Coucou tout le monde, c'est moi !
Voici ce chapitre 4 que vous attendiez ... j'espère qu'il sera à la hauteur de vos espérances malgré qu'il soit court !
Je suis désolée de l'attente que je vous ai fait subir … j'ai un emploi du temps très serré et des projets personnels que je privilégie … il m'est donc difficile de continuer mes fics, et de rentrer dedans aussi vu le peu de temps que j'y passe … mais je vous promet au moins de terminer celle-ci !
Merci beaucoup à tous ceux qui continuent à me lire ! Je vous en suis reconnaissante !
Et aussi, je tiens à préciser que j'ai découvert qu'un Toshio Kuroda a réellement existé à l'époque Edo. Je ne le savais pas ! Donc le Toshio Kuroda de ma fic n'a rien à voir avec le VRAI Toshio Kuroda … Voilà !
Très bonne lecture à tous !
Tohru
Chapitre 4
¤ Ca y est.
Il était parti.
La chambre était désespérément vide.
Alors qu'elle était pleine de chaleur et d'amour.
Il est encore sous le choc de qu'il vient de se passer.
Jamais il ne se serait attendu à tout ça. Dôméki qui l'aime. Qui lui fait aimer le sexe.
Qui lui donne beaucoup : une âme, de la joie, de l'émotion, des ailes, de l'amour tout simplement.
Et maintenant, rien.
Ils ont dormi un moment ensemble. Ils ont parlé un peu : de la guerre, de la vie de Kimihiro avant le bordel.
Les adieux se sont éternisés en de longs mots, de longues étreintes et de longs baisers.
Puis rien.
Rien que des souvenirs pour le réconforter.
Rien que les voix des autres prostitués qui subissent leur labeur.
Rien que des hommes qui rient grassement en buvant du saké au rez-de-chaussée.
Rien que son quotidien, finalement.
À quoi s'attendait-il ?
Il fallait bien que tout se termine un jour.
Allongé sur le sol, il cacha son visage dans les manches de son kimono.
Le service se terminait. Le remue-ménage se faisait, et une femme vint le chercher.
L'heure de dormir. De tout oublier.
Il crut qu'il allait mourir ...
µµµµµµ
Le lendemain il avait une pierre dans l'estomac et ses yeux étaient aussi lourds que des billes de verre.
Il avait cauchemardé toute la nuit. Il avait imaginé Dôméki entre les griffes des samurais du camp adverse.
En sang, inconscient, mourant comme un chien, abandonné par les autres, mais toujours stoïque face à la mort.
Son corps torturé par la douleur, alors qu'il avait goûté à la douceur quelques heures plus tôt seulement.
Il en était malade rien que d'y penser. Il pouvait même ressentir la douleur qu'il avait imaginée sur lui.
C'était insupportable, et pourtant il survivait à tout ça. Si seulement il pouvait se suicider ...
Il se fichait de son honneur. Il n'en avait plus. Il souhaitait juste ne plus avoir mal.
Mais rien ne lui permettait de le faire. Aucune arme n'était à disposition.
Il n'avait aucun pouvoir sur sa propre vie.
Les autres la contrôlaient à sa place.
Il ne pouvait que la subir.
µµµµµµ
Les yeux fermés, agenouillé dans la chambre où il devait servir, il repensait à la soirée de la veille.
Au moins, il était libre. Avec l'homme qu'il aime.
Il ne le reverra jamais.
À quoi bon y penser ...
Il doit l'oublier.
Tiens, la porte s'ouvre.
Il doit apparaître dans son meilleur jour. ¤
Femme au dehors, s'inclinant comme jamais : J'espère que vous serez satisfait, Kuroda-sama !
¤ Et pour cause, puisque son client était le daimyo en personne ...
... le daimyo ? ¤
Toshio, refermant la porte derrière lui : Aaaaaaah ... alors c'est toi le fameux Watanuki ?
Kimihiro, surpris : En effet, c'est moi.
¤ Jamais il ne se serait attendu à une telle rencontre.
D'autant plus qu'il ne l'avait jamais vu de sa vie.
Il était un peu plus petit que Dôméki, et pourtant il paraissait grand avec ses longues jambes.
Son charisme affirmait sa position dans la hiérarchie. On ne pouvait pas se tromper : c'était lui le chef.
