difficilement.
Le maître des potions regarda encore une fois Lucius qui avait des sentiments ambigus pour son calice. Le blond ne se doutait pas qu'il avait remarqué ça depuis bien longtemps, trop longtemps, le prenait-il pour un aveugle ? Heureusement que Lucius n'avait jamais rien tenté envers Harry, il savait son ami honnête envers lui. Et ce n'était pas pour rien que le blond avait pris un petit ami, ainsi il oubliait momentanément Harry et se donnait une chance de vivre tout en sachant que le survivant ne serait jamais à lui.
Severus Snape repartit chez Harry après avoir vu Heath qui, lui non plus, ne voulait pas laisser Draco seul. Les hommes décidèrent de se rencontrer le jour d'après pour remettre de l'ordre dans le clan de Severus et trouver une solution pour les hommes de Lomlys. Les deux vampires se mirent de suite d'accord pour laisser une autre chance à cet homme qui avait sauvé leur compagnons.
Snape avait déjà une petite idée, il devait d'abord en parler à Eliezer, il était le premier concerné et d'après sa réponse il pourrait agir en conséquence. Severus allait prendre un risque mais un risque calculé, enfin demain sera un autre jour, pour l'instant il devait rentrer et s'occuper d'un calice récalcitrant.
Snape râla quand il vit que Harry ne dormait toujours pas.
-Tu ne fais jamais ce que l'on te demande ou alors tu regimbes, c'est plus fort que toi, n'est-ce pas ? Rigola le vampire en se déshabillant et en rejoignant le jeune sorcier.
-Alors ?
-Pas de changement, j'y retournerais en début de nuit peut-être que là il sera réveillé, lui apprit-il en amenant Harry contre lui. Et puis tu connais Lucius, il aime faire patienter tout le monde, c'est dans sa nature de se faire remarquer il est ainsi on ne le changera pas.
Harry fronça les sourcils de contrariété et rien de ce que venait de dire Severus ne l'avait rassuré. Harry savait qu'il était injuste alors pour se faire pardonner il se serra un peu plus fort contre l'homme qui posa sa main dans le creux de ses reins. Il se sentait bien ainsi et puis Severus avait réussi à soigner ses blessures, il n'en restait presque plus, être calice avait des avantages certains.
-Une seule chose me permettrait de dormir bien sagement, susurra le médicomage en glissant langoureusement ses jambes entre celles de son vampire qui réagit immédiatement à la caresse.
-Quoi donc ? Interrogea-t-il en sachant très bien où son calice voulait en venir.
-Ces six jours sans toi ont été très longs, tu sais mon amour ? Je me demandais si tu n'avais pas un lien à redéfinir où quelque chose comme ça, auquel cas je ne suis pas contre.
L'homme se raidit, il revoyait encore les deux petits trous que Cullen Mac Gowan avait fait à la gorge de son calice danser devant ses yeux. Harry sentit aussitôt le désarroi de son vampire, il le sentit même se reculer légèrement, comme un dégoût soudain.
-J'ai compris pas besoin que tu m'expliques, chuchota le garçon qui se leva et qui alla s'enfermer dans la salle de bain en claquant la porte.
-Harry, attend ! Espèce d'entêté, je ne t'en veux pas ! Grogna le maître des potions en se levant à son tour.
Le jeune sorcier ne répondit pas, la pilule était dure à avaler, là. Il ne comprenait plus, pourquoi avoir pris soin de lui si c'était pour le rejeter maintenant ? Et puis ne portait-il pas son enfant ! Une preuve de plus qu'il l'aimait sinon il n'en serait pas là. Cullen n'allait pas réussir à les briser quand même ? Il était mort, bon dieu de merde !
La porte se fracassa sur le mur ce qui fit sursauter le Gryffondor qui ne s'y attendait pas, il se leva du rebord de la baignoire et attendit les explications foireuses que Severus allait lui sortir encore une fois.
-Je ne t'en veux pas, laisse-moi me justifier s'il te plait, pria Snape en se mettant devant le jeune homme qui le toisait revanchard et irrité.
-Je te préviens, Severus , je ne suis pas du genre à me laisse marcher sur les pieds, si tu ne veux plus de moi dis-le et je partirai !
-Quoi ! Mais non !
-Alors quoi ! Tu veux me mettre à l'écart de ta vie jusqu'à ce que tu réfléchisses ? Tu veux prendre tes distances mais me garder sous ta coupe ? Je te dis non de suite, réfléchis bien à ce que tu vas me dire pour justifier ton geste de recul.
-Mais vas-tu me laisser parler, nom d'un démon ! Tu es la pire pipelette que je connaisse dans le monde sorcier, tu ne me laisses même pas placer un mot alors une phrase je te dis pas !
