Bonjour, bonjour, chers lecteurs! Voilà donc le nouveau chapitre. Je ne remercierais jamais assez Earenya, Sophie et Léa pour leur lecture et commentaires assidue, ainsi que, pour les deux dernières, leur soutient et leurs encouragements. Je remercie aussi tous ceux qui prennent le temps de lire ma fiction... J'espère que vous aimerez ce chapitre. Aussi, je m'excuse de laisser quelques "mystères" non résolus, mais les dénouements ne sont pas pour maintenant... Enjoy,
Lu' ©
Ah oui... Je voulais aussi rajouter une petite note pour que ce soit plus compréhensible. Pour les noms de familles, il y a Alexie Hudson, Eden Collins, Gwenaëlle Kerloch, Adrian Lormish, Samuel Kent et Bartholomé Tuder. Merci de votre attention :p
Journal d'une sorcière
Chapitre 6 : Les yeux sont le miroir de l'âme
Je fixe l'objet pendant deux bonnes minutes. Je réalise alors que je ne désire pas partager mon cadeau avec les autres, je ne veux pas leur en parler, que j'ai besoin de garder ce plaisir égoïste, cet admirateur anonyme pour moi. Je cache alors d'un geste vif la petite figurine sous mon oreiller et déballe mes autres cadeaux, l'esprit ailleurs. Je réfléchis à l'expéditeur... ça doit forcément être Oreste, mais je ne préférerais pas, j'ai tourné la page depuis si longtemps... Mais je ne sais pas pourquoi, aussi Oreste soit ce cadeau, je ne veux pas en parler à mes amis.
Une fois tous les cadeaux déballés, Gwen me prend la main et se rue vers le dortoir des garçons. Tiens... C'est peut-être Sam qui m'a offert le petit prince, en rapport avec sa moquerie de l'autre jour ? Mais pourquoi le petit mot ? Nouvelle moquerie de Sam ?
Une furie (anciennement appelée Gwen) se rue dans la chambre en chantant à tue tête « petit papa noël, quand tu descendras du ciel ». J'entre à mon tour en faisant les cœurs d'une voix suraiguë. Le spectacle est drôle à voir, Bart a son oreiller sur la tête, la couverture de travers et un long grognement s'échappe de son lit. Sam s'est levé avec les poings brandis (réflexe de survie comme il dit) et il s'est maintenant précipité sur ses cadeaux après nous avoir crié de nous taire. Nous nous approchons doucement du lit de Bart pour tirer la couette d'un coup sec et retirer l'oreiller. Il continue à gémir pendant une minute puis se lève et va ouvrir ses cadeaux, son sourire retrouvé.
« C'est pas juste ! Les filles peuvent entrer dans les dortoirs des garçons et nous, on ne peut même pas aller dans ceux des filles, geint Bart. Oh, merci les filles pour les fondants du chaudron et les paquets de chocogrenouillles !
-Première leçon, pour conquérir un homme, commencer par son estomac, dis-je d'une voix de philosophe.
-Waouh ! Merci Cléo pour le livre, s'exclame Sam en tenant un ouvrage de « Album photos du Quidditch tome 1 ».
-De rien... Attend de voir ceux des autres, dis-je en riant. »
Il ouvre d'autres paquets et tombe sur le tome 2, 3 et 4. Il se tourne vers nous en rigolant et nous remercie. Nous les remercions aussi pour leurs cadeaux et Sam me contredit lorsque que je mentionne « les cadeaux qu'il m'a offert ». Je fais genre « Oups, je me suis trompée, je voulais dire le... » et raye mentalement la possibilité qu'il me l'ai offerte pour déconner, sinon il me l'aurait dit.
Une fois tous les cadeaux ouverts et rangés, et que nous sommes enfin prêts, nous descendons à la grande salle pour prendre le repas (le petit déjeuner est passé, on a mis du temps à descendre...). La grande salle est magnifiquement décorée (mais ça, ça fait déjà une semaine) et les quatre tables sont rassemblées en une seule pour regrouper les maigres élèves restants. Le repas est excellent et se passe dans la joie et la bonne humeur. Nous le passons à nous goinfrer de toutes les bonnes choses présentes, à rigoler puis, à la fin du repas, à faire une belle bataille de purée (les profs sont trop dans leur truc et la plupart des élèves est déjà repartie... Donc personne pour nous réprimander !!).
Dès que nous sommes de retour à la salle commune, tout dégoulinant de purée, nous sommes pris d'un fou rire aussi incontrôlable qu'inexpliqué, qui ne s'arrêta qu'une fois tous endormis...
Le reste des vacances passa à une allure décidément trop vite. Nos bêtises et rigolades furent multiples, mais la plus notable fut celle du jour de l'an. Pour fêter la nouvelle année, Bart eut la magnifique idée de piquer de l'hydromel dans les réserves des profs. Déjà rien qu'à l'expédition, nous avions manqués de nous faire attraper quatre fois (dont deux par Rusard...) grâce à la discrétion sans limites de Gwen miss catastrophe. Genre, alors que j'avais la bouteille cachée sous mon tee-shirt, le truc déjà très discret, Gwen trouva le moyen de renverser une armure... Enfin, pour en revenir à la fameuse soirée du jour de l'an, nous avions déjà bu une bonne partie de la bouteille et ma tête commençait alors à tourner franchement, lorsque Sam se mit à déballer ses déboires sentimentaux. Gwen se mit alors à chanter à tue tête pour ne plus l'entendre et je me sentis moi aussi, poussée à la confession par cette maudite boisson. Je me mis alors à dire, sans que je comprenne, sans que je puisse m'arrêter :
« J'aimerais bien qu'il m'embrasse...