Ses yeux fins, qui s'arrêtait à chaque partie de l'anatomie du jeune homme une par une, ne mentaient pas sur ses intentions. Son sourire exprimait d'autant plus sa perversité.
Sa démarche lente et sûre angoissa Kimihiro. Il lui fit peur. C'est comme si il allait lui sauter dessus à un moment où un autre.
Il manquerait plus qu'il lui sorte un compliment sale pour compléter le tableau.
Un homme beau à l'extérieur et laid à l'intérieur.
Comment Dôméki pouvait obéir à ce type ?
... il devait y être soumis ...
... comme Kimihiro était lui-même soumis aux lois du bordel ... ¤
Kimihiro, souriant pour cacher son écoeurement : C'est un plaisir de vous recevoir, Kuroda-sama.
Toshio, d'une voix mielleuse : Je t'en prie, nous sommes entre nous. Tu peux m'appeler Toshio ...
¤ Disait-il, avant de renforcer son sourire de sous-entendus.
Quelle horreur.
Mais qu'attendait-il pour passer à l'action ?
Pourquoi le regardait-il comme ça ?...
Il le violait du regard ...
Le coeur de Kimihiro accéléra sa cadence. ¤
Kimihiro : Les formalités me conviennent. Je vous dois le respect car vous nous protégez des envahisseurs ...
¤ Beau discours.
Rien de ce qu'il pensait. ¤
Toshio : Tu es bien poli ... j'attendais plus de chaleur de ta part.
¤ Il fit un pas de plus, prit un air désespéré.
Trop théâtral au goût de Kimihiro. ¤
Toshio, d'une voix attristée : Je suis ennuyé. Tous mes soldats sont partis en guerre contre la province du sud ... Son dirigeant m'avait volé une terre à laquelle je tenais tant ... je rêve de la reprendre. C'est si important pour moi ...
"Dôméki : Kuroda-sama est intéressé par des terres de la province au sud de la notre. Bien sûr, le daimyo de la province dont il est question refuse de les lui donner ..."
¤ La version de Dôméki était différente ...
Il jouait vraiment la comédie.
Quelle ordure. ¤
Toshio : Mes samurais sont tous partis me défendre ... je suis blessé à l'idée de les sacrifier pour ma cause. Je me sens coupable ... mais ... que puis-je faire d'autre ? Il n'y a pas d'autre choix que celui-là ...
¤ Kimihiro serrait les dents et le poing.
Cet homme était plus qu'une ordure pour sacrifier Dôméki comme cela, et mentir comme cela.
Il n'y avait pas de mot pour définir ce qu'il était.
C'était tellement ... dégoûtant.
Malgré tout, il garda son sang froid.
Ce n'était pas n'importe qui. Il devait se montrer sous son meilleur jour. ¤
Toshio : Sois gentil avec moi ... d'accord ?...
Kimihiro : Tel est votre désir ...
¤ Il ravala sa salive ... ¤
Kimihiro, avec un haut-le-coeur : ... Toshio.
¤ Toshio sourit.
Enfin il s'avança franchement vers lui.
Il prit soudainement le menton du courtisan entre ses doigts et dirigea son visage en direction du sien.
Les yeux de Kimihiro croisèrent ceux de Toshio. Ce fut un choc, car il pouvait clairement lire ses intentions.
Quoique ... il ne pouvait pas savoir jusqu'où sa dangerosité pouvait aller ...
C'est justement cela qui lui faisait peur.
Il se sentait en danger. ¤
Toshio : Tu me plais !
Kimihiro : ...
¤ Il le poussa en arrière et se jeta violemment sur lui.
Son dos percuta le sol, il crut qu'il s'y était éclaté.
L'horreur, la stupeur, le dégoût le fit trembler.
Cela eut l'air de plaire à Toshio.
Son sourire malsain accompagnait son exaltation.
Il lui faisait mal … aucune délicatesse dans ses gestes.
Que de la violence, qu'une pulsion écoeurante à satisfaire.
Cette fois, plus que les autres, il se sentit violé.
Maintenant qu'il se sentait humain, depuis toutes ces années …
Son âme se calcinait, se consumait douloureusement, très lentement …
Il voulut appeler au secours.
Hurler.