-On voit que tu ne connais pas les copines de Fred et de George, elles te saoulent de paroles en deux minutes, ce qui n'est pas mon cas. Rit le survivant. Et puis d'abord je ne suis pas bavard moi, monsieur !
-Harry, ne nous déchirons pas….. redevint sérieux l'homme.
-C'est toi qui a commencé, se défendit le médicomage.
-D'accord c'est moi, maintenant tais-toi, écoute je suis désolé pour tout à l'heure, cela ne se reproduira plus. C'est juste un désagréable souvenir qui est apparut devant mes yeux, maintenant je n'y pense même plus. Et puis si vraiment je t'avais rejeté il me semble que tu ne serais pas là bien au chaud entre mes bras, tu ne crois pas ?
-Hum ! Oui peut-être, concéda le jeune sorcier en sentant une bouche frôler ses lèvres avec désir et envie en se demandant comment il était arrivé là.
-Tu m'as manqué, morveux, j'ai cru devenir fou sans toi.
-Et moi qu'est-ce que tu crois que j'ai ressenti au fond de ce trou ?
-Viens, retournons au lit, tu dois absolument te reposer pour le bébé.
-Hein ! Oui c'est vrai, j'avais oublié, c'est fou ça non ? Un bébé à nous !
-C'est magique, sourit le maître des potions en se recouchant près de son amant.
-Severus ?
-Quoi, morveux ?
-Tu es fatigué toi ?
-Non, j'ai trop de choses dans la tête.
-Et quoi comme chose ?
-Ton corps nu contre le mien, et aussi peut-être ta main qui caresse si langoureusement une partie de mon anatomie qui frissonne déjà de désir. Tu as de la suite dans les idées, amour. Une suite que j'adore je te rassure de suite.
-Bon ben c'est tant mieux parce que tu vois j'ai une envie urgente de ton corps sur le mien, de ta peau qui se frotte contre la mienne, murmura le calice. Je veux que tu me fasses l'amour, que tu me mordes et si tu pouvais faire ça en même temps se serait magnifique, s'extasia le jeune sorcier.
-C'est dans mes moyens, ricana le vampire en rejetant les drap hors de leurs corps déjà brûlants. Tu vas crier, morveux, je crois même que tu vas hurler.
Le médicomage eut un rictus de contentement, Severus était là où il le voulait exactement. Sur son corps alangui, caressant sa peau de sa bouche, suçant ses tétons déjà dressés. Oh oui continue mon amour, pensa le jeune homme qui se tordait sous les mains expertes de son amant. Les sexes durs se touchaient et suintaient exhalant dans la pièce une odeur aphrodisiaque qui les transporta tous les deux.
Snape prit son calice après peu de préliminaires, ils n'en avaient pas besoin maintenant, pour l'instant ils voulaient se sentir complet. Quand le vampire fut entier dans le corps de son amant il plongea son regard dans celui voilé du Gryffondor et se baissant lentement il sortit ses crocs et les planta dans la gorge exposée à son bon plaisir, exactement là où Cullen avait planté ses propres canines, pour effacer l'affront commis.
Harry cria, non de douleur mais de sentir les sensations se décupler, des sensations de bien-être et d'autres choses. Son corps semblait littéralement se consumer sur place pendant que Severus le ponctionnait. Les deux hommes ressentirent un frisson les prendre, le plus jeune avait la gorge nouée comme un nœud à l'estomac, il semblait mourir à petit feu, le désir puissant qui coulait dans ses veines était fabuleux.
Le maître des potions arrêta de vider son calice, il retira ses canines luisantes de sang et grogna de voir le survivant délirer et se contorsionner sous lui par le désir. Il était si beau, si libre, il paraissait si délicat là en ce moment.
Harry en voulait encore, encore plus de frissons, de coups de reins, de va-et-vient puissants, sentir Severus, ses sons amoureux, ses mains qui lui agrippaient les hanches, si merveilleux amant, si fougueux, si…..
Les deux hommes crièrent à l'unisson quand le plaisir arriva et s'échappa de leur virilité exacerbée. L'homme plus âgé resta un long moment dans son calice, laissant le plus jeune reprendre son souffle. Finalement il se retira à regret, mais il attrapa le morveux et le fit revenir contre lui pour le gratifier d'un baiser qui n'en finissait plus.
-Je suis pardonné ? Chuchota Severus Snape, sinon je suis tout prêt de recommencer, amour.
-Laisse-moi le temps de récupérer, je t'assure que si je n'avais pas passé six jours dans ces catacombes, sourit Harry en passant une main sur la poitrine de l'homme où se trouvait le tatouage du lys noir reposant sur une lune rouge. Crois-moi je n'aurai pas hésité, chéri.
-Alors dors, nous avons toute la vie pour nous aimer, lui accorda le maître des potions, nouveau chef du clan des Mac Gowan.
