35 Promesse, sérénité et engueulades.
-Pourquoi je n'ai pas été prévenu immédiatement, pesta Lucius Malfoy en entrant dans la chambre de son fils. C'est inadmissible, je suis le grand-père quand même ! Tu vois Eliezer, aucune considération pour moi, le prit à témoin Lucius.
-Lucius, murmura le duc avec un air glacial qui en aurait refroidi plus d'un. Je vous suggère de ne pas hurler dans cette chambre, mon fils vient de s'endormir et Draco a encore besoin de repos. Si vous ressentez le besoin de vous en prendre à quelqu'un faites-le en dehors de cette pièce, et puis non, je vous suggére de le faire en dehors de Loclain-Blood.
-Je ne partirai pas, Phadraig !
-Alors tenez-vous tranquille, répondit le duc.
-Le petit a les cheveux noirs, s'offusqua le compagnon d'Eliezer en admirant la frimousse de l'enfant qui dormait tel un ange dans les bras de Draco.
-Normal il s'agit de mon fils, je ne vois pas pourquoi il serait blond !
-Un Malfoy est toujours blond !
-Plus maintenant, monsieur Malfoy, répondit sèchement le duc avec un air de profonde satisfaction d'avoir cloué le bec de Lucius. Mon fils me ressemblera c'est évident, rien à voir avec vous maintenant !
-Tais-toi, chuchota Eliezer en voyant que le blond allait riposter. Ce n'est pas le moment et pense à ton fils, tu te disputeras avec Heath un autre jour puisque vous ne pouvez pas vous passer de vos engueulades habituelles, à croire que vous avez besoin de ça pour vous comprendre tous les deux !
Le duc sourit, Lucius aussi, ils regardaient avec ironie le jeune vampire qui les avait si mal cerné.
-Quoi !
-Nous rien, ricana le duc, on s'amuse comme des fous.
-Quoi, ne me dites pas que vous le faites vraiment exprès ? Vous vous foutez de moi là ! Tout ça c'est du cinéma, bande de dégénérés, espèce de crétins sans cervelles, quand je pense que je tempère Lucius depuis des mois pour qu'il n'aille pas trop loin et pendant ce temps vous vous faisiez vos films à deux. J'en reviens pas, je vais le dire à Harry, il va vous passer un de ces savons lui qui se faisait du souci pour Lucius, le pauvre.
-Pour Lucius ! S'étrangla le duc indigné, et moi alors ?
-Toi tu peux te défendre tu as tout pouvoir, rétorqua Eliezer. Ce que n'a pas cet idiot qui vit avec moi.
-Mais c'est pas juste que ce soit Lucius qui ait les inquiétudes de Harry, sourit le vampire de Draco.
-Moi je trouve que c'est bien, souffla Lucius. Finalement ce magnifique calice aux superbes yeux verts n'est pas insensible à mon charme légendaire, ricana le blond.
-Pas jaloux, Eliezer ? Demanda Heath, taquin.
-Non plus maintenant, je sais qu'Harry représentera toujours quelque chose pour Lucius et je ne peux rien contre ça, et puis du moment qu'il reste avec moi c'est que je compte pour lui aussi.
-Tu comptes, mon ange, lui assura l'aristocrate aux yeux gris. Tu comptes énormément, ajouta-t-il en serrant le jeune homme entre ses bras. N'en doute pas une seule seconde.
-Que voulez-vous boire, messieurs, demanda joyeux Heath en dirigeant sa mauvaise troupe dans un salon pour ne pas réveiller les deux dormeurs.
-Un bon whisky s'impose, Heath, je veux fêter la venue au monde de mon petit-fils, Daemon Lucius.
-Alors en l'honneur de mon fils nous allons boire une bouteille qui a cent ans d'âge, une pure merveille, messieurs, je ne vous dis que ça !
-Peut-on se joindre à vous, bande d'assoiffés, rigola le Gryffondor qui venait d'entrer avec Severus dans le grand salon un quart d'heure plus tard. Tu vois chéri ils allaient célébrer la naissance du petit ange sans nous ! Je t'avais dit de te presser, pour un peu il ne nous restait rien.
-De toute façon tu ne peux pas boire, Harry. Pour toi ce sera un thé et rien d'autre.
-Demande une bierraubeurre à tes serviteurs, Heath, je veux fêter correctement la venue au monde de ce petit bonhomme, et n'écoute pas ce que Severus peut dire, laisse-le ronchonner dans son coin.
-Toujours à vouloir faire ce que tu veux, morveux !
Harry salua Eliezer, Lucius et Heath puis alla poser ses fesses sur un fauteuil en faisant signe au maître des potions de prendre place à côté de lui.
-On est passé les voir, expliqua le survivant. ils dorment encore, J'ai laissé quelque chose pour eux dans la chambre, Draco le trouvera en se réveillant, c'est de notre part à Severus et à moi.
-C'est quoi ? Demanda Eliezer en parfait curieux alors que le duc prenait sa fameuse bouteille et qu'il en resservait dans chaque verre une dose un peu plus forcée que la première fois.
-Une pochette, sourit Harry.