-Elle est amoureus-euh ! se mit à crier Gwen.
-Mais qui, demanda Bart.
-Ben, Cléo, dit Gwen en riant bêtement.
-Mais nan, t'es bêêêêêête ! Celui q'elle veut embrasser il veut dire, hurla Sam, dans une pose ridicule de grand philosophe qui vient de comprendre la vie.
-Je sais plus, je marmonne, la bouche rendue pâteuse par la boisson. Ah si ! Le père Noël ! »
La réponse, aussi bizarre soit elle, venait de s'imposer à moi comme une évidence. Je ne me souviens plus de ce qui se passa ensuite, je me souviens juste m'être réveillée au petit matin sur le lit de Sam, tandis que les autres gisaient pitoyablement soit sur le sol, soit sur un lit, dans une pose de décadence absolue. Ma tête me tournait affreusement. Alors que je m'asseyais au bord du lit, une chose me revint, un rêve certainement, en tout cas j'en gardais une pensée très agréable... Une histoire de père noël qui se transformais en... Enfin, voilà ! Je n'avais pas les idées claires, j'avais bien bu et ce fut ma première cuite !
Je suis donc en train de repenser à cette soirée quand Gwen me crie depuis la salle de bain qu'il faut que je m'habille car Sam et Bart vont arriver d'un moment à l'autre. Je regarde d'un œil critique mon vieux soutient gorge rose à fleurs et la mythique culotte pêche avec une petite fille dessus et... Me jette sur les vêtements les plus proches ! Gwen, après avoir passée la matinée à trouver des arguments pour que je m'habille décemment vient de trouver l'argument de choc.
Gwen sort de la salle de bain en séchant ses cheveux et se stoppe en me voyant.
« Cléo... Tu es habillée ? Alléluia, Merlin est revenu ! En fait, t'a oublié que les garçons ne peuvent pas monter au dortoir... Aha, je t'ai eue ! »
Je lui tire puérilement la langue et finit d'enfiler un gros pull miteux à trous anti-sexe, afin d'aller jusqu'au bureau situé au coin de notre chambre pour y finir mes devoirs. Gwen s'habille à son tour, tout en me signalant qu'on n'est pas chez les clodos ici. Je l'ignore et attaque ma traduction de runes. Je n'écoute pas les paroles que Gwen débite, comme à son habitude, sans interruptions. Ce n'est que quand je capte un mot qui m'intéresse, que je me tourne lentement vers elle.
« ... Alexie et Eden, et même Adrian quand ils reviendront dans deux heures par le Poudlard Express ! Alala, je disais bien que le Poudlard Express arrive toujours trop tard à mon goût. Tu sais, mon grand oncle Denez, celui qui était un peu fou, le dresseur d'hippogriffe, il faudrait que je le revoie d'ailleurs... Qu'est ce que je disais déjà ? Ah oui... Donc, mon grand oncle... »
Et voilà, je décroche déjà, elle doit avoir un lien de parenté avec Binns ... Mais ce n'est pas grave, j'avais eu ce qui m'intéressait. En trois secondes, je quitte ma chaise et me retrouve devant mon armoire. J'entreprends de la retourner telle une tornade, pour essayer de trouver quelque chose de mettable. Gwen s'interromps un instant (c'est sûrement dû au fait que l'une de mes chaussettes se soit retrouver sur le sommet de son crâne... Hum !), me regarde d'un œil torve puis approuve mon geste pour ensuite continuer son histoire de... Ah tiens, ce n'est plus l'oncle Denez... Je ne sais pas comment elle a pu passer de son grand-oncle aux hiboux à l'aspect douteux de la gazette du sorcier, mais elle est forte !
Je continue ma fouille archéologique des bas fonds de mon armoire, pour enfin tomber sur un pull à col roulé potable (en tout cas, en apparences, il n'y a pas de trous et aucune tâche...), d'une couleur noire de geais et à la coupe plutôt bien dessinée. A la réflexion, il est même vraiment pas mal ! Je l'enfile avec un sourire ravi puis trouve un jean banal, qui fera mieux l'affaire que mon vieux survêt ocre/crade trop court. Je rejoins ma chaise, me sentant beaucoup plus désirable. D'ailleurs, en y repensant, je me demande ce que ce magnifique col roulé fait dans mon armoire... Merde ! C'est celui d'Eden, je le reconnais maintenant ! Je me disais que c'était bizarre que j'ai une aussi belle fringue (aussi simple soit t'il). Je décide d'écarter la constatation pour le moment (de toutes façons, Eden ne s'en apercevra pas, elle a tellement de vêtements...) et le garde (c'est que je suis « diaboliquement sexy » comme a dit Gwen, s'interrompant une nouvelle fois dans son monologue).