Mais il ne pouvait pas.
Il n'en avait pas le droit … ¤
Toshio : Tu es muet ?
Kimihiro, tremblant : …
Toshio, s'approchant de son oreille : Je veux entendre ta voix …
¤ Il ne voulait pas.
Il résistait … ¤
Toshio : Crie !
Kimihiro : …nn…
Toshio : Crie !
¤ Et il y allait tellement fort qu'il le faisait souffrir.
Kimihiro ne put se retenir : il cria.
De douleur.
Il était trop violent …
Maintenant, Toshio était pleinement satisfait.
Kimihiro avait honte …
Il avait cédé …
µµµµµµ
Toshio était enfin parti.
Kimihiro avait subi un des pires martyrs de sa vie.
Après le départ de Dôméki, sa mort certaine, il rencontrait le responsable de tout cela.
Il s'avérait être un véritable déchet, alors que tout le monde l'aimait en ville. Et en plus, il l'a violé sans retenue.
Il l'a humilié, blessé, achevé.
Tué.
Sa tête était vidée de toute pensée.
Il voudrait mourir.
Si seulement il pouvait se pendre.
Là, maintenant.
Dans sa chambre.
Achever ses souffrances …
C'est tout ce qu'il lui importait.
µµµµµµ
Il n'avait vu personne depuis une heure maintenant.
Il avait calmé ses esprits … du moins, pour un moment.
Il repensait à Dôméki. Il avait dû tant se débattre dans le champ de bataille.
Il imaginait toutes les façons dont il avait pu périr.
La tête coupée, le sang rouge colorant les herbes vertes du printemps.
Embroché, le cœur explosant au contact de la lame, le cerveau froid d'un seul coup.
Eventré, les entrailles se contorsionnant et tombant de tout leur poids, s'étalant sur le sol.
À terre, trop fatigué et blessé pour se relever, les autres soldats le piétinant sans le savoir ou presque, ses os se brisant sous les pas.
Il n'avait même pas envie d'en pleurer tellement cela le dégoûtait.
Il avait senti sa peau, blâmée par quelques cicatrices mais si belle, suer et glisser sous ses doigts.
Il avait senti son sang circuler, ses vibrations gagnant sa propre hémoglobine, comme si leurs tous deux n'étaient qu'un.
Leurs têtes roulaient l'une sur l'autre, leurs cheveux s'emmêlaient, leurs lèvres rougissaient les unes sur les autres.
Il n'arrivait pas à digérer le fait que plus jamais il ne les rencontrera.
C'était fini.
Il pouvait l'oublier, mais c'en était impossible.
Et plus il s'en souvenait … plus c'était douloureux. ¤
« … Kimihiro … »
¤ Ses entrailles se déchiraient dans son ventre à force de se souvenir de tout.
Il s'allongea, le souffle coupé, tentant de reprendre ses esprits.
Mais il savait que cela lui était impossible.
Il essayait, pour se sentir vivant.
Mais à quoi bon ?
À quoi bon ?...
µµµµµµ
Les semaines passaient, et se ressemblaient.
Kimihiro mangeait de moins en moins. Son visage se creusait à mesure que les repas défilaient.
Des cernes étaient apparus. La couche de maquillage sur son visage s'épaississait.
Il se fondait dans le décor, tel un fantôme, et se faisait oublier.
Même les clients l'oubliaient. Un corps sans chair n'avait rien d'attirant.
Sauf pour le daimyo, qui venait toujours le voir, des mots obscènes à la bouche.
Ses visites se répétaient, se rapprochaient même.
Toujours la même violence, mais plus il venait le voir, et plus Kimihiro ressentait une certaine retenue dans sa façon de le violer.
Mais il ne se posa pas plus de question.
Depuis plus d'une semaine, Toshio venait tous les jours se défouler sur son corps maigre.
Les courbatures le déchiraient. Mais après tout, ça pouvait être pire …
Et puis, il était déjà six pieds sous terre. Pourquoi s'en soucier ?
Alors il se taisait. Et se laissait faire.
Sa vie, c'était celle-ci. Il ne pouvait pas la renier.
Et la refuser était pour lui synonyme de perte de foyer.
Il serait jeté dehors tel un déchet, et abandonné à une mort certaine.