-Une pochette, Harry ? S'enquit Lucius avec douceur. Et que contient-elle si je puis me permettre ?
-Un sort de protection, Lucius, dit-il en captant ses beaux yeux gris. Mais attention ! Pas n'importe quel sortilège, ceci est un sort spécial de ma composition, un de ceux que personne ne pourra transgresser. Daemon sera à l'abri et ses parents seront avertis aussitôt qu'il sera en danger. Je parle de réel danger pas d'une chute ni d'un petit bobo. Je sais que dans le clan il existe déjà des sorts de protection mais pas aussi efficace que celui-là. Severus m'a beaucoup aidé pour la potion, je ne suis pas doué là-dedans tout le monde sait ça, sourit-il pour finir.
-Evidement avec ta puissance magique je défie quiconque de faire ou de défaire une telle protection, approuva le blond.
-Merci pour lui, Harry, merci à toi aussi Severus, les remercia le duc qui tendit son verre à chacun et même à Harry qui eut droit à sa bierraubeurre. A la santé de Draco et de mon fils, Daemon Lucius Malfoy Phadraig et futur prince des vampires, ajouta l'homme en levant son verre avant de le finir en une seule gorgée.
Dans la journée le duc eut droit à beaucoup de visite de parents proches, il se doutait que les jours prochains seraient consacrés aux salutations traditionnelles du monde vampirique. Il allait devoir être patient et tous les recevoir, Draco ne saura plus où donner de la tête dans quelques jours, ça risquait de devenir intéressant de voir son dragon serrer toutes ces mains et faire connaissance avec son monde.
Harry se leva fatigué, ses yeux rencontrèrent encore ceux de Lucius et il lui sourit chaleureusement. Le maître des potions se rapprocha de son calice après avoir posé son verre sur la table, Lucius était bien trop près de lui.
-Etre enceint te va à merveille, lui souffla le blond qui ne put empêcher ces mots de sortir de sa bouche.
-Je sais, c'est ce que me dit tous les jours Severus quand je lui dis que je me trouve trop gros.
-Tu n'es pas gros, tu as un petit ventre adorable et tu rayonnes de santé.
-Si tu continues je vais rougir, sourit Harry.
-Ne va pas trop loin, Lucius, bougonna Snape en se raidissant. Je te rappelle que Harry est mon calice.
-Je ne le sais que trop bien, pas la peine de me le rappeler sans cesse.
-Ne vous disputez pas, messieurs, je vous préviens de suite que si vous poursuivez dans cette voie je me verrai contraint de partir, les avertit Harry d'une voix cassante.
-Je le mettais juste en garde, rétorqua Severus en serrant les poings.
Lucius se leva, il posa lui aussi son verre, salua les hommes, félicita une fois de plus Heath pour la naissance de l'enfant et partit du château sans même attendre Eliezer.
-Hé voilà ! S'exclama Harry, tu l'as mis en colère et là franchement ça suffit, il faudrait crever l'abcès aussi je vais lui demander ce qui se passe entre vous deux, je veux une réponse claire et nette, Severus.
-Tu le sais, Harry.
-Non je ne sais pas tout ! Se fâcha le jeune homme.
Eliezer resta assis tandis que le maître des potions se leva pour suivre son calice quand celui-ci le stoppa de la main.
-Non, j'y vais seul, je suis assez grand pour aller au manoir Malfoy sans toi, réagit vivement le survivant.
-Il a raison, Severus, le prévint le duc qui avait entendu Lucius et Severus se dresser tels deux coqs. Laisse Harry discuter avec Lucius. Fais-lui confiance il ne te décevra pas.
-Dans ce cas si tu me cherches je serai à Poudlard, dit l'homme en accrochant le regard de son amant. Je t'attendrais.
Harry savait qu'il faisait mal à son vampire mais des choses devaient être dites. Quand il parvint devant la demeure des Malfoy il fut accueilli par un elfe de maison qui le fit entrer de suite. Le maître de maison ne mit pas longtemps à arriver et surtout à être étonné de sa visite.
-Severus n'est pas derrière toi ? Ironisa-t-il.
-Non, j'ai voulu venir seul, je veux comprendre pourquoi j'ai assisté à une telle scène tout à l'heure, que se passe-t-il entre Severus et toi ? Je sens des heurts et cela me déplait, Lucius, vous avez toujours étaient de bons amis, je ne veux pas que ça change.
-Passons dans le salon s'il te plait, ce hall est plein de courant d'air et ce n'est pas bon pour toi.
-Si tu veux, capitula le Gryffondor qui le suivit.
-Explique maintenant ! Et pas de faux semblant ne me prend pas pour un idiot, je veux la vérité, la vraie !
-Je ne peux pas, répliqua le Serpentard. tu ne sais pas ce que tu me demandes là.
-Lucius, je sais ce que tu…
-Ne dis rien c'est inutile.
-Laisse-moi finir puisque tu ne veux pas parler, ou alors tu te décides !
-Est-ce que tu comprendras, ne vas-tu pas me fuir et me haïr de nouveau ?