Je finis mon devoir de runes, tandis que Gwen, lasse de parler dans le vent, fait son devoir de méta en ronchonnant, allongée sur son lit. Au bout de deux heures de travail intensif (à comprendre, écrire trois phrases, griffonner des petits bonhommes sur le brouillon puis commencer une bataille de boulettes de papier), nous descendons à la salle commune, que nous avions éviter pour « travailler », embarquons Sam et Bart et descendons dans le hall, accueillir les arrivants du Poudlard Express.
Bart ne manque pas de me complimenter sur mon haut, alors que Sam s'écrie de manière faussement étonné « Cléo, t'as des seins ! ». Gwen se charge pour moi de lui rappeler la politesse d'une bonne frappe sur le crâne et nous nous mettons toutes les deux à disséquer les déficiences mentales du pauvre Kent. Sam se met à grommeler des insultes en notre direction que je stoppe immédiatement d'un argument frappant.
Nos amis franchissent alors la grande porte du hall et nous fondons sur eux en criant. Alexie se voit submergée par Gwen et moi et tombe à la renverse. Du sol, je vois plusieurs mains se tendre à nous, sans voir à qui elles appartiennent. C'est avec surprise que je remarque l'identité de la personne ayant aidé Alexie. Elle remercie chaleureusement Dubois puis lui fait la bise (eurk !) pour lui souhaiter la bonne année. Celui-ci s'éloigne après un sourire aimable et un signe d'au revoir de la main. C'était quoi ça ? Je me tourne vers Adrian pour obtenir une réponse et remarque qu'il regarde la scène en... Souriant ? Ils sont tous devenue malades ou quoi ? Je lui lâche « bonjour et bon année ! » glacial, puis tourne les talons pour regagner le dortoir, sans regarder Eden, qui elle aussi sourit, narquoisement, mais elle sourit quand même et de toutes façons Eden sourit toujours comme ça !
Une fois dans le dortoir, je vais dans mon lit, ferme le baldaquin et prends un livre d'un geste rageur. Je suis trahie au sein de mes amis les plus proches, quelle vie ! Tous à aduler Dubois tel les fidèles devant leur dieu... Ri-di-cule !
Bouse ! J'entends la porte qui s'ouvre ! Vite, lire, lire, lire ! Je prends à temps le livre et fais semblant de le lire d'un air renfrogné. Je compte quatre pas (pourquoi je suis le lit le plus proche de cette satané porte !) et entends le baldaquin s'ouvrir d'un coup brusque. Je hausse un sourcil en direction d'une Alexie, visiblement de mauvaise humeur.
« Franchement, tu ne crois pas un petit peu que t'abuses... Je sais que tu n'as pas toujours un caractère facile mais là tu bats les records ! Comprends moi, avec Gwen vous me sautez dessus jusqu'à me faire tomber et puis à peine une minute après, tu lances une phrase glacial au pauvre Adrian qui n'a rien fait et tu t'en va en courrant ! Je t'adore, tu es ma meilleure amie mais là... Tu dépasses les limites !
-C'est moi qui dépasse les limites ?! T'as vu comment tu, pardon vous, bande de traîtres, vous êtes avec Olivier ! On dirait que c'est un dieu pour vous... Vous aviez, par hasard, oublié que c'est mon ennemi ?!
-Cléo, tu disjonctes complètement ma vieille ! D'abord, ce n'est pas parce que nous sommes amis que je te trahie, tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ? Quand aux autres, ben pourquoi ils « aduleraient » Olivier ? Deuxièmement...
-Ils souriaient en le regardant ! Tu te rends compte ! je coupe Alexie.
-C'est horrible ! Ils n'ont quand même pas osé, s'écrie faussement scandalisée Alexie.
-Dois je te répéter à quel point nous nous...
-Haïssons ? me coupe Alex à son tour. Jamais je crois ? Arrête Cléo, il n'est pas si affreux que ça...
-C'est ton point de vue, traîtresse, dis en me déridant, le sourire commençant à poindre.
-Pff ! Et puis si tu le détestes autant... Pourquoi l'avoir appelé Olivier ?
-Tout ça c'est de ta faute, je marmonne. Tu m'as filé ton virus satanique !
-Bon aller, arrête de bouder. Je voudrais pouvoir aller voir Cédric. Tu te rends compte comme tu peux être insupportable, tu me prives de mon copain !
-Quel dommage... Et je te rappelle que tout ça c'est grâce à moi... dis je, narquoise.
-Oh arrête ! Et puis les autres s'excusent... Ils prévoyaient ta réaction et c'est justement ça qui les faisait sourire...
-Mmmm... J'arrive. »
Je me lève et m'excuse auprès d'Alexie. Mais bon, ce n'est pas ma faute si, quand on parle de lui, je vois rouge... Nous descendons à la salle commune et Alexie court vers Cédric. Je rejoins les autres l'air penaud. J'ai quand même l'air conne comme ça, à m'être énervée pour rien... Adrian a la mine renfrognée, j'espère que ce n'est pas à cause de moi...