Il avait bien pensé à cette possibilité de suicide … il avait déjà essayé. Mourir est toujours mieux que de souffrir.
Mais cela avait eu le don d'éveiller les désirs les plus malsains de Toshio … il ne tenait pas à réessayer.
Cet homme était un fou sans compassion. Un égoïste.
Comment les gens pouvaient-ils l'aimer ?
Mais ils ne le connaissaient pas dans l'intimité …
Il était sûr qu'il faisait régner l'ordre dans leur contrée.
Sûrement grâce à son despotisme.
Rien que d'imaginer sa façon de régner, Kimihiro se sentait dégoûté.
µµµµµµ
Le retour de Toshio.
C'était l'heure de la torture.
Par habitude, il était assis, et l'attendait, face à lui.
Le kimono un peu ouvert et remonté au niveau des cuisses, pour attiser son désir.
Les yeux à moitié fermés, pour ne pas voir son visage de fou.
Il imaginait déjà son sourire obscène découper son visage en deux.
Ses yeux en furie, fixé sur son torse nu et le pan de son kimono à deux doigts de découvrir ce qu'il cherchait.
L'envie de vomir vint tout de suite face à cette vision d'horreur.
Il avait l'habitude de le voir. Mais il avait toujours peur.
Ce sentiment détestable qui le prenait …
Il ne le quitterait jamais.
Qu'il fasse vite …
Plus vite cela commencera, plus vite cela se terminera … ¤
Toshio : Watanuki …
¤ Sans ménagement, il attrape le menton de Kimihiro, le forçant à le regarder.
Son regard était beaucoup plus effrayant qu'habituellement.
Il se sentait mal … quelque chose allait se passer.
Il en était sûr … ¤
Toshio : Je suis fatigué de me déplacer tous les jours pour te voir.
¤ Il plongea son visage dans son torse, y soufflant déjà comme un buffle. ¤
Toshio : Mais tu es si bon …
¤ Kimihiro n'était vraiment pas capable de le prendre dans ses bras.
C'était au dessus de ses forces … c'était trop …
Sa déclaration avait quelque chose de gras et d'écoeurant …
Qu'il arrête de parler … ¤
Toshio : Je ne vais pas te faire l'amour maintenant.
¤ Il se détacha du jeune homme, qui avait de plus en plus peur.
Il sentait sa chair trembler dessous sa peau.
Sa respiration se coupait peu à peu.
Il allait faire un malaise …
Le sourire de Toshio, étonnement, prenait en largeur.
Il était satisfait, et plus excité que jamais. ¤
Toshio : Nous le ferons chez moi.
¤ Chez lui ?...
Que cela voulait-il dire ?
Il ne l'avait quand même pas acheté …
Non, il ne l'avait pas acheté …
Il n'y croyait pas.
Mais tout dans l'attitude du daimyo le disait. ¤
Toshio, caressant quelques mèches de cheveux de Kimihiro : Deux sacs d'or pur, pour un si joli jeune homme … je ne regrette pas mon affaire.
¤ Si peu cher, lui qui avait fait faire tant de bénéfice aux propriétaires …
Etait-il aussi décevant pour qu'ils le livrent aussi facilement ?...
Il se sentait pire qu'une marchandise, un moins-que-rien.
S'il en avait eu la force, il se serait jeté par la fenêtre.
Malheureusement, toutes ses forces, il les donnait à Toshio.
C'était tout comme s'il l'avait déjà acheté …
Mais il avait peur de ce qui l'attendait.
Il s'éloigna de lui comme il le pouvait, se couvrant pour ne plus être vu nu. ¤
Toshio, s'approchant en riant à moitié : Qu'il y a-t-il ? Tu as peur de moi ? Je ne te ferai pas de mal, tu le sais bien !
¤ Kimihiro reculait encore, mais le mur le stoppa dans son élan.
Il ne pouvait plus lui échapper …
Son maître se saisit de son bras. ¤
Toshio, le forçant à se lever : Tu seras bien mieux chez moi, tu verras …
Kimihiro, ne pouvant se débattre : …non…laissez-moi…laissez-moi…
¤ Il répétait ses derniers mots.
Et continuait. Machinalement.
Mais c'était sans espoir …
On l'avait déjà jeté dans la fosse aux lions.