-Non, quoique tu me dises je ne te haïrais plus, pas maintenant que je sais quel homme formidable tu es.
-Alors si je te dis que je t'aime comme un malade ne vas-tu pas m'en vouloir ?
Harry faillit s'écrouler sur le tapis si Lucius ne l'avait pas soutenu pour le faire assoir sur le canapé. Il le savait, ça oui, mais l'apprendre de la bouche de Lucius lui avait fait un choc.
-Je suis désolé, je savais que je n'aurai pas dû parler, chuchota le blond en s'agenouillant aux pieds du survivant. tu représentes tellement pour moi, pourtant je me soigne tu sais, rigola Lucius pour détendre l'atmosphère.
-Lucius…
-Chut ! Aucun mot ne doit sortir de ta jolie bouche, mon amour. Je ne suis fait une raison, d'ailleurs tu vois j'ai pris un compagnon, et je te rassure Eliezer compte beaucoup pour moi, il n'est pas simplement un remplaçant jamais je ne pourrais lui faire ça.
-Severus est au courant bien sûr ! Voilà pourquoi vous êtes à couteau tiré, soupira le brun. J'avais espéré lui cacher ça, je ne veux pas qu'il souffre à cause de moi et de plus Je ne veux pas que vous brisiez une vieille amitié à cause de moi, je dois faire quelque chose pour que cela cesse.
-Ne me demande pas de te sortir de mes pensées je ne le ferai pas, mon ange, je ne peux pas décider du jour au lendemain de ne plus être amoureux de toi, c'est impossible en ce qui me concerne, ajouta l'homme en caressant la joue de Harry qui ne le repoussa pas.
-On ne peut pas continuer comme ça, murmura le calice en se levant ce qui obligea Lucius à faire de même.
-Je suis d'accord avec toi c'est pourquoi je vais partir avec Eliezer, nous avons décidé de nous installer en France.
-Vous allez partir ?
-Oui, il veut créer son propre clan et comme sa mère était française il veut s'établir là-bas.
-Je ne vais plus vous voir ? s'inquiéta Harry. Et que va dire Draco, tu sais qu'il est très proche de toi ?
-La France n'est pas très éloignée de l'Angleterre, il pourra venir quand il le voudra, Harry.
-Je….C'est radical tu ne trouves pas ?
-C'est le seul moyen pour que tu puisses vivre en paix et je dois t'avouer que te voir chaque jour me fait souffrir, savoir que Severus est ton amant me rend fou de jalousie, savoir que tu attends un enfant me remplit de joie mais j'aurai voulu qu'il soit mien, mon amour.
-Je ne savais pas que c'était à ce point, je suis désolé, sincèrement, avoua le jeune homme qui se laissa enlacer par le Serpentard.
-Je ne veux pas que tu sois malheureux, Harry. Vie ta vie avec Severus, c'est un homme bien sinon jamais je ne l'aurais laissé s'approcher de toi, sois heureux pour moi aussi et peut-être qu'un jour nous nous retrouverons qui sait !
-Quand partez-vous ?
-Après-demain, tout est déjà prêt, je venais en avertir Heath et Draco, murmura Lucius en relevant le menton du survivant entre ses doigts fins Tu vas me manquer, morveux, sourit l'homme en prenant les lèvres du calice dans un baiser sensuel, un baiser où se perdirent les deux hommes pendant de longues minutes. Un baiser tendre qui emplit Lucius Malfoy d'une béatitude incroyable.
-Tu es magnifique, et si c'était à refaire je crois que Severus aurait trouvé un sérieux concurrent, amour de ma vie.
-Je dois partir, prend soin de toi Lucius et ne fais pas souffrir Eliezer je t'en prie. Et à l'occasion donne-moi de tes nouvelles et je te répondrais, promis.
Harry quitta le salon l'esprit encore plus perturbé qu'avant. Malheureux il posa sa main sur son ventre avant de transplaner pour repartir chez lui. Il fallait qu'il oublie le baiser mais déjà il savait que cela ne serait pas facile mais pour Severus il le ferait. Son Severus devait ronchonner seul dans les cachots, il fallait qu'il aille de suite le rassurer et lui dire combien il l'aimait son petit Serpentard aux yeux noirs ténébreux.
L'homme boudait dans son coin quand Harry entra dans les appartements du maître des potions. Le jeune homme l'enlaça en souriant et plaça sa tête sur son dos, et si Severus sentit l'odeur de Lucius sur son calice il se tut. Eliezer lui avait expliqué qu'ils allaient partir bientôt pour la France, que le blond s'exilait pour refaire sa vie avec lui et qu'il n'avait pas lieu de continuer d'être jaloux. L'homme avait opiné gravement, il se mettait à la place de Lucius et savait pertinemment que lui n'aurait pas capitulé et qu'il se serait battu pour que Harry lui appartienne.
Le départ du blond allait remettre les pendules à l'heure, pourtant il avait mal pour Lucius. Aurait-il fait, lui, le même choix ? Aurait-il abandonné Harry pour un autre homme ? Aurait-il eu la capacité de l'oublier dans les bras d'un autre homme ?