Je m'avance vers lui et lui dit un timide « excuse moi. ». Il me sourit et me répond que ce n'est pas grave et je vais lui faire un câlin. Une fois la démonstration (peu exercée entre nous) d'affection passée, je lui souhaite une bonne année et le remercie pour son cadeau. Il sourit et je passe à Eden. Son sourire moqueur est toujours collé sur ses lèvres parfaites. Je vais l'embrasser sur les deux joues avant de l'enlacer. Elle me regarde en souriant et chuchote un « Bravo Purple... Tu as encore une fois prouvé à quel point tu es intelligente en public ! ». Je lui tire la langue (j'aime bien ce geste, il révèle assez ce que je pense !) et m'assois dans le fauteuil voisin. Je suis contente de les revoirs, même les remarques inutilement cinglantes d'Eden m'ont manquées... Et même si je me suis vraiment bien amusée pendant ces vacances !!
Nous racontons tour à tour nos vacances respectives et passons un bon moment, tous ensemble au coin du feu (ça fait un peu cliché quand on y pense, mais c'est vraiment ça...). Je regrette juste qu'Alex soit restée avec Cédric, ça fait vide, je ne suis pas la seule à le penser d'ailleurs, j'ai vu Gwen, Eden et Adrian jeter des coups d'œil en sa direction.
Au repas, les discussions vont de bon train, hormis Adrian qui, à peine revenu, tire déjà une tête de trois pieds de long. Je profite d'être assise à côté de lui pour mettre les choses au clair.
« Ça va pas ?
-Si, si... Pourquoi ça n'irait pas ? dit t'il d'une voix morne, le sourire forcé aux lèvres.
-Tu me prends pour une bavboule peut être... Je vois bien que ça ne va pas... C'est à cause de Klark ? Je ne vous ai pas vu ensemble alors vous ne vous êtes pas vu pendant deux semaines... Si elle t'a fait quelque chose, elle va le regretter amèrement cette...
-Calme toi Cléo ! Elle ne m'a rien fait... C'est moi qui ai cassé... D'ailleurs comment tu sais ça toi ?
-Bon qu'est ce qui ne va pas alors ? dis je en écartant sa question de la main.
-Rien d'important... soupire t'il. »
Voyant que je ne pourrais rien savoir de plus, je laisse tomber. Je lui lance un dernier regard signifiant que je le soutiens et retourne à mon assiette. En me levant pour retourner à la salle commune, Eden passe derrière moi et me glisse « ce soir, deuxième expédition ». Je me retourne pour lui répliquer que demain, on a cours, mais elle a déjà disparu, et à la place, je me retrouve nez à nez avec... Dubois ? Etonnée, je ne pense même pas à lui crier dessus. Mon regard s'est naturellement plongé dans le sien, je suis surprise par son intensité (la haine...) et songe un instant à détourner le regard mais le maintient. Je lui ferais trop de plaisir si je montrais que ça me trouble, ça ferait de moi une perdante, une soumise à son regard. Nous nous observons donc, dans le blanc des yeux, faisant abstraction de ce qui nous entoure. Au bout de deux minutes, il détourne le regard. Je souris et m'approche de lui pour lui susurrer d'une voix narquoise « Tu as perdu mon petit Dubois. ». Puis, sentant son regard se poser à nouveau sur moi, je m'éloigne d'une démarche féline, un sourire victorieux et moqueur au visage. Purple : 1 – Dubois : 0.
Je regagne donc seule, à la salle commune. En arrivant, mes amis me suivent du regard, amusés. Une fois assise, Alexie me regarde, une étincelle de malice dans les yeux.
« Qu'est ce qui te rend si joyeuse ?
-Il est où Cédric, je demande à Alexie, prenant un malin plaisir à éviter sa question.
-On s'en fiche, s'exclame Samuel, pourquoi t'a les yeux qui pétillent comme ça ?
-Il finit un devoir à la bibliothèque, répond Alex en fusillant Sam du regard.
-..., ne dis je pas en souriant de toutes mes dents.
-Bon Cléo, t'es lourde en fait ! Puis tu fais peur à sourire comme ça, on dirait que tu viens de... Non, t'a tué Dubois, avoue ! dit Gwen. »
Nous éclatons tous de rire. J'en rigole d'autant plus que, pour moi, il y a un peu de ça... Il a perdu, je l'ai tué (à ce défi du moins). Notre fou rire terminé, je leur raconte comment il a si honteusement baisser les yeux. À la fin de mon « récit », Alexie me regarde d'un air de reproches, alors que les autres me regardent plutôt comme si j'étais folle... Ben quoi, c'est normal d'être heureuse d'une telle victoire ! Vexée par leur manque d'enthousiasme, je monte me coucher en marmonnant un « bonne nuit ».