Sa gorge se noua. Il sentit des frissons le parcourir.
Mon maître lui faisait arpenter des couloirs qu'il n'avait plus l'habitude de fréquenter.
Cette allée, qu'il prenait toujours le soin d'éviter, renfermait de terribles souvenirs, ceux où on le forçait à aller dans sa chambre.
On l'avait habillé de force dans un kimono qui lui semblait trop petit, des mains se serraient sur ses bras d'enfant encore potelés.
À l'époque, il ne savait pas du tout ce qu'il allait se passer, ce qu'on allait lui faire. Mais il s'attendait déjà au pire.
C'était l'instant où on l'avait amené à l'échafaud.
Il atteint dorénavant l'entrée du bordel, qu'il n'avait pas vu depuis maintenant 7 ans …
Il lui semblait immense, gorgé de personnes malsaines qui ne lui portait pas un seul regard malgré ses plaintes.
Les propriétaires du bordel le regardaient sans aucun respect. Alors qu'avant ils l'adulaient, il semblait qu'il soit devenu un nuisible dont ils étaient fiers de se débarrasser.
Il n'osait pas les regarder … son regard se dirigea vers la lumière aveuglante de l'été.
Il perdit son sang froid …
Et s'évanouit à même le sol.
µµµµµµ
L'air était frais ici, et l'odeur des fleurs s'épanouissait dans la pièce, embaumant les narines d'un jeune adulte.
Dérangé par cette fragrance peu familière, Kimihiro se réveilla doucement, prit le temps d'ouvrir ses yeux.
Il découvrit le plafond de bois avant tout. Il n'arrivait pas à relever son corps lourd et engourdi.
Il avait l'air d'être seul dans cette salle lumineuse. Aucun son n'y entrait.
Maintenant si, il entendait quelque chose : le clapotement d'une fontaine en bambou.
Mais encore le chant d'un rossignol. Et à l'instant, le bourdonnement d'une abeille retentit.
Il ne voulait pas refermer les yeux. Il souhaitait profiter de cet instant de calme.
Depuis combien de temps n'avait-il pas apprécié ces émotions si chéries ?
Il ne peut le dire. Il avait arrêté d'y croire.
Il inspira un grand bol d'air, comme si c'était une drogue.
Les odeurs lui procurèrent un peu de force, assez en tout cas pour qu'il puisse se redresser, et s'assoir.
Il put enfin explorer des yeux sa nouvelle maison.
Un simple cabanon, mais riche malgré tout, avec un magnifique jardin qui foisonnait de fleurs de toutes sortes et, au milieu, coulait une fontaine en bambou, qu'il avait très bien identifiée tout à l'heure à l'oreille.
Au loin, il pouvait voir la chaîne montagneuse, et le village tout en bas. Il était minuscule vu de loin.
Le jardin était étonnement luxuriant. Un jardin japonais était rarement aussi sauvage.
Mais il était si beau. Toutes ces couleurs lui donnèrent un sentiment de liberté.
Pourtant tout cela n'était que parure. Il savait bien que, tôt ou tard, Toshio allait revenir.
Et qui sait ce qu'il allait lui faire subir cette fois, loin de tout regard extérieur.
Sa nouvelle maison ? On pouvait plutôt parler de prison dorée.
Cette idée fit disparaître toute émotion de joie.
À ce désespoir vient s'ajouter un coulissement de porte.
Toshio se tenait maintenant à ses côtés.
Il posait là une expression terrifiante que seuls ses yeux dévoilaient.
Kimihiro ne le regardait pas. Il préférait garder en vue ce jardin qui faisait toute son admiration.
Il aura au moins quelque chose pour faire fuir la noirceur de sa vie.
La main du daimyo n'attendit pas une seconde pour atterrir sur son épaule, et le pousser en arrière.
Son dos rencontra le sol pour la seconde fois aujourd'hui alors que son visage faisait face à celui d'un démon.
Sans plus attendre, Toshio ouvrit son kimono et écrasa pectoraux avec ses grosses mains.
Il retint un cri de douleur et d'effroi, quand tout s'agita dehors.
Et, par chance, le maître des lieux réagit à cet affolement.
Il se leva en même temps que son excitation quitta son corps, et sortit en trombe de la salle.