En arrivant dans le dortoir, je m'allonge sur mon lit, toute habillée, mes yeux fixant la toile jaune de mon baldaquin. L'obscurité a le don de me faire réfléchir (c'est le seul moyen, on aura tout essayé, aurait dit Sam, si il était dans ma tête), c'est ainsi que je me remis à songer à l'événement de tout à l'heure. C'est vrai que c'était puéril, dit comme ça, mais sur le moment, je n'arrivais vraiment pas à détacher mon regard du sien. Le « défi » n'est venu qu'après. C'est vrai qu'un regard n'a rien d'anodin, que ce soit celui de son ennemi ou celui de son amant. Je me rends compte qu'en plus, ce regard n'avait rien d'un affrontement mais plutôt d'une preuve... De quoi ? Je n'en sais rien... De notre haine peut être... Quoi qu'il en soit, je me sens maintenant plus bête que victorieuse, je n'aurais jamais dû autoriser ce contact, ce n'est pas le genre de chose que l'on fait avec son ennemi. Je me promets dorénavant, de ne plus jamais ne m'y laisser prendre, il n'aura droit qu'à mes mots pour seule preuve de mon entière haine à son égard ! C'est sur ces pensées que je sens mes yeux se fermer doucement. Et bien qu'il soit encore tôt (les filles ne sont pas encore remontées), je me sens glisser lentement dans les bras de morphée.
On me secoue. J'ouvre difficilement les yeux. C'est déjà le matin ? Purée, je m'étais habituée au rythme des grasses matinées de vacances moi ! Je roule sur le dos et tombe nez à nez avec Eden qui me regarde mécontente.
« Dépêche toi, chuchote t'elle d'une voix, visiblement contrariée.
-Pourquoi il fait aussi sombre, je demande la bouche pâteuse, en tournant la tête vers mon réveil. Mais t'es folle, il est minuit moins cinq !
-Oui ! Et je compte bien que cette fois, on parte à minuit pile, grogne t'elle. »
Merde ! L'expédition... J'avoue que là, j'ai plutôt envie de rester dans mon lit.
« Et pourquoi on ferait une deuxième expédition au juste ? Qu'on ait failli mourir d'une crise cardiaque à cause du cerbère qui se trouve au deuxième étage ne t'as pas suffit ?
-Tu sais... J'ai réfléchi au fait qu'on ait suggéré que Quirrell soit suicidaire... Et j'en suis venue à la conclusion que si il avait voulu se tuer, sans réussir –sûrement à cause de Rogue, d'ailleurs- il va essayer par d'autres moyens. En grande âme que je suis, bon et aussi parce que je n'ai pas envie de changer encore de prof de DCFM l'année prochaine et parce que celui-ci me mets que des bonnes notes, je pense qu'il faudrait qu'on aille voir et supprimer les éventuels objets dangereux qui pourraient se trouver dans son bureau.
-Mouais... Dis surtout que tu es une incorrigible curieuse et que tu veux à tout prix savoir pourquoi il est suicidaire.
-Il y a de ça aussi, avoue t'elle malgré elle.
-Et que comme tu sais que je suis tout aussi curieuse, tu savais que je ne pourrais qu'accepter ta proposition.
-Exactement, dit elle avec un sourire en coin.
-Bon, je mets des ballerines et j'arrive. Je te hais Collins !
-Moi aussi ma petite Cléo d'amour... »
Minuit pile (on y ait arrivées cette fois !). Nous nous dirigeons à pas de loup à l'exact opposé du château (on ne peut pas avoir de la chance à chaque fois !). Une fois devant la porte du bureau de Quirrell, je m'arrête brusquement. Eden, qui me suit de prêt, se prend mon dos dans le nez.
« Mais ça va pas de t'arrêter comme ça ! Je me suis casser le nez, chuchote t'elle d'une voix furieuse.
-Mais ça ne va jamais s'ouvrir. Sortilège d'Alohomora ou pas, c'est quand même le bureau d'un prof qui enseigne la défense contre les forces du mal... Il ne va pas laisser son bureau s'ouvrir comme ça !
-Je te rappelle qu'on parle de Quirrell, le prof qui a peur de ses élèves et qui sait à peine faire un sortilège du Patronus... Tu te souviens de sa pitoyable démonstration de la semaine d'avant les vacances... On arrivait seulement à distinguer que ça avait quatre pattes, et encore, il fallait chercher ! Et puis t'a même pas essayer ! Avant de faire la défaitiste, essaye bon sang ! »
J'approuve à sa longue tirade, mais comme toute personne de mauvaise fois, je me contente de lui lancer un regard noir. Je me retourne donc vers la porte et lance le sort. Effectivement, la porte s'ouvre dans un cliquetis et nous pénétrons dans le bureau, les yeux brillants d'excitation. Je suggère à Eden que l'une de nous surveille pendant que l'autre fouille et que nous alternions. Eden approuve et je me dévoue pour commencer à surveiller. Je me poste à la porte et elle commence à fouiller le bureau. Au bout de cinq minutes elle se met à râler qu'il n'y a rien d'intéressant, même pas une lettre compromettant un tant soit peu sa vie intime. Je ris doucement et lui suggère d'au moins essayer de trouver le sujet du prochain devoir surveillé. Enervée de n'avoir rien trouvé, elle me demande d'échanger. J'accepte avec joie, c'est que je commence à avoir des fourmis dans les jambes moi ! Elle prend ma place et je me dirige vers la grande armoire, au fond de la salle.
Au moment où j'ouvre la grande porte, je retiens à grande peine un cri d'horreur. Une femme d'une trentaine d'année se trouve dans le placard, inanimée. Je recule, les yeux agrandis d'horreur et chuchote d'une voix tremblante « Eden... Il y a un petit problème en fait... ». Eden se retourne et son visage se décompose.
« Elle... est vivante ?
-Je... je... je sais pas ? Tu vas... vérifier ? »
Eden me regarde apeurée. Je chuchote qu'on a qu'à y aller ensemble. Elle me prend la main en tremblant. Nous nous avançons doucement, la peur tiraillant nos ventres. Arrivées juste devant la femme, Eden prend son courage à deux mains et tend, toujours en tremblant, une main, cramponnée à sa baguette. Elle allait jeter le sort pour détecter la vie (Eden a fait un stage d'initiation aux secours magique, exigence de sa mère...), quand la femme ouvre les yeux et agrippe mon col roulé.
« Prenez garde au léopard tacheté... Le léopard tacheté... »
Les yeux roulent dans ses orbites et ses mains se resserrent autour de mon col. Sortant de la torpeur dans laquelle j'étais plongée, je tente de me libérer en criant de terreur. Eden est comme paralysée par la peur. La femme s'évanouie. J'en profite pour prendre Eden par la main et me sauve en courant de ce maudit bureau. Une fois que j'estime qu'assez de distance nous sépare de cette pièce, je m'écroule sur le sol, essayant de calmer le rythme de mon cœur qui bat la chamade. Une sueur froide continue de couler le long de ma colonne vertébrale. Je regarde de tous les côtés, de peur que la femme resurgisse à tout moment. À côté de moi, Eden semble reprendre vie.
« C'était quoi ça ? demande Eden, effrayée.
-Je ne sais pas mais j'ai définitivement classé Quirrell dans la catégorie fou.
-Mais... Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi, par Merlin, aurait t'il enfermer cette folle dans une armoire.
-ça me semble logique qu'elle soit devenue folle à cause de cet enfermement. Je pense que... Oui, ça se tient... C'est une ancienne amante de Quirrell et les choses se seraient mal passées entre eux et elle le quitte. Quirrell, encore très amoureux, devient dépressif et veut se suicider. Rogue, amoureux de lui, le surveillait et il l'en empêche. Quirrell révise sa façon de voir le monde et laisse tomber l'idée de se suicider car il estime que c'est de la faute de son ancienne amante si il s'est mis dans cet état là. Le désir de vengeance s'installe alors en lui et il capture son ex-amante et l'enferme dans un placard. à mon avis, il voulait la tuer... C'est bien connu, le meurtre est l'ultime crime passionnel...
-Ouais... T'as raison... ça se tient... dit Eden en hochant pensivement la tête. Et le léopard tacheté... ça serait un de ses sous-vêtements qu'il lui avait offert ?
-Ouais peut être... Je pense que nous avons globalement raison... »
Je me relève, un peu soulagé d'avoir tirer cette histoire au clair. Il se trame quand même des choses bizarres cette année. Je tends la main à Eden pour l'aider à se relever. Elle me signale que nous devrions nous dépêcher de rentrer au dortoir ou Rusard risque de nous choper... J'approuve d'un signe de la tête et nous nous mettons en marche pour le dortoir.
Malheureusement, au détour d'un couloir, un miaulement résonne. Avec Eden, nous nous regardons terrifiées... Miss Teigne ! Aussitôt, on se met à courir, sans faire attention à la direction que nous prenons et... Nous nous retrouvons coincer dans un cul de sac.
« Bouse, je m'écrie à voix haute.
-C'est le cas de le dire, grince une voix dans notre dos, Dumbledore sera ravi de le savoir. »
oOoOo
« Alors mesdemoiselles, vous vous promenez dans les couloirs, après le couvre feu ? Vous savez ce qui résulte d'un tel comportement... Vous serez donc en retenue toute la semaine, Rusard vous indiquera le travail à faire demain matin, et je retire cinquante points à Poufsouffle. Et estimez vous heureuse que ce ne soit pas plus ! Maintenant, retournez vous coucher et que ça ne se reproduise plus, sinon la prochaine fois ce sera davantage, nous dit le directeur en nous lançant un regard perçant. »
Eden se mord la lèvre. Je lui jette un regard furtif et me décide. Je prends une inspiration et décide de raconter notre découverte au directeur. Si Dumbledore est étonné, il n'en laisse rien paraître. À mesure que je raconte, j'entends Eden qui se ronge les ongles à côté. Dès que j'ai fini, Dumbledore nous remercie d'avoir été honnête, mais nous réprimande d'avoir osé rentrer dans le bureau d'un professeur. Eden et moi baissons les yeux, penaudes, et le directeur rappelle Rusard pour qu'il nous ramène à notre salle commune. Le trajet jusqu'à la salle commune est silencieux (si l'on excepte les miaulements horripilants de Miss Teigne). Une fois dans notre dortoir, nous nous souhaitons un faible « bonne nuit » avant de nous écrouler sur nos lits.