Kimihiro referma son kimono rapidement, avant d'entendre des cris de colère de la part de son agresseur.
Il se sentit refroidir d'autant plus qu'il ne l'était. Il craignait qu'il ne soit plus violent à son retour …
Il commençait à trembler, quand sa voix se calma. Il commençait à se faire silencieux, écoutant ses subordonnés qui restaient affolés de leur côté.
Le courtisan se demandait ce qu'il pouvait se passer. Il voulait surtout comprendre ce qu'il se passait pour anticiper l'humeur de Toshio …
À quatre pattes, il entreprit la traversée de sa prison, s'approcha de plus en plus de la porte.
La discussion devint de plus en plus compréhensible …
D'un seul coup la porte s'ouvrit et, une fois de plus, il se découvrit en compagnie avec Toshio.
À moins d'un mètre de lui …
Il sentit en danger … ¤
Toshio, la voix un peu cassée : Aujourd'hui, tu offriras tes faveurs à un autre.
¤ Stupeur.
Ces mots étaient prononcés avec jalousie alors qu'il dévorait son corps du regard, la bouche entrouverte.
Kimihiro ne savait comment réagir. Il était soulagé de ne pas avoir à faire à Toshio …
… mais l'autre homme était peut-être pire.
µµµµµµ
C'est caché sous un voile opaque que le daimyo traîna Kimihiro dans toute la résidence, une main dans son dos.
Le voile cachant une grande partie de son visage, il avait plutôt fait la découverte des sols que celle des différentes pièces.
La pression montait. Il ne savait pas où on l'emmenait, quand le chemin allait s'arrêter, qui allait le violer …
L'écoeurement commençait à le prendre, quand la voix de Toshio s'éleva. ¤
Toshio : C'est mon meilleur homme. Gravement blessé à la dernière bataille. On a cru qu'on allait le perdre … il s'en est sorti, mais des stigmates sont toujours là. Mais je suis sûr que tu seras doux avec lui …
¤ Il terminait sa phrase tout en glissant sa main vers le bas, à tâtons … ¤
Kimihiro, serrant les poings : Lâchez-moi…
¤ Finalement, les pas de Toshio s'arrêtèrent au même moment que sa main se dégageait.
Kimihiro l'imita.
Son maître retira lentement son voile, et le dévisagea une dernière fois. ¤
Toshio : C'est le général que tu vas contenter. J'espère que tu ne le décevras pas …
¤ Le jeune homme resta silencieux.
Il attendait que Toshio ouvre la porte. Il avait besoin de savoir qui il allait devoir affronter.
Le daimyo exauça son voeu, et fit coulisser la porte.
Mais il n'eût pas le temps de soupirer qu'il le poussa à l'intérieur. ¤
Toshio : Voici mon courtisan. Fais-en ce qu'il te plaira ! Il t'appartient aujourd'hui.
¤ Et il referma la porte, laissant Kimihiro seul avec le général.
Ce dernier daigna enfin regarder l'homme blessé.
Et se stupéfia.
Il eut un haut-le-coeur très violent.
Le général ne l'avait pas regardé une seule fois depuis son apparition. Sa tête lui faisait dos.
Mais le courtisan n'avait pas besoin de le voir en face. Il ne le connaissait que trop bien son corps.
Ces formes, ils les avaient mémorisées dans sa propre chair, il pouvait les sentir sous ses doigts rien qu'en les regardant.
La dernière fois qu'il l'avait vu, il était immaculé de toute blessure. Maintenant, il était recouvert de bandes de tissus imbibées d'un peu de sang. Mais ces dernières avaient été changées récemment.
Il n'osait pas imaginer les dégâts qu'il avait subit. Ce devait être trop horrible.
Il souffrait lui-même rien qu'en y pensant.
Cet homme, qui n'était devenu plus qu'on souvenir tant chéri, tant rêvé et tant regretté.
Il se tenait allongé devant lui, et ne lui adressait aucun regard.
Sans savoir qui lui rendait visite.
Il avait survécu …
Un sentiment de soulagement envahit Kimihiro, dont les mains tremblaient et les yeux se recouvraient de larmes.
Le coeur en pagaille, il commença à pleurer.
Il fit quelques pas vers l'homme allongé.
Il l'observait en silence, réalisant à la fois sa présence et son état déplorable.