Cette nuit fût remplie de cauchemars avec des zombis étrangleurs. Je me réveillai environ toutes les heures, en nages, le corps tremblant. C'est pour ça que, au matin, quand Alexie me secoua doucement l'épaule pour que je me réveille, je lui sautai au cou, en la prenant pour un zombi.
oOoOo
« Je vous le dis ! Cléo est folle. »
Et la voilà qui raconte, pour la dixième fois en même pas une heure, comme quoi j'ai failli tuer Alexie. Gwen, dès qu'elle a quelque chose à raconter, elle le raconte, et plusieurs fois de préférences. Déjà que certaines personnes me prennent pour une folle, mais là, ils vont être tellement nombreux que je vais finir à Ste Mangouste. En plus, aujourd'hui ce n'est vraiment pas le bon jour, j'ai des grosses cernes sous les yeux, et bizarrement, les gens, rien qu'avec ce petit détail, ne font que s'accrocher davantage à la théorie de la folle. Moi, je dis que les folles ne sont pas forcément fatiguées à l'extrême...
En sortant de la grande s alle, je réalise qu'aujourd'hui est un jour de chance : déjà que j'arrive à peine à comprendre ce que les gens autour de moi disent, tellement je suis embuée dans le sommeil, mais en plus, mon premier cours est Histoire de la Magie et je dois, avec Eden, demander quelle va être le travail durant notre colle. Hourrah !
Comme prévu, le cours d'Histoire de la Magie est ennuyant à souhait et je passe le cours à commater (alors que nous sommes quand même en cours avec les beaux serdaigles, et on ne passe pas un cours où il y a les beaux serdaigles à commater, on mate !! Mais bon, là j'étais excusée on va dire...). À la sortie, Eden me signale qu'il faut qu'on passe voir Rusard si on ne veut pas voir notre sanction doubler. Je réponds d'un long bâillement affirmatif. Eden lève les yeux au ciel et nous nous rendons, à contre cœur, au bureau de notre concierge bien aimé (ouah je viens de faire une de ces antithèses en mettant Rusard et bien aimé dans la même phrase...).
Quand nous arrivons, Rusard nous regarde avec un rictus mauvais. À côté de lui se trouve une grosse pelle à neige moldue. J'ai déjà essayé ce truc là (chez mon grand père moldu) et c'est vraiment la pire des tortures. Il nous explique avec un regard sadique que nous devons déneiger le terrain de Quidditch, sans utiliser la baguette magique, uniquement la pelle super lourde, super ! Avec Eden nous nous regardons horrifiés, c'est quoi cette punition ? Celle qui va le plus aimé c'est Gwen, elle va pouvoir se moquer d'Eden qui vient de faire sa manucure... Il nous donne rendez vous à dix huit heures tous les jours jusqu'à ce que ce soit terminé... Et attention, si c'est du travail bâclé, je vous colle à nouveau !
Dès que nous sortons du bureau, Eden se met à grogner. Perso, je pense plutôt à ce que nous allons dire à Alex et Gwen sans vouloir raconter notre expédition... En même temps, j'ai envie de le dire à Alex, en même temps je sais qu'elle va me gueuler dessus (eh oui, elle n'est pas préfète pour rien !). Quand j'en parle à Eden, celle-ci me fusille du regard parce que je l'ai interrompu en pleine tirade de plaintes. En plus, elle ne veut pas répondre parce que j'ai osé rétorquer que je suis désolé d'avoir offensé Sa Majesté... Pff.
Je décide donc, sans l'avis d'Eden (tant pis elle n'avait qu'a pas grogner na !), de raconter notre mésaventure à Alex, pour Gwen, on inventera quelque chose parce que sinon toute l'école sera au courant et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée...
oOoOo
Comme je l'avais prédis, Alexie me regarde l'air furieuse.
« Vous êtes des inconscientes... Imagine tu te serais faite étrangler, que Quirrell soit revenu, que le chien vous ai mangé... Ou pleins d'autres scénarios horribles ! Vous. Êtes. Folles à Lier ! En tout cas, vous avez été bien punies et c'est bien fait pour vous.
-Merci, je grogne.
-D'ailleurs, comment tu vas faire pour ton entraînement de demain ?
-Je ne sais pas... Je vais voir avec Oreste...
-Tu devrais y aller, il est dix huit heures, me signale Alexie, où est Eden ?
-Avec son nouveau mec...
-Elle a encore changé ?
-Eh oui... C'est un serpentard en plus, cette fois... Perso, je pourrais jamais, j'aurais l'impression d'être avec ma mère, dis je en faisant la grimace. »
Alexie lève les yeux au ciel et s'apprête à dire quelque chose, mais s'arrête net en fixant un point derrière moi. J'allais me retourner mais Alexie me prend les mains et me demande où en sont mes amours. Je la regarde de travers... Alexie ne pose jamais cette question. Je lui lance mon regard « je ne suis pas dupe » et me retourne. Alexie se mord la lèvre.
Je n'y crois pas ! Je croyais qu'avec Kimberley Klark il battait les records, c'était sans compter... ça ! Adrian était en train de rouler un patin (mais un truc bien dégueu hein, pas la gentille petite pelle !) à cette catin et commère de Britney Gumble... Je détourne les yeux de ce spectacle désespérant. Je ne suis même pas énervée, juste inquiète. Il change beaucoup ces derniers temps et je ne veux pas le perdre... Depuis un mois, il joue mal, il sort avec des pouffes (et pas n'importe lesquelles, les plus grosses !), il ne sourit et plaisante presque plus... Alexie me rappelle gentiment qu'il faudrait peut être que j'y aille si je ne voulais pas que Rusard fasse de la pâté pour chat (on voit comment il nourrit Miss Teigne...) de ma petite personne. Je lui adresse un petit sourire bien forcé et m'éloigne sans un regard envers mon meilleur ami.