Puis, finalement, il se résolut à lui parler … ¤
Kimihiro, dans un sanglot : Dôméki-san !...
¤ Alors qu'il trembla de plus belle, Dôméki fit pivoter sa tête, et plongea son regard fatigué dans celui de Kimihiro.
Son visage laissa paraître sa surprise. Cette rencontre était inespérée.
Et pourtant, il était la dernière personne qu'il voulait voir. L'état dans lequel il se trouvait était déplorable.
Le ventre transpercé, le visage un peu couturé, la peau aussi pâle que celle d'un mort …
Il n'avait plus rien à voir avec la personne que Kimihiro aimait tant. Il aurait préféré ne jamais lui montrer ses blessures.
Le résultat qui cherchait à éviter se trouvait sous ses yeux : son amant se décomposait à la vue de son corps abîmé.
Il tenta de se redresser pour le prendre dans ses bras et le consoler, le rassurer ...
Il appuya ses mains contre le sol, et appuya.
Mais ce ne fût pas sans difficulté, car la souffrance était telle qu'il ne put que s'assoir et non se tourner vers Kimihiro.
Ce dernier s'agenouilla à côté de lui et, le souffle court, il essaya de réaliser la présence de Dôméki.
Doucement, il tendit la main vers lui, et caressa son épaule, retrouvant les formes qu'il ne cessait d'imaginer ces dernières semaines.
L'émotion fût si forte qu'il ne put retenir plus de sanglots.
Dôméki se sentait vraiment mal …
Alors il leva un peu la tête, et prononça ces mots. ¤
Dôméki, la voix un peu rauque : …excusez-moi…
Kimihiro : Non !... Non ce n'est pas de votre faute …
Dôméki : …je voulais guérir…avant de vous revoir…je suis…dans un état…pitoyable…
Kimihiro : Je vous croyais mort … simplement mort … mais vous êtes en vie …
¤ Il laissa échapper une légère grimace avant de reprendre … ¤
Kimihiro : … je suis soulagé … si soulagé …
¤ Un silence s'installa.
Tous deux reprirent leur souffle un instant. ¤
Dôméki : …je serai guéri dans six mois…je suis désolé…
Kimihiro : Non… je vous ai déjà dit de ne pas vous excuser …
¤ Dôméki tourna la tête en direction de son amant. Mais il n'arrivait pas à le regarder.
Kimihiro se déplaça, et se pencha de façon à le voir de face.
Ils purent enfin faire rencontrer leurs regards.
Ils se retrouvaient vraiment cette fois-ci.
Dôméki semblait vraiment fatigué et attristé. Il se faisait beaucoup de soucis pour Kimihiro.
Quant à ce dernier, il affichait tout autant de fatigue, mais surtout de la compassion, du soulagement, et beaucoup de tendresse.
Timidement, il passa une main sur son visage, redécouvrant ses formes, sa beauté, …
Il le caressa avec douceur, puis avec plus de chaleur et de sensualité …
Finalement, le visage du samurai se détendit, et montra que l'homme s'avouait charmé et heureux de retrouver le courtisan.
Il ferma les yeux et laissa sa tête se faire soutenir par cette main qui le caressait.
Kimihiro approcha son visage des lèvres de l'homme blessé et, délicatement, les embrassa.
Sa main glissa le long du coup de l'homme, continua son chemin sur le torse, mais la main de Dôméki la rattrapa et la prit dans la sienne.
Le général répondit au baiser avec générosité, happant les lèvres du jeune homme.
Leurs langues se rencontrèrent, et s'enchaînèrent l'une à l'autre, puis glissèrent ensemble l'une sur l'autre, puis recommençaient …
Les deux hommes partageaient enfin ce moment qu'ils avaient tant attendu …
Oui, tant attendu …
Mais cet instant d'intimité était bafoué par un observateur assoiffé de sexe.
Toshio, dans l'entrebâillement de la porte, espérait se rassasier avec leurs ébats.
Mais à son grand désarroi, il avait le droit à de romantiques retrouvailles … ¤
Tsuzuku
La suite arrivera ne vous inquiétez pas ! Mais je mettrai sûrement du temps à l'écrire …
Merci de continuer à me lire malgré mes rares interventions !
Bisous à tous !
Tohru