J'arrive sur le terrain et je remarque que Rusard et Eden sont déjà arrivés. Eden a sa tête des mauvais jours alors que Rusard a l'air indéfiniment heureux (c'est vraiment un sadique ce type !). J'aperçois aussi, dans les airs cette fois, une équipe qui s'entraîne. En plissant les yeux (j'ai le soleil dans la figure...), j'arrive à distinguer des robes... Rouges ? Seigneur ! Ce concierge est bien plus sadique que je ne le pensais... D'abord il s'est renseigné sur quelle activité je faisais, pour me mettre bien la mort de voir les gens voler alors que je dois déneiger. Et en plus, il s'est souvenu m'avoir collé plusieurs fois à cause de ce cher Dubois alors il nous a mis pendant la plage horaire de l'entraînement des bouffons d'or... Bon, je sais que je suis parano et que c'est un pur hasard, mais jamais une colle n'aura été aussi affreuse. Et encore, là je dis avant de l'avoir faite !
Rusard nous tend deux des énormes pelles à neige avec un sourire mauvais, puis il s'en va sur un dernier « bon travail mesdemoiselles ». Qu'est ce qui me retient de lui faire bouffer sa pelle à ce bouffon ? Ah oui... Une autre colle peut être. Je plante d'un coup rageur, la pelle dans la neige. Ça me fait d'autant plus mal que j'aime la neige quand elle a son aspect cotonneux, j'aime laisser mes empreintes dedans, et je déteste par-dessus tout, casser ce mythe. Et rien ne le casse plus que cette affreuse pelle qui pèse trois tonnes cinq ! Tandis que je chasse la neige à grands coups de pelles rageurs, Eden prend mille précautions pour un seul malheureux coups...Tout ça à cause de sa manucure, pff.
Rusard nous a dit de s'arrêter quand nous voulions (sachons que tant que ce n'est pas terminé, nous continuerons), avec Eden, nous nous sommes mises d'accord pour arrêter juste avant le repas. Je regarde ma montre une énième fois et rage de ne voir qu'il est seulement dix neuf heures trente et qu'il nous reste trois quarts d'heures de dur labeur, alors que j'ai déjà les mains transies de froid. Je suis donc en train de pelleter (non, sans blagues !) quand...
WOUH !
« Mais ça va pas la tête ! Qui c'est l'idiot qui a fait ça ?! J'ai failli avoir une crise cardiaque ! Y'a vraiment des gens malades dans ce pays ! »
Quelle idée de poser cette question... Qui est le pire chieur de la galaxie ? Il n'y a pas plusieurs réponses possibles. Furibonde, je me tourne vers un Dubois au grand sourire idiot collé sur son visage de... Chieur ? Oui ça me semble très approprié !
Je m'approche de lui. Il descend de son balai, toujours son petit sourire narquois au coin des lèvres. Je pointe un doigt rageur en sa direction. Ça va barder, ça lui fera perdre l'envie de m'effrayer comme ça !
« Toi, je hurle.
-Bonjour Chloé !
-Va te faire foutre, Dubois ! Ça ne tourne pas rond dans ta petite tête de faire des frayeurs pareilles alors que je suis... En colle, je continue en criant.
-Déjà, je ne pouvais pas savoir que t'étais en colle...
-Oui, c'est bien connu, j'adore me trimbaler une grosse pelle moldue et déblayer le terrain de Quidditch... Remarque, ça a un avantage... Si tu continues de me faire chier, tu te la prends en pleine poire !
-Pourquoi tant de violence dans un si petit être, dit il en s'approchant, ce qui rend sa taille de géant, encore plus grande.
-Si tu crois m'intimider, c'est raté, je grogne en direction de Dubois.
-Il faudrait que tu te calmes ma petite Chloé, il y a une veine un peu trop grosse sur ton front...
-Arrête de m'appeler Chloé ! Merde ! Je m'appelle Cléo, bordel ! Et mêle toi de ton cul, et les hippogriffes seront bien gardés ! »
Il ne répond rien. Il a juste un grand sourire, preuve d'à quel point il est content de me faire sortir de mes gonds ! L'ordure, il m'énerve, il m'énerve, il m'énerve ! Je lui lance un regard haineux. Merde, j'avais dit plus dans les yeux ! Embarrassée, je détourne les yeux. Merde ! Il va se sentir supérieur... Qu'est ce que je disais, son sourire vient encore de s'agrandir. Me mordant la lèvre pour retenir les insultes qui menacent de jaillir (il ne mérite pas que mes cordes vocales soient cassées par sa faute...), je tourne les talons.
« Si ils sont pas mignons...
-Ah... L'amour, soupire une voix sur ma gauche. »
Je me retourne brusquement, pour voir Eden et une des poursuiveuse de l'équipe, sourire. Je me dirige d'un pas furieux vers elles. Ah la salope... Oser dire que... Cette traîtresse d'Eden va me le payer !
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